‹ Littérature française: deuxième annéChapitre 71 sur 153 · HISTOIRE.—ELOQUENCE. 13I · texte numérisé non relu

HISTOIRE.—ELOQUENCE. 13I

faute de savoir céder à propos, amena la chute de la monarchie constitutionnelle.

Les volumes qui font le mieux connaître le talent et le caractère de Guizot sont ses Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps. M. Cousin disait que c'est son plus beau livre. C'est certainement un livre inspiré par l'amour de la vérité, de la justice et du libre gouvernement des hommes. L'auteur y est à la fois témoin et juge. Il est impartial, mais il l'est avec une certaine hauteur. Un homme d'esprit a dit: Les Mémoires de M. Guizot devraient être intitulés: Histoire de quelqu'un qui ne s'est jamais trompé. Longtemps avant que ce mot ait été dit, Guizot l'a démenti en admettant, en plus d'un endroit, qu'il s'était quelquefois trompé.

Il mourut en 1874 au Val-Richer, où il passa ses dernières années dans une retraite féconde et laborieuse. Ses dernières pensées ont été pour l'histoire de son pays; à l'âge de 86 ans il tenait encore la plume pour achever son Histoire de France racontée à mes petits-enfants.

Guizot a donné bien des leçons pendant sa vie; il en a reçu quelques unes de l'expérience. Sa ténacité à ses convictions était excessive; il avait plus d'ambition pour le triomphe de ses idées que pour lui-même, et, s'il a eu le tort de les exprimer parfois avec hauteur, orgueil, dureté même, et avec dédain pour ses adversaires, ceux-ci sont obligés de convenir que dans la chaire et à la tribune, dans les assemblées politiques et au conseil des ministres, il a apporté un grand talent et un grand caractère, qu'il a aimé et servi son pays avec dévouement, et que, par-dessus tout, il a été homme d'honneur et homme de bien»

Page 1