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Aglaé Albixe Marie Napoléo:
(Églé) Ney,
née à Paris 18 octobre 1832,
f à Cannes 30 mai 1890.
Épouse :
1« Le 27 mai 1852, Fialin duc de PE Ministre de l'Intérieur en 1S52 et 1860.
f à Nice en 1872.
2° Hyacinthe Lemoyne,
f au Caire en 1879.
3» Le comte de Sombreuil.
Catherine Bibesco.
Claire Hélène Bibesco.
Jeanne Bibesco.
Geneviève Bibesco.
Marie Nicole Bibesco.
Clotilde Ney, née 1880,
Caroline-Rose-Eugénie Murât.
Paule JIurat.
Pierre Murât.
Violette Jacqueline Charlotte Ney,
née à Rocquencourt 9 septembre 1878.
Épouse, à Nice. 26 avril 1899, '
le prince Murât,
né 10 janvier 1875, f juillet 1906.
Chaules Alovs Jean Gabriel Ney,
4e duc d'Elchingen,
né à Paris 3 décembre 1873.
Lpouse, à Paris, 15 janvier 1902,
M'"« Veuve Le Tonnelier de Breteuil.
Rose Blanche Mathilde Ney, née à Rocquencourt 2 octobre 1871.
Napoléon Louis Michel Ney, 4e prince de la Moskowa, né à Paris 11 janvier 1870.
Épouse, à Rome, novembre 1898, la princesse Eugénie Bonaparte.
Marguerite Ney, m
Cécile Marie Michaela Ney, née à Rocquencourt, près Versailles, 2S août 1867. Épouse, 10 mai 1884, Joachim prince Murât.
Huit
enfants.
Anne Albine Fialin de Persigny, née 1863. Épouse, en 1892, Francis Gautier.
Marguerite Églè Fialin de Persigny, née 1861.
Épouse, en 1881, le baron de Schlippenbach, Consul de Russie.
Marie Eugénie Victoria Fialin de Persigny, née 1857. Épouse, en 1877, le baron Friedland Freemann.
Jean Michel Napoléon Fialin, né 1855,
2^ duc de Persignv, f 20 novembre 1885.
Napùléo-Lyonnette Fialin de Persigny, née 1853. Épouse le comte Fischer de Ciievrier.
Aglaé Louise, dite Églé, la seconde des trois filles de M. Auguié, est née le 24 mars 1782, à Paris. Elle a épousé, le 17 thermidor an X (5 août 1802), le Général, plus tard Maréchal, Ney. Le mariage a été célébré au château de Grignon, commune de Thiverval, alors propriété de M. Auguié. Elle est décédée à Paris, du choléra, le 2 juillet 1854, et a été ensevelie dans l'église de Saint-Leu, chapelle à droite de l'autel, où reposaient déjà ses deux sœurs.
On lit dans l'ouvrage Joséphine Impératrice el Reine par Frédéric Masson, p. 148-149 :
« Les Dames du Palais.
« M™6 Ney est une jolie femme brune, un peu maigre, mais avec des yeux noirs superbes, une physionomie douce et
spirituelle, des extrémités charmantes M»>e Ney,
très fiêre de son rang, décidée à le soutenir par une immense dépense, mène un des plus grands trains de l'Empire et a facilement raison du million de revenu que Ney tire de ses charges et de ses dotations. Son hôtel de la rue de Lille lui a coûté onze cent mille francs d'achat et d'ameublement, et c'est partout le même luxe. Voyage-t-elle, va-t-elle aux eaux, il lui faut sa maison entière, ses meubles, son lit, son argenterie faite exprès et le train d'une princesse, qu'elle est. Pourtant, malgré ses talents de cantatrice, car sa façon passe l'amateur, et « elle déchiffre à première vue les passages les plus ardus », malgré ses succès comme actrice de société, assez timide, surtout devant l'Empereur, pour qu'on le remarque et qu'on en induise qu'elle manque d'usage. Elle aime le monde pour lui et pour elle, mais est restée à ce point familiale que, lorsqu'elle reçoit, le fond de sa société est composé de sa famille et par là,
comme sa parenté ne s'est point comme elle, élevée aux dignités, a surtout visé et obtenu des recettes générales, le ton y est resté bourgeois. Cela frappe même les étrangers et n'est point pour lui faire médiocre honneur. »
Ce portrait a été tiré, en partie, des Mémoires de la duchesse d'Âbrantès, T. V, Ch. V.
