‹ Littérature orale de l'AuvergneChapitre 31 sur 73 · LE SAUT DU.DIABLE · texte numérisé non relu

LE SAUT DU.DIABLE

Haute-Loire

Dans les gorges de la Loire, deux creux sont réunis par une rigole à la face supérieure d'une roche adhérente aux vastes rochers à pointes aiguës et comme crénelées que le peuple appelle le château des Sarrasins. C'est un lieu sinistre et hanté : ami des païens, le démon les visitait souvent. Un jour, ils se brouillèrent et le démon essayant, contre leur volonté, de franchir la Loire qui le séparait du château, lança du haut d’une roche son coursier qui le précipita dans le fleuve. Serait-ce en l'honneur de la légende ou dans tout autre but qu'on a gravé artistement en creux un fer à cheval sur une autre roche située au bord de la Loire, à cinq mètres au-dessus de son lit? Le peuple n’hésite pas à expliquer cette dernière empreinte : il l'appelle le Fer du

Diable.

(AYMARD, £. C., p. 59.)

LE CHAPELET DE SAINTE MADELEINE Cantal

Les deux parties de la Chauds, près de Massiac, ont reçu leur nom de deux dévots personnages qui s'y étaient retirés : saint Victor avait un ermitage sur l’un, sainte Madeleine sur l'autre, et actuellement encore chacun d'eux y a une chapelle bâtie en son honneur. De leur dévote retraite, les deux anachorètes pouvaient se voir; mais la rivière les empêchait de communiquer ensemble. Cependant Madeleine désirait beaucoup consulter Victor sur les choses divines: enfin elle l’obtint du ciel, et y parvint par un miracle, suivant la tradition.

Un jour, la sainte s'avance sur le bord de sa montagne, son chapelet à la main, et après avoir appelé Victor, le lui jette en l'air, A l'instant même, le chapelet s'étend miraculeu-

sement, il se prolonge d'une montagne à l'autre dans toute sa longueur et forme un pont qui les joint toutes deux par leur sommet. Alors l’anachorète et sa sainte voisine s’approchent pour faire leur pieux colloque. Enfin, toutes les fois que Madeleine voulait demander à Victor quelque conseil, elle employait le même moyen. Mais pour éviter toute occasion de scandale et de chute, elle ne se permettait point d'aller jusque chez lui, ni ne l’autorisait à venir chez elle : tous deux s'arrêtaient à mi-chemin sur le pont, et pendant leur entretien, ils restaient ainsi exposés aux regards et par conséquent à l'admiration des gens du voisinage. | | (LEGRAND D'Aussy, Voyage en Auvergne.)

Cf. sur les Ponts miraculeux, Paul Sébillot, Les Travaux publics, p. 177 et suiv.

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