‹ Littérature française: deuxième annéChapitre 52 sur 153 · EPIGRAMMES · texte numérisé non relu

EPIGRAMMES

Eglé, belle et poète, a deux petits travers:

Elle fait son visage, et ne fait pas ses vers.

Dialogue entre un pauvre poète et l'auteur.

On vient de me voler. — Que je plains ton malheur ! — Tous mes vers manuscrits. — Que je plains le voleur !

Sur un mauvais auteur.

En prose, en vers, Lubin compose, Et je ne sais par quel travers Il met trop de vers dans sa prose.

Et trop de prose dans ses vers.

94 LITTÉRATURE PRANÇAÎSB.

Défense de La Harpe.

Non, La Harpe au serpent jamais n'a ressemblé; Le serpent siffle, et La Harpe es*^ sifflé.

Pourquoi, sans l'écouter, applaudis-tu Clitandre ? — C'est que j'aime bien mieux Tapplaudir que l'entendre.

Au médecin Bouvard.

Puisqu'il faut qu'on m'expédie, J'aime autant, docte assassin.

Mourir de la maladie Que mourir du médecin.

Bon Dieu! l'aimable siècle où l'homme dit à l'homme: Soyons frères ... ou je t'assomme.

Impromptu.

Le papillon, chose frivole, Près de. la fleur coquette est assez bien placé: Le papillon est une fleur qui vole, La fleur un papillon fixé.

Les épigrammes de Lebrun lui valaient quelquefois de bonnes ripostes. Il avait dit du poète Baour- Lormian:

Sottise entretient la santé:

Baour s'est toujours bien porté.

Celui-ci répondit:

Lebrun de gloire se nourrit.

Aussi voyez comme il maigrit.

GLANURËS. 95

Il faut ajouter que Lebrun trouva le moyen de riposter subtilement, en changeant l'orthographe de ce dernier mot:

Aussi voyez comme il m'aigrit.

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