‹ Littérature islandaiseChapitre 11 sur 22 · VOULU · texte numérisé non relu

VOULU

Tais-loi, Freya, méchante empoisonneuse, lascive exeren la scHrcelk^rie , et tu as toi-même

séduit tou Irère.

MOAD.

Ce n*est pas chose étrange que les femmes aiment les hommes; les deux sexes n'ont^ils pas été destinés l'uo à l'autre? Maïs ce qui est affreux, c'est de te voir

ici, toi, monstre, qui as enfanté comme une femme.

LOKÎ.

Tais-ioi, Niord. Tu as été envoyé à l'est comme un otage pour les dieux. Les filles de Hymer faisaient de la bouche un réservoir et v versaient les torrents écumeux (i).

WIORD.

Si j'ai été envoyé loin d'ici comme un otage pour les dieux, ma consolation est d'avoir enfanté un fils que personne ne hait, et que l'on r^arde comme le prince des ases.

LOKT.

Arrête, Niord, modère ton orgueil. Je ne veux pas

(i) M. Finn MagmiMD , qui regarde tous les personnages dont il est qneslioo dans ce poëine comme autant de symboles cesmograpinques et physiques, dit (]ue INiord représente ici la mer Caspienne ou la mer Noire située non loin des montagnes caucasiennes, d'où venaient les Ases. Les filles du géant Hymer seraient ces mon» lagncs qui verseraient leors Ukrrent» dans la mer. Dot mUn Âddop t. ]I>p. 3i3.

IJ« VOYAG£

1811*6 |)liis longtemps ce (|ue je sais. Tu as enfanté avec t<a sœur uu fils qui ^maigre cet iucesle) n'est pas pire que toi.

TTB.

Freyr .esl le meilleur des êtres suprêmes , dans la sphère des dieux. 11 ne fait pleurer ni femme» ni jeune fille, et brise toutes les chaînes.

LOKI

Tais4oi , Tyr , jamais tu n'as pu faire usage de tes deux mains 9 depuis que» je m*en soumns» la mkçhoire de Feoris l*a coupé la droite.

TTR.

I ai |i( i (Ui line main, c'est vrai, et il est triste de la perdie; mais il en est mai advenu au loup. Il languit dans les chaînes el y restera jusqu'à la fui du monde.

LOKI

Tais-toi, Tyr; ta femme est devenue par moi mère

d'un fils, el je n'ai donné ni argent, ni vêtements pour prix de cette union.

FREYR.

Je vois le loup couché à Tentrêe de l'enfer, jusqu'à ce que les puissances tombent. Esprit de malheur, si

tu ne te tais pas, tu seras lié aussi.

LOKI

Tu as fait acheter avec de Tor la fille de Gvmer, et tu as vendu ton épée. Quand les fils de Muspell s'avanceront, au dernier jour du monde, tu n'auras plus de glaive pour le défendre.

Si j'étais d tine noble origme comme Inguns Freyr,

et si j'avais une aussi splendide demeuré » j'écraserais ce méchant étrCf je briserais ses os jusqirà la moelle.

LOKl.

Quel est ce petit jaseur que j'aperçois à peine? Tu dois raster pendu à l'oraille de Frayr» quand tu ne babilles pas près de la meule (i).

BETGVER.

Je m'appelle Beygver. Les dieux et les hommes me surnomment l'agile. Je suis ici à ma place , car toute la race d'Odin forme cette joyeuse réunion.

LOKI

Tab-loi, Beygver. Tu n'es pas digne de l'asseoir à la table des hommes , car tu t*es caché dans ia paille quand les héros combattaient.

HEIMDALL.

Tu es ivre, Loki. Tu ne te souviens plus de rien. Ne t'arréteraa-lu donc jamais « l^ki? L'ivresse gouverne celui qui ne sait pas ce qu'il dit.

LOKI

Tais-loi, Heinidail. Tu as été, dès l'origine des temps, destiné à une triste vie. Les épaules humides, tu veilles à la g9rde des dieux (a).

SKADE.

Tu es trop insolent, Loki, mais tu ne plaisanteras pas longtemps. Les dieux t'enchaîneront bientôt ëlroi-

(i) Le travail de l« menle était réservé anx ewlavesk' {%) Heinidell veille Mt l'ere-en-del , le dManiD dct dieux. VmUi pourquoi Loki liû repcochc d*avotr les épaules humides.

fia VOYAG£

temenl avec les boyaux glacés de ta progéniture (i).

LOKI

Si les dieux doivent m'encbatner avec les boyaux

glacL's de ma race, c'est. im>i du moins tjui aurai fait la première blessure de loup àXbiasse, quaud nous Favons tué (a).

