LE FANTOME DES D'AMBOISE
Lorsque en 1587, Jacques d'Amboise quitta Ambijoux pour aller rejoindre l’armée royaliste, il remarqua dans la cour du château un mendiant nommé Dreil, qui le regardait tristement. « Tiens, lui dit d'Amboise, enlui jetant une aumône. » Le vieillard répondit par ce remerciement usité chez nos montagnards :
« Que [a main qui s'ouvre reste longtemps pleine!» Puis il ramassa l’écu d'argent, et, quand le comte disparut, on vit Dreil verser quelques larmes.
Interrogé sur son chagrin, le mendiant expliqua que ce matin même, au moment où messire Jacques faisait, devant l'autel de la chapelle seigneuriale, sa prière d'adieu, lui Dreil, agenouillé dans un coin avait vu le fantôme des d’Amboise se placer derrière le
comte et y rester silencieux. Comme cette apparition présage toujours une mort, tenez pour certain, ajouta Dreil, que le maître d'Ambijoux ne reviendra plus.
Deux mois après, Jacques d’Amboise pa tué à Coutras.
(DuriF, p. 426.) CS + *
Durif dit qu'il a recueilli oralement cette curieuse tradition qui montre quedes familles d'Auvergne comme celles d'Écosse et d'Irlande, avaient un fantôme qui les avertissait de leur mort ; cette croyance se retrouve aussi, plus rarement, en Bretagne. (Revue des Traditions populaires, t. XII, p. 142.)
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L'HOSPITALITÉ REFUSÉE Puy-de-Dôme et Cantal
Le Gour de Tazenat était autrefois l'emplacement d’une ville. Jésus y passa et demanda du pain. Personne ne voulut lui en donner, à l'exception d’une femme qui pétrissait sa pâte; et quand elle fut cuite, elle lui offrit du pain. Jésus dit à la femme qu’il allait punir les habitants et il l’engagea à s'enfuir pour éviter la mort, mais à bien prendre garde de regarder derrière elle. Jésus engloutit la ville, mais la femme voulut regarder, et elle fut changée en pierre.
Les vaches qui allaient se frotter à la pierre perdaient leurs cornes ; alors les habitants jetèrent la pierre dans le lac; mais elle en émergea et revint à sa place. Elle fut jetée une deuxième fois : elle fit alors entendre une plainte ; mais depuis, elle n’est plus sortie du
lac.
(Recueilli par le D° Pommerol.)
Dans le goufre de Tazenat est engloutie une ville maudite. Chaque année à minuit, le jour de la Toussaint, on entend le son des cloches et le chant des cogs monter à la surface de l'eau.
(D' PoMMEROL, L'Homme, 1887, p. 465.)
Par
Il y avait anciennement un château au Volcamp, en Badailhac. Un soir d'hiver, deux vieillards vinrent demander l’aumône ; le maître du lieu les battit. Mais ces vieillards étaient deux anges : ils s’en allèrent en pleurant et quelques jours après le château s'é-
croula.
(DurirF, p. 216.)
Cf. dans la Revue des Traditions populaires des légendes analogues dans la série des villes englouties, t. V-XII.