division du pré
Theumidou [10 juillet-18 août 1795].
Le l«' reru une messe d une femme d'Ozeleret, aumône : un fromage, une douzaine d œufs («l une bouteille de lait. Le 1- j'ai fait un otlice pour défunt Vital lloddier. propriétaire de cette maison, un demi-quarton froment*.
<Le 4, j'ai atTermé la moitié de mon chanvre à Pierre Devin de Frissenet (3), 3 quartons froment, un demi quarton fève et une livre beurre. >
Le 7, reçu de Marie Lescure, 20 l. assignats et une livre huile de noix pour
son petit*. • ui i
<Le 10 juillet-28 messidor, dépensé à la foire des râteaux a Allanche
12 !)., la bouteille de vin ayant coûté 8 l.
Le 7, à Massiac dépensé 3 L> ., .
Le 8, reçu une messe de la Barricade, aumône : un fromage. Le 8, j ai tait sous la voûte de celle maison un ollice pour NL" Uoddier, aumône : 1/2 quarton froment*.
Le 8, j'ai porté le viatique à la vieille Hermite de La Housseleut, aumône :
v. Lent. 10 thermidor*.
Le 13, J'ai fait un oilice pour Antoine Audin de la IVochette, aumône : un petit pain de beurre, un fromage et un pot de lait.
Le 13, reçu une messe d'Anne Dominique de la Uochette, aumône : un fromage, un peu de beurre, demi-douzaine d'(eufs, blé vendu 1.800 l. le setier*.
En passant par laRoclieUo, so doulanl que je manquais de pain, 1,^ Mo valant, .lit-on. à Allanclie (4) 1.800 1. le solier (5). Anne Doniinniuc me poursuivit jus.prau bout du commun avec deux ou trois livres de pain cachées sous son tablier (iu\dlc me Ibrça d'accepter\ O mon dieu, vous l'avez sans doute permis que nous fussions enlin humiliés, (jue Taumùne nous fut nécessaires, à nous pnMres qui étions naguère si riches et si orj^nieilleux l* Que votre pauvreté me console dans la mienne !
(1) Ce sont des agneaux dun an; en patois antanù.
(2) Le pré de renclos de Monsieur que labbé avait acheté le 1- thermidor an II,
voir plus liaut.
(3) Lire Fressinet. village de la commune d'Auriac.
(4) Allanche (Cantal), ar. Murât, cli.-l. de eanl.m. a 19 kilomètres .le Murât.
(5) In setiervaut huit double-decalitres.
<Le 14, l"^"" août, à la foire de la Saint-Pierre dernier, dépensé 6 1.; plus pour le foulon et presse de 10 aunes étoffe 4 1. 10 s.>
Le 17, messe et enterrement de Gilette Soulier, Hermite (1) de la Bousseleuf, aumône : demi (juarlon blé, et pour lihera : 2 L 0 sols (2)*.
Le 24, pour un voyage à Saint-Flour dépense 21 L, pour une main de papier
<Le 28, allant à Laurie, 15 août, dépensé chez Robert, 2 1. 10 s.>
Etat de la religion.
Depuis environ cinq mois (3), la religion reprend comme avant la Hévolulion, ayant demeuré pendant quinze mois comme en délitescence. Les uns par religion, les autres par manière d'acquit, d'autres par curiosité, et beaucoup par esprit de parti vont à la messe des prêtres insermentés, et n'en veulent point d'autres. Ce sont les prêtres cachés et les nobles qui ont resté en France et qui soufflent au peuple de pareils sentiments*. Les femmes surtout, et surtout celles des ouvriers de ville, sont animées de cet esprit, mais à un tel point quVdles insultent les prêtres sermentés (jui osent dire la messe et détournent bien du monde d"y assister, voulant faire retomber pour ainsi dire sur nous tout l'odieux de la révolution*. La cherté, la rareté des grains, la cessation des aumônes du clergé et des nobles ont beaucoup contribué à leur ins[)irer cette haine qui paraît portée à l'extrême . Beaucoup de prêtres constitutionnels ne disent point de messe par celte crainte. Beaucoup parlent de la crainte d'une Saint-Barlhélemy*. L'on vient de me dire qu'une femme veut me prendre à coups de pierres, si je continue de dire la messe à la Bastide. Cependant, dans beaucoup d'endroits, les prêtres constitutionnels célèbrent et y dominent, tels qu'à Luceau 4), Laiveau (5), Molède (6), Allanche, Cbarmensac (7j, etc. Beaucoup se rétractent de leur serment. On
(1) lleniiitc est son surnom.
(2) Suivent dans le ms. l'acte de sépulture de cette Gilette Soulier et un acte de baptrme.
^3^ Depuis le décret du 3 ventôse an 111-21 février 1795.
(4) Lire Lussaud, village de la commune de Laurie, canton de Massiac.
(5) Lire Leyraux, chef-lieu de commune, canton de Massiac.
(6) M(»l(''des, chef-lieu de comumne, canton de Massiac.
(7) Charmcnsac, chef-lieu de commune, canton d'AUanche.
ti-t/A^
'T-.^ïwr-s.^,'*' ,
j<Al"J'm'^4lJ' ■ ;■ 'JfcîL'j*]?"" '""
"Il
ARBÉ G LAIZE
en compte déjà une cinquanlaine dans le district de Saint-Flonr*. La commune d'Auriac ne veut qu'un constitutionnel à ce (fu'il parait. Celle de Laurie, inspirée [)ar le doyt^n et sa sœur, souiïre que l'on prêche dans son é^^lise le vandalisme, le schisme, la division, la guerre civile*. C'est un certain Croze Duranquet (1) de Brioude, qui, il y a 15 jours, y prêcha une telle morale, accompagné du prêtre Bertrand de La Mothe (2).
11 tarde bien à tout le monde que la convention s'expli(|ue làdessus. Si l'on en doit juger selon les apparences, les prêtres insermentés auront le dessus. Ceux qui étaient cachés viennent d'obtenir une pleine et entière lil)erté. 11 semble dans les besoins extrêmes de la paix qu'on ne peut la faire qu'en accordant des douceurs aux émigrés et à ceux de leur parti. Dans la [)aix avec rF]s[)agne (3), dans celle que l'on nous annonce avec les princes d'Allemagne et l'empereur, beaucoup de politiques pensent qu'on ne peut parvenir à une paix si prompte, que sous des conditions secrètes qui ne s'exécuteront que secrètement ou dans un temps favorable et qu'on soupçonne être la rentrée des émigrés et même racce[)tation d'un souverain*. Du moins la hardiesse avec laquelle les prêtres réfractaires rentrent dans les paroisses, la protection ouverte que leur accordent les riches et les nobles semblent nous Fannoncer d'une manière à ne pas en douter *.
Fructidor [18 aoîit-lT sept. ITOH].
< 1", une messe pour la vieille Ilermite de la iJuusseleuf, aumône : 1 fromage et une douzaine d'œufs.
Le 5, reçu les 3 quartons de froment que Borde de Cliazelles ma donnés pour une demi-cartonnée de ciianvre.
Le M, ayant semé un quarton d'orge moins une écuellée dan^ lenclos de Monsieur, l'ayant battu et vanné aujourd'tiui, il en a produit tlouze quartons.
Le 8, vendu à Allanche 2 quartons froment '\-l'S fr. à raison de 130U1. le setier.
Le r., vendu à ma so'ur Malonne, 3 lèzes de rideaux de inarécliaud, 'iO l. (jue j'ai reçues.
(1 Croze Duranquet (^Maitin Stanislas n»' le 27 juillet l~o9 .i Hrioude, rhanoine do la cathédrale du Puy, mort en cette ville.
(2 Lauiothe, chef-lieu de commune, arrondissement et canton de Brioude, a 4 kilomètres de Brioude (Haute-Loire).
(3) Conclue à Bâle le K thermidor an 111-24 juillet 1795.
<( LIVHE DE COMPTE »
Le G, dépensé à Auriac 2^ 1. >
Le 13, dépensé à Auriac 10 1. à la St Hartliélemy, jour auquel jai célélné la messe dans Té^dise d' Auriac pour la première fois, en ayant été prié par le maire et par plusieurs personnes *.
Je leur ai lait l'exhortation : je viens *.
< Le 20, dépensé à Auriac, après la messe, huit francs.
Le 22, jour de Notre-Dame de septembre, dé[»ensé pour mon dîner à Auriac 7 fr. .l'ai donné à ma sœur d'Auliac une couverture de fauteuil dindirnne (il.
l.c 2t, j'ai céh'bré la messe pour .lean Valès, fait l'enlèvement du corps à la porte du cimetière d'Auriac et dans l'église, toutes les autres cérémonies que demandait l'ont, d'un ^'rand corps : prières 45 sous assignats; pour la messe et ent., aumônes volontaires, reçu le ."j nivôse 3o l. assignats.
Le 24, df'pensé à Auriac, 4 fr.
Le 20, dépensé à Massiac 10 fr. He.;u de Bigant de Fayet 10 1. pour avoir administré les .sacrements à sa femme et pour une messe.
Le 27 à Auriac dépensé 4 fr. >
Le 20 du présent (2), il a été rendu un décret contre les prêtres rentrés par lecjuel ils sont condamnés au bannissement ou à la réclu-ion *. Les autres insermentés qui se sont cachés, en exhibant un certilicat de résidence et en se soumettant aux lois de la république sans a^icune restriction exercent librement *.
< !,a 4*^ des sans-culottides, dépensé à Auriac 12 l.>
(1) Suit dans le ms., un acte de sépulture.
(2) 20 fructidor an 111-6 sept. 1795 (6 articles).
« La Convention ualionale après avoir entendu le rapport de ses comités de sûreté générale et <le législation décrète ce qui suit :
Art. l'^'". I^a Convention nationale charge ses comités do gouvernement de faii'c observer par tous les moyens qui sont en leur pouvoir les lois rendues précédemment contre les prêtres déportés et rentrés sur le territoire de la république; ils seront bannis à perpétuité hors du territoire de la république dans le délai de quinze jours à dater de la promulgation du présent décret, et traités comme émigrés s'ils rentrent sur ce même territoire.
