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LA MORT DU SOLEIL

Le vent d'automne, aux bruits lointains des mers pareil, Plein d'adieux solennels, de plaintes inconnues, Balance tristement le long des avenues

Les lourds massifs rougis de ton sang, ô soleil !

La feuille en tourbillons s'envole par les nues; Et l'on voit osciller, dans un fleuve vermeil, Aux approches du soir inclinés au sommeil.

De grands nids teints de pourpre au bout des branches nues.

Tombe, Astre glorieux, source et flambeau du jour ! Ta gloire en nappes d*or coule de ta blessure^ Çommç d*un sein puissant tombe un suprême amour.

Meurs donc, tu renaîtras ! L'espérance en est sûre. Mais qui rendra la vie et la flamme et la voix Au cœur qui s'est brisé pour la dernière fois ?

{Poèmes barbares.)

PARFUM DE NYX«

Le Pavot.

O Vénérable ! Oubli des longs jours anxieux,

Immortelle au front bleu, ceinte de sombres voiles Qui mènes lentement, dans le calme des cieux. Tes noirs chevaux liés au char silencieux, Par la route d'or des étoiles !

Source des voluptés et des songes charmants,

O Nyx ! mère d'Hypnos aux languissantes ailes, Toi qui berces le monde entre tes bras cléments. Tandis que mille éclairs, de moments en moments, Allument tes mille prunelles.

Entends-nous, Bienheureuse ! Et puisses-tu, sans fin, . Et pour jamais, avec nos stériles chimères Et l'antique Kosmos, hélas ! où tout est vain, Envelopper des plis de ton péplos divin

Vivants et Choses éphémères !

{Hymnes orphiques.)

EUGÈNE MANUEL

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