‹ Littérature et voyagesChapitre 46 sur 53 · II · texte numérisé non relu

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vêlas , ils semblèrent des héros. L'homme nu esi timide.

L'arbre se dessèche , qui n'est revêtu ni d'écofces ni de feuillage. Ainsi est l'homme sans ami ; l'homme ne peut vivre seul.

La paix entre les ennemis est comme un feu qui brûle cinq jours : au sixième il s'éteint. Ainsi s'en va toute cette amitié..

Les grains de sable sont petits, les gouttes d'eau sont petites , petites aussi sont les pensées humaines. Tous ne sont pas égaux. Chaque siècle ne porte qu'un homme.

Il faut avoir un bon entendement, mais pas trop de sagesse. Ne cherchex pas à prévoir votre sort, et votre âifne sera libre de soucis.

Il doit se lever de bonne heure , celui qui veut gagner les biens ou la vie d'un autre. Le loup qui reste couché ne trouve pas un repaire. On ne triomphe point en dormant.

Comme l'aigle s'étonne égaré sur la mer sauvage jusqu'à ce qu'il parvienne à la rive; ainsi est l'homme qui vient parmi beaucoup d'hommes où il a peu d'amis.

Tout homme sage doit se servir avec précau-

BA.YA-HAL. ISg

tîon de sa force , car on trouve , lorsqu'on vient parmi les braves , que nul n*est fort contre tous.

Bien que malheureux , nul n'est entièrement privé de bonheur. L'un est heureux par ses fils , l'autre par ses amis'; l'un par ses richesses, l'autre par ses bonnes actions.

J'ai vu briller le feu dans la salle du riche, mais devant la porte se tenait la mort.

Le boiteux peut monter à cheval, le sourd combattre vaillamment, celui qui n'a qu'une main paître les troupeaux ; il vaut mieux être aveugle que mort (1). On ne peut rien faire d'un mort.

Ton troupeau meurt, teà amis meurent , et toi* même tu dois mourir ; mais pour celui qui s'est acquis une bonne renommée, cette renommée ne mourra pas.

Ton troupeau meurt , tes amis meurent , et toi tu dois mourir aussi ; mais je sais une chose qui ne meurt jamais, le jugement sur ceux qui sont morts.

(i) Ce passage est un de ceux qui prouvent l'antiquité du ffWca* mal. Il y a dans le texte , il vaut mieux être aveugle que brûlé (brcndr). L'usage delà crémation des corps précéda en Scandinavie celui de IMnhumation qu^on trouve déjà à l'époque historique la plnt reculée.

Il fout louer la journée le soir, une femme quand elle est morte, un glaive quand il est éprouvé, une fille quand elle est mariée , la glace quand tu es dessus, la bière après que tu Tas bue.

n faut se servir d'un vaisseau pour les voyages , d'un bouclier pour la défense , d'un glaive pour Tattaque , mais d'une jeune fille pour les baisers.

Personne ne doit croire les discours des jeunes filles et ce que disent les femmes ; car le cœur de la femme a été fait sur une roue tournante, et la ruse placée dans son sein.

Un arc qui se brise , un (eu qui brille , un loop qui hurle , une corneille qui crie , un porc qui grogne , un arbre sans racine , une vague qui monte, une chaudière qui bout, un trait qui vole, une vague qui tombe , une glace d'une nuit , un serpent roulé en cercle , les propos de lit d'une nouvelle épouse, une épée émoussée, un ours qui joue, ou le fils d'un roi , un veau malade , un esclave indocile, une sorcière qui prophétise des malheurs , une pluie nouvellement tombée , un ciel clair, un maître qui sourit , l'aboiement d'un chien , l'amour des femmes de mauvaise vie , un champ semé de bonne heure. — On ne doit point se fier à ces choses , ni trop tôt à son fils ; le champ de blé dépend du temps, le fils dé-

HATA-HAX. U)

pend de son intelligence ; tous deux sont incer^ tains.

La paix avec les femmes est comme une pensée qui fuit, comme un voyage sur une neige glissante avec un cheval âgé de trois hivers, rétif et encore mal dompté ; c'est comme de croiser dans une tempête avec un vaisseau sans mâts ; c'est comme de vouloir, sur une montagne couverte de neige pendant le dégel , saisir des rennes à la course.

Qu'il parle doucement celui qui désire l'amour d'une jeune fille, qu'il lui offre ce qu'il possède, qu'il loue sa heauté , ainsi il l'obtiendra.

