BI8T0IHE DE LA POÉSIE
suivant à trarcrs leurs modifications diverses, les rapporte au principe d'où elles dérivent. Ce n'est point cette science que j 'essaierai d'exposer devant'vous : quand l'aridité inévitable en un pareil sujet ne m'interdirait de le choisir pour un Cours de la nature de celui-ci , j'en serais détourné par d'autres considérations. Cette science est presque entièrement à faire ; à peine les premières bases ont-elles été posées par quelques hommes de génie ; ce n'est pas moi qui me chargerai d'achever la tâche que ces grands hommes ont laissée incomplète. De plus , je crois que le temps n'en est pas venu ; ici , cdtnme partout , la théorie doit naître de la connaissance approfondie des faits. C'est de l'histoire comparative des arts et de la littérature chez tous les peuples que doit sortir la philosophie de la littérature et des arts ; c'est donc de cette histoire qu'il faut s'occuper d'abord. C'est d'elle que nous nous occuperons en effet, et ce Cours sera un Cours historique.
Hais l'histoire de la littérature est vaste. C'est un immense tableau que celui où entrent les innombrables produits de la pensée humaine, et je n'ai pu prétendre à le dérouler tout entier devant vos yeux. J'ai dû choisit* ; et d'abord , écartant les autres branches de la littérature , je me suis ren« fermé dans l'histoire de la poésie. A tout prendre , la poésie d'un temps est son expression la plus vive et la plus élevée. La poésie est la fleur des let-