‹ Littérature et histoireChapitre 30 sur 78 · National, F^ aoùl · texte numérisé non relu

National, F^ aoùl

Tibère. Durant cet intervalle la république s'écroule, l'empire se fonde, les premiers empereurs lui donnent son caractère : toutes choses qui ont eu une certaine influence sur les destinées du genre humain.

L'examen des historiens en tant que penseurs et écrivains est utile, même à côté de la contemplation de l'histoire en soi; et, s'il faut étudier les faits et les événements, il est bon de connaître sous quel jour ils ont été vus par les hommes qui nous en ont transmis le souvenir, quelles conséquences ils en ont tirées, et à quelles généralités ils sont arrivés.

Salluste a fait précéder ses deux livres de Catilina et de Jiujurtha par un préambule où il développe quelques considérations qui lui ont paru sans doute importantes. Quintilien, parlant de ces préambules , dit que Salluste a commencé ses deux ouvrages par dés chapitres qui n'ont aucun rapport avec l'histoire. Si Quintilien a entendu par ce mot histoire le récit des guerres de Catilina et de Jugurtha, il a raison ; mais, s'il a pris ce terme dans sa signilication la plus étendue, il s'est trompé, ne voyant pas que Salluste montrait dans ces deux débuts le point de vue d'où il apercevait les choses humaines, indiquait la mesure à laquelle il rapportait les événements, cherchait la raison des mutations historiques, et exposait ce que certains appellent aujourd'hui la philosophie de l'histoire. Salluste avait médité sur ce sujet, et c'est le résultat de ses méditations qu'il a resserré en quelques Hgnes dans ses deux commencements.

Suivant lui, jadis on a pu douter à qui, de la force corporelle ou de l'intelligence, appartiendrait l'empire du monde; mais le procès est définitivement jugé. C'est à l'intelligence (|uc revient la direction de toute chose; elle est le guide, islle est la dominatrice de la vie hu-

maille [dux atque hnperator vitœ mortalmm animus est). Politique, agriculture, navigation, architecture;, tout est soumis à la force de l'esprit. L'empire quitte ceux qui laissent dépérir en eux les hautes facultés. Ne vous plaignez donc pas, ô mortels, de la faiblesse de votre nature, et delà brièveté de votre vie; l'intelligence est quelque chose qui vous appartient; cultivez-la, et vous laisserez de vous une trace qui ne s'effacera pas, une gloire que le monde admirera. En effet, de cette domination de l'intelligence sur les choses humaines, Salluste tire la conclusion qu'il faut avoir une occupalion qui en relève, et que c'est se dégrader soi-même que de faire, contre le vœu de la nature , du corps un objet de volupté, de l'âme un fardeau. Celui-là seul lui paraît vivre et jouir de son âme [vivere atque frui (mima) qui se livre à quelque travail, à quelque occupation, à quelque œuvre qui aille au-delà des appétits du corps et qui soitdudomainedela force intellectuelle.

Aux yeux de Salluste n'avait point échappé le désordre qui s'était emparé de Rome maîtresse du monde. Le gouvernement de la république était en proie à d'incessantes perturbations; et les clairvoyants pensaient qu'il marchait à cette terminaison habituelle des républiques grecques, la tyrannie ou domination d'un seul. Dans cette situation qui s'était déjà présentée sur le théâtre complexe de la Grèce , le remède paraissait aux bien intentionnés être le retour vers la constitution et les mœurs antiques qui avaient été délaissées; les regrets et les conseils étaient tous dans ce sens.

Telle ne fut pas la vue de Salluste. Mais, apercevant la puissance de l'intelligence dans le développement des arts et des sciences et dans le maintien ou le progrès de la force des empires, il demande aux hommes politiques de s'appuyer sur elle et d'écarter par là de la

chose publique les maux qui l'assaillent. Admettre que l'histoire humaine est le triomphe de rintelligence humaine, prendre ce fil pour se guider à travers les événements, apprécier les sociétés d'après cette mesure, puis ajouter que les hommes politiques ne méritent ce nom qu'autant qu'ils obéissent à cette influence salutaire, et qu'ils sont dignes de mépris s'ils se livrent aux suggestions d'un égoïsme grossier, certes, c'est pourvoir d'un lumineux aperçu la science historicfue ; et Quintilien a parlé avec beaucoup de légèreté de ce qu'il n'avait pas compris, en disant qu'il n'y avait rien là qui eût rapport à l'histoire.

