‹ Littérature orale de la Haute-BretagneChapitre 95 sur 99 · IKDEZ DES PROVERBES ET DICTONS · texte numérisé non relu

IKDEZ DES PROVERBES ET DICTONS

Mémoire, 19.

Mené, $7, Métiers, 71, Midi, 17, Mirer (se), 127.

Moine, 135.

Mort, $0, $2.

Morrous, 96.

Neige, 139.

Kez, 9e, 119.

Noblesse, 99.

Koël, 24, 131.

Konne, aa.

Nord, 114, 137.

Mord-est, xi6.

Kues, 107.

Obli, $0.

CKe, xs, 67, 90, 139.

Orbicfae, i2Z.

Pâques, 80.

Puier, 11$.

Peau, 12s.

Pèchenr, 71.

Péter, iio.

Pie, 66,

Piroton, 90.

PUce, 3.

Pléhérel, 30.

Plessis-Balisson, 88.

Pluie, X09, ixi, xx6, 138.

Pomme, 4, i3Z'

Porc, 40, 42, 123.

Poule, XX, 44.

Poux, 52.

Pié, 134.

Prêtre, 63, Z20, 136.

Plis, XI 3.

Procession, X09.

Puces, 25, 37.

Racine, 24.

Rat, 113.

Rameaux, X32.

Recteur, 38, 54.

Renard, 31.

Reparon, 6ï* Retors, X20.

Rire, 67.

Rogations, XX7.

Rond, X03.

Ruine, $3.

Ruse, 136.

Saint-Hubert, 3.

Saint-Jean, 4, 32.

Saint-Joseph, 83.

Saint-Laurent, 3.

Saint-Kicolas, X39.

Sainte-Githerine, 24.

Sas, 44.

Sec, X2$.

Séran, 20.

Soleil, 72, 13X, X38.

Sorcier, $6.

Soupe, X28.

Sourd, $5, 6s, X29.

Sud, 1x4, X37. Surdos, $9, 60.

J.78 »ÎDJE3^ D?S PROYESygU^, EÇ. JMÇÇQNS

Tandourie, 126.

Taupe, 130. • Temps, 91, 104.

Terrien, 69* Troussé, 13$.

Truie, 133.

Vache, 8^ $6, 80.

Veau, 8, 43, 107.

Veillouas, 140.

Vendredi, 91.

Vent, 1x4.

Vêpres, 28, 106.

Vierge, 81.

Voleur, 5.

Yeux, 44.

L'ESPRIT A LA CAMPAGNE

Iixuft le» contes et 1m UffmâtM, ka pftjruns lic^iuqtf de courtes kistokss, tmdoga^ 4 nos NouxeUes à k main, et qui psifoia» coomm elles, a^ tjpmment p%r un mot de k fia, qm souvent est -k motif qui s smeni toute l*historiette. Il m'a semblé curieux d*en montrer quelques spicimens, pour £ùre voir quel était le genre d'esprit qui leur plait €t k nature du comique qu'ils goûtent.

Un pr£tre prêchait sur l'évangUe de la multiplication des pains.

n y avMt en &ce de la chaire un adléii qni ^ait à chaque bstant : « Hum I hum I > ^ secouant la tète.

— Tu ne veux pas croire cela, Jean 7 demanda le prédicateur.

l'bsprit a la campagne 381

— Non, répondit-il; je voudrais voir le four dans lequel ils ont été cuits.

— Mettez-le dehors.

— Je vais bien y aller tout seul.

Un héritier était allé au presbytère pour savoir combien lui coûteraient les messes qu*il voulait £ure dire pour le défunt.

' — G)mbien les messes ? demanda*t-il.

— Trente sous.

— Et les vêpres?

— Les vêpres sont pour rien.

— Alors, dites des vêpres.

Une femme riche perdit -son mari ; elle allait souvent prier pour lui et demandait au recteur s'il était en paradis ou en purgatoire.

— Je sais bien où il est, dit le prêtre, et je . vous le dirai si vous voulez me payer.

On convint de la somme de six cents francs que le prêtre reçut et compta.

— Où est mon homme ? demanda la femme.

-— A la porte du paradis, où on est à lui scier

les cornes pour qu*il puisse y entrer. (Ercé.)

jftt l'SSPRIT a I.A CAMPAGNE

Le reaeur de Marpiré aUa k^>ec ba t«M^aate à la foire de Vitré, at il acheta deux cochons — en vous respectant : l'un avait le eu noir, et l'autre la queue écourtée.

En revenant de la foire, je ne sais par quelle aventure ks cochons se perdirent, et la servante t'enquérait de tois côtés si on n'avait pâs^m ses bêtes. « Nous les conduisions, dit-elle, il n^ a pas encore longtemps; M. le recteur avait la queue écourtée, et moi le eu noir, n

Je ne sais pas si ceux qui l'écoutèrent eurent beau jeu. (Ercé.)

La femme d'un braconnier alla à confesse et s'accusa d'avoir mangé du lièvre à son repas du midi (on était au vendredi).

— Votre mari est chasseur, lui dit son confes* seur. Apportez-iiioi un lièvre au presbytère, et revenez demain; je vous donnerai l'absoludon.

Le lendemain die porta tm lièvre à la servante du curé, puis elle alla -au confessionnal, où eUe reçut l'absolution^

'Mais quand iz euiânière écorcha le lièvre, elle vit que ce n'était qu'une peau 4)ourrée de soa^

rïî ^AuVE-^RïTAcrài ^jfe^

et die se plaignît à son mahre d'avoir été trompée par la femme du diasseur.

