PREMIERE PARTIE
C'est à partir de 1345, nous venons de le dire, que le registre aux chartes, coté F, commence à donner la liste officielle des Maires et des Echevins d'Amiens. Peut-être un registre antérieur, aujourd'hui disparu, contenait-il aussi les noms des Magistrats municipaux des xii®, xiii® et xiv* siècles, mais à son défaut, nos guides, pour cette première partie, seront forcément le chanoine Adrien de La Morlière et le Père Daire. Nous compléterons ou rectifierons, quand il y aura lieu, leurs assertions à l'aide des documents officiels qui auraient pu échapper à leurs investigations, ou des monuments épigraphiques dont les divers historiens de notre ville ont eu le soin de conserver la trace.
1140. — Behnard.
Daire, Hist. de la ville d'Amiens, t. I.
1152. — Bervare.
Parait dans un titre de l'abbaye de Saint-Martin-aux-Jumeaux. Daire, Hist., etc.
Ces deux indications paraissent s'appliquer au même personnage, mais le P. Daire ne s'est-il pas trompé dans sa citation ? On trouve dans la ratification d'une acquisition faite par l'abbaye de Saint-Jean-lès-Amiens, d'une pièce de terre dépendant de la Maladrerie, cette mention :
Ego Bernardus communie ambianensis m,ajor et im^pres-
sione sigilli communie nostre munio,
1153. — Rainier.
De laicis autem Rainerus major communie, (Archives départementales de la Somme ; Cartulaire de Saint-Martin-aux- Jumeaux,
f^ 18 ro),
1159. — Arnoul.
jn Daire, Hist., etc. C'est dans une charte de Tévêque Thierry, par laquelle un prêtre nommé Etienne donne à l'abbaye de Saint- Martin-aux-Jumeaux, la terre de Glatigny, qu'il figure au nombre des témoins. Arnulfus major Ambianensis communie. (Arch. dép. de la Somme, Cartul. de S.-Martin-aux-Jumeaux, t" 13 v"*). C'est dans ce même acte qu'on rencontre avec la même qualification le Milon dont nous avons parlé dans l'introduction.
1166. — FlRMIN.
Le P. Daire tombe ici dans la plus grande confusion ; citons-le : 1 170, Firmîn, lequel se dit aussi « coadjuteur de l'abbaye de Saint- Jean-d'Amiens. » Cette même année, Bernard de la Croix se qualifie : major communie.
Que signifie ce mot de coadjuteur ?
Le cartulaire de Saint-Jean-d'Amiens, transaction entre la commune et l'abbaye au sujet de contestations sur le droit de pâturage dans les marais de Longpré et de Saint-Maurice en 1 166, et non 1170, porte : Ego Firminus, major communie ambianensis, communicato cum civibus nostris consilio, etc., et confirmatum sigillo ambianensis communie et sigillo prefate ecclesie.
Il n'y est nullement parlé de Bernard de la Croix. Quant à la coadjutorerie de l'abbaye de Saint-Jean, le P. Daire a très mal compris le sens de la phrase si simple : Preterea si quis in res ecclesie forisfacerit quemadmodum ecclesie Sancti Martini sic et ecclesie Sancti Johannis auxilio erimus et malefactori pro posse nostro resistemus. C'est une simple promesse de secours comme maire de la commune.
Au cartulaire de Saint-Martin-aux- Jumeaux, f» 30 r% anno 1 167,
il prend cette qualification: Ego Firminus electione^ eoncivium nostrorum^ Ambianensis communie major vocatus,
1170. — Bernard de la Croix.
Acte de vente passé devant Téchevinage. Anno incamati Verhi MCLXX, (Cartulaire de Saint-Martin-aux-Jumeaux, f* 29 v**), Ego Dernardus Am,bianensis communie major et omnes scabini nostre civitatis, omnibus juratis nostris, notum facimus quod, etc.
Le P. Daire, on le voit, a donc confondu et Firmin et Bernard, et les cartulaires de Saint-Martin et de Saint-Jean.
1177. — Roger.
Ce nom que donne Daire, se rencontre dans une transaction entre le chapitre et la commune, au sujet de la porte dite du Cloître. Rogero majore, (Archives de l'hôtel-de-ville d'Amiens, registre aux chartes G 28, E 7; A. Thierry, Recueil de documents inédits, I, 97 et suiv.).
Cette charte de 1177 donne les noms de 18 échevins : Bernardo de Cruce, Symon Sancti Fusciani, Tainfrido, Emelino, Roberto de Mes, Russellino, Ogero, Ingerranno, Symone, Guillelmo, Milone, Drocone, Herveio, Mainero, Huberto, Rainoldo, Bernardo, magistro Ingerranno Lemingre, scabinis.
Ceux qui l'ont suivi, dit-il, sont inconnus.
1186. — Bernard de la Croix.
Per manum Bemardi de Cruce, tune temporis majoris Ambianensis et per manum Pétri de Bestiseio prepositi domini Philippi régis francorum. (Cartul. de Saint- Jean d'Amiens,
col. 134).
1191. — Bernard de la Croix.
Recordata est in placito generali coram Petro de Bestisiaco preposito ambianensi et Bernardo de Cruce majore communie et scabinis, (Cartul. de Saint-Jean, col. 109, 110).
1195. — Bernard de la Croix.
Et hoc recognitum fuit sollempniter coram Bernardo majore
ambianensi et scabinis actum anno gracie M*' C XC quinto,
menée augusto, (Archives de la ville, regist. E, f° 13 v*^).
