DÉPARTEMENT DE LA COTE-D'OR
EXTRAIT
DU REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL GÉNÉRAL
2 e session de 1878.
Séance du 27 août 1878.
PORT 8ÀINT-L0OI8-DU-RH0NE
NAVIGATION ET CHEMIN DE FER DE SAINT-LOUIS A ARLES
M. Beline, au nom de la commission des chemins de fer, donne lecture du rapport suivant ;
« M. le Président de la Société du chemin de fer d'Arles à Saint-Louis et M. le Président de la Société de Saint-Louis-du- Rhône, s'adressent ensemble au Conseil général pour lui demander d'émettre un vœu aussi énergiquement motivé que possible sur les deux points suivants :
« Prompte amélioration du Rhône, notamment dans sa partie maritime entre Saint- Louis et Arles ;
« Aide effective du Gouvernement pour amener l'achèvement du chemin de fer de Saint-Louis à Arles, à bref délai.
<( A l'appui de cette demande, sont joints plusieurs documents dont nous allons analyser les plus importants.
« Le Conseil général de la Loire, dans sa séance du 13 avril dernier, a émis avec la plus grande insistance, le vœu que M. le Ministre des travaux publics veuille bien user de son influence pour obtenir : 1° le raccordement du t chemin de fer de Saint- Louis à Arles avec le Paris-Lyon-Méditerranée par le règlement prochain d'un tarif commun basé sur les distances kilométriques réelles; 2° ou bien l'octroi, par l'État, d'une subvention importante dans les dépenses de ce chemin de fer, ou la garantie d'un minimum d'intérêt; 3° au besoin, l'emploi de toute autre mesure qu'il jugera convenable pour assurer la réalisation des avantages incontestables dont cette entreprise doit faire profiter le commerce et l'industrie de la presque totalité de la France.
« Des vœux à peu près identiques ont été émis par les Chambres de commerce de Chalon-sur-Saône, Lyon, Saint-Étienne, Avignon et Constantine, ainsi que par la Société d'agriculture de la province de Constantine.
(( Enfin, le Congrès international des transports, dans sa séance générale du27 juillet dernier, a adopté et émis le vœu suivant que nous transcrivons en entier parce qu'il résume parfaitement tous les motifs de décision.
a Le Congrès international, considérant :
« Que le port Saint-Louis-du-Rhône a fait, depuis plus de trente ans, l'objet der « vœux incessants de tous les Conseils généraux et de toutes les Chambres de corn- « merce du bassin du Rhône ;
« Que ce port, comme le déclare la Chambre de commerce de Lyon, dans une « récente délibération, à la date du 3 juin dernier, est le vrai port de ce bassin;
« Qu'il est situé, comme tous ou presque tous les ports principaux du monde, sus « la mer et sur un grand fleuve ;
« Que, par le Rhône, il se relie à tout le système hydraulique de la France et des « États limitrophes de l'Est et du Nord ;
« Qu'il abrège de 50 kilomètres, sur Marseille, la distance de la Méditerranée à' tous « les points du territoire français et de l'Europe occidentale, et qu'à ce titre, il pré- « sente un caractère d'utilité générale incontestable ;
« Qu'il offre à l'agriculture, à l'industrie et au commerce, par l'économie qu'ils y « trouveront, des avantages qu'aucun autre port du littoral méditerranéen ne saurait « leur offrir;
« Que ce nouveau port est complètement achevé et magnifiquement achevé ;
« Qu'il revient, aujourd'hui, à l'État à plus de 26 millions, et que, pour mettre en « valeur cet énorme capital, et rendre les services immenses qui doivent en être le « résultat nécessaire, il ne lui manque que les moyens de communication sans les- « quels aucun port ne saurait exister; .
« Emet te vœu pressant :
« Que le port Ssint-Louis-du-Rhône soit doté sans retard, de tous les moyens de « communication qui, seuls, peuvent en assurer le développement;
« Que le Rhône maritime, entre Saint-Louis et Arles, soit amélioré de façon à offrir « un tirant d'eau constant de trois à quatre mètres, pour faire jouir la navigation « maritime et le commerce intérieur d'une économie de parcours, également sur Mar- « seille, d'environ 90 kilomètres;
« Que le chemin de fer d'Arles à Saint-Louis, en construction, reçoive du Gouver- « nement tout l'aide nécessaire pour en assurer l'achèvement à bref délai. »
« Votre commission des chemins de fer» connaissant la sollicitude et l'activité de M. le Ministre des travaux publics, n'a aucun doute sur sa bonne volonté pour l'amé-
lioration de toutes les grandes voies de transport et de communication au moyen desquelles le mouvement du commerce et de l'industrie pourrait prendre un plus grand essor;
« Elle sait que la question qui fait Pobjot de ce rapport est une de celles que M. le Minisire étudie avec un soin tout particulier; qu'il a personnellement visité et examiné les lieux, et qu'il aura^à cœur de réaliser ces améliorations si les avantages lui en sont démontrés.
« Et c'est pour appuyer les efforts de M. le Ministre dans ce sens que votre Commission vous propose de vous associer au vœu qui vient d'être relaté, émis par e Congrès international des transports. »
Ces conclusions sont adoptées.