‹ Littérature française: deuxième annéChapitre 131 sur 153 · LA PRIERE · texte numérisé non relu

LA PRIERE

Un soir, j'étais enfant, on priait en famille.

Nous étions réunis, grands parents, fils et fille,

Et je tenais ma Bible, et je lisais comme eux

Sous la pâle lueur des vieux flambeaux fumeux.

Un de ces lourds sommeils que la chaleur propage

Faisait pencher les fronts engourdis sur la page,

Et des jeunes aux vieux, tous s'inclinaient domptés.

Et je dis à mon père, assis à mes côtés :

" Vois, comme ils dorment ! Seul, avec toi, je suis

brave!" Et je l'entends encor répondre d'un ton grave : ** L'indulgence, mon fils, est la grande vertu. Si vraiment tu priais, comment les verrais-tu ? "

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