‹ --Littérature--Chapitre 26 sur 65 · On les peut laisser jouer à quelques petits jeux in · texte numérisé non relu

On les peut laisser jouer à quelques petits jeux in

226 JACQOEUNE PASCAL.

nocens, comme à des osselets, volans ou quelques autres. Ce n'est pas que cela se fasse parmi nous présentement; car hors les plus petites, qui jouent toujours, toutes travaillent sans perdre leur temps, et elles y ont pris une si bonne habitude qu'il n'y a rien qui leur ennuyé tant que les récréations des fêtes, comme je Tai déjà dit.

5. On ne leur permet point d'être séparées les unes des autres, quand ce seroit dans la même chambre, et encore moins d'être deux ou trois ensemble, ni de se parler ensorte (ju'on ne les entende point. Tout ce qu'elles disent doit être entendu de leur maîtresse, et on entretient toujours la coutume que l'on a prise, qui est qu'en quelque lieu que ce soit on leur fasse dire tout haut ce qu'elles ont dit bas, à moins qu'elles disent humblement : qu'elles supplient qu'on leur permette de ne le dire qu'en particulier à leur maîtresse; car il pourroit arriver que ce seroii (fuelque chose qui porteroit grand dommage d'être entendu de toutes. Pour cette raison, elles sont instruites dans le particulier de ne dire jamais tout haut ce qu'elles auront dit bas qui seroit mauvais, et qui pourroit mal édifier, on blesser la charité, et il leur seroit autant imputé à faute de l'avoir dit haut que si elles avoient celé ce qui devroit être dit.

6. Quoique la discrétion se trouve peu dans la jeunesse, on lesyaecoutumebeaucoup à toute heure et à toute rencontre, mais particulièrement à la récréation, où il semble qu'elles ont droit de dire beaucoup de choses pour se divertir et se récréer. C'est pourquoi leurs maîtresses ont soin de leur parler et de s'entretenir avec elles, afin de les aider à dire des choses raisonnables qui leur ouvreni l'esprit.

7. On ne souffre point qu'elles parlent de ce qu'on leur a dit dans la confession ni dans le particulier, quand ce

qu'elles voudroient dire seroit de grande édification. Car il se pourroit faire qu'il y en auroit quelqu'une à qui on n'auroit jamais rien dit de semblable, et cela leur donneroit de la jalousie.

8. Elles ne parlent point du chant des sœurs, en disant qu'une sœur chante mieux que l'autre, ni des fautes qui auraient été faites au chœur, ni des communions des sœurs ; et on a soin de les accoutumer à ne point faire de discernement pour cela, et à ne point croire plus saintes celles qu'elles verroient communier plus souvent, ni plus imparfaites celles qui le feroient moins. On leur dit dans les rencontres que chacune suit le don de Dieu et ce qui lui est commandé par sa supérieure, et qu'il ne faut pas louer celles qui le font souvent, ni condamner'celles qui le font rarement, mais laisser le tout au jugement de Noire-Seigneur.

9. Elles né parlent point aussi de ce qui se fait au réfectoire ; comme si quelque sœur avoit fait quelque pénitence, ni même de celles qu'elles y auroieni faites ellesmêmes ou leurs compagnes.

10. On leur défend aussi de parler des pénitences qu'elles demandent en général quand on les instruit, de peur qu'elles n'en fassent un jeu, ou qu'elles s'intimident l'une l'autre.

U. Il ne leur est point non plus permis de raconter jamais les songes qu'elles auroient fait la nuit, quelque beaux ou saints qu'ils puissent être.

12. Elles ne doivent rien dire de ce qu'elles auroient appris au parloir. S'il y a quelque chose qui soit d'édification et qui puisse être dit à toutes, la maîtresse ne manquera point de le dire, afin de leur ôter le désir qu'elles pourroient ^voir que cela fût sçu.

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