DELILLE
Delille déploya un rare talent descriptif dans plusieurs poèmes, dont le meilleur est l'Imagination, et donna une traduction fort estimée des Géorgiques et de l'Enéide de Virgile. Il traduisit aussi avec talent le Paradis Perdu de Milton. C'était un homme aimable et spirituel, un versificateur d'une facilité extraordinaire qui 'passa un moment pour un génie. Il n'est que le premier des poètes descriptifs, habile à enfiler des rimes et des périphrases, mais sans verve, sans inspiration, sans élan poétique.
FLOBIAN. (1755-1794.)
Florian écrivit beaucoup en prose et en vers. Malgré cela il serait sans doute oublié, s'il n'avait écrit les Fables. Celles-ci on les lira toujours, et, ce qui n'est pas peu de chose, on les lira avec plaisir, même après la Fontaine. Florian avait le cœur tendre, l'esprit aimable, le caractère sympathique. C'est à lui que Ducis dédia Abufar, et son épître dédicatoire se termine par ces mots de Florian, qui venait de mourir: Lorsqu'on n'a plus longtemps à vivre, il faut se hâter de faire le bien.