Art. m. Trois jours après la publication du présent décret tous les ministres qui ayant refusé l'acte de soumission exigé par la loi du 11 prairial ou ayant ajouté des restrictions à cet acte, ou l'ayant rétracté, exerceront encore un culte quelconque dans les édifices publics ou dans les maisons particulières ou partout ailleurs, seront sur le champ arrêtés et conduits dans la maison de détention d'un des départements les plus voisins de celui de leur domicile.
Art. V. Les juges de pai.\ informeront contre ceux des ministres des cultes qui se permettront des discours, des écrits ou des actions contraires aux lois de la républi<nu\ ou i^rovoqueront au rétablissement de la royauté; ils seront punis conformément aux lois pénales. [liul. des Lois).
Ji
^amÊm
• '-mifr 11 V'ii'iN' " .% "',1 . »"''
■ i«fWtr.-
^^^:' ^if&Bji^I-L>' .
ABIŒ r, LAIZE
Etat de la Helkjion.
Le peuple on général conserve toujours plus de oonfianco pour les prêtres insermentés. Ils ont des correspondances secrètes les uns avec les autres, ce que n'ont pas les sermenlés.
Le peuple de chaque paroisse leur fait communément douze setiers de grain pour l'année. Dans beaucoup (Tendroits les sermentés en ont autant, tel qu'à Molède ; mais, à Auriac, il paraît ([u'ils auront de la peine à s'accorder pour laire un revenu fixe à un prêtre *. Depuis la St-Bartliélemy, i:] fructidor dernier, je dis la messe dans léglise d'Auriac, dont on a un peu réparé le grand autel, mais très imparfaitement, beaucoup de pièces mamiuanl. Je m'en suis rapporté à la volonté du peuple pour le payement, comme je l'ai fait pour toutes les autres fonctions*. Pour savoir ceux qui avaient confiance à ma messe, j'ai fait une quôte en grains, la semaine dernière, dans laquelle j'ai à peine levé sept quarlons grain.
Les villages de Serre, la Housseleuf, la Bastide, la Roclielte, Frissenent (L. Gliavaguac m'ont passablement donné*; dans les autres, j'ai à peine levé un quarton grain, soitpnr raison de pauvreté, soit par irréligion qui est plus générale dans le bas de cette paroisse que dans le haut. Je ne fais plus de{)uis (}uel(iue tem[)S de baptêmes *. Plusieurs veulent encore voir avant de faire baptiser leurs enfants, d'autres les portent à Laurie.
Anecdote.
La Rigaude de Lasquardes (2), paroisse de Laurie, fut se confesser à Laurie au prêtre insermenté. Celui-ci ne voulut lui donner l'absolution, qu'à condition qu'elle lui promettrait de ne plus aller à la messe du ministre sermenté de Molède *. Elle en témoigna un grand étonnement et lui en demanda la raison. Le ministre lui en donna tant bonnes que mauvaises, mais la Rigaude, sans
(1) Lire Frisscnet.
(2) Lire Lacuarde.
« LIVHE DE COMPTE »
entrer dans aucunes raisons, lui répondit à haute voix qu'elle trouvait la messe du curé de Molède aussi bonne et aussi bien dite (jue la sienne, et en quittant le confessionnal : Le diable pourrait la dire, lui lépliqua-t-elle avec humeur, que je ne regarderais pas celui qui la dit.
Ces jours-ci, viennent d'arriver à Auriac les deux chanoines (1) Roddicrde Clermont, prêtres insermentés. Ils se sont établis dans leur maison paternelle, chez le maréchal d'Auriac, oîi ils disent la messe. Quebjues personnes y ont assisté dimanche dernier. Il est à craindre que cela ne dérange le peuple de celte paroisse qui commençait en assez grand nombre à assister à ma messe.
Le
ANNKE IJKl'UHLICAINK, VENDEMIAIHE [23 Sept. -23 OCt. 1705].
< Le 8, une messe pour la Parisienne, aumône : une douzaine d'œufs. Le 0, dépensé à Auriac 4 l.>
J'ai rebénit l'éj^îlise et fait un ollice pour Jean (ily et Antoinette Arfeuille de La IJastide*. Prières, absoute et messe, aumône : 2 livres. J'ai prêché le prône : dans le cours des choses de ce monde, etc. Dans le courant de cette semaine, j'ai fait une quête en ^.^-ains oii j'ai levé sept quartons blé.
Le 10, à Saint-Fiour, j'ai reçu 200 1. trimestre de vendémiaire *. J'ai donné 8 1. 10 pour compléter Je payement de l'enclos de Monsieur dont j'ai retiré quittance *. Frais de voyage 03 I. *, J'ai payé le vin 15 1. la bouteille ; 11 fr. la livre le pain. Jai donné au citoyen Gharraire les 408 1. que je lui restais du bénédce du pré *.
Le 13, dépensé à Auriac G l.;un ollice pour Jean Gly et Antoinette Arfeuille, aumône pour les 2 otiices cinq boisseaux froment *.
Le 10, une messe pour (Jaize de Serre, enterrement de son petit : prières, absoute, etc.; aumône : demi quarton Idé (2). *
Le 20, dépensé à Auriac 0 1. Le même jour j'ai fait les 4 baptêmes suivants (3) * :
Le 30, reçu 3 messes pour Catherine Guérin de la Bastide, aumône : trois boisseaux blé *.
Etat de la religion.
La Convention persiste à ne laisser établir aucune hiérarchie (4)
(1) De la catiiédralc de Clermonl-Ferrand.
(2) Suit dans le ms. un acte de sépulture.
(3) Nous ne les reproduisons pas.
(4) En etlet la Convention cherchait à détruire le clergé comme corporation. Elle était année pour le droit commun des associations et par l'art. 351 de la Constitution-
parmi les priMres*. Il semble que les réfraclaires ne fanatisent plus tant le peuple contre les constitutionnels. Les rétractations ont entièrement cessé depuis le décret du 20 fructidor dernier. Il vient d'en paraître un autre (1) qui oblige les réfraclaires à reconnaître la souveraiueté du peuple et de la républi(jue. Ils peuvent dire la messe dans leur chambre, mais il ne leur est permis que d'y recevoir leur tamille et dix étrangers*. Ce décret regarde
tous les prêtres.
Je continue à célébrer la grand messe à Auriac. Le peuple y assiste comme ci-devant. Comme je réponds avec énergie aux deux bourgeois Vigouroux et Roddier, dans ce qu'ils avancent d'irréligieux, d'injuste et de faux, ils viennent de porter nenf à dix particuliers à appeler l'ancien curé constitutionnel. Honiol [2), qui certainement ne leur dira rien*. Je ne sais comment le reste de la paroisse le recevra. Ces deux bourgeois lui promettent, au nom
« Il n'existe entre les citoyens d'antre supériorité' que celle des fonctionnaires
[Hiblics ».
(Ij Loi du 1 vendémiaire an IV-2!l septenil)re IVJ:.. Cette loi codifLait les lois précé.lentes : S* jour sans cnlottide an II ^uj.i.ression du budget des cultes), 3 ventùse an 111 (autorisation et police des cérémonies religieuses^ 12 tloréal an 111 (mesures de sûreté contre les prêtres émigrés^ 11 prairial an lll (restitution gratuite aux fidèles des églises non aliénées), 20 fructidor an lll (nouvelles mesures de police contre les pnHres émigrés). Elle garantissait la liberté à tous dans les limites do la loi et du respect des institutions, égalité complète. La liberté des cultes était protégée contre les perturbateurs par une série de pénalités graduées (Art. 2 et 3 . La neutralité de la voie publique était maintenue (Art. 13 à lo . Le droit commun était appliqué aux cultes, la reconstitution dune main-morte empêchée (art. 10 , le culte privé autorisé, mais en le réglementant : -. Art. ir,. Les ciTémonies de tous cultes sont interdites hors lenceinte choisie pour leur exercice. Cette prohibition ne s'applique pas aux cérémonies, qui ont eu lieu dans l'enceinte des maisons particulières pourvu qu'outre les individus qui ont le même domicile, il ny ait pas, à loccasion des mêmes cérémonies un rassemblement excédant dix personnes ». La déclaration de soumission aux lois était exigée de : « Quiconque voulait exercer le ministère d'un culte .. : Elle était la suivante : « Art. 6. Je reconnais que l'universalité des citoyens français est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la république ». Voir Mathiez : La Révolution et l'Église. Chap. iv.
(2) Lire Bouniol.
Georges Bouniol, né le 20 mars lir.O. vicaire dAuriac en HOO. Prêta serment et fut élu^curé de la paroisse le 16 mars 1791, mais ayant rectiQé son premier serment fut souuiis à une réélection le ;5 septembre de la même année, puis .lut se retracter car il est porté comme « insoumis ■> sur la liste des prêtres que le gouvernement pouvait employer, arrêtée par le préfet en l'an X. Nommé par l'évêque desservant de Lauric, le 22 novembre 1S03, il passa ensuite à Molèdes où il décéda le 8 avril 1831 Not»' communiquée par M. .1. Delinas).
« LIVKE DE COMPTE »
de la paroisse, 4000 livres assignats et six setiers de blé*. Le paysan reçoit très froidement ces propositions et je les y ai disposés par le prône d'aujourd'bui, 4 brumaire. Les chanoines Roddier continuent toujours à dire la messe dans leur maison. Le plus jeune la dit le matin, et beaucoup de monde y assiste par commodité, mais en général, il y a dans cette paroisse fort peu de personnes qui, par opinion, })réfèrent leur messe à celle d'un constitutionnel. Ils sont indifférents.
Bkumaire [23 cet. -22 nov, 171>5].
Le 4, dépensé à Auriac 8 1. pour une mauvaise chopine de vin. J"ai fait un ollicc pour Catherine (iuérin de La Bastide, aumône J'ai prêché au peuple le |)rêtne : je vous exhorte à suivre la louable coutume*. — Le 6, l'enterrement de Marguerite Marion de la Bousseleuf; voyage, prières, messe, sépulture, pour aumône : demi-quarton blé*.
