JEUX
PAROLES D*iUMINATION~AU JEU.
Belle pomme d'or à la révérence,
N'y a plus qu'un roi qui reste en France.
Adieu, mes amis,
La guerre est finie :
Belle pomme d'or,
Sors dehors. (M.)
CeU se chante sur un air qui est une sorte de récitatif.
Dans Mélusine, col. 170, on trouve plusieurs formulettes du Bessin, de Seine-et-Oise, de Chartres, de Liège, de Genève et de Qjiimper, qui se rapprochent de celle-ci, surtout celle de Qjiimper, qui n'en difiëre que par trois ou quatre mots. On peut aussi comparer une formulette du paj'S Messin (Mélusim, col. 78).
Petit ciseau d'or et d'argent, Ton père t'appelle.
Ta mère t'attend Au bas du champ.
Pour y manger
Du lait caUlé Que les souris ont barbotté Depuis une heure de temps ; Va-t'en. (M.)
Pour faire manquer quelqu'un qui joue, on lui crie :
J' t'enfaîne Dans la croix d'un chêne.
Tu as bu du lait d'coucou ; Jamais tu nTras bon coup. (E.)
Coucou, caunard, Dans rbois d'Brochard, Ta mère t'a fait A coup d'bonnet, En passant par sus un ruissé. (E.)
Quand on fait un ouvrage de travers, on dit :
Jaquette,
Et pomme kaite.
Galette de bois ;
Ta mère t'appelle,
Et tu n'Ii réponds pas.
Tu tires les vaches, et tu bois le lait doux ; Tu trempes la soupe, et tu manges des choux. (E.)
Jaquette, Rosette
Tes talons sont bas ;
Si ta cotte te quitte,
Tu tombes à bas. (Rennes.)
wmm
Lorsqu'une personne part et qu'on est content de la Toir s'en aller, on lui dit : ,
Adieu, bon vent,
La paille au eu
Et le feu dedans. (£.)
FORICULETTES QUE L'oN RÉCriE POUR ÊTRE GUÉRI.
Qjiand on a le hoquet, on dit très- vite et sur une sorte d'air :
J'ai le hoquet,
Dieu m'ia fait 1
Il l'a voulu ; «
Je nTai p'us. (E., M.)
Cf. Perron, Proverbes de la Franche-Comté, p. 89, et Souche, p. 2a.
Pour le mal de ventre, on dit :
Kirikiki, Mon ventre, mon ventre,
Kirikiki, Mon ventre est guéri. (D.)
La jouhftrhe est, dit-on, souveraine contre les ampoules et les cors aux pieds; on la pile avec de la caisse douce, et en l'appliquant sur le mal, on dit :
Joubarbe, Guéris nies pieds du mal ; Je te donnerai de la salade.
EN BAUTE-BRETAGNE 3^3
Si tu ae les guéris pas,
J't'hacherai avec mon couteau
En plus de mille petits morceaux. (S.-C.)
FORMULETTES DES M^TiORES.
Qjiand on voit un arc-en-ciel, on le coupe ; mais il faut que celui qui le coupe ne Tait pas vu, et qu'il ait été prévenu par un autre. On crache dans sa main, on y met un petit brin d'herbe parallèle aux doigts, et on frappe sur le brin d'herbe de manière à ce que la main <^ui frappe forme une croix avec l'herbe, et on dit :
J'te coupe en croix ;
Tu U'reviendras pas. (E.)
On prend un petit grain de blé dans sa main, et on
Arcanciel, arcanciel, Par la vertu de mon petit grain de blé, Je veux que tu sois coupé. (S.-C.)
Carcancié, carcancié, Si tu mets tes vaches dans mon blé, J'te coupe par la moitié Avec mon grand coutiau d'acier. (S.-C.)
Arcanciel, Ne mets pas tes bœufs dans ma luzerne ; Je te donnerai du miel.
Si tu les y mets.
Tu auras des coups de fouet. (S.-C.)
FORMULÉTTES POPULAIRES
Ces deux dernières formulettes ont vraisemblablement leur origine dtitf les très-anciennes croyances aryennes où les nuages étaient assimilés à des vaches ou à des bœufs. Cf. Gubematis^ Mythologie Tioologique.
Qjiand il tombe de la neige, on dit :
Voilà saint Nicolas Qui plume sôa-houas.
Ou
Voilà la petite bonne femme ' Qui plume ses houas (oies). (M.)
Ou
Voilà le bon Dieu Qui plume ses houas.
Qjiand il tombe des marteauiL aiLmartiaux (gros grô> Ions ; cf. le breton mor^oliou, qui a le même sens), on dit. que lei)on Dieu jette les os de ses oies. (S.-C.)
U y avait autrefois^des gens qui mettaient dans leurs poches^
des pierres de tonnerre quand le temps était à Torage, et qui ré.-
dtaieat, s'il tonndit, une oraison en l'honneur de la pierre ; je
n'ai pu me la procurer jusqu'ici. En voici une petite qu'on leur
^«jjresse, dit-on, encore maintenant':'
Pierre, pierre, Garde-moi du tonnerre. (S.-C.)