SKADV.

Si tu as été le premier et le plus ardent à blesser

Tbiasse, quand vous l'avez tué, je t'ai voué aussi pour toujours des pensées de haine el de vengeance.

LOKl.

Tu me parlais plus doucement quand tu m'olTrais ta coucbe. Il faut songer à cela» si nous voulons mesurer nos défauts.

Lif s'avance, verse à boire à Loki dans un vase froid, et lui dit :

Salut à toi, Loki; prends cette coupe froide pleine de vieux niidd, et laisse en paix la race innocente des ases.

Loki prend la coupe, la vide et répond :

Tu as été, je crois, nssez fidèle el circonspecte envers tou époux. Je ne connais qu'un être rjui ait réduit la femme de Hiorride (3), c'est fbabile Loki.

(i) le» bojanx de ton fils Nare «vee lesquels , disent d*encieniies sa^s, Loki fat cndbatoé. {%) Thiosse, père de Skide, tué par les ases. (3) Surnom de Thor, époux de lit.

£N ISLANDE ET ÂU GROENLAND. 'It9 BBTLA.

Tous les rochers trembleDt (i). Je crois que Hlorride approche. Il fora bien taire celui qui insulte ici

les dieux el les lioumies.

LOKI

Tais-toi y Beyla, méchante femme de Beygver. 11 11*7 a pas» parmi les fils des ases, un plus mauvais monstre que toL

Thor apparaît et dit :

Tais-toi, éltc honteux; mon redoutable niarteau , mou miôlnery pèsera sur toi. 11 tombera comme un roc sur tes épaules; je t'écraserai la téte et le ferai périr.

tOKI.

Le iih de la terre est arrivé. Quelle audace, llior' Tu n'apparaîtras pas ainsi, quand il faudra combattre contre le loup qui engloutira le père de la victoire.

THOB.

Tais-toi 9 être honteux; mon marteau redoutable, mon miôlner, pèsera sur toL Je fenchalnerai dans

un coin de Test, et personne ne te verra.

LOKI

Tu ne devrais jamais raconter tes voyages vers Test, depuis le jour où , blotti dans le pouce d*un géant, tu ne croyais plus toi-même être Hier.

' (t) Ln aadeBiict Indilioni nMoolMil que les rodhers et ki moDlagiiM tremMûcnt sous le char de Thor.

THOA.

Tais-loi, être honleux» mou redoutable maftetu^ moD mîdliier) pèsera sur toi. Biealôt ma maio droite te fera une mortelle blessure^ et diacon de tes m sera

brisé.

Ï.OKf.

ie compte vivre euoore loDgtomps, quoique tu me menaces des coups de ton marteau. Les courroies du ham-sac t*ont semblé dures, quand tu ne pouvais rien avoir à manger, et que tu languissais affamé (i).

TIIOH.

Tais-toi, être honteux; mon redoutable marteau, mon miôlner , pèsera sur toi. Je te ferai une cruelle blessure et te jetterai à l'entrée de Tcmpire des morts.

LOKI

J'ai parlé pour les ases et pour les 61s des ases. J'ai dît ce que je pcnsius. Je veux m'en aller à cause de toi, car je sais fjue lu fi-appes fort.

Tu as préparé de la bière, Aegir, mais lu ne donneras plus de banquets. Ia flamme ravagera ton domaine; la flamme te dévorera.

(i) Allusion à ane aventure de Tbor raeontée dans TEdda de Snorri. Thor va visiter le géant Skrinner et entreprend avec lai un voyage. Skrinner portait sur ses épaules un sac de proviaions. Le soir, en se couchant, il dit à Thor : Vcnlà mon sac, prends-y oe dont tu as bcama; mais Thor ne put janMis en dénooer les courroies. Furieux de ne pouvoir assouvir sa faim, il frappe à coups redoublés stir le géant endorad , qui se réveille et dit tnmquiUement qnll lut semble «jn'uoe finiilie d^aribre loi est tombée sur le ront.

EN IRLANDE ET AU GROENLAND. fSf

Ces paroles dites , Loki se sauve. Les as(BS irrités le poursuivent, Fatteigneut el Fenchatoent»

Après celle amère satire des croyances populaires,*

celle sorte de pasquinade mythologique, voici un autre chant qui a le caractèiT plaisaiil d une comédie; c*est Fun des chants les plus igaà& de FExlda, et Fuu de ceux qui ont été le plus souvent traduits. 11 a pour litre le Marteau de T/ior(i),

Thor est en colère lorsque , en s*ëveillant le matin , il s'a[>Liçt>it qu il a perdu son marteau. Il se lire la barbe, il secoue la téte et promène ses regards autour delui.

