‹ Littérature orale de l'AuvergneChapitre 30 sur 73 · LE SAUT DE LA PUCELLE · texte numérisé non relu

LE SAUT DE LA PUCELLE

Haute-Loire

Avant la Révolution, on montrait sur une

corniche à pic au-dessus de la plaine et près d’une chapelle vouée à saint Michel, qui existe encore aujourd’hui, l'empreinte de deux pieds. C'étaient ceux d’une jeune fille du Puy qui, en butte aux médisances de ses voisins. s'était précipitée de là dans la plaine, à 300 pieds audessous. Elle commença avec succès, grâce à la protection de saint Michel, mais l’orgueil l'ayant poussée à une troisième tentative, elle fut abandonnée par son protecteur et périt misérablement.

(Mémoires de la Société archéologique du Midi, t. |, p. 230, cités ainsi que la relation manuscrite de l'Italien Medicis (XVI° siècle) par F. de Lanoye, Voyage aux volcans de la France centrale, $ xv, Tour du Monde, t. XIV, 1866,n° 358, p. 290.)

Le P. Gissey dans son Discours historique de N.-D. du Puy, 1627, p. 274, parle aussi de cette pierre ( en laquelle sont gravées deux plantes de pieds que l’on dit ordinairement y avoir esté imprimées par une pucelle, sautant du haut en bas pour tesmoignage de son pucelage et virginité : ce qu'ayant faict par deux fois sans se blesser ; à la troisiesme, poussée d'un vent de vaine gloire, elle se tua»,

A Saint-Martin, la roche du Jarrissein est dite Saut-de-la-Pucelle, parce que l’on y voit l'empreinte des quatre fers de la mule qui portait la jeune fille et qui, dit-on, d’un seul bond s’élança du village de Chaumis sur ce

rocher. É (GRIVEL, p. 351).

Cette légende de la jeune fille qui, pour sauver son honneur ou pour attester sa virginité, fait un saut dangereux, est extrêmement répandue dans le monde occidental; on la retrouve surtout dans le Midi et dans les pays de montagnes. Musset, La Charente, p. 120, en Languedoc, Revue des Langues romanes; Franche-Comté, Ch. Thuriet, Haute-Saône, p. 336; Rochefort-sur-Doubs, Joanne, Paris- Lyon-Méditerranée, 277; en Savoie, p. 437.

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