‹ Livre de familleChapitre 19 sur 36 · APPOSER LA PRÉSENTE ÉPITAPHE · texte numérisé non relu

APPOSER LA PRÉSENTE ÉPITAPHE

cLiiez zDieu pour l'âme d'une di pieuâe

et cliaiilabie bienfaitrice et pour te & .

X Oveque de Çiraidin de Setiigny don

frère.

Pimelles et Serrigny sont des communes des environs de Tonnerre.

Je rappelle que la grand'mère maternelle de Jean Genêt, d'après un acte de baptême de 1657, était née Girardin. Dans cette inscription, près d'un siècle plus tard, nous retrouvons le même nom, mais agrémenté de la particule de.

Je remarque l'intervention des paroissiens dans l'approbation. Je note que le taux de l'intérêt est 5 %.

J'ai trouvé, aux Archives de la Seine l'enregistrement de ce testament (Insinuations, 9 may 1739). En voici quelques extraits :

« Du Testament de d»'0 antoinette Levesque veuve du S antoine chipier libraire à Paris y demeurante rue de sève fauxb. S1 Germain psse S1 Sulpice reçu par Bellanger Le trente avril mil sept cent trente neuf

« Donne et lègue lad dme testatrice à l'Eglise pssaie D'annemoyne près tonnere diocèze de Langres la somme de trois mil livres qui sera fournie par son legat'e universel cy après nommé. . . . pour servir Le revenu de lad somme a perpétuité a l'entretien d'un prestre qui sera establi en lad Psso pour y célébrer tous les jours la messe à l'intention Et pour le repos de l'arne de lad testatrice et de celles de ses parens et pour faire le Cathechisme les dimanches et festes aux enfans de lad ps« lequel prestre sera aussy a Perpétuité a la nomination dud S Légataire universel cy après nommé et de ses descendans

« Donne et lègue la somme de mil livres aux pauvres de lad psse de Dannemoyne laquelle somme Leur sera distribuée par le S son legre universel cy après nommé et suivant sa discrétion lad testatrice l'Exhortant de Préférer dans cette disposition les pauvres de sa famille.

« Donne et lègue à Edme antoine Genest filleul du mary de lad testatrice cinquante livres de rente viagère.

« Et quant au surplus de tous les biens. . . . lad d""' testatrice donne et lègue tout le surplus audit M* Jean Genest son cousin chez lequel elle demeure et qu'elle fait et institue son leg™ universel. . . »

Rue de Sève est pour rue de Sèvres.

Je remarque que, dans cette famille, il y a des pauvres. Je remarque aussi que ce testament (ou du moins son enregistrement) ne fait nulle mention du Mr de Pimelle de l'inscription.

J'ai cherché à me renseigner sur les Genêt au moyen des diverses Archives qui se trouvent à Paris :

Les Archives de la Seine comprennent à la fois les Archives départementales de la Seine et les Archives municipales de Paris. J'y ai puisé surtout dans les Actes de l'État civil et dans les Insinuations.

Les Actes de l'État civil de Paris existaient, comme partout, en deux exemplaires, l'un à l'Hôtel de Ville, l'autre au Palais de Justice. Le gouvernement insurrectionnel de la Commune ayant incendié, le 24 mai 1871, el l'Hôtel de Ville et le Palais de Justice, les deux exemplaires de tous les actes antérieurs ont été détruits. Une loi insérée au Journal officiel du 11 février 1872, p. 1014, a prescrit d'en reconstituer le plus grand nombre possible au moyen des expéditions, extraits ou enregistrements de ces Actes qui se trouvaient dans les dossiers détenus par les notaires, par les administrations, par les tribunaux, etc. Bien que, par économie, l'on n'ait pas poussé ce travail à fond (il a coûté plusieurs millions et a duré plus de 20 ans), l'on a reconstitué ainsi 2.700.000 actes, soit le tiers du nombre de 8 millions des actes détruits. Pour le XVIIIe siècle, qui m'intéresse particulièrement en vue de mes recherches, le nombre des actes reconstitués atteint 240.000. Les actes sont divisés en trois catégories : les naissances, les mariages, les décès. Pour chaque acte, l'on a fait une fiche portant le nom, les prénoms et la date. Dans chaque catégorie, les fiches sont classées par ordre alphabétique et les actes par date. Les recherches sont ainsi extrêmement simples et rapides.