Puis il élève la voix et dit : Écoute, I^ki, ce que je veux l'apprendre, ce que nul être ne sait sur la terre fit nul être dans le ciel ; mon marteau m'a été enlevé.

Ils s*en vont dans la rkinte démeure de Freva, et voici ce que Thor lui dit : Veux-Ui, Freya, me prêter tes ailes pour aller chercher mon marteau ? .

Freya répond :

Je te les remettrais volontiers quand elles seraient d'argent et quand elles seraient d'or. Loki s'envole

avec ses ailes jusqu'à ce qu'il arrive hors de la région des dieux sur la terre des géants.

. Thrym, le prince des géants , est assis sur la mon* tagiie» façonnant des colliers d'or pour ses cbiens et arrangeant avec art la crinière de son cheval.

(i) Bf. Finn Hagniuen explique aÎDÙ oe chaat : Thrym est rbiver qui a enseveli l'anne de Thor ; le tonnerre Thor ne réveille «u printemps et domple les rigoureux frimas. D'antres écrivaios rcfsrdeat ce poënie oonme un bymiM au printemi», représenté |iar la gracieuse déesse Freya.

Thrym dit :

Que se paase-t-il parmi le» dieux ? Que se pauet'U parmi les elfes? Poufquoi vîeos-lu dans la ooDtrée * des g^nts?

Lolvi dit :

L'alarme est parmi les dieux , Talarme est parmi les elfes. As-tu caché le marteau de Tbor ?

Thrym répond :

J*ài caché le marteau de Thor à huit milles sous

terre. Personne ne 1 aura, à moins qu*oii ne m'amène Freya [nnir épouse.

Loki secoue ses ailes et poursuit son vol jusqu a ce qu'il arrive hors de la contrée des géants, dans la de* meure des dieux.

Thor le rencontre à l'entrée de sa demeure et lui dit : Âs-lu atteint ton but par tes efforts' Du haut des aii*s, fais-moi ton récit. Celui qui est sédentaire n'a rien à raconter, celui qui est couché tisse le mensonge.

Ukidit :

Par mes efforts , j'ai commencé Faffaire. Thrym , prince des gcanis, a (on mai i( aii ; mais pei-sonne ne l'aur;!, à moins qu'où ne lui amené Freja pour fiancée.

Ils s'en vont parler à la belle Freya, et Thor lui dit : Prends, 6 Freya! le vêtement de fiancée, nous irons ensemble dans la contrée des géants.

Freya l'écoute avec colère. 1-a sidle des ases tremble sous elle, et la parure de la déesse se brise. Tu pourrais bien m ap{ieler la plus lascive des fenunes si j'allais avec toi dans la contrée des géants.

£N ISLANDE £1' AU GKOÉNLAND. 123

Les dieux se réunissent en conseil , les dëesBes les rejoignent Tous vont délibérer sur les moyens de reprendre le martesn de Tbor.

Alors, Heinidall, 1 Un des plus brillants paitiii les ases et run des plus habiles, pril la parole, et dit: Donnons à Thor le yétemeot de fiancée; qu'il porte la riche parure de Freya, qu'un trousseau de clefii pendu à sa ceinture résonne sur ses pas , qu^nne robe de femme lui tombe sur les genoux. Nous lui mettrons, de plus, (les pierres précieuses sur la poitrine et une riche coiffure sur la téte.

Thor^ le dieu de la force, s'écrie : Les ases me traiteraient comme une femme si je prenais le vêtement de fiancée.

Loki, fils de I^aufeyia, lui répond: Cesse de parler ainsi, Thor; les géants seront bientôt les maîtres de notre demeure si nous ne reprenons pas ton marteau.

On donne k Thor le vêtement de fiancée et la riche parure de Freya. Des clefs suspendues k sa ceinture résonnent sur ses pas , une robe de femme tombe sur ses jjf iinux, sa poitrine est ornée de pierres précieuses et sa téte d une riche coitTure.

Loki, fils de Laufieyia, dit : Je le suivrai comme si j'étais ta servante, lirions ensemble pour les contrées des géants.

On amène à Tinstant les deux boucs de Tlior; ils sont attelés à un char et s'élancent rapidement. Les rochers se bri&ent, le feu en jaillit. Le fils d'Odin s'en va vers la terre des f^éants.

Thrym f le prince des géants , s^écrie : Levesi'Vous,

l^éants, préparez les sièges, voilà qu'on luaaièuepour fiaDoée Freya» Itiie de Niord.