Ma cousine Mme Melchior m'a conlié plus de sept cents vieilles lettres, dont la plupart ont été reçues par la Maréchale Ney ou, écrites par elle, lui ont été rendues après le décès des destinataires. Ces lettres datent, presque toutes, de l'Empire et de la Restauration. La Maréchale Ney les a laissées en héritage à sa nièce Mmc de Montarnal, grand'mère de Mme Melchior. J'y ai trouvé bien des choses intéressantes et j'en ai donné beaucoup d'extraits dans d'autres chapitres de ce Livre. Je vais y puiser largement :
Lorsqu'elle est absente de Paris, la Maréchale écrit de nombreuses lettres à son père, pour l'accabler de toutes sortes de commissions. Dans une même lettre écrite le 3 vendémiaire an XIII, de Montreuil, près de Boulognesur-Mer, où son mari commande un camp, elle charge son père de lui acheter de petits pruneaux noirs et de combiner avec sa couturière une magnifique toilette pour le Sacre de l'Empereur. Cette toilette, d'après diverses lettres, doit être confectionnée par « Mme Germont » et surtout « Mllc l'Olive ». J'ai cherché dans l'Almanach du Commerce de Paris, an XIII et j'ai trouvé : « Marchands de Soies et Soiries - Germon et Ve Laghez (, Étoffes)
Rue S. Denis 70 » — et — « Lingers - Lolive de Beuvry (M|]'-s) et comp. R. neuve des Petits Champs 463 ».
Le 7 du même mois, la Maréchale écrit à son père : « Je vais redire ce que j'avois décidé d'après l'avis d'adèle et d'hortense. Le manteau de satin blanc, brodé en or avec le dessein tracé la robe de dessous en crêpe, broderie d'or; et l'autre manteau, en velours bleu de ciel tendre brodé argent n'importe le dessein, et la robe de dessous salin blanc. — je ne voulois pas le manteau de satin blanc brodé en argent parce que cela ne va pas bien sur le satin blanc. . . je vous prie mon cher papa de m'en-
voyer deux rouleau d'Elixir Amerikain adieu mon
bon papa chaque lettre que vous recevez de moi doit vous assumer par la quantité de commissions qu'elles renferment Votre Eglé. » Le fait est que telle lettre
donne 19 commissions — telle autre, 24, et M. Auguié est obligé de distinguer chaque commission par un numéro pour s'y reconnaître.
La lettre suivante de la Maréchale Ney à son père mérite d'être reproduite, Elle indique un état d'esprit que je n'aurais pas soupçonné. Elle a été écrite du château du Maréchal, aux Coudreaux, près Chateaudun, à la réception du Bulletin de la bataille d'Essling {Moniteur du 31 mai 1809) : le Maréchal Lannes, Duc de Montebello, a eu la jambe emportée ; — le Général Durosnel a été enlevé par un boulet; — le Général de Broc prend part à cette campagne; — le Maréchal Ney est en Espagne où il ne cesse de se battre, sans résultat définitif.
« Ce 1«' Juin « J'avois un pressentiment que j'apprendrais de tristes nouvelles aujourd'hui, mon cher papa, car tout en attendant le courrier je disois à Coraly. mon dieu il vaudrait peut être mieux ne point savoir de nouvelles car je ne crois pas qu'on puisse en apprendre de bonnes dans ce moment ! et j'avois
bien raison ! dites moi s'il y a eu jamais un tems plus adieux que celui où nous vivons, je crois que tout le monde ne le voit pas comme moi, mais il m'inspire l'effroi et je ne vois plus rien de solide et sur quoi l'on puisse compter. — vous souvenez vous d'une visite que me fit ce pauvre Durosnel, avec sa femme, cet hiver, j'enviois leur bonheur ! maintenant qu'est-il devenu ! enfin c'est une foule de maux que tout ce bulletin, et qu'y avons nous gagné ! on ne voudroit pas rester à la même place quant on apprend de si tristes événemens. car cette tranquilité phisiqne n'est pas supportable, avec le tourment moral que l'on éprouve !