Salluste résume sa doctrine en une phrase remarquable : «L'esprit, dit-il, incorruptible, éternel, su- « prême directeur du genre humain, anime, possède « tout, et n'est point possédé. {Anmus incorruptus, œterft nus, 7'ector hûmani generis, agitât atque habet cuncta, « nequeipsehahetur.))) Qu'en tend Salluste par ce swprme directeur du genre humain, qui mène et possède tout sans être possédé lui-même? Si je l'interprète bien, à considérer le genre humain dans son ensemble, on y reconnaît un esprit général, qui n'est point sujet à s'altérer; il a la permanence, il n'est la propriété exclusive de personne, et c'est lui (|ui donne les impulsions. Sous cette direction suprême sont l'histoire et les alFaires du monde. De là à conclure ([u'elles ne peuvent pas s'égarer indéfiniment hors d'une certaine route, et qu'elles sont soumises à ce que nous nommons aujourd'liui des lois, il n'y aurait pas loin.

Si nous perdions soudainement le souvenir de tous les siècles (|ui nous ont précédés, nous Ji'aurions pas même le soupçon que le genre humain, dans son développement, suit une marche dont le tracé est régulier. Si, au contraire, de lidèles annales nous avaient

Vo

conservé Ja narration et l'exposé de tout ce qui s'est fait dans les temps antérieurs à nos temps historiques, nous aurions une connaissance plus étendue et mieux établie du progrès de ce développement. Aussi, toutes les fois que quelque circonstance a agrandi le champ de la géographie, a révélé des pays ignorés, a fait entrer dans le cercle de la civilisation commune des peuples qui avaient vécu jusque-là dans l'isolement, il s'est créé de nouveaux éléments propres à jeter du jour sur d'aussi difficiles et d'aussi importantes questions ' . A un aussi grand secret on ne peut pas arriver par une seule voie, a dit Symmaque en parlant d'autre chose que de l'histoire {Uno itinere non potest perveniri ad tam grande secretum). Quand on veut apprécier cette direction suprême du genre humain que Salluste invoque, il faut se placer au point de vue d'où l'on découvre l'agrandissement du terrain historique, la conquête de la terre et la chaîne des événements.

A ce titre, la conquête des Gaules par César est un fait d'une grande importance et d'une grande instruction. Si César n'a vu, dans la demeure de nos aïeux, que la terre théâtre de ses exploits et matière de ses importants mémoires, il faut en ce moment que nous y voyions autre chose; car ce fut la découverte d'une vaste contrée que la géographie ignorait presque complètement et dont on ne connaissait bien ni les fleuves, ni les montagnes, ni le sol, ni le ciel; ce fut un grand peuple, avec ses aptitudes spéciales, qui entra dans la communauté de la civilisation, et que rien n'en détacha depuis. Les peuplades qui parlaient le celtique, langue aryenne, n'étaient pas nées dans la contrée

1. La découverte de l'homme fossile, préhistorique, a donné à ces idées une extension dans le temps et l'espace qui n'était pas soupçonnée au moment où j'écrivais ceci.

OÙ César les trouva; elles étaient venues des lointaines régions de l'Orient; et, à une époque reculée, elles aussi avalent découvert la Gaule et conquis des indigènes, leurs prédécesseurs. Que ne nous est-il resté quelques documents sur ces anciens établissements! Certes, l'histoire comparée tirerait un précieux enseignement de l'étude de la conquête aryenne et de la conquête romaine, faites à un si long intervalle l'une de l'autre. Si les résultats de la première sont ignorés, les résultats dé la seconde ne le spnt pas, et ils rentrent manifestement dans l'ordre des importants événements de l'histoire. La découverte d'un pays, sa connaissance plus exacte, l'exploration des annales d'un nouveau peuple, son accession dans la civilisation commune, tout cela équivaut, dans la science historique, à ce qu'est dans les sciences physiques l'observation d'un fait inconnu; et tout cela agrandit le domaine de l'intelligence, à qui Salluste adjuge, en déhnitive, l'autorité dans les événements humains.

