LA PAUVRE FLEUR
La pauvre fleur disait au papillon céleste :
" Ne fuis pas !
Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t'en vas !
''Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d'eux,
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Et nous nous ressemblons, et Ton dit que nous sommes Fleurs tous deux !
** Mais, hélas ! l'air t'emporte et la terre m'enchaîne.
Sort cruel !
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !
''Mais non, tu vas trop loin ! Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez, Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
A mes pieds !
" Tu fuis, puis tu reviens, puis tu t'en vas encore
Luire ailleurs.
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore Toute en pleurs !
" Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
O mon roi.
Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi ! "
oh! n'insultez jamais!
Oh ! n'insultez jamais une femme qui tombe.
Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe?
Qui sait combien de jours sa faim a combattu ?
Quand le vent du malheur ébranlait leur vertu.
Qui de nous n'a pas vu de ces femmes brisées
S'y cramponner longtemps de leurs mains épuisées.
Comme au bout d'une branche on voit étinceler
Une goutte de pluie où le ciel vient briller,
Qu'on secoue avec l'arbre et qui tremble et qui lutte,
Perle avant de tomber et fange après sa chute !
La faute en est à nous ; à toi, riche ! à ton or ! Cette fange d'ailleurs contient l'eau pure encor. Pourque la goutte d'eau sorte de la poussière, Et redevienne perle en sa splendeur première. Il suffit, c'est ainsi que toUt remonte au jour. D'un rayon de soleil ou d'un rayon d'amour !