« Adèle me dit que le Duc de Montebello n'a que la jambe emportée et non la cuisse, je souhaitte que ce soit, pauvre femme que je la plains, car elle lui est bien attachée !
» Mon cher papa | ici, deux commissions!
« que se passe t il en Espagne ? on n'en sait rien car ce qu'on met dans les journeaux c'est une nouvelle qui a deux mois. Coraly a eu des lettres du 5 May de la Corrogne, et on lui disoit que le M>' etoit à Lugo et qui l'empêche d'écrire puisqu'on a de ses nouvelles, oh mon cher papa tout n'est pas encore fini !
« aimez toujours vôtre pauvre fille elle a plus besoin de vôtre amitié que jamais ! — que je suis inquiette pour de Broc, car il y aura sûrement encore plus d'une affaire de ce côté
« je vous embrasse tendrement, les enfans vont toujours bien ! »
Cet état d'esprit ne cesse plus. Constamment, la •Maréchale Ney manifeste son horreur pour toutes ces guerres. Ainsi, étant de service auprès de l'Impératrice, à St-Cloud, elle écrit à son père :
8 novembre 1812 : « je me trouve bien isolée, bien triste et même bien inquiette il y a un bulletin l'Empereur a quitté Moscou et marche sur Kalouga on se bat encore, cela ne finira jamais. »
9 novembre 1812 : « il n'y a pas d'autres nouvelles ici mais il aura fallu prendre ce Kalouga ! il me semble que c'étoit bien assez comme cela. »
Dans ses lettres à son père, la Maréchale se plaint
constamment d'être volée par ses domestiques : « Nous ne sommes entourés mon mari et moi que de fripons mon dieu qu'on est malheureux et tourmenté par cette classe la. » Elle se plaint aussi d'être pillée par les fournisseurs et par les architectes : « ,1e ne le suis pas assez [riche] pour être pressurée de tous côtés comme je le suis. » Heureusement que M. Gamot examine et règle les comptes et s'efforce de mettre dans les affaires l'ordre dont elles ont le plus grand besoin. La Maréchale dépense énormément; elle sent que c'est beaucoup trop; elle y revient sans cesse :
« Il faut arrêter les folies quant il en est encore tems ! »
« .l'aurai bien de la peine à établir l'ordre dans ma maison.
J'ai la tête fatiguée de tout ce que nous avons dit depuis
quelques jours. »
Ses économies peuvent paraître quelquefois singulières :
« Monsieur Bourdois m'a répondu décidément mon cher papa, que c'étoient les Eaux de Bade qui me convenoient maintenant il faut que je m'occupe d'un logement je pense qu'Adèle | Mme de Broc | ayant été dans ce pays là, a peut être quelque connoissance qui pourrait se charger de m'en retenir un.. . du 15 juin jusqu'au 15 aoust ... que j'aye 8 à 10 lits de domestiques femmes homme et même gens d'écurie, place pour 6 chevaux et deux voitures et logement pour 4 maîtres et 3 enfans Je veux y mettre do l'économie. »
Et, cependant :
« Je sais bien mon cher papa que tous les conseils que vous me donnez pour l'économie de ma maison partent du véritable intérêt que vous me portez mais cependant réfléchissez un peu à ma position, ce n'est assurément pas que j'en tire vanité mais cependant il faut vivre selon le rang ou on nous a mis. »
Aussi, quand arrive la débâcle de l'Empire, la situation n'est-elle pas brillante. La Maréchale s'en confie à sa sœur, Madame Gamot, mon arrière-grand'mère :
20 novembre 1813. « Quand à l'affaire de la fortune nous sommes toujours dans la même position c'est a dire liien bas si la paix se l'ait il faut espérer que cela s'arrangera. «
2H mars 1814. • Maintenant nous n'avons plus rien c'est a dire qu'il faut que je réforme tous les jours quelque chose a ma maison et que si je resois bien j'aurois une cuisinière et j'irois a pied, au fait nous n'avons pas cinq sols de rente si ce n'est les Goudreaux dont nous devons une partie et dont le revenu s'il se touche cette année ce qui est fort douteux sera employé a payer les travaux qui sont dus. je n'ai pas besoin de te dire qu'on n'y (ait plus la moindre chose maintenant ! mais il reste terriblement a payer de ce que nous pouvons appeler maintenant les folies passées je ne sais si le Ma' touche ses appointemens mais je ne le crois pas car personne n'est payé. s'il ne m'avoit pas laissé quelqu'argent en partant sur quoi je puis faire aller ma maison bien doucement encore quelques mois je serois obligée de vendre quelque chose pour vivre et si tout ceci ne finit pas cela en viendra là. je suis bien sure que bien peu de gens s'imagineront que nous en sommes là on doit croire que nous avons mis de côté, mais la prévoyance n'étoit pas nôtre fort. »
