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LA POLICE SECRÈTE DU PREMIER EMPIRE

Bulletins quotidiens adressés par Fouché à l'Empereur (1804-1805) Publiés par Ernest d'HAUTERiVE (Paris. Perrin & O. 1908)

Bulletin du 30 fructidor an XII

Lundi 17 septembre 1804

Suite de l'affaire des plombs. — Arrestations. — Daniaud et Kémar, qui avaient fait viser à Bordeaux leurs passeports pour

Nantes le 7 de ce mois ont été arrêtés par la brigade

de Saintes. . . on a trouvé à Daniaud [ici, énumération de diverses lettres de change]. On lui a encore trouvé deux lettres qui lui avaient été écrites de Nantes, maison Brizard aîné et Roger — il n'y était question que de son commerce de liqueurs, — et une autre, dont Saint-Hubert l'avait chargé, à son départ de Bordeaux, pour sa femme qui est à Nantes. . .

Bulletin du 4 vendémiaire an XIII

Mercredi 26 septembre 1804

Roger. Affaire des plombs. — Roger, marchand de liqueurs à Bordeaux, interrogé sur une négociation de 16 000 francs qu'il avait faite avec Daniaud, en lettres de change, a dit qu'il avait reçu de lui un dépôt de liqueurs et qu'il a fait vérifier le contenu. Il a soutenu qu'il n'avait eu aucun rapport avec Daniaud et ses complices. L'examen de ses papiers n'a procuré aucun indice.

Bulletin du 7 vendémiaire an XIII

Samedi 29 septembre 1804

Nantes. Affaire des plombs. — Le commissaire général de police à Nantes, rend compte de l'examen qu'il a fait du livre

de commerce tenu par Daniaud. On n'y trouve que deux correspondants pour ses achats de vins et liqueurs : Marie Brizard et Roger, de Bordeaux. Ils paraissent lui avoir livré pour près de 40 000 fr. de marchandises, et les payements qu'il leur a faits, suivant le même livre, ne vont pas à 8 000 francs; il dit cependant ne leur rien devoir; ce qui fait présumer que ces achats sont chimériques, ou qu'un caissier secret, qui doit être à Bordeaux les a satisfaits. Les ventes, suivant le même journal, ont été faites à ses principaux complices, déjà arrêtés : Gogué, Jagueneau curé, Kémar et autres. . .

Bulletin du 11 vendémiaire an XIII

Mercredi 3 octobre 1804

Vendée. — Le général Gouvion et le préfet de la Vendée donnent quelques détails sur les mouvements de la Vendée. Il parait, par le premier rapport, que sous l'ombre d'un prétendu commerce de liqueurs et vins de Bordeaux, formé à Nantes, par Daniaud et complices, il a été fait, indépendamment des envois de plombs, plusieurs expéditions et distributions de poudres et munitions en caisses et barriques. . .

Bulletin du 13 vendémiaire an XIII

Vendredi 5 octobre 1804

Agence anglaise de Bordeaux. — Le complot de l'Ouest, que l'affaire des plombs a fait découvrir, se développe chaque jour, d'après les rapports derniers du commissaire général de police à Bordeaux. Deux complices intéressants sont signalés à Bordeaux : Roger aine, liquoriste qui a fourni les fonds à Daniaud, et Acquart Vreilhac, qui parait être l'agent général de l'intrigue. Les fonds de l'agence arrivaient d'Espagne par M. Diego Carrera, négociant à Madrid. Roger a reçu, en floréal, 70 000 francs en traites de cette maison. Interrogé sur l'origine de ces fonds, il a dit qu'un nommé Pignerolles, de la Havane, ayant passé à Bordeaux pour se rendre en Espagne et de là dans sa patrie, il avait fait connaissance avec lui, et que, sur l'exposé de ses besoins, il lui avait confié ce capital à 5 % d'intérêt. — On a constaté qu'aucun voyageur du nom de

Pignerolles n'avait passé à Bordeaux. — Roger est arrêté. Acquart Vreilhac a reçu, en prairial, par la même maison Diego Carrera, 114 000 francs. Il est en fuite. . .

Bulletin du 25 vendémiaire an XIII

Mercredi 17 octobre 1804

M. d'Hauterive n'a publié ici qu'un résumé, que voici :

Affaire des plombs : M""3 Brizard, veuve Roger, nie avoir reçu 67 700 francs pour son commerce et ne connait pas Pignerolles. Interroger de nouveau Roger.

Bulletin du 2 brumaire an XIII

Mercredi 24 octobre 1804

Bordeaux. Agence anglaise. — Roger, arrêté à Bordeaux, après diverses contradictions dans ses interrogatoires, vient d'offrir de faire des révélations, si on voulait lui assurer sa grâce et celle de son complice Acquart Vreilhac — en fuite — . Le ministre a promis, moyennant que Roger déclarerait, sans réticence, tout ce qu'il sait, et qu'il donnerait des renseignements importants et utiles au gouvernement. Il vient d'être reconnu que l'individu qui a passé mystérieusement à Bayonne, il y a un mois, se rendant d'Espagne à Bordeaux, chez Acquart Vreilhac, n'est autre que Céris, ayant un passeport de Bordeaux, sous le nom de Rhëdon. C'est encore Céris qui, sous le nom de Pignerolles, a compté à Roger 115 700 francs ....

Voici le résumé des fonds dont on a aperçu clairement la trace jusqu'à présent dans cette affaire : 1» Roger a reçu de Pignerolles — Céris — en ventôse et germinal derniers — traites de Diego Carrera — 115 700 francs; 2° Acquart

Vreilhac 114 000; 3» Jemmy Cesbron 140 000;

total : 369 700 francs.

Bulletin du 17 brumaire an XIII

Jeudi 8 novembre 1804

Bordeaux. Agence anglaise. — . . . Suivant la déclaration de

Jemmy Cesbron, Céris était à Bordeaux à la fin de fructidor. Il y a eu ses principaux rapports avec Acquart et Roger.

Bulletin du 18 brumaire an XIII

Vendredi 9 novembre 1804

Bordeaux. Agence anglaise. — Le commissaire général de Bordeaux adresse au ministre la déclaration qui lui a été faite par Michel Cesbron, frère de Jemmy Cesbron. . . Voici le précis de cette déclaration : Les deux chefs de l'agence anglaise sont Forestier et Céris. . . Forestier est arrivé à Bordeaux, il y a environ neuf mois, venant d'Espagne. Il a logé chez M. Laclotte. M. Papin l'a conduit chez Acquart et Roger. Il a demeuré à Bordeaux environ un mois

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