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Police générale. — Affaires politiques
POLICE GENERALE Nant£S „ 26 Fructidor
■ — - -v— » an 12' de la République Française.
Le Commissaire Général de Police à Nantes, A Monsieur le Conseiller d'état chargé du ler arrondissement de la Police générale de l'Empire.
Monsieur le Conseiller d'État
J'ai l'honneur de vous annoncer que Monsieur le Préfet du Département de la Charente inf^ par sa lettre du 22 de ce mois, m'informe que le nommé Daniel Daniaud prévenu d'être le trésorier de la Conspiration vient d'être arrêté
Daniaud a été trouvé saisi de deux lettres qui lui avaient été adressées de Nantes sous la date du 4 et 6 de ce mois à Bordeaux maison de Marie Brizard l'ainé et Roger par le sieur Weisbrod son préposé au magazin de liqueurs qu'il a établi sur la fosse à Nantes. [En marge de ce paragraphe, on a écrit d'une autre écriture : hic].
Ces deux lettres dont l'une est la copie presque littérale de la minute que j'avais trouvée sur Weisbrod et dont j'ai rendu compte ne sont relatives qu'au commerce de liqueurs confié à ce préposé
Agréez l'assurance de ma Considération la plus distinguée. [Signé :] Duval.
bureau Bordeaux le 3 Jour Comp" an 12.
particulier
^^^- — v — -~ - Le Commissaire-Général de Police,
n- 1037 A Monsieur le Conseiller d'État chargé du
3me arrondissement de la police générale de l'Empire.
Monsieur le Conseiller d'état Instruit par monsieur le Préfet de la Charente-inférieure, et
par mon collègue de Nantes, que Daniaud avait été arrêté à Saintes, et qu'on avait trouvé sur lui trois lettres de change montant ensemble à seize mille francs, tirées de Bordeaux sur Paris, je me suis empressé de faire venir les signataires de ces traites et l'agent de change qui les a fournies. D'après la déclaration de ce dernier, que ces trois lettres de change avaient été négociées par lui au sieur Rager fils aine, liqueuriste, dont vous entretient ma lettre du t«r compre n<> 1038, et qu'elles fesaient partie d'une somme de 31 386 francs 18 centimes de papiers sur Paris, à courts jours, dont le montant lui avait été compté par Roger, j'ai fait faire une visite exacte au domicile de Roger j'y ai fait saisir tous ses livres, papiers etc., et l'ai fait arrêter.
Roger a demandé, à raison de sa maison de commerce dont il est chef, à être placé chez lui, en surveillance, sous la garde de deux gendarmes à ses frais. J'en ai conféré avec Monsieur le Préfet, qui n'a pas cru devoir prendre cette mesure jusqu'à votre décision. J'attendrai vos ordres, Monsieur le Conseiller d'état, sur la demande de Roger.
J'ai l'honneur de vous saluer avec une Considération distin suée
& pour le commissaire-générale de Folice
le secrétaire Générale
[Signé :] Babut.
POLICE GÉNÉRALE Nantes, le 1" Vendémiaire an 13.
""" "" *" Le Commissaire Général de Police à Nantes,
A Monsieur le Conseiller d'État chargé du premier Arrondissement de la Police générale de l'Empire.
Monsieur le Conseiller d'État
Le dépouillement du Mémorial servant de Journal aux opérations du prétendu Commerce de Daniaud ne présente comme vendeurs que Marie Rrizard et Roger de Bordeaux.
Les articles de vente se composent de vins rouges de Bordeaux, de vins de liqueurs, d'Eau-de-vie d'Andaye, de liqueurs d'Indigo et de cendre gravelée formant ensemble la somme de 38 182 L 12 s ; d'après le Journal il semblerait que Daniaud
n'aurait payé sur cette somme que 7 772 L et cependant il vient de déclarer dans son interrogatoire qu'il ne doit rien à cette maison de commerce de Bordeaux.
Les acheteurs auxquels il a vendu sont
1° Le nommé Gogué
2» Le sieur Sablon
3» Le nommé Kémar
4° Le nommé Boëts dit flamand Tailleur de Charette et de sa troupe
5° Le nommé Jaguenau
Agréez l'assurance de ma Considération la plus distinguée. [Signé :] Duval.
bureau particulier
Bordeaux le 6 Vendémiaire an 13.
Le Commissaire-Général de Police, A Monsieur le Conseiller d'état, chargé du 3eme arrondissement de police Générale de l'Empire.
Monsieur le Conseiller d'État
j'ai fait saisir hier les Caisses qui m'avaient été indiquées par mon collègue de Nantes; il s'en trouve pour une somme de 4? 000 est. fr; Roger l'ainé s'en était arrogé la propriété, et en avait fait cession à l'agent de change Laplene, pour payer, en partie, d'une somme de près de soixante mille fr, dont il se trouve à découvert pour Roger.
[Signé :] Pierre Pierre.
Paris, le Vendémiaire an 13.
[Le Conseiller d'État chargé du 3<> arrondissement de la Police gaIe de l'Empire écrit à son collègue chargé du l«r :]
Marie Brizard et Roger. Vous y verres que
ce dernier a été arrêté, et qu'il y a lieu de présumer qu'il était
le Banquier de l'agence anglaise
[Signé :] Pelet.
