‹ Littérature française: deuxième annéChapitre 151 sur 153 · H. W. LONGFELLOW · texte numérisé non relu

H. W. LONGFELLOW

Rester chez soi vaut le mieux:

En vain de ses alentours l'âme dégoûtée et lasse Croit échapper aux ennuis en changeant d'air et de place,

Elle retrouve son mal qui la poursuit en tous lieux. Contentement ni repos ne se prennent à la chasse; Le vrai bonheur n*a besoin que d'un tout petit espace: Rester chez soi vaut le mieux !

Où la chèvre est attachée elle se délecte et broute. Près du logis familier plutôt que sur la grand'route Se trouve la paix du cœur. Le plus lointain coin des

cieux Est ouvert aux vents glacés du désespoir et du doute, Et n'a guère de clarté qui vaut le prix qu'elle

coûte ....

Rester chez soi vaut le mieux !

Lorsqu'on a longtemps par ci, par là, sur la terre et l'onde;

Promené, sans grand profit, l'humeur folle et vagabonde,

On revient toujours, hélas ! à ses vrais ou ses faux dieux.

Pour un vain fantôme, alors, à quoi bon courir le monde ?

Ce n'est pas le maître absent qui rend la lande féconde. . . .

Rester chez soi vaut le mieux !

Rester chez soi vaut le mieux !

Non pour vivre, assurément, comme l'huître en son

écaille.

Petit cœur, petit cerveau, ne faisant œuvre qui vaille. Non: en voyage ou chez soi l'égoïsme est odieux. Pour l'homme un peu soucieux de son prochain sur

la paille.

Qui sait le prix du foyer, qui pense, prie et travaille, Rester chez soi vaut le mieux !

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