Acte passé en août 1195 devant Bernard, maire, Robert d'Espagny, Jean, son fils, Guy le Masson, Vincent et Jean de la Croix, Giraud Leroux, eschevins. (Regist. aux chartes A, f^ 138). X Cette famille de la Croix paraît ancienne et nombreuse. Outre ce maire, on trouve encore dans les cartulaires de Saint-Jean, de Saint-Martin et du Chapitre de la Cathédrale : en 1151, Jean de la Croix qui étabht sur la Somme un pont et un quai pour les navires et les marchandises, en 1156 un Jean de la Croix, chanoine de Notre-Dame, et Guibert de la Croix, frère du maire Bernard.
lîO tf • H</^tA>c^.^ 1209. — GÉROLD.
Dans un registre de Philippe-Auguste (?) dit le P. Daire sans plus ample renseignement. Ce registre c'est le cartulaire de Philippe-Auguste, Bibliothèque nationale, fonds des Cartulaires n® 172, P* 71 et 82. Les deux actes dans lesquels on trouve cité le [y^r nom de ce maire ont été donnés par A. Thierry, I, p. 188 et suiv.
, / , / , ^ 1228. — FiRMIN LE MONNOYER OU LE MONGNIER.
Il portait de gueules à 3 besans d'or.
Firminus Monetarius, C'est sans doute de sa profession de monétaire que cette famille a tiré son nom. On trouve déjà en 1152, au cartulaire de Saint-Jean, un Ulardus Monetarius, Oilardus Monetarius à celui de Saint-Martin, f° 29, année 1170, qui parait avoir été scabin. Firmin, est le premier maire dont fasse mention La MorUère.
On battait en effet monnaie à Amiens, et les numismates connaissent de son atelier monétaire des tiers de sols d'or mérovingiens, des deniers de Charlemagne avec la légende S, Firmini au revers, une pièce au monogramme de Charles le Chauve, et les deniers d'argent avec la devise : Pax civibus tuis.
1229. — Firmin Leroux.
Portait d'or à 2 fasces de gueules.
y « Il est fait mention, dit La Morhère, es concordats d'entre le chapitre d'Amiens, des maisons du four Sire Firmin le Roux où le mesme chapitre a toute seigneurie et justice, commençant au
dehors et depuis la porte du Cloître iusque à la grant maison qui fut audit Fremin le Roux que Ton nomme à présent la cour Sainct (sic) Firmin le Roux. »>
La rue Sire Firmin-le-Roux, qui conduit de la rue des Trois- Cailloux aux cloîtres, existe encore sur cet emplacement. Elle fut ouverte lors de la démolition de la vieille forteresse, au xv* siècle.
On trouve déjà dans la charte de 1177, citée plus haut, au nombre des témoins, Magistro Guiberto Rufo.
1230. — Firmin Le Monnoyer.
1231. — Firmin de Sorchy.
Firmirius Sorcheius ou de Sorchy, seigneur dudit lieu (?) (La Morlière). Il portait d'argent à la croix de gueules.
1232. — Firmin le Roux.
Acte de décembre 1232 passé devant le maire Firmin le Roux, en présence des échevins Jean de Cocquerel, Guy Lemoine (?) Firmin de Sorchy, Jean Mouses(?) Pierre Malherbe, Milon Rapine, Jacques Boles, Nicolas le Monnier, Foubert, Philippe Decay^, Gille le Tonloyer, Riquier Ravins. (Registre aux chartes E).y^o f^ o
1233. — Mathieu de Croy. /
Beaucoup de noms de famille tirent, on le sait, leur origine du lieu de naissance d'un de leurs auteurs, le nom de Croy vient de Crouy, canton de Picquigny, arrondissement d'Amiens.
Nous indiquerons successivement les diverses localités qui nous paraissent avoir servi à dénommer plus tard, d'une manière incommutable, la plupart de nos familles municipales amiénoises. Ces remarques ne nous semblent pas inutiles puisqu'elles permettront, dans une certaine mesure, de préciser de quelle partie du territoire avaient émigré ceux qui s'étaient fait recevoir bourgeois d'Amiens et étaient venus jouir des franchises et des libertés que leur présentaient la commune et ses privilèges.
Mathieu de Croy portait d'argent à trois fasces de gueules, à un lambel à 4 pendants en chef d'azur.
1234. — Firmin le Roux.
1235. — FiRMIN DE SORCHY.
Sa fille, Marie de Sorchy, a son obit fondé en nostre église par charte du mois de février 1264 (La Morlière).
1236. — FiRMiN LE Roux.
1237. — Mathieu de Croy.
Suivant La Morlière ce maire fit rendre une ordonnance pour réduire les dépenses exagérées qui se faisaient à l'occasion des mariages.
1238. — FiRMiN LE Roux.
1239. — Mathieu de Croy.
1240. — Firmin le Roux.
1241. — Jean de Cocquerel ^
D'une des plus notables familles commerçantes des xiii* et xiv* siècles qui donna plusieurs maires à la ville d'Amiens et un chancelier de France au roi Philippe VI.
« Celle-ci fut autrefois une très notable famille, dit La Morlière, » et dont les armes se trouvent apposées en ordre de massonnerie » au milieu de la rose qui est au dessus du grand portail de Notre- » Dame, chose rare et que ie nay pu remarquer ailleurs du pre- » mier dessein de ce grand édifice. D'elle issit messire Firmin » de Cocquerel chanoine d'Amiens et doyen de Paris, depuis » euesque de Noyon, environ lan 1355 ou 60 2, ce dit la fondation » de deux chappelles quil ordonna par testament estre érigées au » pillier rouge et dont ceux de sa race sont encore aujourdhuy » les présentateurs. »
J'ai signalé, dans mes Clabault, que Jean de Cocquerel avait été député en 1237, avec d'autres négociants amiénois, à Londres pour y conclure un traité de commerce, et que le maire de cette industrielle capitale était un Andrew Kokerel, appelant l'attention sur cette coïncidence de nom. /■ j * .- - / * /
L'on retrouvera plus loin cette famille ^,
1242. — Firmin de Sorchy.
