‹ Livre de famille (volume 3)Chapitre 23 sur 62 · Acte de Mariage Ney-Auguié · texte numérisé non relu

Acte de Mariage Ney-Auguié

| Copie que je dois à M. Risch, Secrétaire de la Mairie. ]

« Du Dix septThermidoran Dix De La République française (2), Acte de Mariage de Michel Ney, général De Division Et inspecteur de Cavalerie âgé De trante trois ans Environ, né à Sarrelibre, Département de La Moselle, Le Dix Janvier Mil Sept

Cent Soixante Neuf, De urant à Paris, rue et fauxbourg

Poissonnière, troisième arrondissement Du Département de Seine, Ois Majeur De Pierre Ney, Demeurant à Nancy Département de La Meurthe, et de feue Daine Margueritte Greveldinger, son épouse D'une Part.

« lit De Demoiselle Aglaée Louise Auguié, âgée de A'ingt ans Environ, Née à Paris, Département de Seine, le Vingt Cinq Mars Mil Sept Cent quatre Vingt-Deux; Demeurant De fait à Grignon, Commune de Thiverval Département de Seine Et oize, Et de Droit à Paris, chez son Père, fdle Mineure de Pierre César Auguié, administrateur général Des Postes aux lettres, Demeurant a. Paris, Département de Seine, Maison Des Postes,

(') Les fêles du mariage ont eu lieu au château de Grignon, situé clans celle commune de Thiverval, et alors propriété de M. Auguié. .le donne, plus haut, copie d'une curieuse lettre de ma grand'inère, Clémence Gamot, du 6 août 1821, où elle raconte à sa mère la visile que la Maréchale Ney vient de faire à ce château, 19 ans après.

(-) Le 5 août 1802.

rue Cocqhéron, troisième arrondissement, Et De feue Dame Adélaïde Henriette Genêt, son Epouse, D'autre Part.

« Les Dits Epoux Présents ont Déclarés Prendre En Mariage L'un La susdite Demoiselle Auguié, Et l'autre le susdit général Ney.

« En Présence et du Consentement du Citoyen Auguié, père de l'Epouse.

« En Présence de Savary De

Vallet, Rentier De Etienne Pierre Michel garnot,

Commerçant, Demeurant à Pans, rue Saint Lazare numéro quatre cent quarante neuf, âgé De Trante quatre ans. De Jean Baptiste Isabey, Pintre Du Premier Consul,

« Et après quoi, moi soussigné, Maire de Thiverval,

ai Prononcé qu'au nom de la loi, les dits Epoux sont unis En Mariage »

LETTRES PATENTES du DUC D'ELCHINGEN

(Archives nationales. Extrait des Registres du Sénat Conservateur. CG. 240. folio 131.)

Texte très différent de celui des Barons (que j'ai donné p. 124). Est gravé sur cuivre, avec blancs remplis à la main.

Napoléon nomme son cher et bien amé Cousin le Maréchal d'Empire Ney, « l'un des Ducs de notre Empire », sous « le titre de Duc d'Elchingen ». 11 attache des biens à ce titre « lesdits biens se trouvant désignés dans l'acte de constitution à faire ». Il l'autorise à se qualifier « duc d'Elchingen ». Le mol Duclié ne figure pas dans ces Lettres, tandis que, dans les Lettres patentes du prince de la Moskowa, de 1813, qu'on verra plus loin, les mots Principauté et Duché sont employés plutôt que les mots Prince et Duc : de 1808 à 1813, l'idée Impériale s'est développée.

Donné à Bayonne le — mai 1808.

Scellé 6 Juin 1808.

Lettre du Maréchal Ney à son beau-père M. Auguié :

[Adresse ]

« A Monsieur

« Monsieur Auguié administrateur

des Postes. Paris »

« Berlin le 3 avril 1812

« Je suis bien impatient, mon cher Auguié d'avoir des nouvelles plus rassurantes sur la santé de ma bonne Eglé ('). j'espérais en recevoir à Leipzig avant mon départ, mais je vois que je ne pourrai En espérer qu'à frankfurth sur l'oder, où je vais Etablir mon quartier gal nous sommes ici au milieu des Prussiens qui paraissent en général bien satisfait de l'alliance, tous désirent donner des preuves de zèle et de dévouement pour le service de l'Empereur — pour cette fois je les crois sincères et en vérité ils avaient besoin d'un aussi grand protecteur que l'Empereur, pour les retirer un peu du sable où ils s'engravaient chaque jour de plus en plus.

