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deux chansons viennent l'une et l'autre à la suite d'un discours d'Hécate, la maîtresse des sorcières: or, le personnage d'Hécate dans Macbeth est absolument inutile et inattendu. Elle n'a point paru dans la scène des prophéties initiales, elle ne paraît point dans la scène des prophéties finales : elle n'a donc nulle action à aucun moment sur le développement du drame. Il y a plus, elle suppose entre Jiacbeth et les sorcières des relations étroites et particulières dont il n'y a pas trace dans la pièce: elle vient, sans qu'on sache pourquoi, tancer les sorcières d'avoir empiété sur ses droits, d'avoir agi sans la consulter, et cela pour un fils ingrat qui ne vaut pas mieux que les autres, et qui les. aime pour lui-même et
non pour elles * ; puis elle annonce ce qui se passera dans l'entrevue avec Macbeth. La seule idée de cette scène, sans parler de l'incohérence des détails, qui sont en contradiction avec le reste de la pièce, est absolument contraire à. l'esprit de Shakespeare, qui marche droit au fait et laisse tout l'imprévu. Si dans la scène 4, Macbeth dit : « J'irai demain chez les trois sœurs », il doit se trouver aussitôt en leur présence, sans intermédiaire pour préparer la rencontre. Ajoutez à cela la faiblesse étrange de l'expression,, lâche et traînante, parfois d'une faiblesse misé-
i- And, which isworse, ail you hâve dotie
Hath been but for a wayward son, Spiteful and wrathful ; who, as others'do, Loves for his own ends, not for you.
rableS le reste du temps d'une élégance banale et monotone, à la portée du premier venu, sauf de Shakespeare.
Ainsi, d'une part, le personnage d'Hécate est sans nulle liaison avec le reste de la pièce ; d'autre part, les paroles qui lui sont prêtées sont non seulement les seules dans tout Macbeth que l'on pourrait retrancher sans que la pièce en souffre*, mais l'unité logique réclame leur suppression, parce qu'elles supposent une conception de Macbeth autre que celle du poète ; elles sont écrites dans un style dans lequel Shakespeare n'eût jamais pu écrire, l'eût-il voulu ; enfin elles sont accompagnées de chants qui semblent donnés comme l'œuvre d'un étranger et qui se retrouvent comme œuvre originale dans une pièce d'un contemporain.
Or, il se trouve que cette pièce a précisément pour . héroïne Hécate **, que le héros est un favori des sor-