1243. — Firmin le Roux.
1244. — Mathieu Lemongnier.
C'est sous sa mairie qu'arriva l'événement suivant : Le vendredi après la Saint-Martin d'été, des clercs au nombre de dix-sept furent arrêtés, on ne sait à quelle occasion, par le prévôt royal, maltraités de la façon la plus violente et jetés au beflFroi. L'un des prisonniers mourut le jour même des suites de ses blessures. Le lendemain cinq autres furent conduits par le prévôt sur l'ordre du bailli d'Amiens, Geoffroy de Milly, aux fourches patibulaires et pendus après avoir souffert des affronts épargnés jusque-là aux pires malfaiteurs. L'évêque Arnoul, qui avait à défendre les droits de sa justice méconnue en cette circonstance, excommunia les officiers royaux et maintint l'anathème jusqu'au moment où ils déclarèrent se soumettre à telle peine temporelle qu'il lui plairait leur infliger. La commune qui avait participé indirectement à l'abus de pouvoir des officiers royaux, en laissant incarcérer les^ clercs dans son beffroi, fut également impliquée dans l'affaire, et l'évêque condamna le maire à une amende considérable, bien qu'il eût déclaré, tant en son nom qu'en celui de la cité, qu'il était innocent de la mort de ces clercs. Celui-ci ayant consenti cependant à un acte d'expiation pour apaiser la colère de Dieu et Jjonorer l'Église outragée dans la personne de ses ministres, intervint une transaction par sept arbitres, quatre membres du chd|)itre et trois bourgeois, qui, sous la caution de douze notables citoyens garants des engagements du maire, le condamnèrent à fonder six chapelles d'un revenu annuel de 20 livres parisis, dont deux dans le cimetière Saint-Denis. Le * même jugement portait que Mathieu dit Madouillart, gardien du >i beffroi, qui avait été la cause ou l'occasion du crime, serait exclu à jamais de tout emploi communal. Le bailli, Geoffroy de Milly, ne s'en tira pas à si bon compte et la sévère sentence portée contre lui par l'évêque et exécutée dans toute sa rigueur, se trouve tout au long relatée dans VHistoire d'Amiens du P. Daire, T. I, pièces justificatives, p. 528, à laquelle nous ne pouvons que renvoyer le lecteur.
1245. — Mathieu de Croy.
Mars 1245. Echevins : Jehan de Coquerel, Firmin le Roux, Mathieu le Mounoyer, Nicolas le Monnoyer, Jean Moinet, Ricard Ravin, Wilard Hérant, Philippe Cais, Barthélémy Du Quarel. (Archives de THôtel-Dieu).
1246. — Jean de Cocquerel.
1247. — Firmin Leroux.
1248. — Mathieu de Croy.
1249. — Firmin le Roux.
1250. — Jean de Cocquerel.
1251. — Mathieu Le Mongnier.
1252. — Jean de Croy.
1253. — Firmin Leroux.
Un acte de mai 1253 nous donne les noms suivants d'échevins : Mahieu le Monnier, Jean le Tonloyer, Firmin Dippre, Thibaut Darc, Christophe Coffin, Thibaut d'Espaigny. (Regist. aux ' ^ chartes E).
1254. — Mathieu Le Mongnier.
1255. — Bertremieu du Caurel.
Il portait d'argent à la bande fuselée de gueules.
1256. — Bertremieu du Caurel, continué.
Nous ne pouvons, à défaut de documents authentiques, attribuer cette dérogation aux usages de la cité qui voulaient que nul ne pût être maire deux ans de suite, qu'à Tordonnance de saint Louis sur les élections municipales et Tadministration financière des communes. Il y eût sans doute à cette époque un motif plausible pour justifier cette violation des règles.
1257. — Jean de Croy.
f258. — Mathieu le Mongnier.
L'ordontfSnce de saint Louis, dont nous venons de parler,
avait pour principales dispositions que Télection des maires aurait
lieu dans toutes les villes le lendemain de la fête de saint Simon
saint Jude, 28 octobre, que chaque année le nouveau et Tancien
maire viendraient à Paris dans Toctave de la saint Martin pour rendre compte des recettes et des dépenses de leur ville. Les Archives nationales, Trésor des chartes, carton 385, pièce 14, conservent le document suivant relatif à l'état financier de la ville d'Amiens.
« Quent Mahix li Monnier essi de la mairie d'Amiens l'an de » l'incarnation Nostre seigneur M CC et chinquante et nuef au » terme de le Paske, le vile d'Amiens devoit III°» IIII*^ IIII" XVII » livres IIP et VIII d. , se les detes ke un devoit à le vile chest à » savoir li cuens d'Anjou et autres gens fussent venus ens.
» Et si a le vile pardonné au conte le tiers de se dete, ki monte » à XII^ et XXXVII livres et che doit le vile auvec la somme » devant dite.
» Et d'autre part le vile devoit adonc au roi XII<^ livres et LVP » et XIIP et IIII d. du don ke le vile li avoit fait pour le pais » d'Engleterre.
» Et si devoit ad onc le vile d'Amiens XVIIP et XV livres de » rentes à vie.
» Et en tel estât estoit le vile d'Amiens quand Jehan de Croix » entra en le mairie le mardi de Paskeres en l'an devant dit. »
Ces dettes nécessitées par la contribution fournie par la ville d'Amiens à l'occasion du traité de paix conclu entre saint Louis et Henri III d'Angleterre, et par la remise faite au comte d'Anjou, frère de Louis, sur l'emprunt qu'il lui avait fait, comme à beaucoup d'autres communes picardes, à l'occasion des affaires de Flandre, d'après les calculs les plus exacts, représenteraient 175,455 fr. 50 en monnaie actuelle, mais ce n'est là qu'une valeur nominale et matérielle et le pouvoir de l'argent étant au xiii* siècle, six fois plus fort qu'aujourd'hui, la dette de la ville d'Amiens équivalait en réalité à 1,052,733 fr. 3. (Voir A. Th. I, 222. — Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie y XV, p. 594 et suiv.).
