‹ Livre de famille (volume 2)Chapitre 14 sur 17 · ARRONDISSEMENT POLICE GÉNÉRALE DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

ARRONDISSEMENT POLICE GÉNÉRALE DE L'EMPIRE

^ Paris, le 7 Brumaire an 14.

Le Conseiller d'Etat, l'un des Commandans de la Légion d'honneur, chargé du 1" Arrondissement de la Police générale, A Monsieur le Conseiller d'Etat chargé du troise Arrond1 de la police générale.

Une lettre, Monsieur et cher Collègue, de Monsieur le Général Commandant la 12e Division Militaire, m'annonce l'arrivée à Nantes des deux frères Cesbron arrêtés à Bordeaux; Roger fils aftié n'était pas avec eux, et cependant il était en arrestion depuis longtems au château trompette. Je vous prie mon cher Collègue, de vous faire rendre compte des motifs du retard de la translation de ce prévenu et dans tous les cas de prescrire à Monsieur le Préfet de la Gironde de faire conduire sans délai Roger à la Commission militaire de Nantes.

J'attendrai le résultat des ordres que vous allez donner pour en transmettre l'avis à Monsieur le Général Commandant. /.

Agréez Monsieur et cher Collègue l'assurance de mon sincère attachement.

[Signé :] Real.

N° 3166 Paris, le 3 Janvier 1806.

J'ai reçu, Monsieur et cher collègue, votre lettre du 3 Nivôse, et donné ordre au Commissaire Général de Police de Bordeaux de faire exécuter la décision que vous m'annoncez avoir été prise le 29 frimaire à l'égard de Michel et Jemmi Cesbron frères et de Roger. Des qu'il m'aura informé des lieux que ces trois individus auront choisi pour leur résidence, Je m'empresserai de vous en faire part.

Recevez, Monsieur et cher Collègue, l'assurance de mes sentimens affectueux.

Le Conseiller d'État

chargé du 3e arrond1 de police Gie

[Signé :] Pelet.

Monsieur le Conseiller d'État chargé du Ie'' arrond' de la Police G'e

GIRONDE ACENCE ANGLAISE

Le S' Roger demande l'autorisation

résider à Bordeaux

Paris, le 16 Mars 1806.

Rapport à son Excellence le Sénateur Ministre

J'avais adressé à mon collègue Real, comme étant plus particulièrement chargé de l'exécution du Jugement rendu par la commission militaire de Nantes, le 24 frimaire dernier, une pétition que le S1' Roger a présentée à votre Excellence, pour demander d'être autorisé à résider à Bordeaux, où à transporter à Paris son entrepôt de liqueurs. Mon collègue m'a renvoyé cette pétition et m'a annoncé que votre Excellence venait d'autoriser les frères Michel et Jemmi Cesbron a résider à Bordeaux sous la surveillance des autorités locales.

Le Sr Roger se trouvant dans le même cas que les sieurs Cesbron frères, et étant d'ailleurs père d'une famille nombreuse peu fortunée, Je vous propose de lui accorder comme à eux la permission de résider à Bordeaux sous la surveillance des autorités locales./.

En marge, en haut, on a écrit : app.

Bordeaux 25 Mars 1809.

Monsieur le conseiller d'état,

Le Sr Jn Bs'e augustin Roger aine, qui, d'après les ordres de S. Ex. le sénateur Ministre, a été placé sous ma surveillance comme ayant figuré dans l'agence Anglaise, vient de m'exposer la fâcheuse situation où il se trouve réduit dans cette ville avec sa famille, et la nécessité de se rendre à Bayonne où il a l'espoir d'activer avantageusement sa fabrique de liqueurs. Ce double motif m'a déterminé surtout dans l'intérêt des enfans du Sr Roger, à délivrer à ce dernier une autorisation provisoire à la charge de rester sous la surveillance de M' le sous préfet de Bayonne à qui j'en ai donné avis. Je m'empresse, Monsieur le conseiller-d'état, de vous faire part de cette mesure.

J'ai l'honneur de vous saluer avec respect;

Le Commissaire Général de Police.

[Signé :] Pierre Pierre.

Monsieur le Conseiller d'état chargé du 2e arrond1 de la police gaie

Paris le Juin 1809.

