‹ Littérature française au Canada [microforme]Chapitre 14 sur 18 · Choses ef autres, p · texte numérisé non relu

Choses ef autres, p

2, Siècle de Louis XIV.

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est Canadien, il ne désertera point sa sphère cana. dienne.

Dans un de ses livres, il passe en revue divers écrivains de son pays : archéologues, naturalistes, chroniqueurs, et nous montre ainsi plusieurs côtés de la littérature de son pays. Il discute et il conclut, Il loue et il blâme,

Les œuvres qu'il examine ont été imprimées bien loin d'ici, à Québec, à Montréal, à Ottawa, etil en est bien peu malheureusement qui arrivent jusqu'à nous. Mais on est convaincu en le lisant qu'il accomplit sa lâche en conscience et que ses appréciations doivent étre justes, Pour moi, j'applaudis pleinement au jugement qu'il a énoncé sur plusieurs publications que je connais, particulièrement à l'éloge de M. l'abbé Laverdière, le savant éditeur des œuvres de Champlain et de M. J. Lemoine qui a écrit en anglais et en français tant de bons livres, entre autres : les Mapleleaves, ce curieux recueil de chroniques canadiennes, et l'étude sur les explorations aretiques et Le traité d'ornithologie,

M. J. Lemoine, l'aimable naturaliste, parle des oiseaux comme on parle des gens avec qui on a vécu. « J'ai, dit-il, souvent vu une fauvette... J'ai connu un pinson... »

Brantôme dit avec la même familiarité : « J'ai connu une belle personne », Mais Brantôme souvent blasphème, et M. J, Lemoine nous fait de ses

les oiseaux, des peintures charmantes.

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Dans un autre de ses livres, M. de Saint-Maurice

raconte le voyage qu'il a fait sur le steamer le Napoléon, pour aller de Québec le long des îles et desilots ravitailler les phares du golfe Saint-Laurent,

Le trajc:, interrompu par de nombreuses haltes, est long, très souvent pénible, parfois périlleux, mais intéressant,

Dans quelques-unes de ces haltes, sur des côtes arides,inhabitées, on re peut voir sans émotion !* vie des pauvres gens attachés là à une tâche rigoureuse.

Tel est le gardien du phare loin de toute vilie et de tout village, récréé parfois en été par quelque pêcheur, mais l'hiver séparé du monde entier, seul dans sa haute tour sur les rocs battus par les vagues, dans les jours sombres et les nuits lamentables, dans les fureurs des ouragans,

Si simple en apparence, mais si grave est son service. Allumer le soir ses lampes, mettre en mouvement leur mécanisme, rien de plus, dit-on. Mais ou loin, dans les ténèbres de la tempête, des yeux inquiets cherchent cette lumière, et de sa ponctuelle apparition, de l'exactitude chronométrique de ses éclats successifs, dépend peut-être le salut d'un navire, d'une escadre,

Dans le golfe Saint-Laurent, à la cime d'une petite ile sauvage et dénudée qu'on appelle l'ile aux œufs, sélève un phare qui produit une lumière blanche, tournante, visible à quinze milles.

Un jour, à la fin de l'ausomne, un de ses rouages

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essentiels se Cassa. Impossible en cette saison d'en demander un autre à Québec. Il fallut remplacer l'action de la machine par le labeur manuel. Heureusement le gardien était marié. Sa femme et ses enfants pouvaient l’assister dans sa rude tâche de chaque soir, et tous se mirent résolument à la besogne. « Le givre, le froid, la lassitude, dit M. de Saint- Maurice, engourdissaient les mains ; le sommeil alourdissait les paupières. N'importe, Il fallait tourner toujours, tourner sans cesse, sans se reposer, sans se hâter 1.

Grâce à cette longue et ferme patience, le phare tout l'hiver produisit régulièrement à chaque minute et demie ses jets de lumière, etles marins naviguant la nuit dans ces parages reconnaissaient leur posilion en voyant la blanche clarté intermittente de l'île aux œufs.

À chaque station, les pauvres gardiens de phares attendent avec impatience le bateau qui au printemps leur apporte des vivres, des munitions, et des nouvel: les de ce qui s’est passé depuis plusieurs mois dans le monde, des lettres d'un ami, d'un parent, auquel souvent on songe. C'est la vie qui leur revient, l'aisance matérielle et l’apaisement d'un souci de cœur.

A chaque station, M. de Saint-Maurice peut relater, dans son livre de voyage, un louchant épisode, une poélique émotion, un fait mémorable,

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