Ce qu'il nous faut encore relever de ce document c'est que l'ordonnance de saint Louis ne recevait point encore son exécution et que le renouvellement de la Mairie à Amiens se faisait
encore suivant les anciennes traditions dans la semaine de Pâques ; rélection le jour de saint Simon saint Jude ne commença donc à être pratiquée que postérieurement à 1260, sans que nous sachions en quelle année précise.
1259. — Jean de Crû y.
1260. — FiRMiN Le Roux.
1261. — Jean Prieux le Roux.
1262. — Nicole le Berqnier.
Il portait d'or à la bande d'azur chargée de 3 croix potencées d'argent et accompagnée de 2 cotices de même.
Sa veuve Marie de Betisi et sa belle-sœur Elisabeth de Belisi sont au nombre des bienfaitrices de l'Hôtel-Dieu. (Voir La Morlière, Daire, II, p. 383, Arch. municipales^ Registre aux chartes A f« 139, E f« 18).
1263. — Nicole le Bergnier continué.
1264. — Jean Prieux le Roux.
Suivant Villers de Rousse ville il était fils de Firmin le Roux.
1265. — Jean de Croy.
1266. — PiERRON d'Arras.
Il portait de gueules au chef d'hermines.
1267. — Prieux le Roux.
1268. — FiRMiN LE Roux. L '^''^'. ' • '•
1269. — Jean Prieux le Roux. '
Mars 1269. Maire Jehan de Saint-Fuscien. Echevins : Pierre le Rous, Fremin le Rous, Jake de Coquerel, Jehan le Franchois, Thiébaut de Henrissarl. (Arch. de l'Hôtel-Dieu).
1270. — Jean de Saint-Fuscien, seigneur de Coisy ^.
1271. — Jean Godris.
Il portait d'azur à trois chevrons de vair.
1272. — Jean de Cocquerel.
1273. — Jean Prieux le Roux.
Janvier 1273. Maire Jean Prieux le Roux. Ëchevins : Simon du Gart, Gillon de Montdisdier. (Arch. de l'Hôtel-Dieu).
1274. — NiCHOLON DU Caurel.
1275. — Jean Prieux le Roux.
1276. — Jean de Saint-Fuscien.
1277. — NiCHOLON DU Caurel.
1278. — Jean Godris.
1279. — NiCHOLON du Caurel.
1280. — Jean Godris.
1281. — Jean de Saint-Fuscien.
1282. — Jean le Normant, seigneur de Tronville ^.
1283. — Jean Godris.
1284. — Nicolas du Caurel.
Il mourut et Simon du Gard acheva l'année. Les du Gard portaient d'azur à trois jars d'argent becqués et membres de gueules.
1285. — Jean Lenormant.
1286. — Adrien Lemongnier. J/eU-ST ^^-^^..^.^^^^^^ /fT^H- is^J
1287. — Jean de Saint-Fuscien.
1288. — Jean Godris.
1289. — Adrien (Andrieu) le Mongnier.
Le Musée de Picardie conserve la pierre tombale, H. 1 " 20, '*
L. 0,850, provenant de l'ancienne église Saint-Remi, du fils de ce magistrat. Il est représenté à la fleur de l'âge, couché sur un lit de roses, sous une arcade ogivale, on y lit :
Chi gist Janest qui fu fiex sire Andrieu Lemonier,
Priés pour H.
C'est à cette année qu'il faut rapporter un procès intenté au maire d'Amiens, sans que nous connaissions la date exacte de sa cause.
C^^^^^^f'^Cr
Un écuyer, Robert Latruie, résfdant à Amiens, sans être membre de la commune, avait commis envers le maire des actes de violence. L'article 27 des coutumes portait : « Quiconques par ire faite, le maieur ferra, le poing perdera. » Traduit devant Téchevinage et condamné, la sentence fut exécutée dans toute sa rigueur.
Robert Latruie, privé de sa main droite, porta plainte devant le Parlement. La commune parait avoir promptement desespéré de gagner sa cause et proposé un accord, sans attendre le jugement de la cour du roi. De la part du maire et des échevins incriminés, des personnes notables, entre autres le bailli d'Amiens, Guillaume de Hangest, s'entremirent auprès des amis de Robert Latruie. Deux cents livres furent promises à son frère, Guy Latruie, autant à Jean de Beaumont, sire d'Ons, pour arriver à un accommodement. Les parties choisirent pour arbitre et amiable compositeur Pierre, seigpeur de Chambly. Celui-ci ayant pouvoir de prononchier, ordener et de f finir de haut et de bas à sa volonté, décida que le maire, les échevins et la commune, pour le bien de la paix et pour se réconcilier avec le plaignant, lui compteraient 1,000 livres parisis, somme qui équivalait à environ 22,400 francs de notre monnaie actuelle, mais représentait pour l'époque une valeur réelle de 134,318 francs. Les Archives municipales contiennent un certain nombre de pièces relatives à cette affaire, transcrites dans les cartulaires A et E : la quittance du mois de mars 1289, par Robert Latruie, de cette somme de 1,000 livres reçue en boine monnoie secque bien comptée et bien nombrée, les quittances de février et de mars de Jean de Beaumont et de Guy Latruie pour prix de leur intercession, les lettres données à Paris a le vendredi devant la Cathèdre saint Pierre 1289 », par lesquelles le roi entérine raccommodement fait entre les parties, les lettres enfm du même prince qui, reconnaissant la bonne foi (simplicitatem) des magistrats municipaux, et ne voulant pas user contre eux de toutes les rigueurs du droit qu'il avait d'exiger une amende pour avoir jugé dans un cas qui n'était pas de leur ressort, leur fait remise de toute amende à l'occasion de cet incident.