Bordeaux 9 vendémiaire an 13.
[Le Commissaire g3' de Police à Mr le Conseiller d'État chargé du 3" arrt de la Police générale de l'Empire.]
Je viens de recevoir, avec la lettre de M. le sous Préfet de Bayonne les dix sept traites tirées de Madrid par Diego Carrera,
ordre de Pignerolles sont toutes sous la date du
12 mars 1804 à 12 jours de date fixe, ordre de M. Pignerolles, valeur du dit sieur; elles énoncent aussi toutes: Payer à l'ordre de M. Roger aine, valeur en compte Madrid ce 17 mars 1804 signé Pignerol.
[Réponses faites par Roger aux questions qui lui
sont posées à ce sujet.]
[Signé :] Babut.
division
, Paris le 25 Vendémiaire an 13.
Sûreté Générale
Note pour Monsieur le Conseiller d'État chargé du 3e arrondissement de la Police Générale.
Madame Brizard, veuve Roger, qui est à Paris, en ce moment, a été mandée pour savoir s'il étoit à sa connoissance que son fils eut reçu d'un Sr Pignerolles des fonds qui dévoient être employés dans son Commerce.
Cette dame paroit ignorer le motif de l'arrestation de son fils. Elle est à Paris depuis deux mois pour y poursuivre des. Contrefacteurs de ses Liqueurs annoncées dans le commerce comme provenant de son magasin de Bordeaux. Elle évalue le fond de son Établissement à 50 000 L environ, et il n'est point parvenu à sa connoissance qu'il y eut eu un dépôt de fonds versés dans sa maison; elle a même montré une lettre d'un de ses fils où il lui dit qu'il seroit à désirer qu'elle put trouver à Paris quelques sommes à emprunter.
Quoique la maison soit en son nom, son fils aine a la Direction de l'Établissement; elle est même retirée en partie des affaires d'après une convention où ses fils lui ont stipulé une pension de 6 000 L;
Elle ne connoit nullement le Sr Pignerolles et encore moins
le Dépôt de 67 700 L en lettres de change tirées de Madrid pour être comptées à Barcelonne. Elle a paru craindre qu'elle ne fut elle même dans le cas de rembourser cette somme que son fils auroit obtenue et dissipée de manière à la compromettre. Si cette somme de 67 700 L eut pu, ainsi que le prétend Roger, être employée dans son Commerce, il est à présumer qu'il n'eut pas manqué d'en instruire sa mère qui s'occupoit de son Côté, à faire un emprunt pour sa maison. Cette invraisemblance fait présumer que Roger a le secret de cette intrigue.
Il convient de le faire interroger de nouveau d'après cette note./.
[Signature illisible.]
Bordeaux. Interrogatoires de Roger du 2 et du 17 vendémiaire an XIII :
Je me borne à copier, dans celui du 2, le passage suivant :
Quelle est sa signature dans la Maison de Commerce de Marie Brizard et Roger; s'il a la signature de la maison ; et s'il a coutume de signer purement et simplement de son seul nom.
Repd qu'ayant seul la signature de la maison, il signe Marie Brizard et Roger, qu'il signe ainsi depuis environ deux mois, et qu'avant cette époque il signait par procuration de Marie Brizard et Roger, Roger aine; mais qu'il n'a jamais signé purement et simplement Roger aîné que pour ses affaires personnelles, étant père de famille.
Pièce originale. Elle est sur papier ordinaire et n'est pas du tout d'écriture soignée :
Monseigneur
Les Bordelais, comme le reste de l'Empire, connoissent tout le prix de votre vigilance, nous nous ferons un devoir, et un plaisir de leur redire toute la bonté avec Laquelle vous vous êtes entretenu du bon esprit qui les anime, de leur fidélité à notre auguste Empereur, de la paix religieuse qui règne dans cette contrée, de l'importance de sa position commerciale, des sacrifices que les circonstances lui imposent.
Monseigneur, il est au pouvoir de votre excellence de causer une grande satisfaction aux habitans de Bordeaux et particulièrement au commerce de france, qu'elle daigne faire cesser les inquiétudes de trois familles qui depuis plusieurs mois gémissent sur les causes qui ont du provoquer des mesures sévères de la part du gouvernement !
Acquabt
Cazalet
Roger cette famille est très nombreuse, une mère respectable, un très grand nombre d'enfans, deux fils mariés qui ont eux mêmes beaucoup d'enfans.
Monseigneur, ce sont des jours de bonheur pour La france on n'entend par tout que des cris d'allégresse; une grâce de plus; nous vous en conjurons.
Nous sommes avec respect, de Votre excellence Monseigneur,
Les très humble et très obéissants serviteurs Brunaud
.„. . , Président de la chambre de commerce de Bordeaux
Signes : „ T
Gramont Jaubert
membre de la chambre tribun
Paris 17 nivôse an 13./.
En marge, tout en haut de cette lettre, on voit :
me rendre compte
[Signature illisible.]
Le 17 nivôse an XIII est le 7 janvier 1805 : un mois après le Sacre.
Minute, non datée, d'un immense rapport concernant tous les accusés. J'y copie, et seulement en faible partie, ce qui concerne Roger.