‹ Littérature et histoireChapitre 33 sur 78 · Nddonnl, ;",) in.irs, I!) cl 20 avril ISiJ · texte numérisé non relu

Nddonnl, ;",) in.irs, I!) cl 20 avril ISiJ

teiriloire possédé par celte ville souveraine avec celui (le la France, de l'Angleterre et de TEspagne, on crut qu'elle avait diî contenir dans ses murs une population bien plus considérable qu'aucune capitale de ces royaumes; et Paris, Londres, Madrid obligeaient les imaginations classiques à s'élever à des nombres ((ui dépassassent notablement ces termes de comparaison. Mais des raisons de ce genre n'ont pas une valeur positive, et ne peuvent en aucun cas tenir lieu des données de la statistique.

Celte question est historiquement importante; car elle donne une idée de ce que fut la puissance réelle de Rome; elle intéresse tous ceux qui s'occupent d'études classi(iues. Qui, en effet, ne désire avoir un aperçu de l'étendue et de la population de cette ville qui

Tan lu m alias inter caput extulit urbes, Quantum lenla soient intcr viburtia cupressi?

Je vais, à l'aide de M. Bureau de la Malle, essayer de mettre les éléments de cette question sous les yeux du lecteur. Avant toutes choses, il faut savoir que c'est surtout la statistique moderne qui fournit les moyens de refaire la statisti([ue antitjue. Sans la première, on ne serait pas en état de combler quelques-unes des lacunes de la seconde, tenue jadis avec le plus grand soin, mais, à part quel({ues débris, anéantie dans le naufrage de la civilisation gréco-romaine. Le calcul est donc nécessairement indirect; et, chose singulière qu'on a plus d'une fois l'occasion de remarquer dans les sciences, en éclairant le présent on crée des ressources pour éclairer le passé.

Les éléments que l'on possède sont au nombre de trois: 1° la superficie de Home; 2" la consommation journalière en blé ; 3° le tiombre des maisons. Il faut

examiner séparément le résultat approximatif que l'on peut tirer de chacun de ces éléments.

jo Superficie. — Rome a eu successivement deux grandes enceintes, qui sont les seules dont il y ait à s'occuper ici. La première est celle de Servius Tullius, limite qui fut observée pendant plusieurs siècles si religieusement que, du temps de Tite-Live et de Denys d'Halicarnasse, éci'ivains du siècle d'Auguste, elle n'avait pas encore été dépassée. La seconde est celle d'Aurélien, qui, après avoir pris l'avis du sénat, agrandit la circonscription des murs de Rome. Cette nouvelle enceinte existe encore de nos jours, et il est facile de la mesurer avec exactitude. D'Anville a prouvé que la première enceinte de Rome, celle de Servius Tullius, avait 6J87 1/2 toises de tour ou 8,186 pas romains; il a prouvé de même que l'enceinte des murs d'Aurélien était de 9,938 1/2 toises ou 12,345 pas romains.

La circonférence de Paris est de 12,187 toises 0,3^; mais le périmètre, tant qu'on n'en connaît pas la figure, n'est pas une condition suffisante pour qu'on détermine la superficie circonscrite; deux villes peuvent avoir sensiblement le même périmètre et différer beaucoup pour la superficie. 11 faut donc calculer directement l'aire des deux enceintes de Rome. C'est ce qu'a fait M. Dureau de la Malle. Il résulte du calcul, exécuté d'après le grand plan de Nolli, dont l'exactitude est reconnue, que la première superficie de Rome était de «i38 hectares 72 ares 24 centiares, et la seconde de 1,396 hectares 46 ares 9 centiares. La superlicie de Paris, tel (ju'il existe en 1840, circonscrit par le mur des barrières, est de 3,439 hectares 68 ares Kî centiares. Ainsi la première Rome est moins du cinciuième de Paris,

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