A Monsieur Le Commissaire General de Police a Bayonne

Il a été délivré, Monsieur, à Bordeaux, sur la fin du mois de Mars d", un Passeport au Sr Jean Baptiste Augustin Roger fils aine Pour se rendre à Bayonne où II s'est dit appelé pour raison des affaires de sa fabrique de Liqueurs. Ce négociant a figuré dans l'Ancienne agence de Bordeaux ditte l'Institut : 11 a, depuis, été arrêté En l'an 13 dans l'affaire des Plombs Comme gravement impliqué dans les manœuvres de Ceris et forestier, Et quoiqu'il ait été acquitté dans le tems par la Commission Militaire, Il n'En a pas moins été Considéré d'après les résultats de l'Instruction Comme infiniment suspect. Je vous invite, Monsieur, a porter sur Lui une attention particulière, à vous assurer de sa conduite depuis qu'il Est dans votre ville, de ses Liaisons et Correspondances et à me

faire part du résultat de vos observations et de votre Examen à cet Egard.

Recevez, Monsieur, l'assurance de mon sincère attachement.

En marge, d'une autre écriture, il y a :

inutile. M. le comre gai de Bayonne est informé il a entendu le S Roger et fait connaître le résultat de ses informations.

Monseigneur

J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence l'interrogatoire que j'ai fait subir au sieur Roger d'après les instructions contenues dans votre lettre du 30 juin; je n'ai rien négligé pour l'amener à des aveux sur les détails qu'il pouvoit connoitre relativement aux intrigues de Céris, Papin et autres affldés de l'agence Anglaise; et je suis disposé à croire que dans l'affaire où cet homme a été Compromis il a été plus malheureux que coupable. Le ressentiment qu'il porte à Papin m'a paru des plus prononcés; non seulement, il a éprouvé des pertes dans un armement pour la Louisiane où il s'étoit intéressé avec lui et dont il n'a pu obtenir aucun compte quoiqu'il y ait eu des retours; mais à sa sortie des prisons de Nantes, il apprit que Papin, caché à Bordeaux, l'avoit signalé à toutes ses Connoissances comme un vil dénonciateur, propos qui faillit engager un duel dans un diner où se trouvoit un ami de Roger qui en fut indigné.

Ici, résumé de l'interrogatoire de Roger, du 11 juillet 1809. On lui montre une lettre et on lui Jdemande qui l'a écrite. On l'interroge sur diverses personnes. A tout, Roger répond ne rien savoir.

Le sieur Roger essaye de former ici un établissement de commerce où lui et ses associés n'ont pas fait des affaires très Brillantes jusqu'à ce jour. Il espère qu'en obtenant la levée de sa surveillance il pourroit donner à son entreprise plus d'activité et qu'il se procurerait, par quelques voyages, des relations utiles.

J'ai l'honneur de faire le renvoi à Votre Excellence de la lettre qu'elle m'avoit communiquée.

Daignez, Monseigneur, agréer l'hommage de mon respectueux dévouement.

Bayonne ce 13 juillet 1809.

Le Commissaire Général de Police.

[Signé :] Devilliers.

S. E. le Sénateur Ministre de la police Générale.

A Son Excellence Le Duc d'Otrante, Ministre de la police Générale

Monseigneur,

Le Décret du 3 Mars de la présente année, relatif aux individus mis en surveillance, engage le soussigné à mettre sous vos yeux un court narré des événemens qui ont occasionné ses malheurs, et le retiennent encore, sans qu'il en sache le motif, sous la surveillance de la police générale.

Roger aîné, né à Bordeaux, ex-capitaine au 12<= régiment de hussards, réformé pour cause de maladie, et père de cinq enfants, fut arrêté le ler Jour complémentaire an 12, comme soupçonné d'intelligence avec les Bourbons. Pendant son ■ arrestion qui dura quinze mois, le gouvernement lui fit vendre, comme domaine national, la quantité de Cent-douze balles de laine d'une valeur de 75 000f plus ses vins et liqueurs, entreposés à Nantes, et d'une valeur de 15 à 20 000f le tout sur le rapport fait à M. le commissaire général de police, à Bordeaux, que le centre des balles de laine renfermoit de la poudre à Canon, et que les bouteilles au lieu d'être pleines de vins et liqueurs, contenaient aussi de la poudre. Les balles de laine furent ouvertes, les liqueurs vérifiées, et cependant, quoiqu'on n'y trouvât point ce qu'on y cherchoit, ces divers objets furent vendus dans le mois de fructidor an 13 publiquement et à vil prix, puisque la vente des laines ne produisit que 18 000f dont 6 000r furent consommés en frais et les 12 000f restant versés dans la caisse du domaine, au mois de Brumaire an 13, un Décret impérial ordonna la mise en jugement, à Nantes, des prévenus de conspiration, qui étaient détenus depuis treize mois, en conséquence, le pétitionnaire y fut transféré et jugé, le quarante deuxième jour, par une commission spéciale et militaire, qui l'acquitta à l'unanimité. Dix-sept jours après ce jugement, il fut mis en surveillance extraordinaire, et n'a