Que nul homme ne blâme l'amour d'un autre; souvent un beau visage charme le sage, mais n'enchaine pas l'insensé.

Qu'on ne blâme personne pour cette faute qui est celle de beaucoup d'hommes. Des sages il fait des insensés, parmi les enfans des hommes , lui le puissant désir.

La pensée seule sait ce qui convient au cœur , et il n'est point de pire maladie que de ne prendre plaisir à rien. •

Cette dernière pensée semble écrite pour notre temps , mais dans toute cette fin , il pourrait bien y avoir quelques traits plus modernes que le reate.

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VOÈttE POLITIQUE.

Ce chant n'est ni on chant cosDU^aaiqae ooainit* la Voluspa, ni un chant éthique et magique comme le flava-Mal ; c'est un chant politique et historique danfi le fond , contenant , bous une forme mythologique , l'origine sacrée de la hiérarchie sociale, dans le nord , celle doi trois ordres qui la constituent , et, en même temps , hi succe^ sion des trois races qui ont peuplé la ScandinaTie, et dont chacun correspond à l'un de ces trcus ordres « Voici quelle est l'idée de ce chant.

Un des Ases ou dieufi, Heimdall , «ovb le mom de tiig , qui veut dire le fort, le puissant, jurrive sur Le bord de la mer, en un certain pays; là, il trouve deux cpoux,doat les noms sont symboliques : c'est l'ayeul et l'aïeule ( £dda ). Ses hôtes lui offrent un pain grossier et la chair d'un veau ; ensuite il se place dans leur conche, au milieu d*eu¥. Il passe ainsi trois nuits, puis reprend son chemin. Meuf mois s'écoulent, et Tayeule enfanta

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on fils : on répand sur lui Teau lustrale ( ancien baptême des Scandinaves ) , et on Pappelle esclave ( thrœl ) :« Il était noir , la peau de ses mains était rude , ses genoux arqués , ses doigts épais , sa figure hideuse , son dos courbé , ses talons saillans.

Quand il fut devenu fort , son occupation était de travailler l'écorce , de faire des pa^ quets de branchages , et de les porter à la maison.

Une femme errante vint dans sa demeure ; la plante de ses pieds était meurtrie , ses bras brûlés parle soleil, sonnez était déprimé. ^11 e s'appelait la servante •

Ce ôouple misérable s*unit , et de cette union résulte la race des esclaves. Les noms de leurs fils et de leurs filles sont significatifs; ce sont des noms d'opprobre: le sombre, le grossier^ le querelleur , le paresseux , l'épais ; la lente , la déchi • rée, le pied de grue , etc.; leurs occupations sont « de faire des haies , d'engraisser les champs , de soigner les porcs, de garder les chèvres, de fouiller les tourbières. » *

Ensuite Rig vient dans la demeure d'un autre couple. Cette fois ses hét s se nommaient le grand-père et la grand -mère. «Le mari construisait un métier à tisser, sa barbe était soignée, il avait une touffe de cheveux sur le front , son vêtement était serré ; il y avait un coffre sur le

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plancher. La femme £aîsàit tourner le rouet , tWe ouvrait les bras , elle préparait des Tétemens»

Rig se couche encore entré eux et passe ainsi trois nuits ; neuf mois après il nait à la grandmère un fils qu'on appelle le Paysan (Karl ). < On Fenveloppa dans le lin. Sa chevelure était rouge et son teint rubicond , ses yeux étincelans.

Il commença à croître et à se fortifier , il apprit à dompter les taureaux , à faire des charrues , à construire des maisons de bois , à bâtir des granges, à fabriquer des chars, à conduire la charrue.

On lui amena sa fiancée , vêtue d'une peau de chèvre , portant le trousseau de clefs ; elle s'appelait la diligente : on la plaça sous le voile de lin. Les époux habitèrent ensemble , ils échangèrent leurs anneaux , ils étendirent leur couche , et ils établirent leur demeure. » »

Leurs enfans s'appellent : l'homme, le garçon, le colon , le sujet , l'artisan , etc. ; de là est sortie la race des paysans.

Ensuite Rig s'en alla dans une demeure tournée au sud. Là était un couple qui s'appelait le père et la mère. « L'époux était assis et tordait le nerf d'un arc; il ployait un arc , il fabriquait des flèches; la mère regardait ses bras, tissait la toile , affermissait ses manches..... Ses sourcils étaient plus beaux , son sein plus éblouissant , son col plus blanc que la neige la plus pure. »

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