Byron, On Leaving Newstead Abbey
pour toute compagaie des fourmis apprivoisées qu'il fouettait avec des tiges de paille quand elles étaient désobéissantes ; à la mort' de leur maître, elles désertèrent Tabbaye, dit la légende. Le méchant lord fut* le gmnd*oncle du' poète qui devait hériter de lui.
Le itféohant lOrd avilit' un frère, qui fut l'amiral John B}Ton (1723-1786), marin hardi et malheureux, dont toute la vie fut un continuel nauft*age : les ma^ telots rappelaient Jean mauvais temps (Foul-weather Jack), et à la fin craignaient de s'embarquer sous ses ordres : c'était tenter le sort. Son premier naufrage — il avait dix-sept ans alors, — devint cé^ lèbre en Europe par le récit qu'il en publia à son retour, et qui, mis en vers par son petite fils, est devenu le second chant de Don Juan.
Le fils atné de l'amiral, le capitaine John Byron (1755-1791), se fit une réputation par des aventures moins honorables: Oh' l'appelait Byron le fou. En 1778 il enleva la marquise de Carmarthen, qu'il épousa après un divorce scandaleux ; puis il la ruina et la fit mourir de douleur. L'année suivante, 1785, criblé de dettes et sans ressources, il épousa, pour l'amour de ses créanciers, une riche héritière écossaise, miss Catherine Gordon de Gight, qui avait du sang des Stuarts dans les veines. En deux ans, Mrs. Byron fut réduite à un revenu de 150 livres par an ; — son mari n'avait pu les dissiper, étant inaliénables, — et c'est dans deslodgings à Londres, dans
Holles Street, que naquit George Gordon Byrpn, le 22 janvier 1788. En 1790, le père, poursuivi par ses créanciers, s'enfuit en France, où il périt Tannée suivante.
Mrs. Byron, retirée à Aberdeen, éleva seule. son enfant. Elle était la personne du monde la moins propre à une pareille tâche. D'une exaltation qui touchait à la folie, incapable de dominer rexpression de ses sentiments, tout entière à la. passion du moment, elle était un orage perpétuel de tendressç et de fureur tour à tour. L'enfant apportait avec .lui l'emportement puisé à double source : « élevé dans les convulsions », l'éducation ne pouvait que- développer les éléments enflamniés qui étaient en lui. Dès les premières apnées, il montra la volonté et l'orgueil des Byron; mais dès le début aussi, un çiccident d'enfance y avait joint un élément,nouyeau, tout d'amertume et de soufiFrance : il boîtait légèrement d'un pied, et cette infirmité, aggravée par les essais maladroits qu'on fit pour la guérir,, déposa .en lui, dès que la réflexion s'éveilla, un germe de souffrance qui ne cessa de l'obséder, et qtii à la fois torturait et, par une réaction singulière, flattait son orgueil *.
Pendant son traitement, sa nourrice, la seule personne qui sût lui parler, l'amusait à lui conter des
1. Le drime inachevé The Deformed Transformed est âne confession transparente.
contes d'enfants et des légendes, ou lui lisait les Psaumes : il prit là le goût delà Bible, du moins de l'Ancien Testament, — il goûtait peu le Nouveau, trop tendre, — et il en resta dans son imagination la touche sombre et grandiose, celle qui éclate dans les Mélodies hébraïques, dans Ciel et Terre y dans Caïn»
A cinq ans il alla à Técole à Aberdeen. A huit ans, à la suite d'une fièvre scarlatine, sa mère l'emmena dans les Highlands, à Ballater, aux pieds du Lochnagar : le paysage celtique avec ses montagnes, ses torrents, ses cascades et ses glens, fit la première éducation poétique de son regard : plus tard, sous le ciel de la Grèce, les impressions de son enfance écossaise se réveillèrent avec toute la force d'émotion des premières années, môme après ses démêlés violents avec la critique écossaise S « mêlant les souvenirs celtiques aux montagnes phrygiennes et le's linns (lacs) des Highlands au clair ruisseau de Castalie *. »
En 1798, le méchant lord mourut : il avait survécu à tous les siens et George Byron héritait de son titre et de ses biens. La première fois que le maître.