ROLLIN
Rollin était le fils d'un coutelier de Paris. Il devint un des professeurs et écrivains pédagogiques les plus distingués de France, et fut recteur de l'Université. Son caractère et son érudition le rendaient bien digne de cet honneur. Nul n'y apporta une conscience plus tendre, un esprit plus honnête et plus d'amour de la jeunesse. On l'appelait le bon Rollin. Ses principaux ouvrages sont le Traité des études, très supérieur aux idées d'enseignement qu'on avait alors, et une Histoire ancienne, fort agréable à lire. Montesquieu disait de lui qu'il était l'abeille de la France,
MABMONTEL. (1728-1799.)
Marmontel se fit connaître en son temps par des contes et des romans, dont le plus célèbre est celui de Bélisaire. Aujourd'hui il n'est plus guère connu que par ses Eléments de littérature. Il s'y montre critique habile et écrivain élégant. Il ne se contente pas de l'étude sèche des mots et des formes extérieures de l'éloquence et de la poésie ; il analysa avec finesse le genre de sentiment qui caractérise les différentes œuvres littéraires, et, au lieu d'appliquer froidement les règles de la rhétorique, il enseigna à se rendre compte et à jouir de leurs beautés. Voltaire disait de lui spirituellement : Il conduit les autres dans la Terre promise, mais il ne lui est pas permis d'y entrer lui-même.