Mais nul de ces documents ne nous donne le nom du maire, occasion de ce débat, et nous ne savons s'il s'agit d'Adrien Le Mongnier ou de son prédécesseur, Jean Godris.
1290. — Robert du Caurel.
1291. — Jean Godris.
1292. — Andrieu Malherbe.
Il portait semé de France, à la fasoe d'argent chargée de 4 tourteaux d'azur. Sa femme s'appelait Maroie. Registre B.
Drieu Malherbe, riche bourgeois d'Amiens, avait acquis en 1291 de Pierre de Machaut, chambellan du roi Philippe-le-Bel, moyennant 1 ,000 livres parisis une fois payées, le tonlieu delaguède, plante tinctoriale dont on faisait alors un commerce des plus étendus ^ et, moyennant 520 livres parisis, une rente de 30 livres tournois à prendre sur les revenus de la prévôté d'Amiens. Dreux Malherbe, décédé en 1295, laissa par son testament, qui n'est pas A"^ parvenu jusqu'à nous, ce tonlieu qui, dit La Morlière, « estoit f Jr ^ » alors de revenu non petit pour le grand trafic qui se faisoit de » cette marchandise en la ville d'Amiens, » cette rente et divers autres biens à la charge de fonder deux chapelles, l'une dans l'église Notre-Dame d'Amiens, l'autre dans celle de Saint-Nicolas / des Pauvres-Clercs ''.
Nous citerons cjbs passages des registres aux comptes qui montrent ce que la ville payait annuellement pour l'aumône de sire Drieu Malherbe :
y A Saint-Ladre annuellement, au jour de Mi-Carême . . XXX* ^ A l'hospital devant Saint-Leu, au jour saint Jean-Baptiste. XX* / A l'hostel Dieu d'Amiens, au jour de Mi-Carème . . . LX» y Au couvent des frères mineurs, au même jour .... LX* / Au couvent des frères prescheurs, au même jour . . . XXX* / Au chaplain de la chapelle des Pauvres-Clercs annuellement, au jour de saint Christophe XXX^
Au chapelain de la chapelle Saint- Agnès en l'église N.-D.
d'Amiens au jour de saint Jean-Baptiste . . . . . XXX^
Au Maire d'Amiens pour l'aumône qu'on donne en gros
draps et souliers aux pauvres pour Dieu à la Toussaint
et au jour des âmes XIP
C'est en 1292 que la prévôté royale de la ville d'Amiens et de sa banlieue fut concédée à Téchevinage à titre de ferme perpétuelle, avec tous les produits et revenus qui en dépendaient. Par cette concession faite à Vincennes, au mois de mai 1292, la ville n'entrait pas seulement en jouissance de tous les revenus de la prévôté, mais elle accroissait encore sa juridiction et ses prérogatives politiques, par les droits régaliens qu'elle allait exercer au lieu du Souverain.
L'histoire de la ferme de la prévôté n'est pas un des chapitres les moins intéressants de l'histoire municipale d'Amiens. Concédée en 1292, comme nous venons de le dire, elle fut retirée en 1307, restituée en 1311, enlevée de nouveau en 1322, restituée ou plutôt revendue en 1337, moyennant 6,000 livres une fois payées, et une rente annuelle de 700 livres. Sous le roi Jean, cette juridiction fut de nouveau l'objet de vicissitudes diverses, mais elle fut enfin rendue à l'échevinage en vertu de lettres du 1 1 septembre 1364 et incorporée au patrimoine municipal, et ce ne fut plus qu'en 1532, qu'un édit de François I" dépouilla pour toujours le corps de ville et la seigneurie qu'il avait dans Amiens, à cause de la prévôté qu'il exerçait au nom du roi, en instituant un prévôt royal au lieu et place de celui que désignaient annuellement dans leur sein les 24 échevins.
Voici les principaux actes qui ont trait à cette question et dont les registres aux chartes nous ont conservé les textes.
1. Lettres de Philippe-le-Bel, datées de Vincennes du mois de mai 1292, par lesquelles la prévôté d'Amiens est affermée à l'échevinage. (Registre aux chartes, A f 38, E f 2, F f^ 1).
2. Lettres de Philippe-le-Bel, datées de Paris du mois de janvier 1296, portant don à Gui de Chatillon, comte de Saint- Pol, grand bouteiller de France, de domaines appartenant à l'abbaye de Saint-Lucien de Beauvais moyennant, au profit des religieux, une rente de i60 livres parisis payable par la com-
mune d'Amiens en déduction du fermage de la prévôté. (Registre E, f« 15).
3. Lettres du même roi, du mois d'avril 1296, portant qu'au cas où la ferme de la prévôté cesserait d'appartenir à la ville, celle-ci serait indemnisée des sommes qu'elle devrait à l'abbaye de Saint- Lucien sur les revenus de cette ferme, quel qu'en soit le titulaire. (Registre A, 48, E, fM5).
4. Lettres de Renaud du Canech, garde de la Mairie et de la prévosté d'Amiens, à ce temps député de par le roi de France nostre seigneur, de 1307 après la feste N.-D. à la mi aoust. (Registre G, f^ 43-44).
5. Lettres du roi Philippe-le-Bel, datées de Paris du mois de décembre 1307, portant levée de la suspension des officiers municipaux d'Amiens. (Registre E, f** 3).
