‹ Littérature française: deuxième annéChapitre 133 sur 153 · LE VASE BRISÉ · texte numérisé non relu

LE VASE BRISÉ

Le vase où meurt cette verveine D'un coup d'éventail fut fêlé ; Le coup dut effleurer à peine.

Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure.

Mordant le cristal chaque jour, D'une marche invisible et sûre En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte, Le suc des fleurs s'est épuisé ; Personne encore ne s'en doute.

N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime.

Effleurant le cœur, le meurtrit ; Puis le cœur se fend de lui-même, La fleur de son amour périt.

Toujours intact aux yeux du monde.

Il sent croître et pleurer tout bas Sa blessure fine et profonde, Il est brisé, n'y touchez pas.

2/2 LITTÉRA TURE^ FRANÇAISE.

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