cessé d'y être depuis cinq ans. Une mesure aussi contradictoire avec, son jugement que préjudiciable à ses intérêts et à ceux de sa famille, puisqu'il ne peut librement vaquer à ses affaires et voyager, l'a réduit lui, sa femme et ses enfants, à une affreuse misère; outre que, quoique absous, on ne lui a rien restitué de la valeur de ses laines, vins et liqueurs.

Le soussigné supplie Votre Excellence, de mettre sous les yeux de sa Majesté l'Empereur et roi, dans le premier conseil privé qui doit avoir lieu, le tableau de sa situation avec l'exposé ci-dessus; et il n'hésite pas à espérer de la justice de sa Majesté, la cessation de sa surveillance.

11 a l'honneur d'être, avec un profond respect

de Votre Excellence Le très humble et très obéissant serviteur

Bayonne, le 23 avril 1810. / .

^^^ Le 6 février 1812.

Roger en surveillance à Bayonne par une suite de Jug' rendu par la Comm«» militaire séant à Nantes le 23 frimaire an 14.

On Propose à S. E. de l'autoriser à venir passer 3 mois à Paris pendant lesquels il y sera sous la surveillance de la Police.

Par le Ministre approuvé./.

A Son Excellence Monseigneur, Le Ministre de l'Intérieur

Monseigneur,

Mon Père, monsieur Roger, ex-Colonel de Gendarmerie, vient de m'écrire, pour que je sollicite des bontés de Votre Excellence, de vouloir bien me faire délivrer les Extraits des Interrogatoires visés et certifiés, que monsieur Le Général D'Aniaud Du Perrat, subit à Saintes lors de son arrestation en 1804, de même que ceux du sieur Laplène, Agent de Change, qui fut arrêté le 1er Jour complémentaire pour la même affaire.

J'ose espérer Monseigneur, que Votre Excellence, daignera avoir égard à la demande que j'ai l'honneur de lui adresser

aujourd'hui pour mon Père. L'obtention des pièces que j'ai l'honneur de prier Votre Excellence, de me faire délivrer, étant de la plus grande importance pour les intérêts de mon Père et ceux de toute sa famille.

Je suis avec le plus profond respect Monseigneur De Votre Excellence

Le très humble et très obéissant serviteur [Signé :] E. Roger

GapB* Brigd' aux gardes du Roi-Comp1' de Noailles Paris le 30 mai 1827 rue de l'Université n» 88

Monsieur Roger a l'honneur de prier Monsieur Le Directeur Général de la Police , de vouloir bien lui faire délivrer un Extrait des premiers Interrogatoires que le Général Du Perrat subit à Saintes, quand il y fut arrêté en 1804. dans ces interrogatoires, il doit être question d'une somme de 3? 000 francs, dont Mr Roger fit la remise à Mr Le G^1 du Perrat; et lorsque Mr Du Perrat fut arrêté, on s'empara de ces mêmes valeurs, qui dit-il, lui avaient été remise par le Sr Laplene afin d'éviter la plus prompte arrestation à Mr Roger, qui cependant le fut à la même époque.

Mr Roger désirerait aussi obtenir les bontés de. Monsieur Le Directeur Général, l'extrait de l'interrogatoire que le sieur Laplene neg1, subit à Bordeaux, le 1" Jour complémentaire de l'an 12 et suivans, d'après lequel, il déclara n'avoir donné les lettres de change de 32 000 francs qu'à Mr Roger et non au Gal Du Perrat qu'il ne connaissait pas.

Monsieur Roger, ayant l'espoir de rentrer dans cette somme de 32 000 francs, qu'il perdit avec tant d'autres à l'époque où il fut arrêté en 1804. ose espérer, que Monsieur le Directeur Général voudra bien lui faire délivrer ce qu'il lui demande en grâce.

rue de l'Université 88

On lui répond, le 2 juin 1827, que les pièces qu'il demande « ne se trouvent point aux archives de la Police Générale du Royaume ».

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