‹ Livre de compte de l'Abbé Glaize, curé constitutionnel de Glux [microform]Chapitre 5 sur 17 · A. THE VIS · texte numérisé non relu

A. THE VIS

« LIVRE DE COMPTE » DE l'aBHÉ GLAIZE

Son « Livre do Coinplo » nous lo montre tel qu'il est, avec toutes ses faiblesses; il s'y est peint tout entier.

Il n'était pas trop mécontent de lui-même : il se regardait naïvement comme la plus honnête personne du inonde; il était lier de son état, « état le plus respecté », de ses relations familières avec les nobles, de « son zèle et de ses prônes >, de a ses études faites avec quelques fruits ». Il se pi(|uaitde belles lettres et peut-être se croyait il poète : il s'essayait parfois à faire des vers, uuiis quels vers! toujours plats et boiteux. 11 aimait extrêmement les égards, les attentions, la considération: bienfaits ou injures, il ne savait rien oublier ou mal (i). Il ttMiait très toil à ses aises : il suivait un ré-ime. il évitait avec soin t(ms les excès, surtout les excès de passion, les([u»'ls troublent la vie. 11 voulait vivre tran(iuillement, en bon cur(' de campagne, moitié paysan (2). Par malheur, les circonstances ne lui permirent pas de réaliser ce rêve. Son repos fut menacé et, comme il était faible, il se courba devant la tyrannie; il eut peur de la mort, de la prison : pour y échapper, il ne craignit pas d'otfrir de faire brûler ses lettres de prêtrise, (le n'était pourtant pas un lâche ; il essaya de résister parfois — en rusant. L'arrêté de Kouché lui paraît sacrilège, il ne refuse pas de le publier, il néglige seulement, ce qui est une manière de refusiu' tout de même. Il lit plus. Poussé par sa foi religieuse, il devint un instant hardi. Après sa

(1) H a presque toujours un mol de reconnaissance pour les gens qui l'ont bien traité ; par contre il par.lonnait di«icilement à ceux qui Favaient blessé en quelque lacou. Plusieurs mois après srtre retiré à La Bastide, il n'a pas encore panionné à Escaloing et il écrit sur son Livre de Compte les vers suivants qui sont comme un testament.

» Pour tlisne récompense de cet os|iiil malin,

« je donne de mon c la flûte à Escalin.

« à Charucsse seront et par i^gal lot

« à Viallefont. à Chauniiol. mes meuLle«, mon enclos

» le tout en ton vivant, ma pensée et mon cœur

« à loi seront mon unique bonheur. <>

FMuviose 4' rc|t. <>

(2) Au vrai, Glaize est resté paysan et paysan auvergnat, il vil comme un i)aysan; il possède l'esprit avisé, curieux, prudent et rusé, le sang-IVoid, le solide hou sens pratique du pavsan auvergnat. Comme lui. il a la vue la plus claire de ses propres intérêts. Comme lui aussi, il est porté .. jug.-r des événements d'après les avantages qu'il en retire. D'ailleurs il en partage plus d'une idée, et notamn)eut la répugnance pour le service militaire inous parlons des paysans d'autrefois).

sortie de prison, à Cliix, un mntin. :iv;inl le jour, il se ivn.lit dans Téglise pour consumer les hosties consacrées qui étaient dans le tabernacle et (jui ^< rin(iuiétaient beaucouj) )>. Ce jour-là, d joua sa tête ou tout au moins sa liberté. Malgré tout cependant, c'élait un homme prudent et (|ui cherchait à éviter le dnnger, pour coin ne craignant pas de mentir ou de dissimuler à l'occasion.

Très personnel en somme pour ne pas dire égoïste, intelligent d'ailleurs, modéré, pratique, sensé, mais porté vers la matière comme dirait Philaminte, et faible, c'est un de ces braves gens comme il y en a tant, gens paisibles et qui ne demandent qu'à vivre tranquilles, lirave homme au fond et (jui n'était |)as né pour vivre en ces temps tourmentés. Il ne chercha pas la persécution, il nt tout |)our Téviter et il fut persécuté. Il faut le plaindre et le juger, somme toute, avec indulgence.