« Adieu mon cher Auguié, s'il vous est possible de dire un mot à ma femme, dites lui que je ne lui écrirai que quant j'aurai de votre part la persuasion qu'elle pourra me répondre.

'< je vous embrasse mon cher Auguié de tout Cœur et avec la sincérité de la plus étroite amitié

[Signé par un paraphe seulement. J'ai constaté dans le dossier Gamot, Préfet, que, lorsque le Maréchal signait son nom, il signait Nejj. ]

« mille choses à Gamot et à sa famille à Mdu Debrocq et un souvenir pour mes trois grands garçons, j'espère que le 4e se porte bien. »

J'ai publié cette lettre dans L'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux du 30 novembre 1906, à cause de ses remarques sur la satisfaction que les Prussiens éprouvaient d'avoir été battus par l'Empereur et sur le grand avantage que leur pays retirait de cette défaite.

(') Elle venait d'accoucher d'un lils.

LETTRES PATENTES du PRINCE DE LA MOSKOWA

(Archives nationales GC. 253. f° w232.) Elles sont entièrement écrites à la main, saut les deux premiers alinéas qui sont gravés sur cuivre.

« NAPOLÉON par la grâce de Dieu, EMPEREIT, DES FRANÇAIS, ROI D'ITALIE, PROTECTEUR DE LA CONFÉDÉ- RATION DU RHIN, MÉDIATEUR DE LA CONFÉDÉRATION SUISSE,

« A TOUS présens et à venir, SALUT :

« Voulant donner à notre cher et bien amé Cousin le Duc d'Elchingen, Maréchal d'Empire, un témoignage éclatant de notre satisfaction pour les services qu'il nous a constamment rendus dans nos armées et spécialemeut à la bataille de la Moskowa, Nous avons par nos lettres patentes provisoires données en notre Palais des Tuileries le huit février dernier érigé en principauté sous le titre de PRINCIPAUTÉ DE LA MOSKOWA le château de Rivoli, département du Po et les terres qui en dépendent ordonnant toutefois que les lettres patentes définitives rédigées dans les formes consacrées par nos statuts fussent substituées à "nos dites lettres patentes provisoires et chargeant Notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire, Notre Procureur général en notre Conseil du sceau des titres de donner a nos intentions le développement nécessaire.

« A ces fins Notre dit Cousin le DUC D'ELCHINGEN, désirant obtenir lesdites lettres patentes définitives s'est retiré devant notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire lequel a fait examiner en sa présence cette demande par notre Conseil du sceau des titres.

« Et sur la présentation qui nous a été faite par notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire de la délibération du Conseil et des conclusions de Notre Procureur général nous avons par ces présentes signées de notre main conféré et conférons à Notre cher et bien amé cousin MICHEL NEY, DUC D'ELCHINGEN, MARÉCHAL D'EMPIRE, Grand-Aigle et chef de

la septième cohorte de la légion d'honneur, Chevalier de l'ordre royal de la couronne de ter et Grand-croix de l'ordre du Christ, Né à Sarrelouis département delà Moselle le dix. janvier mil sept cent soixante-neuf, le titre de PRINCE DE LA MOSKOWA, auquel titre nous attachons à toujours le château de Rivoli et ses dépendances comme aussi tous les autres biens qu'il nous plaira d'y réunir pour donner à ce domaine une étendue de territoire convenable, et ainsi que le tout sera plus amplement désigné en détaillé dans les lettres d'investiture qui seront délivrées à l'impétrant par notre Cousin le Prince Archicliancelier de l'Empire après qu'il les aura t'ait dresser en sa présence par notre Conseil du sceau des titres érigeant lesdits biens en principauté sous le titre PRINCIPAUTE DE LA MOSKOWA laquelle sera possédée en toute propriété et comme fief immédiat de notre Couronne par Notre dit Cousin le Duc d'Elchingen et par ceux appelés après lui à la recueillir.