Le G, payé à Hobert Charuesse 80 1. assignats quil m'avait prêtés à face royale. — Le 9, l'enterrement de Jean Lescure, dit Porte, de La Bastide ; voyage, prières, messes, sépulture, pour aumône*. — Le 11, le jour de la Toussaint pour les Libéra après vêpres, assignats 48 1. argent 2 1. o s*.
Le 3 du présent, il a été rendu une loi contre les prêtres réfraclaires. Elle a eu son exécution aujourd'hui 11*.
Le 13, dépensé à Massiac, 12 1. 10 s. pour une chopine de vin*. ~ Le 14, déjiensé chez Robert G s. argent gros sous pour une chopine de vin*. — Le 18, Marie Gly est revenue lire chez moi.
Etat de la religion.
La religion vient de recevoir le coup le plus terrible par une loi des premiers jours de ce mois (1). 11 a été enjoint à toutes les autorités constituées de faire exécuter toutes les précédeutes lois contre les [)rétres réfractaires. Conséquemment tous les sexagénaires étaient forcés de se rendre au chef-lieu de leur département respectif et d'y être reclus ; tous les autres étaient sujets à la
(1) Loi du 3 brumaire an 1V-2;J octobre 1790. « Art. X : Les lois de 1702 et 1793 contre les prêtres sujets à la déportation ou à la réclusion seront exécutées dans les 24 heures de la promulgation du présent décret, et les fonctionnaires publics qui seront convaincus d'en avoir négligé l'exécution seront condamnés à deux années de détention. Les arrêtés fies Comités de la Convention et des représentants du peuple en mission contraires à ces lois sont annulés ».
lUii
Bi II I iiiiMii
fi
AHRÉ GLAIZE
tléporlalion*. Dans ce département, les gendarmes les ont poursuivis pendant quelques jours avec assez de vi^nuMir. Aucun n'a été arrêté nulle part, que j'ai entendu dire \ Ils se sont tous cachés pendant trois semaines, mais présentement ils reparaissent dans beaucoup d'endroits et y redisent la messe. Cependant les 3/4 et demi des paroisses manquent de pnMres, et la majeure partie ne veulent pas de sermentés, ce (jui fait voir clairement que si ces prêtres ne reprennent leurs fonctions, la religion est en grand danger, car le peuple a très peu de confiance en nous*.
Nous avons aussi éprouvé à Auriac une secousse dont j'ai été la principale victime. Les chanoine^ Roddier ont cessé, dès le 11 , de dire la messe ; le cadet s'est caché et ne paraît pas encore en public, qnoiiiue l'on sache bien qu'il n'est pas loin ; l'aîné, à raison de ses inlirmités, a resté dans son appartement, aucun n'ont été recherchés par des gendarmes*.
Après avoir exercé mes f(jnctions pendant près de huit mois, avec assez de liberté, voulant céder à la dévidion du peuple, j'ai feint d'ignorer la loi (i), j'ai accompagné les convois en habits de clupur. je suis soiti sur le cimetière pour les enterrem.'uts et prières aux otrices*. .le n'ai pas cherché à gagner l'esprit des deux bourgeois Vigouroux et Koddier qui m'accusent de leur répondre avec "trop de fermeté dans les assemblées; ils se sont irrités contre moi. ils ont engagé le curé constitutionnel (2) à revenir, il^ m'ont fait proposer de nous accorder à moitié peine et moitié profit, je m'y suis refusé, j'ai voulu dire la messe malgré eux, le jour des morts*. Ce refus et cette obstination de ma part le^ a irrités de nouveau contre moi*; ils ont formé une dénonciation (jui n'a pas eu de suites, parce que j'ai cessé les fonctions ecclésiastiques depuis cette époque, et je suis bien résolu de ne les reprendre .|ue lorsque les aiïaires me paraîtront bien plus solides.
(1) Du 1 ven(iéiniaire an IV-29 septembre 119:-..
« Alt. XVI. Les cérémonies de tons cultes sont intenlites hors l'enceinte de 1 édifice choisi pour leur exercice... . . j
\rt XI.X Nul ne peut sous les peines portées en larticle précédent icest-a-dire une amende qui n excédera pas :;00 livres et -ini ne sera pas moin.lre de 100 livres, et un emprisonnement qui nevcédera pas 2 ans et qui ne sera i-as moindre de 1 mois, et en cas de récidive 10 ans de gène^, paraître en public avec les babits ornementaux ou costumes atTectés à des cérémonies religieuses on a un ministre d'im culte ». Bul. des Lois.
(2, Bouuiol dont il est parlé plus haut.
WÊmmmmtmm
a LIVRE DE COMPTE »
Frimauu: [22 nov.-22 déc. 1795J.
I.e 1''% les enfants de lîernard Advinen sont revenus lire chez moi, j'ai fait marché par cliaque enfant, un (juarton de blé et un arbre capable de faire une poutre pour six mois*. Le même jour, François Soulier, Jean et Jeanne Farraire, Isabeau Brandon de la Housseleuf sont venus à mon école. De même Jeanne Houx de La liastidr. — Le 10, Barthélémy Lescure et François Soulier sont venus prendre des leçons de lecture et d'écriture*.
Le 20, les deux enfants de Farreyre de Villeneuve sont venus à mon école.
Etat de la heligion.
La religion ne fait aucun [)rogTès et j'en ai donné les raisons dans ma précédente note. Il est fort question de faire exécuter contre les rélVactaires toutes les lois précédentes qui les concernent. Ceux d'entre eux qui n'avaient point cessé ou avaieut repris les fonctions ecclésiastiques dans le mois précédent les ont cessé de[)uis peu*. Les sermentés en fonctions continuent toujours, ils ne font cependant aucune cérémonie liors de l'église (1). Nord se passe sans que personne s'approche des sacrements, ce qui n'eut pas arrivé si les réfractaires eussent resté en fonctions*. Il paraît que Honiol à Auriac fait beaucoup d'offices. Le peuple est assez assidu à sa messe. J'y assistai hier, jour de Noël, je fus prié par l'agent Glaize de Série d'otficier la messe ce que je lis et beaucoup de monde m'en témoigna sa satisfaction en me priant de continuer dans la suite ce que je ne crois pas pouvoir*.
Tout étant dans le plus grand relâchement, les lois sans force, les assignats sans valeur (2), la famine dans les villes (3), les révoltes fréquentes, les contributions arriérées, n'ayant que de faibles moyens pour les faire rentrer, nos troupes harrassées et en désertion, l'impossibilité de les faire rejoindre, tout nous annonce un prochain changement. Rien ne transpirant dans le gouvernement, l'homme le plus clairvoyant ne peut rien prévoir. Des plaintes générales, un murmure universel confie les agents du terrorisme,
(1) La loi du 7 vendémiaire an IV le leur interdisait.
(2) Kn septembre n9.i. le louis d'or de 2i 1. valait 1200 1 2500 l., au commencement de novembre 40UO 1.
(3) A Lyon, à Paris surtout.
en assignats, en octobre
ABBÉ G LAIZE
les assassins et destructeurs des temples, des rois et dos prôtrcs*. Dans ces circonstances, nos nouveaux législateurs nous laissent entrevoir des regrets d'avoir anéanti la religion et le clergé, et des désirs, mais sans doute infructueux, de rétablir en place les prêtres constitutionnels. Ce qui me paraît, non pas impossible, mais très dilHcile et un moyen même peu propre à rétablir la religion, vu le peu de confiance que les peuples ont aux prêtres sermenlés*.
Anecdotes.
L'ancien curé de Bonnat (i), étant du nombre de ceux qui n'avaient point cessé les fonctions, il y a deux mois, les gendarmes s'y transportèrent, comme ils faisaient à celte époque, partout où ify avait des réfractaires. Ils furent insultés pai' quelques iemmes, et ayant porté leurs plaintes au département, il fut ordonné que oO bommes se transporteraient à Hoimat pour recbercber et le curé et les coupables, et pour faire rentrer cette commune dans son devoir*. La semaine dernière, cet ordre a été exécuté. Cinq à six brigades de cavaliers, et autant d'bommes pris, soit dans la garde nationale de Saint Flour, soit dans celle de Massiac, se sont rendus, au nombre de soixante, à Bonnat où, étant arrivés, ils ont été répandus dans la Commune aux frais des particuliers, ils n'ont fait qu'y prendre deux repas, ayant reconnu i^ue le bon esprit régnait dans cette commune.
A iNécbel (2), près Clermont, où plusieurs réfractaires s'étaient réunis, est arrivée, ces jours derniers, une rixe au sujet de la religion. Deux femmes, dit-on, y ont péri et deux prêtres non sermentés s'y sont brûlés la cervelle, et les autres ont été pris et
reclus*.
A Massiac, l'abbé Beddon, ancien curé de Laubillac (3), prêtre sermenté et retracté, fut arrêté par les gendarmes, la semaine dernière. Il a soutenu (jue faussement on le disait rétracté; nulle
(1) Lire Bonnac, chef-lieu de commune, canton de Massiac Cantal).
(2) Lire Neschers, chef-lieu de commune, canton de Champeix, arrondissement d"lssoire (Puy-de-Dùme).
(3) Lire Lubilhac, chef-lieu de commune, canton de Rlesle. arrondissement de Brioude fllaute-Loire). Ce Keddon était curé de Lubilhac en ITÏîi.
« LIVRE t)E COMPTE »
pièce autbentique de rétractation n'ayant été trouvée, il a été remis en liberté. Il y a dix-lmit mois qu'il aurait été mis à mort, sa rétractation étant connue de tout le monde, cela prouve qu'aujourd'bui l'on ne veut pas la mort du pêcheur*.
NivosE [22 déc.-9o -21 Janv. 1796].
< Le 4, dépensé à Massiac 6 s. argent pour une chopine de vin. — Le 6, à Auriac dépensé 18 s. argent pour une bouteille et demie. En diflérenles occasions, j'ai dépensé 2 1. argent. >
RtAT de LA KELIGION.