Brioude, l»-'' mai 11)13,

A. Tuiivis.

jf

If

« IJVHK hK mwm >' l)K LABBli GLAIZK

Mon kégimk.

A (léjounor. je mangerai un morceau de pain et du IVuit adoucissanti tel que la pèche, la poire fondante el sucrée, les cerises, les mûres, le raisin ou des fruits cuits et je hoirai de n'au. De temps en temps, au lieu du fi'uit, je prendrai du lait, surtout dans le temps des liémorroïdes*.

A dîner, je mangerai une soupe ou du riz, ou d'autres larineux cuit^ dans un hoiiillon léger et peu salé ; de la volaille ou du veau ou de l'agneau bouillis ou rôtis. La laitue, l'oseille, le pourpier, les épinards, la carde poirée, le concombre, la citrouille, le melon, doivent entrer dans mou potage, ou être servi en f^nfremets\ Le poisson léger cuit à l'eau ou grillé sans autre sauce que de l'huile ou du vinaigre, et très peu de sel. les u'ufs frais à la mouillette font partie de l'espèce de nourriture qui me convient.

Au dessert, les fruits ci-dessus. Je boirai de XQ'àwpurr à mes re|)as, ou tout au plus de l'eau rougie par un vin très peu si)iritueux et bien mur*. Lnlre le souper et le dîner, je boirai deux ou

trois verres d'eau.

A souper, je mangerai de Tun ou de deux des mets prescrits pour le dîner, avec la même boisson. Je resterai sept à huit beures au lit. J'éviterai le grand chaud et le grand froid, l'ardeur du soleil, le serein et l'humidité, et les exercices très fatigants. Mais je ferai journellement un exercice modéré que je répéterai souvent dans la journée. Je dois ne jamais travailler de force, me reposer de temps en temps si je travaille de corps, et éviter de suer beaucoup*. Je dois me livrer modérément au travail d'esprit, éviter très attentivement, très scrupuleusement les excès de pas-

2 ABBE GLAIZi:

!?ioii. triunoiir, irnmhilioii, de colère. Celii m'est plus nuisible (|ue loul autre chose, .le dois faire uu usa-^e très IVéquent des bains lièib^s*. Mt'tho(b' de Vacbier, toni. IV. p. 271. parafa. ilO). J'ai ('prouvé, loule ma vie. tout c(* qui e^l dit dans ce paragi'apbe, el même eprouvi' ((ue tout ce (|ui m'y est conseillé m est bon*. .l'ajoute donc :

Hoc fac et vives !

21 juin 17î)r.

< ('.otinne (1) J'ai dépensé l'iinnée Jernière 1702, au moins -200 livres de plus que mon revenu, il est de mon inlt-rét jioni no point néendetter de eompler sciupuleusemenl ma dépense ft de m'en rendir comi^lc rxactement tous les ans, luais, pour le faire avec ulililt', il est nircssaire ([ueje rapporte sur cet état tout ce que j'ai, tant en espèces qu'en provision, conséquemnicnt :

en argent cinquante ll•(>i•^ livres.

en petite monnaie vini;t deux livres quinze sous

en petits assignats trois livres

seigle : huit boisseaux ù raison de V I.. 10 s.

farine seigle, coiron, trois boisseaux i !.. h» ^.

froment un b., orge deux b., avoine trois b.

blé noir trois boisseaux.

Une feuillette de vin vieux, trois feuillettes nouveau.

l'ne vaeb»' prête à faire le veau (jui a corilé 12V I. ; une antre vache pleine il coûté i:{r» l. avec sa tourie (jui peut être estimée aujourd'hui 4r. l.

environ 0 voitures de bois, etc.

environ Ttï livies de sel à t s., r»

Je dois deux boisseaux et demi seigle à H. 10 s.

au citoyen Clénumdot, marchand à Chàteau-C'diinon 12 I.

plus la taille de 01 1. et 02, plus .VA l. aux estimateurs.

11 m\^st du : le Jcannet 2 I.

la brue de la cardense \ l. 12 s.

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