Les Insinuations (enregistrements fiscaux) comprennent les Testaments depuis 1704, mais avec tables depuis 1724 seulement — et les donations (dont les contrats de mariage comportant donation) depuis 1733, tout. avec tables.

Les Archives Nationales contiennent une masse énorme de documents variés. Dans mes recherches sur les anciens Genêt, j'y ai consulté les Insinuations du Ghâtelet, qui sont des enregistrements d'actes (enregistrements judiciaires), et les Publications du Ghâtelet, où certains actes sont reproduits intégralement. Les deux millions de pièces contenues dans les six mille liasses Y. 10719-16022, comprennent les « avis de parents » sur les décès du xvr au xvnr siècles, mine inappréciable de renseignements généalogiques. Mais il n'y a pas de table. Il est donc pratiquement impossible d'y faire des recherches utiles.

Les Archives de chaque notaire de Paris contiennent les actes passés par tous ses prédécesseurs. Les notaires de Paris ont une haute idée de leur responsabilité professionnelle. Pourvoir, chez l'un d'eux, le contrat de mariage Genel-de Béarn, de 1721, j'ai dû présenter une lettre de mon notaire certifiant que je suis descendant des susdits et que mon honorabilité est parfaite.

Voici comment j'ai trouvé le contrat de mariage Genetde Béarn, pièce que je supposais d'un grand intérêt : Quelques minutes de recherches dans les fiches des actes de l'État civil m'ont prouvé que leur acte de mariage n'a pas été reconstitué, mais elles m'ont indiqué les actes de naissance de leurs deux enfants, actes que j'ai eus, par suite, immédiatement. Ils m'ont appris que la naissance de l'aîné est du 13 décembre 1726. J'ai cherché le contrat de mariage dans les Insinuations du Ghâtelet, en remontant à partir de quelques mois avant cette date. J'ai craint, un moment, de ne pas le trouver parce que j'ai constaté que les mariages n'étaient insinués au Châtelet que plusieurs

années après, quelques fois même 31 ans après ! Bientôt, cependant, je l'ai trouvé, insinué le 22 mars 1725. Cette insinuation m'a fait connaître la date du contrat : 8 juillet 1721 — et le nom du notaire : Mc Duport, dont le successeur actuel est Me Meunié, Boulevard du Montparnasse 94, ce qui m'a donné le moyen de voir le contrat lui-même :

« MARIAGE DE JEAN GENEST 8 Juillet 1721

ET DE JEANNE DU ROCH « Fait

« Furent présens Jean Genest bourgeois de paris dem' rue Saint Jacques parroisse Saint Benoist pour luy et En son nom d'une part

« Et Dame"» Jeanne du Roch de Béarn fille majeure jouissant de ses droits demeurant a paris rue Saint dominique parroisse Saint Sulpice en l'hôtel de madame la Comtesse de Brassau aussy pour Elle et en son nom d'autre part

« Lesquelles partyes de l'agrément dé haut et puissant dame dame Marthe Madelaine foullé de Pruneuaus Veuve de haut Et puissant Seigneur M" alexandre de Gallard de Bearn Baron de Salles Seigneur de La Rochebeaueourt et autres Lieux Colonel d'un régiment d'infanterie et de haut et puissant seigneur M>p Guillaume alexandre de Gallard de Bearn chevalier marquis de Brassac Baron de Larochebeaucourt Colonel de de Cavallerie fds de lad Dame Et Encorre En la pnce des parens et amis desdits futurs Epoux cy après nommez Scavoir du coté du futur Epoux d'Edme Genest marchand de vin son frère, d'antoine Chipjer libraire son cousin et du coté de la future Epouze de Jean Amilien chlier de l'ordre de S1 Lazare son oncle et de Catherine Forestier fille son amie.