6. Lettres du même roi, de Paris 7 avril 1307, portant réintégration de la commune d'Amiens dans la jouissance des droits aliénés ou supprimés pendant l'administration temporaire de l'administrateur royal. (Registre E, f** 3).
7. Lettre de jussion, du même, au bailli d'Amiens, d'exiger du prévôt le serment d'observer les privilèges de la commune, à Chinon, {apud Caynonem)^ 24 mai 1308. (Registre E, f"* 16).
8. Lettres du même, du 23 mai 1311, faisant mention d'un arrêt du Parlement décidant que la prévôté d'Amiens serait remise, comme précédemment, hors la main du roi. (A 120, E 3).
9. Lettres du même, du 2 août 1311, acceptant de la commune d'Amiens, en pure libéralité, le don d'une somme de 2,000 livres tournois, moyennant la concession à perpétuité du bail à ferme de 1292, s'obligeant à regarder ce don comme un simple prêt, restituable en cas de non exécution de cette promesse. (E 3°).
10. Contestation entre la Commune, l'Evêque et le Vidame au sujet de la prévôté, 9 janvier 1313. (E, f^ 16).
11. Lettres de Philippe VI, roi de France, données à Paris au mois de juin 1332, portant rémission des faits et annulation du procès intenté à leur sujet, à l'échevinage, sous condition de résiliation du bail de la prévôté. (A 46, E 45, P 9):
12. Lettres du même, de Paris le 3 mai 1337, portant restitution de la prévôté à l'échevinage, moyennant une rente annuelle de 700 livres parisis, la quittance des 2,000 livres de la transaction de 1311, et 6,000 livres tournois payées comptant. (Registre E 84, P 1).
13. Lettres du 27 janvier 1361 à Paris, du roi Jean, confirmant à l'échevinage la ferme de la prévôté. (A, f" 43).
14. Lettres du même roi, datées du bois de Vincennes, du 3 mars 1361, portant main mise sur la prévôté d'Amiens. (A 43).
15. Autres du même, Paris, 26 mars 1361, levant cette mainmise et restituant la prévôté à la ville. (A 43-44).
16. Nouvelle saisie de la prévôté, lettre de Jehan Barreau, bailli d'Amiens, 29 août 1364. (A, f« 44).
17. Restitution de la prévôté et lettres du roi Charles VI datées de Paris, des 11 septembre et 16 octobre 1364. A 45, 53-54-55.
Dans la seconde moitié du xvi® siècle, les officiers du présidial s'opposèrent à ce que le prévôt royal continuât à exercer la juridiction dont il était investi, sous prétexte qu'il n'était pas pourvu en titre d'office. Le Conseil d'Etat décida, par arrêt du 16 janvier 1572, qu'à l'avenir le prévôt élu chaque année jouirait pleinement de la juridiction qui lui était attribuée, à l'exception de la justice civile, conformément à l'édit de Moulins, auquel il ne pouvait être dérogé, « de laquelle lesdicts prévosts ont toujours jouy sans » contredit, même depuis l'édict de restablissement des prévosts » et déclaracion par nous faicte, etc. » A. Thierry, II, 802.
La ville reçut encore une nouvelle satisfaction. Malgré l'édit d'Amboise, de 1572, elle fut déclarée exempte de son exécution, contre les prétentions contraires des officiers du bailliage, et maintenue dans ses attributions de police. « Nous n'avons entendu et » n'entendons, disent des lettres royales données à Paris le 21 » août 1572, innover ni changer aucune chose en l'exercice de la » justice et jurisdiction politique appartenant auxdits maire, pré- » vost et eschevins d'Amiens, voulons et nous plaist qu'ilz y » soyent maintenuz et conservez pour en jouyr tout ainsi qu'ils ont » faict cy devant, etc. » A. Thierry, II, 806 et suiv.
1293. — Jacques de Saint Fuscien.
Suivant Villers de Rousseville, il était fils du maire Jean de Saint Fuscien et aurait épousé Alips de Montdidier.
1294. — Jean Godris.
1295. — Jacques le Mongnier.
1296. — LiÉNARD le Secq.
/, Cette famille était déjà ancienne à Amiens quand Liénard fut appelé à la mairie. On trouve en 1151 un Villardus Siccus, en 1153 Oelardus Siccus, 1177 Oilardo Sicco, Roberto fllio ejus. Liénard le Sec portait échiqueté d'argent et d'azur de 25 pièces au chef coupé de 3 traits, au 1 et 3 de sinople, endouché d'argent, au 2 de sinople à5besans d'argent. Villers de Rousseville remarque que ces armes sont celles d'Enguerran de Picquigny dont Liénard pourrait descendre. Le Sec était un surnom.
1297. — Jean Godris.
1298. — Jacques de Saint Fuscien.
1299. — Liénard le Secq.
1300. — Jean Godris.
1301. — Jacques de Saint Fuscien.
1302. — Firmin de Cogquerel.
1303. — Liénard le Secq.
1304. — Jean le Borgne.
Il portait d'or à l'aigle de sable.
1305. — Jean le Fruictier.
Il portait d'argent à un pommier de sinople chargé de pommes
d'or.
1306. — Pierre d'Arras.
1307. — Jean le Borgne.
Nous trouvons dans une ordonnance sur la fabrication des draps, Registre aux chartes N, les noms de quelques échevins ;
« Et fut ceste ordonnance faicte par Jehan Leborgne maieur d'Amiens présens et consentans Maistre Jehan de Fauquenbergue, Juste de Rue, Jacquemon de Gocquerel, Esteve le Monnier, Jehan
Rabuisson, Jehan le Normant, Bertoul de Tabbeye et Jehan Fruictier eschevins et plusieurs autres en Tan de grâce mil CGC et VIII ou mois de may le jœudy devant le Pentecouste ».
1308. — LiÉNARD LE SeCQ.
