LES SOUHAITS
Il y avdt une fois quatre gas de Langueuz qui voyageaient ensemble.
. — Si tu étas roui (roi), dit Tun d'eux, qu'estce que tu désireras ?
— Des feuves o du lard fumé, qui seraint grosses comme les peuces des pieds.
— Et ta?
— paras de la saucisse longue comme de Lamballe à Saint-Brieuc.
— Et ta ?
— Je voudras que la mer serait toute en graisse, et ma dans le mitan à l'écumer do une écuelle de bois. Mais ta, gars, que'que tu feras ?
— Qjie'que tu voudras que je feras? V'avez pris pour vous tout ce qu'i' n'y a de bon.
{Penguitty.)
s III. — LES MENTIMES*
lES mentiries ou jeux de mensonges sont une sorte d'amusement qui consiste à raconter des histoires sans queue ni tète, ou des aventures invraisemblables : ceux qui ont le plus de succès sont ceux qui forgent les choses les plus impossibles. C'est, comme le disait un de mes conteurs, « à qui mentira le plus ».
Michel Morin envoya ses trois fils à la chasse : l'un n'avait pas d'yeux ; l'autre était sans bras ; le troisième n'avait pas de jambes, et le quatrième n'avait pas d'habit.
Celui qui n'avait pas d'yeux aperçut un lièvre à cinq cents pas ; celui qui n'avait pas de bras tira dessus et le tua; celui qui n'avait pas de jambes courut le ramasser, et celui qui n'avait pas d'habit le mit dans sa poche.
Ils étaient sur le bas du sommet d'une montagne, et ils montèrent dans le fond d'un vallon : arrivés là, ils^ aperçurent une maison qui n'avait
l'esprit a la campagne
ni portes ni fenêtres. Celui qui n'avait pas de bras frappa un coup de poing dans la porte, et demanda avec quoi faire cuire un lièvre qui n'était pas pris. Un grand homme, qui n'était pas là, leur a répondu :
— Nous avons tout ce qu'il faut pour cela :
nous avons trois marmites dont deux sont défoncées, la troisième n'a que les côtés, et quand on met quelque chose dedans, la graisse monte par dessus les bords.
Devinez s'il y a là-dedans un mot de vrai.
(^Récité par Jean Bouchery, de Dotwdatn, i8j8.)
Une fille disait : J'ai vu un chien enraigé là-bas qui mordait dans la terre et regardait en haut; il avait la quoue aussi longue que mon bras et l'avait écourtée au ras du eu. (E.)
En Coulinée, la p'us veille ville de Bretangne, les pavés étaint usés, et le gouvernement du temps-là ne donnait ren pour les ramarrér. îz étaint tous chargés de vermine en Coulinée ; iz en avaint tous leux crublée. Les anciens s'assem-
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blitent et dédditea^ qu'i' fallait mett'e les pouées (poux) à paver les rues, surtout la principale qu'est la rue es Chieuves. I' les ramassitent de loux mieux, petits et gros, jeunes et vieux : il y en, avait des vieu:^ qu'avaint diqu'à sept ans. V les regarditent à la dent et es cônes ; autant d'années, autant d' branches, et la raile de mulet tout olva (en descendant) le dos. V pavitent la rue de loux mieux et bien pavée ; mais sus la fin n'y avait pas de pouées assez. Les anciens tintent cor conseil et ditent : « Comment faire? i' faut pourtant que la rue se pave ». On print la mieure (meilleure) charrette et les cin' mieurs chevaux, ^€t les v'ià en train d'aller sntht Gourâ. Iz arrivitent au village de Térué, et fitent leux chargement sus place, et leux ditent bien ceux de Térué de prenre do qua paver loux rues et que s'il' en voulaint, i' n'en araint point manqué ; car au Gourâ i' n'en manquent point; iz' ont tous la réputation d'en avoir chacun un godet» Mais asteure les temps sont changés ; i' les ont mis en mé tarie et en cheptel ; iz en mettent douze et le hourd (i), et vingt-quatre heures après i' sont grands-pères.
Mais 'était au Gourâ qu'était le p'us vieux poué d'Europe; il était comme un moyen co-
(i) Le mâle. Cf. le gallois howrd, bélier.
cbon. Qpand i' se mettait à jouer et à gambader,, do sa quoue il £tisait sonner la cloche dans \i