La religion est à peu près dans le môme état que le mois précédent. La confiance du peuple pour les prêtres sermentés n'augmente pas. A Massiac, à Blesle, ils redisent la messe, mais très peu de personnes y assistent, et ce sont encore pour la plupart des gens de la campagne. Ce()endant les paroisses d'Auriac, Laurie, Molède, Luceau (1), Allanche ne font pas en général cette difficulté, et le peuple assiste en assez grand nombre aux olfices quoique célébrés par un constitutionnel*. Les églises ne se réparent nulle part, et il semble que dans beaucoup d'endroits on va les laisser tomber en ruines, et, à moins que les peuples, par pure dévotion, ne fassent ces frais, le gouvernement ne s'en mêlera pas*. Il paraît même favoriser le parti contraire en privant les prêtres qui se sont remis en exercice de la jouissance des jardins qui dépendaient des cures.
Il est certain que les prêtres réfractaires célèbrent la messe, mais dans des chambres, la nuit et très secrètement. La gendarmerie les recherche avec assez de soin, elle est souvent en course à ce sujet. Cependant aucun dans ces environs n'a été arrêté, si bien ils sont servis par leurs partisans qui les avertissent toujours à propos du moindre mouvement contre eux*.
(1) Lire Lussaud.
fi r
m0!0 mi*ï0nm
î fi '
Anecdotes.
Du côté de Monde, Fiodez, Chaudesaigues (1), il se commet journellement des assassinats et des pillages par des trentaines de brigands masqués. Kntre autres, le 13 janvier, ils ont été au nombre de huit, dont cinq à six étaient masqués, cbe/ le curé de Saint-Rémy (2), aux environs de Chaudesaigues. lui ont enlevé pour 120.000 francs d'etlets, argent, assignats ou meubles le tout évalué en assignats (3). Il y ont été en plein jour et ne lui ont aissé la vie que pour huit joiir< en lui assurant que, s'il ne s'était pas rétracté à cette époque, ils reviendraient pour le tuer. Il s'est retiré à Saint-Flour*.
Le pillage qu'ils firent et le massacre qu'ils voulaient faire chez Vaissade de Saint-Urcize [ï) est consigné dans un imprimé*.
Le massacre d'un médecin, maire de , leur attention à le
faire confesser, etc*. L'on prétend que ce sont des émigrés rentrés, des prêtres réfractaires et autres individus qui se joignent à eux*-
(1) Chaudesaigues (Cantal), chef-lieu de canton.
(2) Saint-Héiny, chef-lieu de commune, canton de Chaudesaigues, a M kiloniùtres de Chaudesaigues.
(3) Le 2-i ventôse anIV-21-24 février 1796. les habitants de la commune de Saint- Rémy étaient par jugement du tribunal civil du département condamnés à une amende de 235.055 l. « pour la valeur des meubles et etTels enlevés dans la maison du citoyen Pages, ex-curé de cette comumne. par une band.' de brigands armés et masqués, faute i>ar eux (i'avoir pris aucune mesure pour prévenir ces délits. La munici[)alité devait verser la sotnme dans le délai d'une décade « plus, pour Irais d'impression, la somme de 4S 1. en numéraire ou de 12.240 l. en assignats ». Arch. dép. Cantal. Admin. du dép., L 31. fol. 64 v».
(4) Saint-Urcize, chef-lieu de comnmne, canton de Chaudesaigues, à 11 kilomètres de Chaudesaigues.
« Le 15 frimaire-7 décembre, sur les 7 à 8 heures du s..ir. une trentaine de brigrands masqués et armés de fusils et de pistolets ont enlevé de la maison du citoyen Pierre Vaissade tous les elTets servant à Ihabillement, des denrées de première nécessité, ils auraient massacré le citoyen Vaissade, acquéreur de biens nationaux s ils l'avaient rencontre, ils ont annoncé qu'ils reviendraient dans la quinzaine pour l'assassiner, et ces attentats horribles ont tellement porté la consternation et l'épouvante parmi le peu de patriotes qui existent dans cette commune que personne n'ose plus se déclarer tel. — Procès-verbal de la gendarmerie de Chaudesaigues présenté à l'administration du département le 27 frimaire ». L'administration transmit le procès-verbal au tribunal civil qui, le 20 pluviùse-31 janvier, condamna les habitants de Saint-Urcize a payer GO. 000 1. « pour la valeur des meubles et ellets enlevés de la maison du citoyen Vaissade ... dans le délai d'une décade. Arch. dép. Cantal. Admin. du dép. L 31, fol. 37 r" et fol. 54 v».
« LIVRE t)E COMPTE »
Pluviôse [21 janv.-20 fév. 1796].
< En différentes promenades à Massiac, j'ai dépensé 1 1. .. 10 s. — Le 18, j'ai vendu six quaitons seigle à 3 1... 10 s. argent au citoyen Aubuxhoux d'Auriac. — Le 24, j'ai perdu tout espoir de jouir de mon titre clérical par une sentence du tribunal de SainL-FIour qui a déclaré que tous les litres cléricaux étaient indistinctement supprimés. Les frais de cette demande montent pour moi à 27 livres argent. Les frais ont été compensés. >
Etat de la religion.
Le carême se passe et quebjues bonnes femmes seulement observent la loi du jeune, tout le reste se contente d'en plaisanter. Dans les paroisses ci-dessus nommées, le peuple assiste assez régulièrement aux oliices célébrés par les constitutionnels*. Les habitants des villes y font très peu d'attention, comme Blesle, Massiac, etc. A Saint-Flour, il n'y a point de messe, ni dans tous ses environs, les prêtres sermenlés y étant très mal vu. Dans mon dernier voyage à Saint-Flour, le 24, à peine mes plus intimes amis ont daigné répondre à mon salut, il est inconcevable jusqu'à quel point cette ville a été fanatisée par les réfractaires et aristocrates*. J'ai entendu prononcer ce crime par une dame des plus dévotes dans l'ancien légime : « Si ce scéléiat (en parlant de Corin (1), prieur des Jacobins de Saint-Flour, honnête homme et honnête prêtre), si ce scélérat s'avisait de dire la messe, nous
(1) Coren (alias Corein) Pierre Antoine, né à Aubiguan (Comtat Venaissin), le 29 juin 1751, religieux dominicain du couvent de Saint-Flour, était en 1790 le seul religieux habitant le couvent. Prêta serinent en qualité de vicaire de la cathédrale le dimanche 10 juillet 1791. Le 20 frimaire an 11, Coren vint déclarer à rassemblée municipale qu'il renonçait à toutes les fonctions ecclésiastiques et ne désirait d'autre titre que celui de citoyen. 11 déposa ses lettres de prêtrise. Le 24 germinal an II, le Comité de surveillance révolutionnaire de Saint-Flour lui délivra un certiticat de civisme. Le 1 1 frimaire an IV, il est nommé administrateur municipal temporaire. En acceptant cette fonction, il déclare n'avoir provoqué ni signé aucun arrêté séditieux et contraire aux lois, et n'être parent ni allié d'émigrés. Coren fut attaché à l'Ecole Centrale du Cantal qui avait son siège à Saint-Flour, en qualité de bibliothécaire. Le 18 thermidor an XI, Bonaparte, premier consul, le nomma sur la présentation de l'évêque de Saint-Flour, chanoine de la cathédrale. En 1804 Coren était membre de la Loge maçonnique « La Parfaite Union » de Saint-Flour. Coren mourut à Saint- Flour, le y février 1810, dans sa maison sise place d'Armes; il était à ce moment chanoine de la cathédrale. (Note comnmniquée par M. Bélard).
JiH
-i^iSii m : •im.Më
Ai
ABBÉ GLAIZÊ
réL^or-erions* .. . Les prêtres conslitulioniicls à Saint-Flour en sont si bien persuadés qu'aucun ne s'est avisé de redire la messe, quoi(iu"ils y soient en assez grand nombre et dont plusieurs dans la nécessité depuis que le gouvernement ne nous paye plus la pension\ J'étais tenté dans Tancien ré-ime à croire que la religion n était qu'un masque dont tous les hommes se couvraient*. G était de ma part une véritable erreur*. La masse du peuple croit véritablement à la vérité de la religion catholique, quoique, dans les circonstances présentes, il néglige beaucoup de ses préceptes*. Mais il est fort à craindre que les principes républicains prennent le dessus, et ne renversent entièrement les principes de la religion dont le maintien seul, à mon avis, peut rétablir la paix et le
bonheur. i • /j\
Dans le courant de ce mois, l'on a remis en vigueur une loi (1) rendue depuis deux ans qui n'accorde que dix jours aux prêtres rét'ractaires pour se présenter aux administrations. Ce délai passe, ils seront recherchés très soigneusement, et ceux qui seront pris seront, dans les 24 heures, condamnés à mort. Pour ceux qui se seront présentés dans le délai, les sexagénaires seront reclus au cheflieu du département, et les autres déportés à la Guyanne française. Le 3 ventùse, à Massiac. Ton a arrêté Tancien curé de Samt- Rtienne-sur-Massiac (2), il a été conduit à Aurillac. Ses partisans ont débité qu'on lui avait mis un bridon à la bouche, mais, m en étant informé, j'ai reconnu que c'était un faux bruit méchamment inventé*. H est cependant certain, et l'on vient de me l'assurer, .|u'avanl d'entrer dans Saint-Flour, les gendarmes lui proposèrent de descendre de dessus la charrette, afin de n'être pas distingué. Il s'y est refusé, voulant par là, il y a apparence, exciter la pitié du peuple de Saint-Flour ou le porter à un soulèvement, mais compter sur le peuple, c'est compter sur un appui bien inconstant*. Cependant tout le peuple réuni à Massiac [)our la foire témoigna une grande compassion lorsqu'on lui faisait traverser la foire*. Le délai n'est pas encore expiré et il paraît ne devoir être condamné qu'au bannissement. Celui qui le recelait à Saint-Etienne, et celui ([ui l'y avait accompagné furent pareillement arrêtés*.
(1) Loi du 29 vendôniiaire an 11-20 octobre 1793.
(2) Saint-Etiennc-sur-Massiac. hameau de la commune de Massiac.
