II
que, il manque quelque chose à sa gloire, s'il n'a la prééminMice de l'esprit; et quelque éclairé que soit un sujet, sa oon^tion est toujours rabaissée par ta * dépendance. Les hommes qui désirent naturellement ce qu'il y a de plus parfiit, avoient josqu'icd continuellement aspiré à rencontrer ce souverain par excellence. Tous les rois et tous les savants en étoient autant d'ébauches qui ne remplisaoient qu'à demi leur attente : ce chef-d'œuvre étoit réservé à notre siècle '. Et afin que cette grande merveille parût accompagnée de tous les sujets possibles d'étonnement, le degré où les hommes n'avoient pu atteindre est rempli par une jeune reine, dans laquelle se rencontrent ensemble l'avantage de l'expérience avec la tendresse de l'âge, le loisir de l'étude avec roocupation d'une royale naissance , et l'éminence de la soience avec la foiblessedu sexe. C'est Votre Msrjesté, Madame, quilbumit à runlvws cet unique exemple qui lui manquoit. C'est elle en qui la puissance est dispensée par les lumières de la science et la science relevée par l'éclat de l'autorité. C'est cette union si merveilleuse, qui 6it que comme Votre Majesté ne voit rien qui soit au-dessous de sa puissance, elle ne voit rien aussi qui soit au-dessus de son esprit, et qu'elle sera l'admiration de tous les siècles *. Régnes donc, incomparable princesse, d'une manière toute nouvelle; que votre génie vous assujétisse tout ce qui n'est pas soumis à vos armes; régnes par le droit de la naissance, par * une longue suite d'années, sur tant de triomphantes provinces ; mais régner toiûours par la force de votre mérite sur toute l'étendue de la terre. Pour moi, n'étant pas né sous le premier de vos empires, je veux que tout
* Le> quatre mannsoriU : (a 4. A tova éf arda cetta leçon aak préférable.
* Bomt a lopprUné, de son autorité privée, une ligne qui eA dans tooa nos maniucriti. Les quatre manoacrita : « qa*ii demi leur attoate ; tt i p$in$ ntu tmcHru ont pu. voir en tout* la durée du monde un roi méiitocrcmant m* voiU ; ce Gk«f-d'œuvre étoit réservé pour voire siècle. • Remarques aussi que Pascal, en honnite hommes ne loue pas son siècle, mais celui de Chrialine.
* Oratoire : • de tous les siècles t/ai l'ont préeédie. » Gatte addition eat éridemment absurde. Recueil de Marguerite Périer i • De tous les aièdes ^ Voué préeMàê et ^ U «MÔrani, comme eUe a été t'omrage do tona Uê oièelee fti Vont prieUie, • La vraie leçon doit être : « qu'elle sera TadmiratioB de tous les siècles qui la suivront comme elle a été Tonvrage de tons 1m aièdes <\!ià V^ax précédée. • Cette leçon eat pfédaément Mlle du ma. de ia MaaariBe, p. 4iS, et du ma. de U Bibl. r. «97, p. 3^.
* Les quatre manuscrits avec raison : dmvfd»