César lit de la Gaule un champ de bataille où le soldat romain si impitoyable et le Gaulois si farouche se disputèrent la liberté, l'honneur, la vie et les biens. Chaque guerre, ou plutôt chaque phase de guerre, me paraît digne d'un sévère examen pour quiconque ne traite pas l'histoire comme une pure matière à récit. Soit ([ue la guerre soit provoquée par des intérêts ou des opinions, soit qu'elle se fasse entre des peuples égaux ou inégaux en civilisation et par conséquent en moyens de puissance, soit ([u'elle éclate ù une épo(jue ou à une autre, soit ({u'elle use de l'arc ou du fusil, il faut étudier tout un coté moral de l'humanité, le degré de fureur ou d'héroïsme, la grandeur qui s'y montre, les horreurs (jui s'y rattachcnL, les souffrances qui s'y endurent, les penchants qui y en-

traînent. L'histoire ne peut, dans ses recherches ultérieures, se passer de cette étude. C'est un témoignage du développement auquel arrivent certaines passions, et dont on n'aurait aucune idée sans le spectacle de la guerre; c'est une preuve que la dure loi de souffrir, comme dit Bossuet, se fait sentir par intervalle avec une rigueur inaccoutumée.

L'idée que j'ai empruntée à Salluste m'emporte par delà le mérite de César comme capitaine et grand historien, par delà ses expéditions habilement conçues et si hardiment exécutées, par delà ses Commentaires admirables dans leur élégante simplicité, et me jette dans des considérations d'un ordre différent. César a préparé la France en conquérant la Gaule. Quelle source de réflexions dans ce peu de moisi que de germes à voirsedévelopperl quel enchamement de causes etd'effets à poursuivre! L'obscure bourgade des Parisiens deviendra l'opulent et puissant Paris; une langue nouvelle, née aussi du latin par une connexion non moins digne d'étude que celle des événements politiques, prêtera ses richesses à des chefs-d'œuvre qui auront une secrète affinité avec les chefs-d'œuvre latins; des hommes d'un génie inventeur augmenteront le trésor des sciences et seront les bienfaiteurs du genre humain ; et les descendants de ces Gaulois compteront, après dix-huit siècles, parmi les promoteurs les plus effectifs d'une démocratie dont la démocratie romaine ne soupçonna jamais ni l'étendue, ni la portée, ni la grandeur.

César, qui ne voyait et ne pouvait voir dans l'histoire future du pays qu'il conquérait, que l'annexion d'une province, en ignorait l'histoire passée, et ne se doutait pas, en réunissant la Gaule à l'empire latin, qu'il réunissait deux branches séparées d'un

même tronc. Ce tronc est la race arj^enne, de laquelle les Gaulois descendent comme les Romains. César cite souvent des noms terminés en rix, tels que Dumnorix, Orgetorix; il s'inquiétait peu de savoir que cette terminaison avait la même signification que 7'cx en latin, la môme racine que regere; il ignorait de même que les peuplades germaines, qu'il croyait si différentes et des Gaulois et des Romains, avaient le même mot recht^ right; il ne savait pas enfin que ce même terme {raja) se retrouvait sur les bords du Gange dans une langue sœur de toutes ces langues, chez un peuple frère de tous ces peuples. Ainsi un son fugitif, plus vieux que les pyramides, se propage de siècle en siècle et de pays en pays ! Ainsi une idée, incorporée indissolublement à un son, le soutient, est soutenue par lui, et marche à travers les générations ! Que Salluste a été profond quand il a parlé de cet esprit général qui plane au-dessus des choses humaines ! Que Symmaque a eu raison de déclarer qu'on n'arrive pas à un grand secret par un seul chemin, et quelles lumières l'étude des langues jette sur l'histoire !

