‹ Livre d'amourChapitre 36 sur 47 · LE LONG DE CETTE VERTE · texte numérisé non relu

LE LONG DE CETTE VERTE

Comme dans les jardins de quelque Escurial, Son parasol ouvert, marcherait sous la lune, Sans troubler d'un seul mot l'illusion commune. Et le soir redoublant d'astres et de beautés, Et l'univers confus nageant dans des clartés, Nous aussi de langueur baignés par tous nos pores, Sans plus comprendre rien aux couchants, aux aurores, Aux terrestres chemins où s'attardent nos pieds, A pas toujours plus lents, l'un sur l'autre appuyés, Mollement nous irions, perdus dans la pensée Que l'heure du retour n'est pas encor passée. Et sans douleur pour nous la fatigue croîtrait ; Et tout bruit, toute ville au loin disparaîtrait; Et sous les blancs rayons l'avenue éternelle, Au gré de notre pale et mourante prunelle, Ferait luire en tremblant, comme entre des cyprès, De purs tombeaux d'albâtre et mille gazons frais;... Jusqu'à ce que Martine y glissant la première, Nous la suivions bientôt sur l'herbe sans poussière, Inséparable couple, expirant et brisé, Enchaînant dans nos bras le temps éternisé!

On a pensé que les quatre pièces suivantes, bien qu'elles ne se trouvassent pas classées parmi celles du Recueil, se rapportaient à la même passion, dont elles exprimaient ou le déchirement ou la décroissance.

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