Od voit s'avancer les vaches aux cornes dor^, les bœufs noirs comme le charbon qui réjouissent le

— J'ai assez de lrés4.)rs, j'ai assez de parures, il ne me manquait que Freya.

Le soir, de bonne heure, les convives se rassem» blent On apporte la bière pour les géants. Thor mange un bœuf, huit saumons, et tous les ineis plus délicatsque I on a l liabit iule (rofTrir aux femmes. Tour apaiser sa soif, il boit trois mesures de bière.

Tbrym , prince des géants, dit : Jamais je n*ai ¥U une fiancée aussi vorace, jamais je n*ai vu une fiancée manger tant à la fo» , jamais je n*ai vu une jeune fille boire tant de bière.

I>a petite servante rusée était assise là, et trouva une réponse aux paroles du géant ; « Depuis quatre jours, Freya D*a rien mangé, tant elle était tourmeotée par le désir de faire ce voyage. »

Thrym soulève -le yoile de celle fiancée, et recule effrayé jusqu'au l)uut de la salle : — Que le regard de Freya est pénétrant ! 11 m'a semblé que la flamme jaillissait de ses yeux.

La petite servante rusée était assise là, et trouva une réponse aux paroles du géant : — « Depuis quatre jours, Freya n a pas dormi, tant elle était tourmentée par le désir de venir ici. »

La sœur du géaut s*approclie et se hasarde à demander les dons d'usage : — Oomie^moi ces anneaux

m ISLANDE BT AU 6ROANLAND. m

d'or ()ue tu portes aux doigts, si lu veuv gagner mou amitié, si tu veux que je te sois toute dévouée.

Thrym , prince des géants, dit : Apportez le nurleati pour la cérémonie naptiale. Posez le marteau sor les genoux de la Jeune fille, et que l'on nous unisse l'un îï l'aiiii e.

Tbor rit au fond du cœur en voyant reparaître son marteau. 11 le prend, et frappe d'abord le prince des géants, et massacre toute sa race.

Il frappe aussi la malheureuse sœur du géant qui demandait des présenls. An lit u dargnit, au lieu de bracelets, elle reçut des coups. C'est ainsi que le fils d*Odin reprit son marteau.

Le huitième chant mythiqae de TËdda est intitulé Harhardsliod* C'est on dialogue entre Tbor qui, dans le cours d'un de ses voyages, arrive au bord d*un détroit, et réclame le secoui s ilu batelier Harhai d pour traverser 1 eau. Uarbard refuse malgré les menaces du dieu de la force, et Tbor est obligé de faire un détour.

9. SkUnirsfaer (voyage de Skirnir). Un jour le dieu Freyr, promenant du haut des demeures célestes ses rc^ntdî» sur Je monde, aperçoit une jeune fille d'une merveilleuse beauté et en devient piofondément amoureux. Skirnir lui offre d'aller la demander en mariage, à la condition que Freyr lui donnera une épiée magique qui frappe et tue d'elle-même. Le dieu, qui n'a plus qu un désir, qu'une pensée, oul)Ue tju au jour où les mauvais esprits engageront la dernière lutte avec les ases, il aura grand besoin de son épée, et accepte la proposition. Skirnir part, et la jeune

m VOYAGE

filie lui promet (ie v(Miir dans neuf nuits célébrer 868 fiançailles avec son divin amoureux.

10. Hra/nagalder Odin, l^s dieiUL, agité» par de sombres rêves et de sinistres pressenlimenls , envoient Brage, Heimdall et Loke consulter les nornes sur le destin des ases et Tavenir du monde.

11. rcu^tainsi^uidd (cliant de \ ei^tam ). Suite du poème précédent. Celle foi?, eest Odin lui-même, Odin tourmenté par les songes douloureu^L de son fils chéri 9 Balder, qui descend aux enfers sous le nom de Vegtam pour interroger la prophétesae. Nous devons encore citer ce cbanl remarquable par son caractère

draiiiaîi(}ue.

Les rois suut réunis en conseil , les ases sont avec eux ; les dieux puissants délibèrent sur ce que signifient les rêves de Balder.

L*insomnie tourmente le dieu y les bons songes Tabandonnent. On interro{;e les devins, on leur demande s'il faut s'atlendre à quelque malheur.

î.es oiacles annoncent la niorl prochaine de Baider, Tami d'Uller , le plus aimable des dieux, i'^rigg et Odin sont dans la douleur, les dieux prennent une décision.

Ils décident qu'on enverra à tous les êtres vivants un nici.sage pour les prier de ne ]>ias iiuii e a iîaldei . Tous les êtres en prennent l'engagement ; Frigga écoute leurs promesses et reçoit leurs serments.