[jiBKÉi^&>,
« LIVHE de COMln'E »
Ventôse [20 fév.-21 mars 179G] .
< l.e l*"', Louise Valon est venue à mon école. — Le 3, dépensé à Auriac 4 s. argent pour une rhopine de vin. -- Le 10. idem. Aujourd'liui les deux entants de Farreyre de Villeneuve ont commencé à dire deux l'ois par jour. >
Ltat de la religion.
La quinzaine de F^\ques se passe et quelques femmes seulement s'approcbent des sacrements à Auriac, mais à Laurie presque tout le monde, liommes et femmes excepté ceux du parti des réfractaires, s'approcbent des sacrements. Au reste la religion languit, et Ton se contente d'en garder le silence dans les sociétés un peu nombreuses, cependant Ton croit communément que la religion ne peut se soutenir avec la république, au maintien de laquelle l'on fait de grands préparatifs de guerre. Tout le reste de la première réquisition est exactement demandé et recherché : malades ou bien portants, mariés ou non mariés, tout est demandé présentement*. Dans tout le canton de Massiac, le seul Jean Charuesse d'Aulhiac (1), commune de Laurie, s'est trouvé bien portant. Deux chirurgiens sont nommés pour visiter les malades, leur avis est donné individuellement et envoyé sous cacbé au département, d'après lequel le département ou plutôt un commissaire nommé ad hoc statuera si le garçon est en état de porter les armes ou non*. Dans ce que nous appelons la montagne, Peyrusse, .lonzac (2), etc., presque tousse cachent et plusieurs de ces garçons, malheureux au dernier point, passent par La Bastide sous l'habit de [)auvre.
Depuis peu de jours l'abbé Lompré (3) de Blesle, voyant que personne n'assistait à sa messe, a quitté sa patrie et s'est allé établir à Molompise (4) où il célèbre*. Je ne sais comment il y [)rendra, cette commune a été très fanatisée*.
(i) Lire Auliac.
(2) Lire Joursac, chef-lien de commune, canton d'Allanche.
(3) Pierre Segret, dit Lompré, religieux prcmontré, puis curé constitutionnel, né le 12 lévrier 1762.
(4) Molompize, chef-lieu de commune, canton de Massiac. arrondissement de Saint- Flour (Canlal/.
ij
■<mimii!m.!-jn0ismtmm
PW'W»», ^*'
'MMmmmw^Ti^^k'i .* *'' g!y!5-T^
l^fcl. Il,, ; ,K,.J T' ••__•' J"^ ^^ ^ ' " "
AllIlB r.LAlZB
Les rélrac.aircs so .ont encore une fo.s cchpses. .1 a entendu Jire (H.une douzaine dans l'étendue du déparlemen ont et. arrêté. S'ils célèbrent, ils se cachent bien exacte.nenl, car on ";:, entend plus parler. L'aîné des abbés Uoddier, d Aur.ac, d.t du M uéchal à raison de ses inlirmités est encore chez lui, on e n,:::'; tous les jours de le fa.re part.". Il y a huit jo.n. ,ne le cadet est reparti pour CJermont où il est en liberté, d,t-on.
Gkuminal 121 in:us-iu avril 1790].
^ I e - ,l..no„s,.i s f. Auriac. - l.elt, d-Tensé 17 s. ,hei la l.uque. - Le
^ l.e ".''1 '■';', 'J". „„i,,., ,,„ ,„in„ur. 13 sous de ,>r>eres, rein-
•21,d«'i\pnse 4 S. a Auiiat. aux mv. I o 25,
U. sous eu cuivre, 7 pièces de 12 s. eu argeului ont t.ul l. >• de p.ohl. >
Etat de la uEur.ioN.
La religion est toujours concentrée dans l'enceinte de ses .•.,!::es. A:^unac, >1 ne s'est confessé guère plus que le qua.a d lemmes \urun homme absolument ne s'est approche un g. and nombre denlanls vont laire la première communion, e n a, pas Clndu dire qu'aucun autre prêtre constitutionnel a. repris .le , eu. ses .' nctions-. A Molompize, labbé Lompré continu
: célébrer, mais ,,iebiues personnes du bourg seulemen y as;,stent, les villages tenant lort pour le parti des .^etruc.a, e^^ L'on parle beaucoup dune assemblée de prêtres qui -'-^ ;« «^^ à l>„is, le mois prochain de mai", bien veuille qu il en puisse résulter la r,-.uniou : L'on parle beaucoup de pai.x avec 1 empe-
"L'oÏ'ni'a assuré que dans le Gévandan ou Lozère les prêtres rél'raclaires y célèbrent avec toute liberté, que ^^^^l^^^;^ V donne des missions aux prêtres et les place ainsi que dans 1 an-
cioii régime.
(1) L'empereur d'Autriche.
<( LIVHE DE COMPTE »
Anecdote*
Il V a un jubilé au Puy-en-Vclay, toutes les fois que Notre-Dame de m-ii-s se trouve le Vendredi-Saint, ce qui est arrivé Tannée présente* Dolcher (1), ancien curé de Saint-Pierre de Hrioude et évèque constitutionnel du Puy, résidant actuellement à Bnoude, a pris une ^^arde de cent hommes à Hrioude, après y avoir levé une somme de 150.000 francs assignats, et ainsi escorté et payé, il s'est transporté au Puy où il a fait gagner l'indulgence à tous^ ceux qui y ont eu dévotion*.
Floréal [20 avril-20 mai 1796].
< Le 6 veudu 6 quartons or^e à 3 L, total 18 1. ~ Le 15 vendu à Allanche 4 rlrtons froment à raison de 4L, 18 s.; total 19 L 12 s -Le même jour acheté un chapeau . L, plus dépensé 12 s. J'ai acheté 1570 1. ^^^'^ Oins argent que jai donnés au percepteur, montant de ma taille de 1 an .L -'\ l'enterrement de Tornichu de Serre, volontaire, 5 s. de prières, rétribution. - Aux otllces de Ribeyre de Serre, 8 s. prières, rétribution. - Aux olUces de la Jacotte de Chazelles, 6 s. prières (2). >
Etat de la religion.
L'assemblée de prêtres à Paris n'a pas eu lieu*. Une loi (3) nous
(1) Dclch.r Etienno^ né à Hriou.le ; Haute-Loiro) en 1732, élu le 21 mars 1791 évoque con titulionnel .le la Haute-Loire, en 1800 m et 24 sept.) tint un synode a Bnomle, au Concordat devint curé de l'église Saiut-Julien de lirioude ou il mourut en 1806.
(2) Suit un acte de lî.ipti'mc.
'3) Loi ilu 22 .'crminal an IV 11 avril 1196 (2 art.) : . .■ ,-
;, Art K" Tout individu qui, an n,épris de l'article vu [Aucun s.gno particul.er à un aille ne peut Clro placé ,lans un lien public, ni extérieuren.onl de quelque n,! iCT qnc ce soil. Aucune iascriplion ne peut désigner le l,eu qu, lu, estanec e. r,t ne pruclamation. ni convocation publique ne peut cHre fa.te pour y ,nv,ter les ci 'vcns de la loi du H vcnlftse an 111, ferait aucune procla„,at,on ou convocafon
, iq"e soil au son des cloches, soit de toute autre ,nanière, pour ■nv,tc.- les Ctovcns a l'exercice d'un culte quelconque, sera pun,, par vo.e de po , ce correctionnelle "l'nu nnpris.,nne,uentqu, ue pourra èU-e .noindrc de 3 décades, n, «céder i; uM.is pour la pre.nière l'ois, et une année en cas de rec.d.ve,
Arl - I es u.inislres d'un .■ulte qui fci-aient ou p,-ovoqueraient de pa,-e,lles convocatious'en qui, insfuits de la publicité de la convocation d'une assen.blée, y ewr-
^tmimmmism t ni — [rrr'-iinTrmnBi
-»nir.-WgiBnii
pj^.Jiifiti'^m. iiiuwf jfw»! > m%ts^'VTiimmi.niS'^<i^3nm
ARBÉ G LAIZE
à défendu l'usage des cloches en nous interdisant la convocation de toute assemblée par aucun signe que ce soit. Les réfraclaires no me donnent lieu à aucune observation. A la deuxième f>te de la Pentecôte, j'ai été témoin à Laurie d'un pébM'inage nouveau : une vingtaine de femmes de Rlesle du parti des réfractaires sont arrivées à Laurie en forme de procession, sont entrées dans l'église, vont dit le rosaire, y ont chanté plusieurs cantiques, des hymnes à la Vierge, pendant près de deux heures et, ayant entonné les litanies de la Vierge, en sont reparties en chantant à la vue de tout le peuple qui était très nombreux, sans parler, ni s'arrêter chez personne*.
A Molompize, où il est pareillement fête le lundi de la Pentecote, les gens du parti des réfractaires dansaient sur la place dans le temps que les patriotes assistaient à la messe.
Prairial [■20 mai-10 juin 1796].
<Le 3 pour les exploits aux fins de faire i»;irtai;er l'eau de la Devesse (i) 12 s., dépensé 4 s., deux pots (2) 3 s. — Le 11, à l'audience du susdit exjiloit,
5 s., pour enregistrement dud. exploit ; 10 s. assignats pour le papier marqué; 10 s. de dépense. — Le 12 à Blesle chez Hipaille 12 s. d'écot ; pour un pot de vin un quarton froment. — Le 14 chez la Suque 6 s. de dépense. — Le 13 pour la boide de la Pinide et pignatelle (3) des (ily de La Hastide, 14 bouviers, dix cartes de vin, 14 livres de viande, 19 livres de [)ain passé, 2 douzaines et demie œufs, 2 froma^^es, 2 tommes (4). Pour Lécole des 4 enfants (dy pendant Ihiver, il m'ont cédé li poutres et 4 tenailles. Pour faire Técole à 7 enfants de Barres, de Cascari, et de (lounont {r>), pendant
6 mois, j'avais convenu un (juarton de blé pour chaque enfant et un arbre. J'ai reçu 8 arbres, plus 7 ([uartons blé. — Le 17 à Massiac dépensé 8 s. J'ai acheté 2,000 tuiles dont 1.200 me coûtent un setier blé et 800, 24 1. argent. >
ceraient quelque acte relatif à leur culte seront punis, pour la première fois d'une année de prison ; en cas de récidive, iU seront condanmés à la déportation ».