« Voulons que le titre de PRINCE DE LA MOSKOWA et les biens qui y sont attachés, soient transmis à la descendance masculine et légitime, naturelle ou adoptive de notre dit cousin le DUC D'ELCHINGEN par ordre de primogéniture, et qu'en cas d'extinction de ladite descendance (ce que Dieu ne veuille) les biens composant ladite Principauté de la Moskowa fassent retour à nous ou à nos successeurs.

« Voulons et ordonnons que la dite PRINCIPAUTÉ DE LA MOSKOWA et le DUCHÉ D'ELCHINGEN avec les biens qui composent la dotation de ce duché ne puissent à l'avenir être réunis sur la môme tète si ce n'est toutefois dans le cas où il n'existerait qu'un seul héritier mâle de la descendance directe et légitime naturelle on adoptive de notre cher et bien amé Cousin le DUC DELCH1NC.EN.

« A cet etl'et dans le cas ou il y aurait plusieurs héritiers mâles voulons que le lits aine recueille après le décès du titulaire le titre de PRINCE DE LA MOSKOWA avec l'entière possession des biens attachés à ce titre pour les transmettre à sa descendance masculine naturelle ou adoptive par ordre de primogéniture, et que le fils puinë succède au titre de DUC D'ELCHINGEN, ainsi qu'aux biens et revenus qui en dépendent pour être possédés par lui et transmis dans le même ordre et de la même manière.

« Imposons au PRINCE DE LA MOSKOWA l'obligation d'avoir un palais situé dans notre bonne ville de Paris qui sera irrévocablement attaché à la dite PRINCIPAUTÉ DE LA

MOSKOWA et dont la valeur ne pourra être moindre que celle de deux années du revenu de ladite principauté.

« Et advenant le cas ou les titres de PRINCE DE LA MOSKOWA et de DUC D'ELCHINGEN seraient divisés et reposeraient sur deux tètes différentes nous entendons que chacun des titulaires ait à Paris un palais d'une valeur égale à deux années du revenu de la dotation de son titre.

« Autorisons Notre cher et bien amé Cousin le Duc d'Elchingen à se dire et qualifier PRINCE DE LA MOSKOWA en tous actes et contrats tant en jugement que dehors: voulons qu'il soit reconnu partout en ladite qualité après qu'il aura prêté le serment prescrit par l'article trente sept de notre second statut du premier mars mil huit cent huit: entendant toutefois que le titre de PRINCE DE LA MOSKOWA ne donne au titulaire dans notre cour dans nos états et ailleurs aucuns autres droits et prérogatives que ceux dont jouissent les Ducs de Notre Empire, avec lesquels il prendra rang suivant la date de l'érection du dit titre.

« Permettons à notre dit Cousin le PRINCE DE LA MOSKOWA de porter en tous lieux les armoiries et écusson tels qu'ils sont figurés et coloriés aux présentes et qui sont : D:or à la bordure d'azur, chargé en abîme d'un écusson du second à l'orle du champ, soutenu de deux mains armées accolées et adossées de sable, tenant chacune un sabre haut du même; le tout surmonté du chef des ducs de l'Empire : Pour livrées les couleurs de l'écu.

« En cas de séparation de la PRINCIPAUTÉ DE LA MOSKOWA et du DUCHÉ D'ELCHINGEN, les armoiries et livrées des DUCS D'ELCHINGEN seront les mêmes que celles ci-dessus sauf que l'écusson en abime sera chargé d'une bande d'argent laquelle sera répétée par une bande blanche sur la manche de l'habit dans les livrées.

