I. — OISEAUX
Alouettes*. Les alouettes disent quand dles volent, bien haut :
Ouvrez-moi la porte du paradis.
Je ne pécherai plus, (ter)
Quand elles sont descendues, elles disent :
Mille diables, que j'étas haut 1
Var. Qjiand elles sont en haut :
— Je ne jurerai p'us. Q^r)
— Je jurerai cor. (ter)
disent-elles quand elles sont revenues sur terre. (E.) Cf. Rolland, les Oiseaux sauvages, p. 309.
Les pâtours disent aux alouettes :
Alouette, alouette, Monte en haut.
Pour attirer le temps chaud Su' les p'tits pâtouriaux Qui n'ont ni cotte ni mantiaux. (£.)
Coqs. Deux coqs qui se répondent :
— J'embrasse quand j'veux !
— Tu es bien heureux I Trois :
— Ah ! que l'hiver est long !
— Nous le passerons.
— En ahanant I (E.)
Cf. Sauvé, Proverbes breUms, n« 264.
> Trois coqs sont chacun dans Taire de fennes diâférentes :
Ah ! que l'hiver est long I S'écrie le coq d'une moyenne ferme.
Nous le passerons, Répond d'une grosse voix le coq d'un fermier cossu.
Ben en ahanant, Dit d'une voix grêle le coq d'un petit fermier. (E.)
Coucou. On dit au coucou :
Méfie-toi de ma faux,
Coucou ; Je te coupe le cou.
Ou bien :
Va-t*en aller, coucou.
Ou gare ma faux ; je t* coupe le cou. (S.-C.)»
On prétend que le coucou s'en va dès qu'il entend battreles faux, parce qu'il a été blessé d'un coup de faux la première fois qu'il vint en Bretagne. (S.-C.) Vers Ercé, on dit qu'ils ont. peur d'être sanis (chitrés) par les faucheurs.
duand le coucou étend ses ailes pour s*envoler, oi> lui crie :
José, Mets tes voiles au se (sec). (S.-C).
Ceci m*a l'air d'une allusion irrévérencieuse à Saint-Joseph^
GoRGE-ROUGE (rouge^gorge) ; on dit qu'il répète :
Glorieux d' chouan I
Glorieux de chouan ! ^
Lorsque le gorge-rouge alla chercher le feu, ses plumes furent toutes brûlées ; les oiseaux en eurent pitié et résolurent de lui donner chacun une plume pour le rhabiller ; seul le chouan,, oiseau orgueilleux et peu compatissant, reftxsa. C'est pour cela, que, dés qu'il se montre au jour, tous les petits oiseaux crient après lui, et surtout le gorge-rouge qui, par son cri, lui reproche son orgueil et son mauvais cœur. (E.)
Cf. Rolland, Its Oiseaux sauvages, p. 263-264, et Luzel, Qua-triimt rafporif p. 203.
Lavandière. On lui dit :
Lavandière, ma jolie lavandière, Va me chercher un poisson dans la rivière.
EN HAUTt-BRETAGKE 345
Quand tu arriveras, Tu auras des pois ; Si tu n'y vas pas.
Je t'assommerai avec un fusil d' bois. (S.-C.)
Mauve, sorte de mouette.
Qjiand une mauve a pris un brin de lançon (ammoditef iohianus), les antres lui crient :
Goulue, goulue, goulue 1
Suivant que les pécheurs voient un iquiri (hirondelle de mer) ou une mauve, ils disent :
Cest un équéré :
Prends ta ligne et va au macré (maquereau) ;
'Est une mauve ; Serre ta fouée et te chauffe. (S.-C.)
. Petit-duc. Le petit-duc dit à sa femelle :
Coucher do ta?
Elle répond :
Ah I que nenni ! (E.)
Rossignol. Le rossignol dit :
Tire, tire, tire, Tiens bon. (Ei) On lui dit :
Rossignol, rossignol, Va-t'en à Rome chercher du pétrole.
Pour mettre le feu Dans la ville de Saint-Brieuc. (S.-C.)