‹ Littérature orale de la Haute-BretagneChapitre 38 sur 99 · LES TROIS FRÈRES · texte numérisé non relu

LES TROIS FRÈRES

L y avait une fois trois frères qui étaient fils de roi. Leur père lettr dit un jour :

— Vous allez partir chacun de votre côté, et celui qui rapportera le plus beau bouquet aura la couronne.

Ce fut le plus petit qui trouva le plus beau bouquet, et quand ils se rencontrèrent tous les trois, Taîné dit à son jeune frère :

— Il faut que tu me cèdes ton bouquet; si tu ne consens pas à me le donner, je vais te tuer.

— Non, répondit l'enfant, je le garde pour moi, puisque je Tai trouvé.

L'aîné dit à son cadet :

— Va chercher une bêche pour creuser la fosse à ce petit entêté.

— Non, répondit le cadet, je n'irai pas ; je* ne veux pas enterrer mon frère.

— Si tu ne veux pas, je vais te tuer.

Le second garçon se décida à faire ce que voulait l'aîné, qui creusa la fosse et y enterra tout vivant son petit frère ; puis il alla porter le bou*

quet à ■ son père en disant que c'était lui qui avait trouvé les plus belles fleurs.

— Il faut, dit le roi, attendre tes deux frères pour le savoir.

— C'est inutile, répondait le garçon ; c'est moi qui ai le plus beau bouquet.

— Va, dit le roi, à la recherche de tes frères.

Le roi, de son côté, se mit en route pour retrouver ses enfants, et il rencontra le cadet qui pleurait.

— Q.u'as-tu, lui demanda-t-il, pour pleurer ainsi ?

— C'est que mon frère aîné a tué mon petit frère.

— Oùl'a-t-iltué?

-^ Dans la forêt d'Ardennes.

Il mena son père dans la forêt, et ils trouvèrent un petit os creux qui était en forme de sifflet. Le roi l'approcha de sa bouche, et l'os disait :

Mon frère m*a tué Dans la forêt d'Ardennes.

Un prêtre passa par là, et le roi lui dit :

— Écoutez donc ce que dit ce petit os-là.

L'os disait :

O mon curé, C'est mon frère aîné Qjii m'a tué dans la forêt d'Ardennes.

222 CONTES POPULAIRES EN HAUTB-BRETAdNE ^

Le père s'en alla diercher des fagots, et il ât un bûcher sur lequel il brûla son fils aîné.

(Conté en i8j^ par Pierre Ménard de Saint-Cast, mousUf âgé de Uei^e ans.^

L'os qui en siiflant révèle le nom de l'assassin se retrouve assez fréquemment dans les récits populaires.

On en verra deux autres exemples dans les contes qui suivent.

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