Mais le père suprême craint encore quelque per* fidie; il craint que les vierges du bonheur ne s'éloignent; il appelle de nouveau les ases eu conseil , et là il y eut de longs entretiens.

EN ISLANDE ET AU GROENLAND. f97 Odin, le maître du monde, se lève, selle Sieipner et desceoci dans le royaume de la mort. Vn chien se dresse devant lui, le chien de Hela. Sa poitrine est sanglante, sa gueule terrible, il aboie contre le père du cbant et pousse au loin d'affreux hurlement».

Odin continue sa route : la terre tremble. 11 arrive à la liaute forleresse de Uela. Devant la porte, à Test, une prophétesse est ensevelie.

il d^n*^^ révocation des morts , il tourne vers le nord les runes magiques, fiiit ses conjurations, et presse la juuile jusqu u ce qu enliu elle se lève et lui parle.

VALA

Quel est cet inconnu qui vient ainsi troubler le repos de mon esprit? J'ai dormi longtemps sur la

terre couverte de neige, mouillée par la pluie et par la rosée.

V£GTAM.

Je me nomme Vegtam, fils de Valtam. Donne^moi des nouvelles de l'enfer, je t'en donnerai du monde. Pour qui sont ces bancs si bien par^ ? Pour qui est

ce lit couvert d'or?

VALA

On prépare pour Balder la bière la meilleuve. Un bouclier la recouvre; toute la race des ases est dans le désespoir. Je parle à regret, laisse-moi me taire.

VEGTAM.

Ne te tais pas, Valu. Je veux t uilerroger jusqu'à ce que je sache tout ; je veux savoir qui causera la mort de Balder, qui enlèvera la vie à ce lils d'Odin.

m VOYAGE

VALA

Hxder fera venir ici le dieu célèbre. Il causera la mort de fialder, il enlèvera la vie au fils d'Odtn. Je parle à regret , laisse-moi me taire.

VSOTAM.

INe te tais pas, Vala. Je veux l'interroger jusqu'à ce que je sache tout; je veux savoir qui vengera Balder, qui eaverra son meurtrier sur le bûcher.

VALA

Dans les salles de Touest , Rinda enfiintera un fils. Agé seulement d*un jour, il tuera le fils d'Odin; il ne

lavera pas ses mains, il ne pei^iRia pas ses cheveux avant d'avon* envoyé sur le l)ùcher le meurtrier de Balder. Je parle à regret, laisse-moi me taire.

VIGTAV.

Ne te tais pas, Vala. Je veux te demander quelles

sont les vierges qui pleurent à volonté et jettent contre le ciel le voile de leur téle. Tu ne dormiras pas avant de m'avoir dit cela.

VALA

Tu n'es pas Vegtam , comme je Tavais cru ; tu es Odin , le dief des peuples.

ODIN

Tu n'es pas Vala, ni uue iemme habile; tu es la mère de trois géants.

VALA

Retourne, Odin, dans ta demeure, et sois fier de

ton voyage. Nul être ne viendi a jtlus me visiter a^ant que Loki brise ses chaînes et que ies dieux soient enveloppés dans les ténèbres.

I a. IfyndlaUod (chani de Hyndla). La déesse Freya interrogé Hyndla, qui est de la race des géants, el lui raconte ce qu'elle sait sur Torigine et la parenté des

dieux et dis litjos. Le caractère prophétique de Hyndla, les évéïieiiients qu'elle raconte, ont £ut donner à ce chant le nom de petite Voluspa.

i3. Fialvinsnud (le chant de celui qui sait beaucoup ). C'est un dialogue entre le héros Svipdag et Fiôlvin, dialogue tout rempli d énigmes bizarres et obscures, et de réponses non moins bizaiTes et difficiles à interpréter.

i4> GroageUdur (chant de sorcellerie de Groa). Cest rinvocation d*un fils qui a besoin du secours de sa mère et qui vient la réveiller dans son tombeau, un chant curieux comme peinture d'une des superstitions populaires du Nord. Dans la poésie de tous les peuples , on retrouve des traces de cette croyanoe naive et religieuse qui accorde aux morts la faculté de se réveiller encore dans leur froid sommeil , pour accomplir une promesse, ou donner un dernier témoignage d'afl'eclion envers ceux qu'ils ont aimés. Cette croyance a inspiré mainte lois les auteurs inconnus des vieilles ballades écossaises et anglaises, et ceux des Kaempeviser danois, et Burger, dans sa Lénore, et les poètes grecs eux-mêmes.

Le chant de Groa exprime en outre l'effet puissant que le peuple attribuait à certaines paroles magiques.

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