« Chargeons notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire de donner communication des présentes au Sénat et de les faire transcrire sur ses registres; Enjoignons à notre Grand-Juge Ministre de la Justice d'en surveiller l'insertion au bulletin des lois; Mandons à nos Procureurs Généraux près nos Cours Impériales à nos Procureurs Impériaux sur les lieux de l'aire publier et enregistrer les présentes à la cour Impériale, au domicile de l'impétrant et partout ou besoin sera : Car tel est notre bon plaisir et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours Notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire y

a fait apposer par nos ordres notre grand sceau en présence du Conseil du sceau des titres.

« Donné à Paris le vingt-cinquième .jour du mois de mars de l'an de grâce mil huit cent treize.

« signé Napoléon u Scellé le premier avril mil huit cent treize « Le Prince Archichancelier de l'Empire « Sisné Cambacérès. »

(Archives de la Seine.)

« Du sept décembre, mil huit cent quinze, à trois heures du soir.

« Acte rie décès de Michel Ney, décédé ce jourd'hui, à neut heures vingt minutes du matin, à Paris place et quartier de l'observatoire, âgé de quarante six ans, né à Saarlouis, département de la Mozelle, ex-Pair de l'rance, Duc d'Elchingen, Prince de la Moskowa, Marié à Aglâe Louise Auguié, demeurant à paris rue de bourbon, N° 74, quartier du faubourg St Germain.

« Sur la déclaration de Mr georges fréderic Rayot, exintendant du défunt, âgé de quarante sept ans, demeurant à paris rue de Richelieu N" 79, quartier du palais P<oyal, étranger au défunt, Et de Mr Charles Guillaume Gamot, âgé de quarante neuf ans, officier de la légion d'honneur, demeurant rue taitbout N° 15, quartier de la chaussée d'Antin, beau frère du défunt

« Constaté par nous Maire du douzième Arrondissement de Paris et avons signé avec les témoins : Lecture faite du dit acte : ainsi est signé au Registre Rayot, Gamot et Cochin Maire de cet arrondissement.

« Délivré pour copie, conforme au Registre : paris le onze décembre mil huit cent quinze.

« Cochin »

Le corps du Maréchal a été enseveli au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, dans une tombe où sont venus bien loi le rejoindre Henri Gain pan et M. Gamot et où M. Auguié, d'abord mis dans un tombeau distinct, dans le

môme cimetière, a été plus tard transport!''. La tombe du Maréchal était seulement couverte de gazon. Au milieu des monuments de grand luxe qui peuplent ce cimetière, elle marquait, par son caractère, comme une protestation contre la mort sinistre du héros. Tout cela est changé depuis peu : la tombe du Maréchal est maintenant surmontée, comme les autres, par un monument splendide (donc quelconque), en pierre de taille, avec sculptures et inscriptions (dont beaucoup d'ailleurs sont erronées).

La i'ue de Bourbon est la rue de Lille : on l'avait appelée rue de Lille en l'honneur de la défense héroïque de cette place, en 1792. La Restauration venait de rétablir l'ancien nom de rue de Bourbon. M. Lazard, Ss archiviste aux Archives de la Seine, m'a dit que le N° 74 était probablement à l'emplacement occupé actuellement par la rue de Solférino, fait qui m'est confirmé par ceci qu'il résulte des Mémoires de la Duchesse d'Abr'antès, T. VII, Gh. II, que l'hôtel du Maréchal Ney était situé, rue de Lille, à côté et à gauche de celui de la Légion d'honneur.

Les majorats, l'un attaché au titre de prince de la Moskowa, l'autre au titre de duc d'Elchingen, sont réduits, actuellement, à une rente de 63 204 francs, y compris 2.j 000 francs sur le Mont de Milan, dotation exclusive du duc d'Elchingen (Journal Le Temps, 27 octobre 1903). Le Mont de Milan, créé par Napoléon en 1805, avait pour but de liquider et de consolider la Délie italienne, et, comme il devint rapidement débiteur du gouvernement français, les rentes qu'il possédait furent, affectées à des dotations constituées par l'Empereur en faveur d'officiers ou soldats; leur payement a cessé en 1814, mais il a été repris à partir de 1859 (L'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux du 10 juin 1895).