César, dans ses Commentaires^ dit, pour expliquer une de ses entreprises contre les Germains, qu'il étaitbon que ces peuples ne s'habituassent pas à franchir le Rhin; Tacite, inquiet déjà du salut de Rome, souhaite qu'ils consument dans des querelles intestines leurs forces menaçantes pour la société romaine. Dans l'intervalle, Vclleius Palerculus vante la sécurité de l'empire, en invoque l'éternité, et finit son ouvrage par une prière aux dieux de la ville aux sept collines, où il demande (ju'ils conservent intacts l'état actuel des choses et la paix dont les Romains jouissent. Il y eut, en eifet, h ce moment, une (hVision singulière i)riso par les chefs du

gouvernement. Rome impériale renonça à tout projet de conquête au delà du Rhin, mit ses légions à cette limite, et déclara qu'elle ne la franchirait pas et n'y ferait plus que la guerre défensive. Ce que ce renoncement volontaire produisit, l'histoire nous l'a appris; ce qu'une conduite contraire, ce que la poursuite des plans de conquête aurait apporté de changements, nul ne peut le dire. Mais il y a du moins dans cette résolution prise par Rome impériale, et dans les résultats qui en sortirent , un grave enseignement : c'est que, tant que les peuples sont absolument différents par les mœurs, par les penchants, par la civilisation, la paix n'est pas possible entre eux, et que, s'il doit arriver un temps où la guerre cessera entre les nations, ce sera lorsqu'elles seront parvenues h une assez grande communauté d'idées, de penchants et de lumières, pour n'avoir plus entre elles de ces contrastes qui rendent les conflits inévitables.

La tranquillité que la victoire de Rome avait procurée au monde romain a frappé beaucoup d'historiens de l'antiquité. Pline l'Ancien, quand il se représente les faciles communications dans tout l'empire, les barrières brisées entre les peuples et tous les bienfaits de cette grande union, s'incline devant la majesté de la paix romaine [pacis romanœ majestate), cette paix dont Tacite, dans son esprit prophétique, entrevoyait la fin prochaine. Florus aussi en célèbre le spectacle solennel ; cependant il n'a pas la confiance de Velleïus Paterculus; il s'aperçoit que l'empire vieillit, et il soupçonne que ce grand corps pourrait bien , comme un corps mortel, cesser de vivre et se dissoudre. Florus ajoute, il est vrai, que, sous le règne de Trajan, Rome retrouve des forces, et que la vieillesse de l'empire reverdit contre l'espérance de tous. Mais ce qui était contre l'es-

pérance de tous ne devait pas durer, et l'organisation romaine était entrée dans une période de décadence et de sénilité. Pouvait-elle en sortir par ses propres forces? Les destins ne lui en laissèrent pas le temps. Les fable§ grecques racontent que Médée rendit le vieil Eson à la jeunesse, en lui infusant dans les veines un sang étranger. Le monde romain fut cet Eson. L'inflexible Médée ouvre toutes les veines de ce vieux corps, et les barbares du nord y infusent leur sang.

Ce mythe farouche, que les Grecs avaient attribué à la Colchide, est l'image de la douloureuse transformation qu'éprouva le monde antique. Tout fut ravage, destruction, dépopulation; les ruines s'amoncelèrent sur les ruines. Thucydide raconte, dans l'histoire de la guerre du Péloponèse, que la république d'Athènesavait pris à sa solde un corps de Thraces, et que, ne pouvant s'en servir, elle renvoya ces auxiliaires dans leur patrie. Les Thraces, dans leur retour, surprirent la ville de Mycalessus, en Béotie, et, là, ils massacrèrent tout ce qui se présenta à leurs coups, les hommes, les femmes, les enfants qu'ils allèrent chercher jusque dans les écoles. Cette soif de sang parut horrible à la Grèce de ce tem[)s, où les lois de la guerre étaient elles-mêmes si sanguinaires; et Thucydide ajoute (|ue les Thraces, comme tous les barbares, ont, (]uand ils sont livres à eux-mêmes, unJrrésistible instinct de meurtre et de carnage. Cette observation profonde de l'historien grec se vérifia sur une immense échelle dans la destruction de l'empire romain. L'instinct meurtrier et destructif de hordes diverses s'y déploya sans frein pendant de bien longues années.