On a vu (T. I, p. 60), dans les Notices de Mmc Campan, qu'après la mort du Maréchal, un an et demi après cette lettre, M. Gamot a géré « les intérêts des fils du brave Maréchal, et a mis dans leurs affaires tout l'ordre nécessaire pour que la mémoire de leur père ne soit attaquée par aucune plainte de ses trop nombreux créanciers. »
Une autre lettre que la Maréchale, du temps de son exil volontaire en Italie, après la chute de l'Empire, a écrite à sa sœur M""' Gamot, contient un récit amusant :
« Livourne le 20 aoust 1817 tu sais que Marie Louise
est venue ici pendant les huit jours qu'ont duré les cérémonies pr l'embarquement de sa sœur pr le Brézil. tu vas voir si elle est autre que ce que j'en ai toujours pensé, ne l'ayant cherché nulle part, ayant quitté Florence au moment de son arrivée j'ai pensé que l'argus a un seul œil, qui veille sans cesse auprès
d'elle n'auroit pas peur de moi et que me trouvant dans la même ville je ne pouvois vis a vis d'elle mémo, avoir l'air de ne pas désirer la voir, alors je lui écrivis par un très brave homme, son dentiste et le mien, qui la voyait seule tous les jours et mon billet étoit ainsi tourné a peu près de cette manière — je ne puis me trouver si près de V. M. sans éprouver le plus vif de'sir de la revoir mais avant de suivre pr cela la marche que prescrit l'étiquette, je désire savoir par elle même si ma présence peut ne pas lui être agréable, j'espère que non Si V. M. se rappelle que dès le moment que j'ai eu le bonlieur de l'approcher je lui ai toujours été dévoué etc.. quelque chose comme cela, mon homme lui remit donc ce petit billet et après avoir dit assez froidement, ah. elle est ici, je ne savois pas qu'elle avoit de mauvaises dents ! elle prend son écritoire écrit un petit billet au gai Niperg, le met dans la même enveloppe avec le mien et le lui envoyé, dans sa chambre, située non loin de la sienne, le gal arrive un instant après et dit vous ne pouvez la recevoir ! que de caquets cela feroit dans une ville comme celle ci etc.. alors elle dit a mon homme je vous enverrai la réponse sans rien de plus et a 2 heures je reçois un billet de l'argus qui me dit que S. M. l'a chargé de
me faire savoir qu'elle ne peut me recevoir !
ici l'on est étrangement trompé sur son compte, on la croit une victime, adorant son mari et ne fesant rien qu'a contre cœur, mais moi je crois avoir la preuve qu'elle obéit avec grand plaisir et dailleurs j'en ai assez appris pour être persuadée qu'il n'y a pas de doute que Nipperg est son
amant je ne l'ai vue que de loin trois ou 4 fois
et je ne l'ai pas trouvée changée comme on le disoit. j'oubliois que dans ce petit dialogue entre elle et Nipperg ils ont voulu avoir l'air de penser que c'etoit pour parler de mes affaires d'intérêt, et lui, disoit. elle a déjà demandé deux fois a l'Empereur elle a fait écrire le Gd Duc, etc. voulant lui faire croire que ce n'etoit que d'une solliciteuse dont il la débaras-
soit et elle donnant très bien la dedans j'inquiettois
Nipperg voyant ma voiture il demandent s'il y avoit
longtemps que j'etois là, si j'allois partir etc. il croyoit peut être que j'allois lui enlever sa proie »
La lettre suivante m'appartient. Ma grand 'mère Clémence Gamot, y raconte à sa mère la visite que la
Maréchale Ney virnl de faire an château de Grignon, où, dix-neuf ans auparavanl a eu lieu son mariage avec le Maréchal — alors Général — Ney ('). Depuis ce mariage, que d'événements!
