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M. Alexandre Belisle agissait comme agent d'affaires pour les Pères Augustiniens.
Le Rév. Père Tranquille Pesse était alors supérieur de l'Eco!e Apostolique.
Le nouveau bâtiment, construit en briques et en granit, pouvait abriter 60 à 70 élèves.
Le 2 janvier 1907, religieux et élèves prirent possession du nouveau local qui est devenu l'aile sud du collège actuel.
L'évêque du diocèse, Sa Grandeur Mgr Thomas D. Beaven, en fit la bénédiction le 28 janvier 1907.
Pendant les vacances de l'été, les Pères firent transporter l'une des deux maisons de la rue Fales sur l'avenue Baltimore, à proximité du Collège, pour y loger une partie du personnel, afin de laisser toute la place disponible aux élèves qui déjà s'annonçaient nombreux. La rentrée de septembre amena 60 élèves et l'année suivante fut atteint le maximum de 70. Déjà, l'on était à l'étroit et il fallut de nouveau songer à s'agrandir.
A noter: en l'année 1908, les 19 et 20 juillet, le Congrès de l'Association Catholique de la Jeunesse Franco-Américaine tient ses premières assises dans les murs du collège et y jette les bases de la fondation de cette Société aux Etats-Unis.
Le congrès fut présidé par l'abbé Denys Lamy, plus tard secrétaire de Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boniface.
Voici le programme du congrès:
Dimanche, le 19 juillet—Messe suivie de l'enregistrement des délégués et des congressistes. Séance d'ouverture. Discours par M. Louis Perras, président de l'A. C. J. F. A. Discours, ‘‘La France catholique’’, R. P. Tranquille Pesse, A. A. Discours, ‘‘ La presse franco-américaine’’, M. Arthur Smith et M. Alexandre Belisle. Discours, ‘‘Voix de l'A. C. J. C. M. Elzéar Beaupré, président.
Séance de l'après-midi—‘‘Nos écoles paroissiales’’, M. Eugène Jalbert. ‘‘Nos sociétés nationales’”, M. Clarence F. Cormier. ‘‘Voix de la Louisiane’’, M. l'abbé Antonio Huot. ‘‘Le civisme franco-américain’’, M. David E. Lavigne. ‘‘Relations canadiennes-françaises et franco-américaines’”’, M. J. L. K. Laflamme.
Séance de clôture du premier jour, à 8 heures p. m—"'"Le
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rôle social des jeunes'', M. l'abbé Emile Chartier. ‘‘Jercles d'études'', M. Elzéar H. Choquette. ‘‘Le clergé franco-américain'', M. l'abbé Rosario Richard. Voix de l'A. C. J. F.'', M. Pierre Gerlier, vice-président. ‘Ultima verba', M. l'abbé Denys Lamy, aumônier-directeur.
Lundi, 20 juillet—Messe à 7 heures 30 et allocution. Commuuion générale des membres de l'Association. Chants, consécration de l'Association au Sacré-Cœur de Jésus. Séance du conseil fédéral. Clôture des assises.
C'est à l'automne de 1910 que fut discuté le projet d'agrandissement du collège. Le T. Rév. Père Emmanuel Bailly, Supérieur Général des Pères de l'Assomption, à son retour du Congrès Eucharistique de Montréal, fit la visite des couvents de son Ordre aux Etats-Unis et passa une disaine de jours au col. lège de Worcester. Les plans pour la construction du bâtiment central lui furent soumis et la permission de commencer accordée, dès son retour en France, en même temps qu'une avance de fonds importante.
Le 15 octobre 1910, le Rév. Père Stéphane Chaboud, Provincial, bénit le terrain et les religieux et les élèves mirent la main au futur édifice en enlevant les premières pelletées de terre des fondations.
Les travaux de terrassement et de construction furent poussés activement et en décembre 1911 un beau bâtiment neuf s'élevait à côté de l’ancien.
Dès le mois de septembre, malgré les difficultés d'une installation forcément provisoire, le collège avait ouvert ses portes à 135 élèves.
La partie neuve fut bénie solennellement, le 9 mai 1912, par 8a Grandeur Mgr Beaven, évêque de Springfield, entouré d'un nombreux clergé canadien et des religieux de la maison.
L'œuvre prit alors un élan nouveau; le nombre des élèves s’accrut chaque année et il fallut bientôt le limiter, le manque de local ne permettant pas de dépasser 180.
La guerre, avec des difficultés nouvelles, apporta à l'institution des développements inattendus: le cours de Philosophie fut établi en 1916, comme le couronnement nécessaire des études
classiques. Le 6 février 1917, la Législature de l'Etat accorda au collège sa charte d'’incorporation, avec le pouvoir de conférer le grade de Bachelier-ès-Arts.
Le 15 août fut fondée l'Association des Anciens Elèves.
La première Collation des Grades n'eut lieu que l'année suivante, 1918.
Un précieux encouragement fut alors donné à la Faculté par l'Union Saint-Jean-Bavtiste d'Amérique et les autres sociétés franco-américaines qui entreprirent en faveur du collège une ‘Semaine de Souscription’ du 17 au 24 juin dans tous les centres franco-américains de la Nouvelle-Angleterre. Cette même année, à la rentrée de 1918, les élèves de 18 ans et au-delà sont mobilisés sur l'ordre du gouvernement, deviennent soldats, tous en restant au collège et suivent des cours militaires, en vue de devenir officiers.
Le collège a son unité de 52 soldats, encadrés par deux lieutenants.
L'armistice du 11 novembre amena très vite la dissolution du 8. A. T. C. (Students’ Army Training Corps). La graduation de juin compta 6 Bacheliers sur 7 élèves finissants.
La fin de l’année scolaire vit aussi le retour des professeurs mobilisés, en même temps que le départ pour la France du Rév. Père Omer Rochain, Supérieur du collège depuis 1909.
11 fut remplacé à l'automne par le Rév. Père Louis Deydier, Supérieur actuel de l'institution.
Disons un mot, en terminant, des résultats obtenus par l'œuvre dans ses douze ou treize années d'existence. Il suffit de donner les chiffres enregistrés par l'Association des Anciens élèves dans sa réunion du 15 août 1919:
22 étudiants séminaristes, quinze prêtres ou religieux, une quinzaine d'étudiants en médecine ou dentisterie, deux médecins, trois étudiants en droit et une cinquantaine d'anciens élèves dans les affaires.
Ces chiffres sont éloquents. Le collège ne demande qu'à les multiplier et à dilatcr ses bâtiments pour répondre à toutes les nécessités de la population franco-américaine pour laquelle il a été fondé.