Bi/l. des Lois.
{{) Pré dont une partie appartenait a labbé. (2) Le pot vaut 15 litres.
(3^ Bois de pins qui se trouvent sur le territoire de la counuune de Molompize, à la limite de la commune d'Auriac.
(4) Fromages blancs.
(5) Barry, Cascari, surnoms de 2 familles de La Bastide; Gounû (ou Gounout), surnom d'une famille de La Bousscleuf.
« LIVIŒ DE COMPTE »
Etat de la nELiGioN.
Le refroidissement pour la religion, chez les hommes surtout, augmente tous les jours. Depuis le retour de la belle saison et des travaux, la messe est fort peu fréquentée, et si elle Test, c'est par manière d'acquit et sans dévotion ou seulement pour faire les affaires, et c'est un véritable rendez-vous*. Les enfants sonnent la cloche quelquefois avant de commencer la messe. Les réfractaires sont cachés et plusieurs disent la messe secrètement. Les fidèles enterrent leurs morts sans les cérémonies ordinaires, même à Auriac, quoi(|u'ils aient la commodité des prêtres constitutionnels. Jeanne Roddier, femme à François Job, Toureau, a été ainsi enterrée dans le courant de ce mois. Gela a paru bien déplacé à bien du monde, et si ridicule à ceux qui s'en aperçurent qu'ils se demandaient si c'était une vache que l'on enterrait*. La religion et les prêtres sont entièrement ignorés de la part du gouvernement*.
Messidor [10 juin-19 juillet 1796].
< Mon pré étant divisé en 5 lots, les 2 premiers qui contiennent chacun 400 toises ont été affermés à Lamant et Cailloux du Ghantegeal (1) lu 1. argent et i:i quartous blé, les 3 autres dont le l*'' contient 400 toises et les 2 autres :m) toises ont été affermés seulement 2G 1. argent et 8 quartons blé à Ghazal de Ghantegeal et à Servent de Blesle. Gela s'entend du foin seulement. Peu de jours après, j'en ;n re<;u 41 1. le blé m'étant dû.
Mon beau frère Delaurier m'a mené 880 tuiles avec ses 3 paires de bœufs et une paire de vaches. Dépensé à Massiac 3 cartes (2) de vin et une salade, ayant porté le pain et le fromage. A Ghazelles, dépensé 3 cartes et pinte de vin, la moitié d'un veau 2 1. payée à Farraire de Villeneuve. Raimond de Plany i3) m'a porté 1,120 tuiles avec 4 paires. Il m'en a coûté pour voiture 4 1. Total 1()-1. Dépensé à Massiac 2 cartes de vin, à Ghazelles 3 cartes, ayant fourni le reste .
Total de ce que me coûtent 2,000 tuiles.
1° 8 quartons seigle à 5 1. le quarton font 40 1. cy 40
plus argent 24 1. cy 24
(1) Lire Chantejail, village de la commune de Blesle, canton de Blesle, arrondissement de Brioudc (Haute-Loire).
(2) Une carte vaut 2 litres. Cette mesure n'est plus employée.
(3) Lire Plagne, hameau de la comnmne de Blesle (Haute-Loire).
^Bai?-js^?stÉ.,
'-'^^^° ~,si*ïÉ^piw I
m*m^ ' " WWUW-' 0m)^j»mm^ ^-^^w
ilgBiiiriilwttij»
ABBE GI-AIZE
Total du vin, 12 cartes à 14 s. montent
vSalade, 12 s.
Viande, la moitié dun veau
Fromages, 5 à 6 s.
Œufs, deux douzaines et demie à 4 s.
Pain, un quarton Ldé à o 1.
Graisse, demi-livre lard et demi-livre beurre, ensemble
Pour voiture à Raimon, 16 l.
Pour vinage à Haimon, en deux fois à Hlesle
TO ÏAI
11 s'en est brisé une quarantaine.
Je dois à Cbapuis 21 cartes de vin à 14 s. montent Plus une salade, 12 s.
Total
Etat de la religion .
Sous un tri p^ouvernement il ne faut pas s'attendre à l'accroissement de la religion, le mépris pour les messes est à son comble. On s'en empasse sous le plus léger prétexte*. Le gouvernement vient de terminer l'exploitation des biens de l'église en faisant vendre les presbytères ou maisons curiales*. Il ne reste provisoirement à la religion que les églises.
Ce mois-ci et le piécédont sont remarquables par les grandes victoires (\) remportées par les Français on llalie et sur les bords du Rhin contre les armées impériales des deux colés. Pour le moment la guerre est plus violente que jamais, l'empereur ayant arrêté dans son conseil de se battre à outrance.
Fête républicaine.
La fête de la Victoire (2) fut célébrée à Massiac, le 10 du pré-
(1) En Italie, victoire de Borghetto (30 mai) remport.''e par Bonaparte. En Allemagne, victoires de Reuchen, Rastadt, Malsch (juin) remportées par Moreau sur
La Tour.
(2; Nous n'avons pas reti'uuv.- le procè3-verl»al ollicicl de ces fêtes. Les re^Mstres des délibérations de la municipalité de Massiac sous la Révolution ont disparu.
(( LIVKE DE compte »
rent*. Un théâtre fut dressé au bout de la place contre la porte cochère du jardin du château. Un demi-cercle de branches de chêne, garni de guirlandes de fleurs en faisait tout l'ornement.
Le commissaire du pouvoir exécutif Altéroche (i) s'y rendit sur les 3 heures précédé d'une douzaine de gardes nationales et d'un tambour*. Monté sur le théâtre qu'on nomme aussi autel de la patrie, il fit un discours sur les victoires remportées par les républicains, tant contre les ennemis du dehors que contre les différents partis du dedans. Le discours n'était pas mal construit, mais l'orateur manquait de voix et de gestes et de cet air imposant qui en imprime tant au peuple*. C'était une voix nulle et un discours perdu. Il fallait être aussi près que j'étais pour pouvoir en juger.
A la suite de ce discours parurent les couronnes de feuilles de chêne dont furent couronnés d'abord les défenseurs de la patrie blessés : il s'y en trouva i à o, puis les pères des défenseurs. La liste de ceux qui sont à la défense de la patrie y fut lue, mais très incomplète, ce qui fut cause de certains murmures*. L'on reçut ensuite et fit prêter serment de fidélité à la république et de haine au roi aux otliciers de la garde nationale du canton.
Il fallait ensuite des hymnes patriotiques, mais une douzaine d'hommes du commun qui couvraient le théâtre ne pouvaient pas, par leurs chants grossiers, couronner une fête si solennelle et si peu solennisée*. 11 fallut choisir dans le parterre toutes les beautés de Massiac el les installer sur Taulel pour exécuter ce dernier acte. L'abbé Vigouroux eut comme savant dans l'art de plaire aux dames celte commission. Il y en introduisit huit qui s'acquittèrent aussi bien qu'elles purent de cette partie. Ce fut tout ce qu'il y eut de mieux. Vinrent eusuite les danses, mais comme elles ne sont amusantes que lorsqu'on a le ventre plein, le cœur gai et l'esprit content, elles ne furent pas de longue durée pour les gens qui se souviennent à chaque instant qu'on égorge nos frères sur
(1) Durand Michel Altaroche (et non Alteroche), né à Massiac le 23 août 175o, avocat et entrepreneur de mines et manufactures en 1789, président du Conseil f^^énéral du département en 1792, accusé de fédéralisme et transféré à Paris où il fut ac(iuitté par le tribunal révolutionnaire, commissaire du Directoire près l'administration municipale du canton ile Massiac en l'an IV, juge au tribunal en l'an V, commissaire du gouvernement près le tribunal de Saint-Flour et membre du Conseil général en l'an VIII, mort le 2 novembre 1811. (.Note communiquée par M. J Dclmas).
ff
ilifiiiïtiiiiitiwM'i'*»,''';*'''"
ai!>4#'F-*'^J'^^l»^''!''''^*^'*';
'mmmmÊf&mttmmtm
U<.«rt^||jjij.«iij»y)p«^i|iit'»».<> Il m I ■!%,
I i*'ii*».,w*
les frontières, à qui le cœur sera à jamais navre des massacres de la Révolution, de la perte de leurs parents, de leurs amis, de leur état, de tous les movens de subsister*.
En général ces fêtes dé[)laisent et l'esprit de curiosité môme n'y conduit pas le peuple. 11 s'y ennuie, il traite cela d'amusement d'enfants. Les administrateurs, les gendarmes, quelques gardes nationales, quelques curieux oisifs, (juelques critique^, (juehjues enfants en funt toute l'assemblée*. Toute personne sensée méprise ces nouveautés, et. à mon avis, elles sont par elles-mêmes très méprisables, il n'y a rien de grand, rien de sublime : tout y abaisse l'bomme au rang des animaux, au lieu de l'élever au dessus de sa nature et lui donner une idée noble de son être.
Thermidor [l9juillot-18 août 1706].
<Le G. dépensé 4 s. à Auriac. — Le 13. idem. — Le 20, dépensé 2 1. [tour 2 livres de pain, une salade et deux bouteilles de vin bues à l'enclos de .Monsieur avec Paul Ilodier et Jean Delaurier. — Le 27, dépensé à Auriac 5 sous. — Le 30. à Auriac dépensé 2 s. fi d. — Le 27, j'ai re<;u la procuration de mon frère. >
Etat de la religion.
Il est évident (jue le gouvernement mine en dessous la religion, pnr rétablissement des fêtes républicaines (1). Les 9 et 10 août ont été célébrés à Paris par des jeux, des courses à pied et à clieval, des danses publiiiues.
A Molède, le jour de la saint Hocb. àLaurie, Notre-Dame d'Août, à Cbarmensac, le joui' de la Saint-Laurent ont été célébrés comme anciennement*. J'y ai été présent à Laurie et les reinages se sont montés jusqu"(à un total de 36 livres.