Dans les papiers de mon oncle Léon Partiot, il est mentionné incidemment, que le Maréchal avait reçu, à

litre de dotations, une propriété immense en Italie, au lac de Trasiméne, rapportant 200 000 francs par an, et des mines de sel en Pologne. Mais tous ces I tiens lurent naturellemenl perdus pour le Maréchal quand ces pays lurent repris, à la chute de Napoléon.

A la suite de la mort terrible du Maréchal Ney, la Maréchale a pensé, qu'étant donnée l'extrême tension des passions politiques, il était préférable pour elle et surtout pour ses enfants, de quitter la France. Elle a été s'installer, avec eux, à Florence et à Lucques, en Italie, à la fin de 1816; elle est rentrée en France, avec eux, en octobre 1819 (Notices de Mmc Campan sur sa famille. — Correspondance inédite de Mme Campan avec la Reine Hortense, T. II. — Lettres de Mme Campan à la Maréchale Ney. M EL — etc.) ('). Pendant ce séjour en Italie, elle s'est remariée : elle a épousé un M. Jules de Resigny, Officier français, plus tard Général. C'est un l'ait bien connu.

En réponse à une demande de renseignements qu'il

(') Mmo Campan avait vivement insisté pour ce retour en France dans de nombreuses lettres adressées à la Maréchale (M EL) :

« Mantes ce 16 avril 1819 ce que le temps ne veut pas attendre,

c'est la garantie que les Ent'ans d'un homme dont le nom appartient si essentielement à la france par le souvenir de sa valeur, ne soyent lias élevés en pays Etrangers. »

« aux Coudreaux ce 8 août 1819 tout ce qui est éminemment

francois regarde ses Enfans [du Maréchal] comme appartenant à la nation pour laquelle leur père a versé son sang de tant de

manières et ce parti s'afflige de les voir sur une terre Etrangère

il faut les retremper clans l'air francois il n'y a pas deux opinions sur cela »

rivait reçue d'un membre de la famille, mon oncle Léon Partiot écrivait :

« Son mariage avec celui-ci [ le Général de Resigny], qui a eu lieu, je crois, à Milan, a été purement morganatique. Quand j'ai été reçu, en 1845, à l'Ecole Polytechnique . . . j'allais tons les Mercredis et tous les Dimanches, chez la Maréchale, sœur de ma grand'mére, M»»e Gamot, et j'y ai heaucoup connu le Gai f]e Resigny. 11 demeurait avec ma tante, mais celle-ci avait conservé son nom de Male Ney et ses titres. J'ai quitté Paris en 1830 et je n'ai revu que rarement le général. Je ne sais à peu près rien de son histoire. Je sais seulement qu'il a commandé dans le Loiret, vers la fin de sa carrière. Il a toujours été fort aimable pour moi. La réalité de ce mariage m'a d'ailleurs été affirmée par le O1 C,e César de la Ville qui avait épousé en secondes noces ma grand'mére M'«c Gamot. t>

Pas d'entants.

C'est après sa rentrée en France que la .Maréchale a annoncé ce mariage, mais à sa famille seulement. Elle ne l'a plus caché lorsque, ensuite, la situation politique a changé, par la chute de la Restauration, mais elle ne l'a pas complété par un mariage civil, parce que, de ce fait, elle aurait perdu ses titres.

Aussitôt, M. de Resigny est admis par toute la famille : il figure amicalement dans les lettres qu'on s'écrit (Curr... avec la Reine Hortense. — LP — M EL — Mes papiers.). Mmo Gampan, écrivant à la Maréchale (M EL) a soin de terminer par un mot affectueux pour lui (3 août, 23 octobre, 31 octobre 1820, etc.). Plusieurs lettres de la Reine Hortense à la Maréchale (M EL), en 1818, 1821, 1822, 1825, se terminent par un mol aimable s pour M1' Jules », puis, pour « Jules » tout court : « adieu je t'embrasse tendrement mille choses à tes enfants et à Jules d (5 octobre 1825). La Pleine Hortense a eu les premières confidences.

Je n'ai trouvé aucun indice que M. de Resigny fut connu auparavant par la famille, y compris la Maréchale.