Comme les clochers élevés attirent la nue nuageuse et la foudre, de même les villes, avec leur vaste enceinle, leurs hautes tours et leurs richcîs basili(|ues.

attiraient de loin les files infinies des barbares septentrionaux. Là où le Sicambre avait passé, le Vandale passait à son tour et agrandissait la désolation des cités et la brèche de leurs murailles. Chaque peuplade des bords du Rhin, de l'Elbe, du Danube et du Volga accourait à la grande curée et se précipitait sur l'immense proie. Et pour que rien ne manquât à cet effroyable tumulte, à ce sauvage débordement, la race la plus destructive du globe envoya, du fond de l'Asie, un de ses essaims sur l'Europe, et le Fléau de Dieu (quel nom dans un tel temps!) lança le tourbillon de ses innombrables cavaliers dans les campagnes désolées, et passa comme un ouragan sur ceux qui pillaient l'empire et sur ceux qui en défendaient les derniers lambeaux. Ce n'est pas tout ; la nature, sur la fin de ce long désordre, laissa échapper de son sein une de ces forces de mort dont la science humaine commence à peine à entrevoir quelques-unes des conditions : une peste universelle, dévastatrice, se répandit sur la face de la terre connue, et elle y enleva les hommes par millions. Ainsi finit le monde antique.

La distance du temps, comme la distance de l'espace, empêche d'ouïr les cris des victimes et de voir la tlamme des embrasements. Nous n'entendons pas, à travers quinze siècles, la clameur de tant d'hommes égorgés, le hurlement de tant de vainqueurs, la ruine de tant de maisons, l'écroulement de tant de palais et de temples. Aussi, l'historien, surtout l'historien moderne, en retraçant d'aussi sanglantes époques, d'aussi lamentables histoires, a-t-il souvent fait abstraction des soufirances passées pour ne voir que l'avènement de révolutions nécessaires, de rénovations fatales, qui s'accomplissent comme le changement des saisons ou les phases d'une planète. Se plaçant ainsi dans le do-

mainedes idées, qui ne sentent ni ne gémissent ni ne pleurent jamais, il a pu, avec un stoïcisme inaltérable, contempler d'un œil curieux la destruction des existences humaines, étudier les crises formidables qui changent la face des empires, et créer autour d'observations réelles et profondes une apparence mensongère d'optimisme. L'histoire ne se passe-pas dans une sphère de substances insensibles; et, poarêlre complète, vraie et lidèle à l'essence de l'humanité, il faut qu'elle fas.se une large part à la considération des souffrances, et qu'elle ne jette pas brutalement le résultat, tel quel, en compensation des douleurs qui ont été subies. Schiller a raison : les larmes qui ont coulé sont et demeurent versées, et le bonheur des arrière-nevev.x ne réveille pas les ancêtres dans leurs tombeaux'^. L'optimisme politique méconnaît ces vérités, cherche à nous faire illusion sur la condition humaine, et oublie que l'histoire olfre souvent la réalisation de ce qu'Ovide a dit des hommes, à propos du mythe qui raconte comment ils na(|uirent des pierres lancées [)ar Deucalion etPyrrha : Nous sommes une race dure et soumise au labeur, et nous portons le témoignage de notre origine.

hidc gcruis durum sumus expcricnsquo laborum, El documenta daiuus qua siuuis origine iiali.

Ces deux vers, sous la dépendance du mythe qui les a suggérés, ne sont pas sans relation avec la pensée de Salluste, (|ue j'ai essayé de développer plus haut; et, si l'on veut concevoir (juehjue chose à l'histoire, il faut, en elfet, unir la dureté de notre espèce et de notre origine 'àxec l'action directe et bienfaisante del'intelligence humaine. Mais j'abandonne ces considéra-

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