CHAMBRE DE COMMERCE DE LYON
PORT SAINT-LOUIS-DU-RHONE
CHEMIN DE FER DE SAINT-LOUIS A ARLES
Lyon, le 3 juin 1878.
La Chambre à Monsieur le Ministre de V agriculture et du commerce (1 ). Monsieur le Ministre,
Vous savez l'extrême intérêt que notre Chambre de commerce a toujours porté au port Saint-Louis, qui met le Rhône en communication avec la mer.
Le port Saint-Louis, pour prendre les développements qui lui manquent encore et la vie que sa position lui assure, a besoin d'être armé de tous les organes qui lui sont nécessaires.
Parmi ces organes, et au premier rang, se trouve le chemin de fer d'Arles à Saint- Louis, qui a été concédé, à titre de ligne d'intérêt général, par une loi du 26 juillet 1873.
Par ce chemin de fer, le port Saint-Louis sera relié avec le réseau de la Méditerranée et tous les autres réseaux, ce qui lui est absolument indispensable, tant pour recevoir la marchandise destinée à l'exportation, que pour répartir dans l'intérieur celle qui lui sera apportée. — Parmi ces marchandises, il en est un certain nombre qui veulent être transportées par des voies rapides. — Pour les voyageurs aussi, un chemin de fer est indispensable.
Tant que les travaux de l'amélioration du Rhône n'avaient pas été votés, nous n'avons pas cru qu'il y eût opportunité do joindre à nos réclamations, en faveur de ces travaux, un autre vœu ; toutes nos préoccupations étaient pour le Rhône.
Mais, ce résultat obtenu, nous ne saurions oublier que le port Saint-Louis, sous» peine de ne remplir qu'insuffisamment son rôle, et de ne rendre à l'industrie que des services au-dessous de ceux qu'elle en attend, ne doit pas communiquer seulement avec le fleuve. Sans chemin de fer, môme malgré le Rhône amélioré, le port Saint- Louis resterait encore pour longtemps, à certains points de vue, une sorte d'impasse. Dans tous les cas, sa vie, son activité prochaine, son développement futur seraient entravés ; son avenir est, en partie, subordonné aux instruments de communication qui seront mis à sa disposition.
Nous venons donc, Monsieur le Ministre, vous prier d'aider et de hâter, par tous les moyens en votre pouvoir, l'exécution de ce chemin que nous considérons comme une annexe naturelle du port Saint^Louis auquel nous nous intéressons d'une manière particulière, puisqu'il est le vrai port du bassin du Rhône.
(1) Cette lettre a été également envoyée à M. le Ministre des Travaux publics.
L'exécution du petit chemin de fer d'Arles à Saint-Louis assurera la mise en valeur d'une œuvre encore improductive pour laquelle l'État a déjà dépensé 25 millions.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de notre respectueuse considération.
Le Vice-Président, E. PARISET.