J'ai trouvé dans VAlmanach <lu Commerce de Paris les adresses suivantes :

1829 : « Resigny (De) Chevalier de l'ordre royal de la Légion d'Honneur, prop1'., Fs. Poissonnière, 29. » — « Moskova (M,e princsso de la), Rochefoucault 6. »

1830 et 1831 : Resigny aussi habite « Laroeliefoucault, 6. » Ce mariage étant purement religieux, n'est mentionné

dans aucun acte français. Je rappelle qu'une sœur de la Maréchale Ney, M,,,e Gamot, mon arrière -grand'mère, s'est aussi remariée, peu d'années après la mort de son mari, avec un officier des armées de Napoléon, M. de la Ville. Nous verrons plus loin que son autre sœur, M""5 de Rroc, étant veuve depuis huit mois, M""-' Canipan voulait la remarier.

J'ai réussi à me procure)', aux Archives du Ministère de la Guerre, l'État des services de M. de Resigny :

« d'Y de Resigny (Marie Jules Louis), né le 24 août 1788 à Resigny (Aisne), fils de Marie Louis Etienne d'Y, Seigneur de Resigny et de Marie Louise de Maequerel.

« Elève de l'Ecole Spéciale Militaire le 15 septembre 1805.

« Nommé Sous lieutenant le 21 novembre 1806. — Resté en arrière pour cause de maladie, n'a rejoint le quartier général de la Grande armée qu'à la fin de décembre 1S06.

« Placé au 7e chasseurs à cheval, 3 janvier 1807.

« Lieutenant 6 mai 1811.

« Capitaine 5 juin 1813.

« Aide de camp du duc Charles de Plaisance, 16 juin 1813.

« Officier d'ordonnance de l'Empereur, 22 avril 1815.

« Chef d'Escadron, 21 juin 1815.

« Considéré comme démissionnaire, 23 juin 1815, ayant été ce jour « admis à l'honneur de suivre l'Empereur dans sa retraite. »

« Chef d'Etat major du général Colbert, 5 août 1830.

« Lieutenant colonel du 61' Hussards, 20 août — .

« Colonel du le'1 Dragons, 24 janvier 1832.

i Maréchal de Camp, 18 décembre 1841.

« Commandant une brigade do Cavalerie au corps d'opérations sur la Marne, avril -septembre 1842.

« Commandant la brigade de Cavalerie de Lunéville, 27 décembre 1842.

« A commandé une brigade au corps d'opérations de la Moselle en 1844.

« Commandant le département d'Eure-et-Loir, 2 mai 1846.

« puis celui des Ardennes, 13 mai 1848.

« Retraité, 4 novembre 1850.

o Placé dans la section de réserve à son rétablissement, 1e'' janvier 1853.

« Décédé à Auteuil (Seine) 25 octobre 1857.

« Campagnes :

« 1807. Grande Armée, en Pologne, s'est trouvé à Friedland.

« 1808. Espagne, avec le 1er régiment de marche des chasseurs dans la formation duquel était entré un détachement du 7e chasseurs.

« 1809. Armée d'Allemagne (Autriche) Ratisbonne, Wagram et Raab.

« 1812. Russie.

« 1813. Saxe.

« 1814. Siège d'Anvers.

« 1815. Belgique.

« Décorations :

« Légion d'honneur, 24 octobre 1813;

« Officier, 1er mai 1831 ;

« Commandeur, 20 février 1841 ;

« Grand-Officier, 31 décembre 1852.

« Aurait reçu trois blessures à des dates et dans des circonstances inconnues. »

J'ai trouvé, aux Archives de la Seine, son acte de décès, reconstitué (probablement au moyen d'une déclaration de succession) après les incendies de la Commune :

« L'an mil huit cent cinquante sept le vingt cinq octobre, est décédé, à Auteuil, Seine, place d'Aguesseau N° 2, Marie Jules Louis d'Y de Resigny général de brigade en retraite, âgé de soixante-neuf ans, né à Resigny, Aisne, célibataire. »

Page 1