« Ce Lundi matin fi Août 1X21 « Ma bonne amie Mère
Comme Grignon est beau, cette journée a été charmante, nous sommes parties à 6 1/2 du matin, ma tante Léon lîdgard et moi dans une Parisienne (qui est vraiment une charmante voiture fort douée) et M"1" Lambert heymès Resigny et Mois dans l'autre. Nous axons parlé Italien tout le tems car je pensais à toi. arrivés à Versailles nous avons trouvé le landau de ma tante avec des Chevaux qu'elle avait envoyés d'avance nous y sommes montés ma tante Mrac L. Edgard et moi M'' de liésigny s'est mis sur le siège heymès et mes cousins ont pris une petite voiture et conduits par le cocher nous avons pris la route de Grignon. Elle était très agréable et variée au commencement mais plus nous approchions du but de notre voyage plus le pays devenait désert et dépouillé d'arbres, enfin nous axons vu de loin dans un fond un grand toit bleu tout entouré de verdure Mmc L. a mis ses lunettes ma tante s'est penchée hors rie la voiture et ces Dames ont reconnu Grignon. depuis ce moment jusqu'à l'arrivée au Parc chaque pommier leur était un souvenir, c'est ici disait Al. qu'un jour Christian s'était arrêté à cheval pour manger des pommes et mille petites histoires aussi intéressantes enfin nous sommes entrés dans le parc la porte d'entrée a été changée d'environ cent pas. c'est M">e Silvestre qui nous a ouvert la porte sans nous connaître mes tantes ne l'ont pas reconnue non plus, la route traverse maintenant un joli endroit le long de la rivière à son entrée et passe sur le pont qui est au bout de la mer. on vient rejoindre la cour par l'allée de Maroniers les plus beaux que j'aie jamais vus. En entrant dans la cour ces Dames ont fait de grandes exclamations. Ah ou est donc le fossé et la voûte. Il n'y a plus rien de tout cela, les
(') Le mariage civil a eu lieu le 5 août 1802. I.a visite racontée par ma grand'mère parait avoir eu lieu la veille de l'anniversaire, le 4.
chevaux de l'empereur s'embarassaient dans cette voute en arrivant et un jour le maréchal a fait combler le fossé de ce coté et détruire la Voute. l'entrée est assez mesquine à présent. Le grand escalier est conservé dans son entier est fait un effet superbe, nous sommes montés un escalier en face de celui là et M* la Peryrière Père est venu au devant de nous, on était convenu que M"11-' Lambert serait la seule qui se nommerait et elle marchait devant mais oh miracle M>' la Peyrière passe fièrement à côté d'elle et vient donner la main à ma tante qui était derrière, il ne l'avait pourtant jamais vue. mais elle a plus une tournure de p"sst' que M1|1L' Lambert, enfin II nous introduit dans une espèce de salon meublé en tapisserie. Ma tante se trouble, les larmes lui viennent aux yeux, c'était sa chambre de noce, le même papier, la même distribution, les pitons qui tenaient les rideaux du lit y sont encore, après quelques complimens nous sommes passés dans ta chambre le même papier abricot y est encore rien n'est changé, notre chambre est détruite à ce qu'on m'a dit. toute cette aile est arrangée parfaitement, au bout du corridore dans lequel il y a deux poêles est l'appartement de la D=ss« et au dessous à l'entresol celui du M-1', ils sont tous deux fort bien surtout celui de la Desse les entresols que mon pauvre Père a fait arranger sont encore de même. M'- la Peyrière avait deviné le nom de ma tante et nous mena en cérémonie aux appartenons de l'empereur et de l'impératrice, tout est changé de ce côté qui était celui que vous habitiez étant filles, votre chambre était celle de l'Impératrice, celle de mon grand père est changée en dégagemens et petits escalier pour descendre à celle de l'empereur qui est au