A Peyrusse, il y a depuis peu un pi'être constitutionnel. L'on a donné la chasse au réfractaire, on lui a enlevé son calice et ornements*. Le particulier chez lequel on les trouva offrait cent écus pour les retenir, mais cela lui a été refusé. L'on assure (|ue son |)arti s'affaiblit beaucoup, le constitutionnel y prend un peu de conliance.
1) Elles tHaient célébrées surtout au décadi. Les f.Hes décadaires avaient été instituées par la loi du 18» jour de tloréal an 11-8 mai 1794.
A la Saint-Jacques, au Bru (1), il y a eu une rixe qui allait devenir très sérieuse, les deux partis étant armés de faulx. de pistolets ou de fusils, et la différence d'opinions en fut la cause, car une partie des gens de la fête, ayant méprisé la messe du prêtre constitutionnel qui se célébrait au Bru, furent l'entendre au Maigre (2) ou un Glaize du Baladou, paroisse de Sainte-Anastasie (3), prêtre rétracté, la disait, et, à leur retour au Bru, la dispute commença, mais elle se calma heureusement sans accident*.
Depuis un an nous n'avions rien reçu de notre pension, il est fort question dans le gouvernement de nous faire payer.
Nos victoires se perpétuent dans l'Italie et du côté du Rhin (4). La république prend d'autant plus de force. Cependant sa monnaie est tombée dans un grand discrédit, les mandats pendant le cours du mois thermidor n'ont valu que 2o à 30 sous le cent*. <Aujourd"hui 8 fructidor, ils sont remontés jusqu'à 5. 6, 7, 8 livres le cent.>
Fructidor [18 août-17 sept. 1796],
Le 4, à Auriac dépensé 4 s.; à Massiac dépensé 4 s.; 10 s. de port de lettre. - Le ••), à Auriac dépensé 18 s. — Le 9, j'ai payé la moitié de ma taille de mon pré montant 17 1. argent avec 150 1. mandats que la nation prend à 8 capitaux [lour un et que j'ai achetés 8 1. le cent de Paul Hoddier. J"ai surpayé de 14 1. mandats. — Le 11, le jour de la Saint-Rarthélemy, dépensé à Auriac 44 sous. — Le 13, vendu ma paille à mon beau-frère (iiraud r. 1., plus un char de fumier, 2 journées à vache ; il me fauchera un rang autour de mon pré, c'est la paille d'un quarton et demi de seigle — Le 14, un quarton d'orge m'a produit 10 quartons, un quarton et demi de seigle m'a produit 18 quartons. — Le 18, dépensé à Auriac 11.3 s. — Le 22, pour faire porter mou chanvre à La Bastide, une bouteille de vin i>rise chez la Suque 12 s, — Reçu le (juarlon d'orge que Jean Hoddier me devait. — Le 25, à Auriar dépensé 5 sols. — Le 27, à Massiac pour mon dîner 1 1.. pour deux exploits, papier marqué 10 s., signature de l'huissier 10 s., fourni 4 s. h Bernard Advinen i^our du tabac ou papier. — Le 1" jour complémentaire à .Massiac pour contrôle de deux exploits 15 s.; pour enregistrement à l'huis-
(l)Le lîru, village de la commune de Cbarmensac, canton dAllanche, arrondissement de Murât (Cantal). ^
(2) Le Maigre, village de la commune de Cbarmensac.
(3) Sainte-Anastasie, chef-lieu de commune, canton d'Allanche.
(4) En Italie, victoire de Castiglione (1-5 août) remportée par Bonaparte sur Wurmser. En Allemagne, victoire de Neresbeim Ml août) gagnée par Moreau contre larchiduc Charles.
■MW»a-M«HB<Wi
:>«>*»aar— a»i*^3t»»»«|ll)i<m I w»
sier r» s. pour '^ chopines de vin 15 s. Total 11. lo s, menlaires ') s. à Auriac de dépense. >
Le 2 des complé-
État de la religion.
La religion n'oiïre pour ainsi dire rien de remarquable pendant ce mois*. Les messes sont très peu fréquentées les dimanches, surtout les grands messes. Le peuple se disperse à Blesle, à Massiac et manque la messe sans aucun remords, ce qui autrefois en aurait causé un bien sensible.
Les presbytères se trouvent biens vendus et les curés obligés de les abandonner, tel que celui de Laurie qui ne l'habite plus.
Ci'est du 15 vendémiaire que j'écris celte note, et, ces jours derniers, nos troupes ont été repoussées avec perte, obligées de repasser le Rhin ( l) et l'on prétend que les troupes impériales l'ont aussi passé*. L'on assure une grande division dans nos gouvernants et l'on nous menace de nouveau du règne de la Terreur*.
' < L'an V de la Ké[>ublique.
Vendémiaire [22 sept -22 oct. 1706].
Le 25 du mois dernier j'ai vendu le regain de mon pré 001. à 0 particuliers du Chantegeal et du Ranquet. Les 4 particuliers du Ilanquet m'ont donné un accompte de 12 fr. avec 3 douzaines d'œufs. — Le il vendémiaire, dépensé à Auriac S s. .Pai commencé à lever les iiards des bonnes Ames 6 sous. — Le 18 dépensé à Auriac '.» s., Iiards des Ames 4 s. — Le 20, Tenterrenieiit de mon oncle tisserand, la messe, voya^'e, absoute, etc., rétribution. — [>e 2:'), à Auriac, liard des Ames 4 s., lil)era 10 s. — Le 29, à Massiac, dépensé 11... 14 s. ; pour lettres 12 s. >
Etat ue la RELUiio>.
La religion n'a pas change d'état depuis le mois précédent*. Le sort de ses ministres seulement paraît s'adoucir un {)eu. Une loi ^2) donne droit aux prêtres sexagénaires et condamnés à la
[ 1 .\ la suite des défaites de Wurtzbuffr (3 sopt.; et d'Altenkirchen (3 sept.) infligées par l'archiduc Charles ;i Jourdan, chef de l'armée de Sambre-ot-Meuse.
(2i Loi du 19 fructidor au IV-6 sept. 1796. « Art. L L'-s ecclésiastiqurs d(«nt la réclusion a été (udonuée par la loi du 3 brumaire dernier eu vertu des lois rendues
réclusion depuis trois ans de jouir de leur bien patrimoine et leurs héritiers qui s'en étaient emparés sont tenus de leur restituer les jouissances*. Il n'est rien dit des cachés au-dessous de 60 ans condamnés à la déportation, et qui disent toujours secrètement la messe, et éloignent, comme a leur ordinaire, le peuple des messes des prêtres sermentés*. On fait espérer aux constitutionnels qu'ils toucheront bientôt des secours, mais seulement 30 francs en argent et le surplus des arrérages qui sont depuis plus d'un an en mandats seulement dont le cent vaut h peine trois à quatre livres*.
Au reste notre aimée d'Italie se soutient victorieuse et a bloqué Manloue (1). Celles qui sont sur le Rhin (2) résistent maintenant au progrès des armées impériales et viennent d'obtenir quelques avantages en deux reprises (3)*. Beurnonville (4) a pris la place de Jourdan (5). La paix avec le roi de Naples (6) ; espoir de la faire bientôt avec le pape quand même il ne voudrait pas rétracter les brefs qu'il a lancés contre la France dans les commencements de la Révolution (7), ce que le Directoire exigeait d'abord*. L'Angleterre a envoyé un plénipotentiaire (8) pour traiter de la paix. Ruse*.
HuuMAHiE [22 oct.-22 nov. 179G,.
<Le l<''-j\ai affermé le pacage de mon pré à mon beau-frère Antoine Viallefont, 2 1. ar^'enL et 6 journées d'Iiommes, moitié en féviier et moitié en mars sans nourrir, plus une paire de sabots. — Le 2, dimanche. A Auriac, Iiards des âmes, 3 s. ; libéra 4 s. J'ai fait un otlice pour Porte de Cascari, rétribution.
contre eux en 1792 et 1793 (vieux style) sont autorisés à reprendre la possession et jouissance de leurs biens. — Art. IL Leurs héritiers présomptifs qui s'en seraient emparés et qui s'en trouveraient actuellement nantis, sont tenus de les leur restituer sans délai, sans pouvoir se prévaloir contre eux de leur réclusion pour non prestation de serment ». B. des Loh.
(1) Après la bataille de Saint-Georges du 15 sept.
(2) L'armée de Sambre-et-Meuse et larmée de Sarabre-et-Moselle.
(3) Victoire de Biberacb (2 oct., remportée par Moreau sur l'archiduc Charles.
(4) Beurnonville (Pierre de Hiel, comte puis marquis de), maréchal de France, né à Champignolleprès Bar-sur-Seine, le 10 mai 1752, mort à Paris le 28 avril 1821.
(5) Jourdan (Jean-Baptiste, comte), maréchal de France, né à Limoges, le 29 avril 1762, mort à Paris le 23 nov. 1833. Il commandait l'armée de Sambre-et-Meuse depuis 1794.
(G) Par le traité du 20 octobre 1796.
(7) Brefs du 10 mars et du 13 avril 1791.
(8) Lord Malmesbury.