1309. — LiÉNARD le Secq, continué.
1310. — Jean le Fruictier.
Ordonnance sur le métier de pelleterie, registre N. « Ce fut fait par devant Jehan Fruictier maieur d'Amiens présens et consentant Jehan Rabuisson, Jehan Lemonnier, Milon de Bonneville, Bertoul de l'abeye et Laurens de Ricquebourg eschevins et plusieurs autres en Fan de grâce mil CGC et unze, le vigille de la feste saint Mathieu. »
1311. — LiÉNARD le Secq.
/ Cinq fois maire d'Amiens, Liénard le Secq fonda par son testament Thôpital Saint-Jacques, situé devant Saint-Leu presque vis-à-vis le pont où Dieu ne passast oncques, ainsi nommé parce qu'il formait la limite de cette paroisse avec celle de Saint-Sulpice. La ville d'Amiens payait annuellement pour les aumônes de sire Liénart le Secq :
> A l'hostel Dieu d'Amiens au jour de la Madeleine. C" parisis ^ Au curé de Saint Martin aux waides au 1" août . XL" ^ Au chapelain de la chapelle des Trépassés au cimetière Saint Denis au jour saint Christophe . . XVP r Au chapelain de l'autre chapelle fondée dans cette
chapelle des trespassés au jour saint Jean-Baptiste XVP / Au couvent des frères mineurs au jour de mi-carême C*
Il avait été maire de la bannière des waidiers. On lisait en effet sur l'une des verrières de la cathédrale : En Van de grâce MCCIIIJ^^ Hugans Liénart le Sec, Robert de Sit Fuscien maieur s des waidiers firent ches verieres.
Lundi de la Purification 1311. Liénard le Sec, maire ; eschevins : Jehan Rabuisson, Millon de Bonneville. (Arch. de l'Hôtel- Dieu). — Thomam de Croy unum de scabinis dicte ville. (Arch. de la ville, registre E, f* 3).
1312. — Jean des Rabuissons.
Cette famille qui a donné son nom à la rue des Rabuissons, tour à tour, suivant les vicissitudes politiques, appelée rue de la Préfecture, Royale, de la République, etc., portait pour armes : d'argent au buisson de sinople, accompagné de deux rats rampants de sable sur une terrasse de sinople. ^
9 avril 1313. Jehan Rabuisson, maieur, Jehan Fruitier, Jehan le Monnier, eskevins. (Archi H.^D.).
1313. — Jean le Fruictier.
1314. — MiLON DE Bonneville.
Pallé d'argent et de gueules de 6 pièces au chef d'azur chargé d'un lion d'or passant.
1315. — Jean de Faukenbergde.
D'argent au lion à queue fourchée passée en sautoir de gueules.
1316. — Jacques de Saint-Fuscien.
Il mourut en exercice et Jean Leborgne le remplaça.
1317. — Jean des Rabuissons.
Jehan de Fauquembergue, Milon de Bonneville, Thomas de Oroy et Jehan Laguillier paraissent avec ce maire dans l'ordonnance sur la boucherie, du vendredi prochain après la feste saint Martin d'esté, l'an de grâce mil trois cens et dix sept. (Registre N, f°* 23 et 24).
1318. — Pierre le Mongnier.
On trouvé encore pour cette année quelques noms d'échevins.
Ce fut fait par devant Pierron le Monnier, maieur d'Amiens, présens Maistre Jehan de Fauquembergue, Jehan dit Mouton de Cocquerel, Bernard le fruictier, Jehan de Sorchy, Gillon Beaupigne, Jehan de l'Ouseignol, Jacques de Mes, Robert du Blanc fossé, Jehan Laguillier et Jacquemon de l'abbeye, eschevins,'en l'an de grâce mil CCC et XVII, le lundi prochain, après le Candellier. (Registre N, f** 105. Ordonnance sur les couteliers).
1319. — Jean de Cocquerel.
1320. — Jean des Rabuissons.
1321. — Pierre le Mongnier.
Pîerron le Monnier, maieur d'AmieDS, Jehan Rabuisson, Jehan de Cocquerel, Jehan du Lousseignol, Robert du Blanc fossé, Jehan Laguillier, Jacque de Salouet, Fremin Grimault et Hue Waignet, échevins, l'an de grâce mil CCCXXI, le tiers jour du mois d'avril. (Règlement des serruriers. Registre N).
1322. — Mathieu Boivin.
D'azur à la fasce d'or accompagnée de 3 croix de même. V. R.
Suivant Villers de Rousse ville il avait épousé Jeanne, fille de Liénard le Sec.
1323. — Jean de Sorchy.
On trouve son nom indiqué dans une lettre du bailli d'Amiens du mois de juin 1318, comme fils de Maisnier de Sorchy et de Jehenne Delacroix, chitoyens d'Amiens. (Registre aux chartes, C, f° 83).
Sous sa mairie le registre N, Statuts des vaniers, pelletiers et fourreurs nous indique les échevins suivants : Pierron le Monnier, Jehan de l'Ouseignol. Millon de Bonneville, Bernard le Fruictier, Jehan le Monnier, Jehan Laguillier, Thomas de Croy, Fremin Grimault, Jehan Frotorie, Thomas Alavaine, Jehan de Poix et Simon Leconte (?)
1324. — Jean des Rabuissons.
1324, lundi après la mi aoust, le registre aux chartes E constate :^ {^^une séance de l'échevinage ou assistent le maire Jean des Rabuissons et les échevins Mile de Bonneville, Pierre Lemonnier, Jean de Sorchy, Mahieu Boivin, Jehan Laguille, Jaque de Mez, Jehan de Louseignol, Colart de Villers, Robert du Blancfossé, Jaque de Salouel, Pierre Darras, Pierre du Gard, Adam de Biauval, Jehan Lorfèvre, Jehan Heduys, Fremin Grimant.