rez de chaussée, tout est bien sculpté les cheminées sont magnifiques ainsi que les montures des fenêtres, mais il n'y a encore ni glaces, ni tentures, ni meubles, et nous pensions que c'était une chose bien digne de pitié de penser que les deux hommes pour lesquels on faisait ces appartenons avaient tout deux péri avant de les voir achevés. Ils étaient pourtant bien grands et bien fermes à leurs places. Oh vanité — Nous avions apporté des vivres en abondance et après avoir bien remercié l'obligeant M1' Lap. nous avons fait porte)1 par les Domestiques de la Dcssu notre déjeuner dans la belle salle de tilleuls où était la balançoire, nous sommes allés ensuite à l'hermitage où on a joué la comédie le jour île la noce de ma tante, rien n'est changé et ma tante n'a pu s'empêcher de pleurer en songeant à la gaité
de cette soirée qui a été suivie de tant de gloire et de tristesse, là Silvestre est venu nous joindre il s'est bien souvenu de ces Dames et n'en revenait pas que je fusse cette grosse petite fille qui tétait de si bon cœur, son étonnement n'a pas diminué quand il a vu léon et Aloys. il rappelait à ces Darnes mille petites histoires de ce tems qui leur est si cher, on avait amené un àne pour ma tante elle y est montée et comme il taisait très chaud nous nous sommes acheminés vers la pêcherie, en passant nous avons vu la tour, une belle pièce d'eau ronde dans laquelle le Mal a fait mettre un jet d'eau qui fait un très bel etfet, encore une grande pièce d'eau quarré long tout cela entouré d'arbres devant chacun des quels on se récrierait s'ils n'étaient en si grand nombre, mais lorsque nous sommes arrivés à la rivière ce ne fut qu'une exclamation générale. Ah que c'est beau vous ne nous aviez pas dit cela &. &. Mes cousins et Mr de Résigny lui même avouaient qu'ils n'avaient rien vu de plus beau. Il faisait si chaud que nous nous sommes arrêtés ici pendant une ou deux heures, nous avions des lignes et nous nous sommes fort amusés à pécher de très beau poisson qui mordait aussitôt que nous jettions l'hameçon, de plus M'"1-' Lamb. et moi nous avons fait chacune un trait elle s'est mise au commencement de la rivière à la Pêcherie et moi j'ai été m'asseoir près de la maison du Pécheur, je te portais hier ce que j'ai fait. Ma main se fatigue mon amour, je t'écris un volume mais je voudrais t'en écrire encore davantage dans l'idée de te distraire, lorsque nous avons été bien rafraîchis nous avons visité tout le parc, la Mer, le Miroir, le canal de travers, la réserve, et toujours ces beaux arbres, après avoir tout bien vu nous sommes venus nous rasseoir près de la rivière qui est mon endroit de prédilection et Léon a été se baigner dans la grande pièce qui est à côté, à 5 h. 1/2 nous sommes montés au château et après une courte visite à M""* Lapeyrière nous sommes montés en voiture, il était bien 6 h. 1/2 du soir, nous n'avions pas trouvé de bon lait au château et nous nous sommes arrêtés à St nom pour en prendre dans la voiture Nous avons ensuite continué notre route par la plus belle nuit du monde et nous sommes arrivés ici tous à 11 heures non sans quelque frayeur de la part de ma tante, hier nous n'avons fait que parler de Grignon tout le monde avouant que c'était la plus jolie partie et le plus bel endroit qu'on put voir, combien j'ai regretté que ma mère n'en jouit pas avec moi. Adieu mon vrai
amour. M' de Canouville que j'ai vu hier m'a demandé la route pour t'aller voir, je t'embrasse mille l'ois ainsi qu'hortense. aussi mon petit Célestin. amitiés et complimens à nos bons hôtes.
| Signé] « Clémence »
in
Voici des extraits ou copies de quelques documents :
(Commune de Thiverval, Seine-et-Oise.)