— C'est bien, àh le prttre-, je l'attrai^eflfi iattksh Le lendemain quand la iemme se présenta pour

<îOmmunier, le reàîeur, au Keu de lui donner

une hostie, lui mit dans la bducheiin bouton 'iîà

os qu'il avait arraché à son caleçon.

' Sentant daûs sa bouche cet objet dur, la vieille

dît à sa voisine :

. — As-tu thangétonbôn Dieu?

— Oui.

— Il parah, répondît-^lle, qu'ils m'ont dchiné Dieu le Père, car il est si dur que je ne peux l'avaler. (Gosné, Ercé.)

Il y avait une fois une femme dont le mari était malade ; elle envoya son petit garçon diercher le prêtre :

— Tu le prieras, dit-elle, d'apporter la sacristie à ton pèi*e.

Arrivé au presbytère, le petit garçon dit :

— Bonjour, monsieur le recteur. Mon père est bien malade ; il faut lui apporter la sacristre.

— La sacristie ? Il faudrait pour cela plus d'un harnois (attelage).

Le prêtre prit le pochon à extrême-ohctibh,' et il se mît eh irôute'pour porter le sacrement au malade»

384 l'esprit a la. campagne

Q}iand ils furent arrivés à la maison, le prêtre exhorta le malade, qui était un peu sourd, puis il alla au lit et lui dit par trois fois :

— Ouvrez la bouche.

Le bonhomme n'ouvrait pas la bouche, et le prêtre dit à la femme de tâcher de se faire entendre de son mari.

— Vhre, dit-elle ; mais c'est qu'il ne sait pas ce que c'est que la bouche. Thuraud, cria-t-^Ue, ouvert la gotde pour que monsieur le recteur mette la sacristie dedans.

Qpand le bonhomme eut communié :

— Clos ta gotde, Thuraud, dit la bonne femme ; la sacristie est dedans. (Plouêr.)

PROPOS DE CATÉCHIS1I£.

— Le Père est-il Dieu ?

— Oui.

— Le Fils est-il Dieu ?

— Vère, quand son père sera mort. (E.)

— Combien y a-t-il de Dieux ?

— Il y en a trois.

— Trois?

— Vère, celui de Liffré, celui de Gosné et celui d'Ercé.

Cétaient les trois bourgs qae l'enfant connaissait.

— Étes-vous chrétien ?

— Vère, je sommes tous chrétiens à la maison ; i' n'y a que ma mère qu'est une Jagueu. (M.)

Aimerais -tu mieux, demandait un prêtre à un enfant du catéchisme, être en paradis qu'en enfer ?

— J'aimerais mieux être en enfer, parce qu'on 5'y chauffe, répondit l'enfant qui avait très-froid.

Un prêtre faisait le catéchisme.

— Combien y a-t-il de Dieux ? demanda-t-il à un enfant.

— n n'y en a pas tant comme de prêtres ; ils ne s'entre-dureraient pas, répondit-il.

— Qjiel âge as-tu, petit gars, qui parles si bien?

— L'âge d'un bon veau : tous Vs ans douze mois. (E.)

'■"'S it. — ikotos iîfasTiauïfe!'

Jean Duchêne était un bon buveur de cidre, qui, non content dé ceriiî de son cellier, allait volontiers en ville pour ïiàblir des comparaisons .^efltre les différents pommaees.

^ Un joui- que; vers le soir, ii'sonàît'iie l'aube^ de Dubois, il fut rencontré par un de' ses' compères qui lui dit :

— Eh bien, DuchEne, le cidre de Dubois est-il bon? , „,,. ,,, ,, j,^ ,,^ ^

— Comment, tu n'en siùs rienî

,; — . V^re,| je, s^^ alj^ â J'piib^ç dé ^ Cousin, et le cidre y pla^^t de ^on:^ç^(n|a()5é;, i^ez J^- , mercier, j',^ bU|^eux.,|joléps gui ip'on^.fait plji. sir; chez Ange Lorant, le piot était ben coem^i, .,e(,j;en,^ bu ti;9^ bol^esj f^çï /^iiguçs Ma Tante. il n'étùt pas mauvais. Je suis entré chez Dqbois; mais là le goût des divers cidres s'est mêlé i celui du ^en, de sofie.que je ne peux vous dire s'il est vraiment bon «U mauvais. (Matigaon.}

L*ESPRIT A LA CAMPAGNE 387

Une fille avait deux galants : un jour qu'elle était enfermée avec l'un d'eux, l'autre passa par là en portant à la forge un soc qui avait besoin d'être raccommodé.

En arrivant à la porte de sa bonne amie, il lui demanda à entrer pour causer ; elle refusa.

— Puisque tu ne veux pas, mets ta joue à côté du trou au chat ; je vais t'embrasser.

La fille fit ôter les culottes à l'autre galant, et le fit présenter au trou du chat ses fesses bien charnues et bien dodues.

— Comme tu as de bonnes joues, dit le galant : tu voudras encore bien que je t'embrasse en revenant.

— Oui, répondit la fille.

Arrivé à la forge, le garçon fit chauffer son soc jusqu'à ce qu'il fût rouge, et comme l'autre amoureux lui présentait encore ses prétendues joues, il le brûla avec son soc. (E.)

Jean Ménar monta un jour sur son âne, et il tenait à la main un fagot. L'âne se trouvait chargé et se plaignait à sa façon :

— Comment 1 lui dit son maître, tu geins, bougresse, et c'est moi qui porte tout !

L ESPRIT A LA CAMPAGNE

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