DÉPARTEMENT DE L'AUBE
EXTRAIT
DU REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL GÉNÉRAL
Session de 1878.
Séance du 22 août 1878.
PORT SAINT-LOUIS-DU-RHONE
NAVIGATION ET CHEMIN DE FER DE SAINT-LOUIS A ARLES
M. JORRY, Rapporteur.
Messieurs,
Les Présidents de la Société du chemin de fer d'Arles à Saint-Louis, et de la Société do Saint-Louis-du-Rhône demandent que le Conseil général de l'Aube veuille bien se saisir de la question du port Saint-Louis.
Saint-Louis-du-Rhône possède actuellement un port nouveau parfaitement et magnifiquement achevé, qui revient aujourd'hui à l'État, à plus de 26 millions, et qui grève annuellement le Trésor d'une perte d'intérêts de plus de 1,200,000 francs. Ce port est situé sur la mer, à l'embouchure d'un grand fleuve ; il est donc à cheval tout à la fois sur le Rhône et sur la mer, conditions qui doivent le placer au rangdes principaux du monde.
En effet, par le Rhône, il se relie à tout le système hydraulique de la France et des États limitrophes de l'Est et du Nord. Il abrège de 50 kilomètres, sur Marseille, la distance de la Méditerranée à tous les points du territoire français et de l'Europe occidentale ; à ce titre, il présente un caractère d'utilité générale incontestable.
Il offre à l'agriculture, à l'industrie et au commerce des avantages qu'aucun autre port du littoral méditerranéen ne saurait leur obtenir, et cela par l'économie qu'ils y trouveront.
Cependant, pour rendre les services immenses qui doivent en être le résultat nécessaire, il lui manque les moyens de communication sans lesquels aucun port ne saurait exister. Il lui faut deux organes indispensables : un bon service de navigation et un chemin de fer ; l'un transportant les marchandises diverses, l'autre, les marchandises qui ont besoin d'une voie rapide.
Le service de la navigation est impraticable actuellement à cause du mauvais état du Rbône, les travaux d'appropriation de ce fleuve n'étant pas exécutés quoique votés.
Quant au chemin de fer de Saint-Louis à Arles, il n'est pas achevé, et rendra d'autant plus de services qu'il sera raccordé avec le Paris-Lyon-Méditerranée, et qu'un tarif commun basé sur les distances parcourues sera obtenu.
Les Chambres de commerce de Lyon, Saint-Étienne, Chalon-sur-Saône, Avignon, Constantine, le Congrès international des transports, le Conseil général de la Loire, la
Société d'agriculture de Constantine, ont émis des vœux pour que le port de Saint- Louis-du-Rhône fût doté de tous les moyens de communication qui peuvent en assurer le développement, el demandé, pour ce port, toute l'aide nécessaire du Gouvernement.
De ce qui précède, vot^B commission, Messieurs, a l'honneur de vous proposer, au triple point de vue de l'intérêt de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, d'émettre un vœu favorable sur les deux points suivants :
Prompte amélioration du Rhône dans la partie maritime entre Saint-Louis et Arles;
Aide effective du Gouvernement pour assurer l'achèvement du chemin de fer de Saint- Louis à Arles, à bref délai.
M. le Président : Vous venez d'entendre la lecture du rapport; au fond, il y a lutte entre Marseille etSaint-Louis-du-Rhône dont le port a coûté 25 millions à l'État. Ce port ne fonctionne point parce qu'il n'a pas d'artère. En 1873, une Compagnie obtint la concession d'un chemin de fer d'Arles à Saint-Louis. Cetie Compagnie, qui ne peut aujourd'hui terminer sa ligne avec l'espoir de l'exploiter fructueusement, si on n'améliore pas la navigation, sollicite le concours des Conseils généraux pour obtenir du Gouvernement cette amélioration que les Chambres ont d'abord votée.
Le Conseil général approuve les propositions de la commission.