Ifc
':-SgSSS/'?sliama'ti-i
lit.--
F»-rt»-**^*Vv-<»V'i
ABBÉ GLAlZE
— Le 3, reçu Je mon beau-frère Viallefont 3 1., restant des 6 fr. pour ma paille et 40 s. pour du regain. — Le 0, dimanche, à Auriac dépensé 6 s. ; liards des âmes 3 s.; fêtes d'àmes 2 s. 6 d. — I>c il, vendu ma ravière à Mouillerat 11 1. et une paire de sabots. La Toussaint fûtes d'àmes 5 1. *J s.; messes 5, 2 l. 10 s. ; liards des âmes 3 s. — Le 12, les morts : fêtes d'àmes 17 s., liards des àraes 14 s., dépensé à Auriac, 9 s. — Le 14, jour de Saint- Flour, fêles d'àmes 9 s. Deux messes 1 L, liards des âmes 3 s. Dépensé à Massiac 2 L; pour clous 4 s.; pour retirer la sentence du ju^'e de paix, donné au citoyen Vigier 5 L 13 s. — Frais du tribunal de paix, [«our la procédure concernant les droits de mon frère : pour l'exploit, enregistrement, etc., 30 s. ; deux voyages à Massiac. Pour levn- la sentence donné au citoyen Vigier 5 1. 13 s.; un voyage à Massiac. — L-- 20, à la foire de la Saint-Marlin dépensé 1 1. 14 s. — Le 23, à Auriac, liards des âmes 3 s. — Lr 24, 2.i, 20, voyage à Saint-Flour et à Massiac, dépensé 4 1. 14 s. 2 cierges 18 s , un calhéchisme 8 s. ; douze hosties 1 s. 6 d. ; total G 1. — Le 2'.), à Massiac dépensé 1 1. — Le 30, ù Auriac, liards des âmes, 4 s. ; pour chausson et culotte, 1 l.>
^ État de la helkiion.
La religion considéroo du cote du pouplo est la inOmo. Il montre toujours beaucoup plus de oontiiince [)oui- les réIVaclaires. Dans les environs de Saint-Flour, ils célèbrent bardiment dans Léglise et lèvent de 21] à 30 seliers de crains pour leur lionoraire.
L'espérance des réfractaires est bien tlatteuse, car, [)eiuJanl tout ce mois, il a été fort question au conseil des Cin([-Cenls de leur donner la liberté. Cela a été renvoyé à une commission pour en faire son rapport dans dix jours.
L'on garde un profond silence snr les afîaires dKlat*. L'on prétend que le lord Malmesburi (1), ambassadeur anglai^^, a des pouvoirs réels pour négocier la paix*. Le pape est toujours dans des intentions hostiles. L'armée d'Italie assiège toujours Mantoue. Les mouvements des troupes, du côté du Kbin. tendent à cbasser les Impériaux de la rive gauche, et les mouvements des Impé-
(1) Malmesbury (James Ilarns, comte de), diplomate anglais, né à Salisbury, le 21 avril 1146, mort le 20 novembre 1820; fit ses études à Oxford et à Leyde, secrétaire d'ambassade (1767), puis chargé d'alfaires (1769) à Madrid, ministre plénipotentiaire a Berlin (1772), à Saint-Pétersbourg 1777), à la Haye ,n84 . pair avec le titre de baron de Malmesbury (1788), vint à Paris en octobre 179G pour négocier la paix avec le Directoire, il échoua dans ses négociations et reçut, le 19 déc. 1796, l'ordre de 36 retirer. Devenu sourd, il prit sa retraite; en 1800 il devint comte.
riaux à chasser les Français de la rive droite du Rhin. Un journaliste vient d'avancer que l'Empereur cède la Belgique et que cela augure une paix prochaine. Rien de certain.
Frimaire [21 nov.-21 déc. 1796].
<Le 7, chez Gourtille, pour les experts un déjeuner, 2 1. 4 s. Liards des âmes 4 s. — Le 8, l'enterrement de la Barriquade, prières 1 1.6 s., dépensés. Dépensé 10 s., reçu 1 1. :> s., le 28 nivôse. — Le 9. l'anniversaire d'Antoine Philibert, prières, 15 s., rétribution 1 1. 5 s. — Le 10, la quarantaine de Jean Arfeuille, dépensé 11 s. — Le 11, la 40" de Jean Philibert, mort aux frontières, 25 s. — Le 14, dimanche, dépensé 1.3 s. — Le 18, jour de Notre-Dame, dépensé 6 s. -- Le 21, dimanche, dépensé 15 s. — Le 27, enterrement de Jean Berard 25 s. 1 sou prières. — Le 28, dépensé 14 sous. L'enchère du rôle m'a resté à 2 d. pour livre. >
F]tat de la religion.
La religion ne présente aucun changement. Les prêtres insermentés disent toujours la messe publiquement dans les maisons particulières. Nos gouvernants n'ont encore rien décidé sur leur liberté. Nord s'est passé à l'ordinaire, sans confessions; quelques jeunes filles seulement qui ont fait cette année leur communion se sont approchées des sacrements. Le peuple a assisté à la messe à son ordinaire, mais les hommes plutôt pour se voir que pour religion, ne regardant la messe que comme un rendez-vous*.
Les afTaires du gouvernement sont entièrement ensevelies dans un profond secret. Rien ne transpire au sujet de l'ambassadeur anglais. 11 y a un an que l'on parlait beaucoup plus de paix qu'aujourd'hui et avec bien plus d'apparence*. Un bruit sourd (1) semble annoncer que l'empereur a eu des avantages dans l'Italie*. Cependant je viens de lire dans les Nouvelles que les Autrichiens se tiennent autour de Trente, ce qui n'annonce pas des progrès de leur part, et que notre général Bonaparte est occupé au siège de Mantoue avec les renforts qu'il a reçus de l'armée des Alpes... L'impératrice de Russie (2) est morte le 17 novembre 1796.
(1) C'était un faux bruit. Le l-)-i7 nov. Bonaparte battait Alvinzi à Arcole.
(2) Catherine IL
•Hfe».i^"
ftmmm.
AHBÉ GLAIZE
Anecdote.
Dernièrement Fabbé Glaize du Balailou, prètro l'étracté, qui depuis 9 à 10 mois dit la messe dans la paroisse de (lliarmensac, s'avisa d'aller confesser un malade dans La paroisse de Peyrusse et d'aller se rafraîchir chez la Jeannette*; les patriotes l'ayant appris, s'y transportèrent au nombre de 13 à 20 personnes, dans le dessein de l'arrêter. On le fit évader secrètement, ce dont s'étant aperçus, les patriotes le cberchèrent, le fusil à la main ; mais, s'étant caché dans quelque jardin, il évita la fureur do ce peuple et en fut tiré par Belmont qui, lui ayant donné un cheval, l'avertit de s'éloigner promptement de ce pays où il élail en danger.
Nivôse [21 déc. 1796-20 janv. 1797].
<Le 1, à Massiac avec Jean lioddier, ma caution pour le lecouvrement des contributions, dépensé 2 1. "t s. — t.e 5, jour de Xod, dépensé 14 s. — I.e 12, dimanche à Auriac dépensé 5 s. pour rhopine de vin blanc. — Le la, à Auriac, idem. Une messe pour un homme (rOuzeleret. — Le 17, jour des rois, idem. — Le 19 à Auriac, dépensé 1 1. 10 s. — Le 22, à Massiac dépensé 2 I. r. pour passation de l'acte avec Deiaurier, concernant la masure du cliâteau 3 I. — Le 20 à Chazelles avec le Génie et l'abbé Hoddier, dépensé 7 s. — Le 25 à Chazelles 3 s. 6 d. pour une demi-bouteille de vin. — Le 27 chez Courtille pour le partage, dépensé 11 s. — Le 28, reçu 2 1. 10 s. jiour enterrement et 40« de la Barricade. >
Pluviôse [20 janv.-iy fév. 1797J.
< Pendant ce mois dépensé tant à Auriac qu'à Massiac 4 livres 10 s. Le 24, j'ai vendu à l'abbé Re^'imbal mes ordonnances pour toucher à St-Flour à mon lieu et place 100 1. en argent et 400 1. en mandats pour la somme de 88 1. en argent. — Vers le même temps j'ai acheté 3 pots de vin de Pierre Lagarde de Chazelles, 4 fr. a s. le pot, donné 12 1. — J'ai donné la chapelle à relever à Toussaint de lîlesle pour 6 setiers et 4 quartons blé et 2 pots de vin. Pour 4 journées sans nourrir, donné un quarlon blé au sieur de Chazelles. Jai vendu à la Harracaire G quartons froment 18 1. >
Etat de la religion.
Kien de nouveau au sujet de la religion durant les 2 mois précé-
dents *. Il est maintenant fort question, dans nos conseils, de prendre des moyens pour concilier les prêtres. Rien encore là-dessus dercertain. Les 2 partis vont à leur ordinaire. L'église de Laurie est depuis peu occupée par l'ancien curé Forêt, sermenté rétracté *. 11 a concilié dans cette paroisse les deux partis.
Les affaires de la république vont bien dans l'Italie : une grande ôataiiie (1) gagnée, beaucoup de vivres pris, 30.000 tués ou faits prisonniers *; le fort de Mantoue s'est rendu (2). iNous sommes sur la défensive sur le Rhin.
Anecdote.
Dans la paroisse d'Anzat (3), un déserteur contrefaisant le prêtre réfractaire, d'autres assurent que c'était un vrai prêtre, réhabilita deux mariages dans son rit ". Il ordonna aux quatre époux de se rendre à l'église et d'y apporter deux draps blancs. Là, il les fit coucher deux à deux, de leur long sur le pavé, l'époux contre l'épouse, il les couvrit chacun de leur drap, fit plusieurs tours d'eux l'aspersoir à la main et leur dit ensuite de se relever en les assurant qu'ils étaient mariés *.
Autre.
A Mazelaire (4), l'on est très porté pour les réfractaires *. Un jour qu'il s'y donnait un repas, je ne sais à quelle occasion et auquel s'étaient rendus plusieurs distingués de ce parti, tel que le maréchal de Laurie, Aubuxhouxd'Auriac et sa femme, Morinot de Charmensac, quelques réfractaires des environs (c'était chez Roulègue), la femme à Peirechu de Chazelles s'y rendit pour remettre une toile que son mari avait faite *. L'ordinaire est de donner à dîner à la personne qui rend la toile. Rien loin de cela,
(1) Rivoli (14 janvier 1791) : 23,000 prisonniers, 60 canons, 24 drapeaux pris à rennenii.
(2) Le 3 février 1707.
(3) Anzat-le-Luguet ^Puy-de-Dôme), ar. Issoire, cant. Ardes.
(4) Mazelaire, village de la commune de Molompize.
mp"
.i>*-«^4ti*(«t- .Ên«#*- ^*.w>^ -.
N,i,p^'w-*/'«^" j|pyy:]5^
ii^ii rr:^)"isfiwy