1325. — Pierre le Mongnier.
1326. — Mathieu Boivin.
Mahieu Boinvin, maieur, échevins Jehan Rabuissou, Bernard
d'Ippre et plusieurs autres. (A. H.-D.).
1327. — Jean des Rabuissons.
Sous sa mairie une ordonnance sur le métier de boucherie donne également les noms d'échevins suivants : Pierre Lemonnief , Bernard Fruictier, Jehan Lorfèvre, Jacques du Mes, Jehan Petit, Dippre, Honnoré de Franche, Jehan Marbot, Agdrien Audeluie et Jehan de Poix.
Il avait épousé Alips de Poix. (Registre aux comptes 1385).
1328. — Pierre le Mongnier.
1329. — Mathieu Boivin.
1330. — Jean de Sorchy.
1331. — Jean du Cange.
Jean Ducange portait dans son sceau un chevron chargé de trois besans ou tourteaux accompagnés de trois têtes de femme de face. Le P. Daire donne ainsi ses armes : d'or au lion passant d'azur armé et lampassé de gueules à la queue fourchue passée en saultoir. (I, 77).
1332. — Vincent Boinnavel ^.
La Morlière et Daire l'appellent, par erreur, Bournavel. Il portait d'or à trois tourteaux de gueules.
On trouve, en 1332, comme échevins : Jehan de Sorchy, Pierre d'Arras, Jehan de Cokerel, Gille de Croy, Jehan de S' Quentin, Ernoul le Monnier, Firmin Pié de Leu, Jeha^ de Moustiers, Pierre de Saint Fuscien, Jehan de Rue. /-/ M / *t.ei< /3 3 Sf
1333. — Jean de Sorchy.
1334. — Jean Ducange.
1335. — Mathieu Boivin.
1336. — Jean de Sorchy.
1337. — Jean Ducange.
1338. — Jean de Croy.
1339. — Jean de Saint Quentin.
Portait d'hermine pleine.
1340. — Jean de Sorchy.
1341. — Pierre de Saint Fdscien.
Fils de Jacques, suivant Villers.
1342. — Jean de Saint Quentin.
1343. — Jean de Sorchy.
20 avril 1343. « Chirographe passé devant Jehan de Rue qui estoit adonc ou lieu Jehan de Saint Quentin maieur, échevins, Jehan de Sorchy, Fremin Pié de Leu. A. H.-D.
1344. — Jean Ducange.
Le règlement des boursiers, fait sous sa mairie le 10 décembre l'an de grâce 1344, registre N, nous donne les noms de dix-sept échevins : Mahieu Boivin, Jehan de Cocquerel, Firmin Pié de Leu, Jehan de Tourné, Willame du Blancfossé, Pierre de Saint Fuscien, Jehan Demoustiers, Jacque de Bonneville, Jehan TOrfevre, Willame Rabuisson, Jacques le Monnier, Simon le coincte, Pierre Darras, Gille de Lousseignol, Fremin de Cocquerel, Simon de Mes, Colart Grimant.
Un document du 1 1 mai 1345 nous révèle encore, au sujet d'une sentence en matière de draperie, outre ces noms, ceux de Jehan de Sorchy, Miles Ravin, Philippe de Morvillers, échevins.
« Le jour Notre Dame en march que l'an de l'Incarnation Nostre seigneur, l'an mil CGC XLV commencha, commencha-on à user du scel as causes nouvellement ordoné en la ville d'Amiens, à une grant fleur de lys et deux escuchons des armes de la ville, et le contre scel à un escu des armes de la ville et cessa-on à user du scel de cuivre à une grant fleur de lys seulement, ouquel temps sire Jehan Ducange estoit maire de ladicte ville. » (Registre aux Ghartes coté E, f*» 6 v^).
Le plus ancien sceau connu de la commune représentait une rosace autour de laquelle rayonnaient six têtes humaines alternant avec autant de fleurs de lys et la légende Sigillum civium Amhianensium, le type du contre-sceau présentait une unique fleur de lys avec cette légende entre deux filets : Secretum meum michi, Gn l'appelait le sceau des Marmousets en raison de ces six têtes qui, sans doute, représentaient des magistrats municipaux.
Les sceaux communaux de Dijon, Troyes, Meulan, Nîmes, Tlsle (Vaucluse), DouUens, représentaient également des images analogues, au nombre de 12 ou 20. Pourquoi l'artiste qui a gravé le sceau des Marmousets n'a-t-il mis que six têtes quand la mairie se composait d'un maire et de 24 échevins? Sans doute le défaut de place.
Suivant A. Thierry, la plus ancienne empreinte du sceau de la commune conservée jusqu'à nous est de 1228. Il est à croire, dit-il, qu'en 1190, lorsque Philippe-Auguste eut révisé et confirmé la charte communale d'Amiens, la ville, abandonnant le sceau dont elle s'était servie jusque-là, en adopta un nouveau sur lequel les fleurs de lys figurent pour la première fois.
La Morlière affirme qu'on se servait encore au xvii® siècle du sceau des Marmousets pour authentiquer les actes importants.
Ici commence le registre F. C'est un volume grand in-folio sur parchemin, comprenant 265 feuillets non numérotés, allant de 1345 à 1483. Il est aujourd'hui, dans l'Inventaire sommaire des archivés communales antérieures à 1790, T. I, série A, par M. Georges Durand, archiviste de la Somme, 1891, in-f**, coté AA, 6. Outre la liste des officiers municipaux, il contient un grand nombre de pièces relatives à des ventes d'offices communaux, réceptions de maîtrises, adjudications d'étaux ou de places, etc., etc., que nous avons dû omettre comme ne rentrant pas dans le cadre de notre travail.