PARIS
MAISONMEUVE ET C", ÉDITEURS iS. ooii voLr»i«i, )s
^VANT'PAOPOS.
ANS Us pages qui suivait cetU introducHan, fat essayé de tracer un tabîeau de la Utiérature orale de la Haute-Bretagne,. ^^est-à' dire de la partie de cette mnàleÊtm ..pnMfinte oà . la kmgue française est seule en usage. Mon inavail.H compose surtout de textes qui sont suivis de tommen*' taites : -chaque série est en outre précédée $une courte introduction; mais le plus souvent j'ai laissé la pthfiak AUX paysans et aux marina.
Bien des personnes, même parmi ceux de mei compatriotes gaJlots qui hantent la campagne, serottt sam doute surprises de tout ce -^ contiendront ces pages, et pourtant eUes ne sont -que Âàs éekantilkns de chaque genre, choisis, parmi ^em gpond nomhte de
II AVANT-PROPOS
pièces que je possède encore. Ce sentiment de surprise s'est déjà manifesté lorsque j* ai publié mes Contes populaires de la Haute-Bretagne ; mais il tient surtout à ce que les gens qui sont en relations journalières avec le peuple des campagnes ne connaissent guère que son extérieur, et ne sont pas suffisamment patients et observateurs pour découvrir ses coutumes singulières et pour noter ses croyances, ses chants, ses aspirations, ses superstitions, tout ce qui en un mot ne se livre pas au premier examen. Il est juste d'ajouter que Vhàbitude de toujours voir les choses même originales les fait paraître toutes naturelles.
Recueillir cette littérature parlée n'est point aussi facile qu'on se l'imagine ; elle n'est point écrite ni réunie en des endroits déterminés ; elle est au contraire dispersée dans la mémoire d'un grand nombre de personnes, d'oà il n'est pas toujours aisé de la fftire sortir. On n'y arrive qu'à force de temps et de persévérance, et il est de plus nécessaire de bien connaître la langue des paysans et de leur inspirer confiance; sans cela, ils demeureraient obstinément fermés, etj^on ne saurait tien ou peu de chose.
Les manifestations de la littérature orale sont trèsdiverses et très-complexes; on pourrait presque dire qt^élle est partout et nulle part.
AVANT-PROPOS III
Il y a cependant quelques endroits oà Von en peut découvrir des fragments importants : ce sont les réunions d*hiver. Quand les soirées sont longues, on s^as-^ semble parfois, et pendant que les uns travaillent, les autres disent des contes^ proposent des devinettes ou chantent des chansons. Voici les noms et la description succincte de quelques-unes de ces assemblées.
Le Filouas, qui a disparu dans beaucoup de paySy a lieu le soir dans une ferme oà un certain nombre de personnes se réunissent pour filouaser, c^est-à^dire fUer à la quenouille ou au rouet; les garçons qui ont des er bonnes aniies » y viennent pour accompagner Us filles et leur aider à tourner leur rouet. On y raconte des contes et des légendes; on y dit des devinettes ; on y chante des chansons, et la soirée se termine parfois par des danses. Vers Ercé, oii cette sorte de réunion se nomme Filanderie, il ^y trouvait parfois quarante ou cinquante personnes, et une femme âgée m'a assuré que, de son temps, il ne se passait guère de semaine sans qu'il y eût une ou plusieurs filanderies dans la commune»
On racontait aussi des contes aux Veillouas, réu-nions du soir oU Von se rassemblait surtout pour se divertir à jouer et à danser; aux Érusseries de chanvre» ok les jeunes garçons et les filles s*ai-