Pendant ce même temps, on instruit les plus pe
lites enfans ; car, encore qu'elles soient présenles à tonl ce que Ton dit dans la chambre pour les instruire, elles n'y entendent rien, et si on ne s'adresse à chacune d'elles en particulier, elles n'y comprennent rien.
3. A la fin de vêpres jusqu'au réfectoire, une des grandes fait une lecture. 11 faut, autant que cela se peut, que leur principale maîtresse y soit présente. On fait cette lecture jusques à ce que le réfectoire sonne, où elles vont dans le même ordre que le matin.
De la Réerédtion du soi/Ty des Prières et du Couàier.
1. Ensuite se fait la récréation tout de même que le matin, si ce n'est que l'été on va au jardin le soir, et riiyver le matin.
2. Les enfans sont séparées aussi bien le soir que le malin. On fait ce que l'on peut pour être deux religieuses avec les grandes, quand il y en a de moins bien disposées : afin qu'une des religieuses marchant derrière elles, elle puisse découvrir celles qui, sous quelque prétexte d'être incommodées, marcheroient plus doucement, afin de se parler bas les unes aux autres.
3. Celte récréation du soir dure jusques au premier coup de complies; si ce n'est aux grandes chaleurs de l'été, où on la finira plus lard, selon leurs besoins, et avec discrétion, afin de les faire promener à la fraîcheur. On ne passera pourtant jamais sept heures et demie sans la finir, pour commejîcer les prières du soir, qu'elles peuvent dire au jardin durant les grandes chaleurs, se mettant à genoux en quelque lieu écarté, où ensuite elles disent complies du môme ton qu'elles ont dit prime le matin. Elles peuvent marcher en disant les psaumes, pourvu qu'elles s'arrêtent pour faire toutes les cérémonies de l'office.
4. Quand les chaleurs ne sont pas si grandes, elles commencent à prier Dieu au premier coup de complies, afin qu'elles puissent avoir fait pour se rendre au chœur lorsqu'on y chante Tanlienne de la Vierge, à laquelle elles assistent tout le long de Tannée, hormis environ trois mois des plus grandes chaleurs, qui sont depuis Toctave du saint sacrement jusques à la fin du mois d'août, et cela pour ne pas interrompre la promenade que l'on juge être utile à celte heure-là.
5. Au sortir du chœur ou du jardin, elles montent tout droit dans leurs chambres, où elles se déshabillent en grand silence et avec promptitude, tellement que l'hyver et l'été il faut qu'elles soient toutes couchées à huit heures et un quart, et toutes dans un lit à part, sans qu'on en dispense jamais pour quelque prétexte que ce soit.
6. Aussitôt qu'elles sont couchées, elles sont fidèlement visitées, non-seulement celles des cellules, mais aussi celles des chambres, qu'il faut visiter dans chaque lit en particulier, pour voir si elles sont couchées avec la modestie requise, et aussi pour voir si elles sont bien couvertes en hyver.
7. Après, on éteint toutes les lumières, à la réserve d'une lampe qu'on laisse allumée toute la nuit dans «une de leurs chambres, poiir les besoins qui peuvent survenir la nuit.
8. Il couche une sœur dans chaque chambre, oU une grande en qui on a une parfaite confiance.
9. Voilà l'ordre qui se garde toute la journée, ce n'est pas que l'on ne change quelquefois les heures de certains exercices pour les besoins particuliers, comme les jours de jeûne de l'Eglise et le carême, oii la matinée est bien plus longue que l'après-dînée.
J'ai réservé jusques ici à mettre les prières que les enfans font le matin et le soir.