« Ont volontairement fait Entrelles les Conventions de mariage qui En suivent

« Savoir que ledit Jean Genest Et Jeanne Du Boch promettent se prendre L'un l'autre pour légitimes Epoux en face de notre saint Eglise Incessament

« qu'ils seront Communs en biens meubles et conquets

immeubles suivant la coutume de cette ville [c'est-à-dire de Paris: c'est ce que nous appelons maintenant Communauté légale, ait. 1401 du Code civil ; — conquet a le sens actuel

d'ucqitel ]

« Le futur Epoux prend la future Epouze avec les biens et droits a elle appartenant quelle promet luy aporter et luy en faire dellivrance la veille de leurs Epouzailles. . . . [ nulle part ces biens ne sont définis ou évalués et il en est de même de ceux du futur époux ].

Je crois inutile de reproduire les diverses clauses du contrat relatives au remploi des propres de l'un ou l'autre époux, qui auraient été aliénés pendant le mariage; — donation au survivant des biens du premier mourant, sauf en cas d'enfants; — etc. La clause suivante, qui termine le contrat, m'a paru, au contraire, intéressante:

« Et désirant ladite Dame Comtesse de Brassac donner a ladite future Epouze des marques de la satisfaction quelle a de son attachement et des services quelle luy rend depuis plusieurs années a ladite Dame Comtesse île Brassac en faveur du mariage fait par ces présentes, présent et don Entrevit' et irrévocable a ladite future Epouze ce acceptant de la somme de mil livres a prendre en deniers Comptans sur tous les biens meubles et immeubles quelle délaissera au joui- de son deces pour Estre ladite somme Employée a l'achapt d'un diamant a lusage de la lutine Epouze le payement de laquelle somme ladite future Epouze ne poura néanmoins Exiger qu'une année après les deces de ladite Dame Comtesse de Brassac »

[ Suivent les formules de clôture ordinaires et enfin : |

« Fait et passé Paris, en l'hôtel de ladite Dame Comtesse de Brassac L'an mil sept cent vingt un le huit juillet avant midy Et ont signe.

[Signé]

a MM de foullé de pruneuault Contesse de brassac

« jaune duroch de bearn Jean genêt

« G. A. de Galard de Bearn marquis de Brassac

« Amilien Ghippier Genêt

« Foretier

« [ une illisible] Duport »

« Mil livres pour l'achapt d'un diamant » signifie « Mille livres à titre de cadeau personnel ». Le mot « Diamant » a souvent ce sens figuré, de même que, dans d'autres cas, le mot « Pot de vin » est pris pour l'argent par lequel on achète la conscience de quelqu'un.

En marge du contrat, on lit :

« Et le vingt jour de may mil sept cent trente Cinq En [ont?] comparu Pardevant nous lesdits Notaires à Paris soussignez le S Jean Genêt audiancier au chatelet de Paris y demeurant rue de Sève [rue de Sèvres] paroisse S' Sulpice Lequel a reconnu avoir reçu de madame la Comtesse de Brassac qui luy a paye et delaize en Ecus et monnoye ayant cours la somme de mille Livres dont ladite Pâme a fait don a l'Epouze dudit S' genêt suivant La clause du contrat cy en droit Laquelle somme ne devoit cependant estre délivrée qu'après le décès de Ladite Dame Comtesse de Brassac ; dont et de quoy ledit S1' genêt se déclare content et satisfait en quitte Et reniercy ladite Dame et se charge de ladite somme envers son

Epouze

[ Signé ] « Genêt [ et les notaires ] ».

La future étant de la paroisse S'-Sulpice, j'ai pensé que le mariage avait dû être célébré dans cette paroisse. Or, à la fin du règne de Napoléon III, on a fait des fiches de l'ancien État civil dans le but de dresser une table. Ces fiches existent (Arch. Seine), mais dans le plus grand désordre. Celles de S'-Sulpice remplissent 31 boîtes 1 Après plusieurs heures de travail j'ai trouvé une fiche ainsi libellée : « Sulpice-1721-19 juillet-Genet Jean-Durocq Jeanne ». D'autre part, la maison Pavy, la célèbre maison de recherches d'héritiers, qui avait, de son côté, relevé jadis sur les registres de nombreuses fiches de l'État civil de Paris, a eu l'amabilité de me faire savoir que, le 19 juillet 1721, à S'-Sulpice, s'est marié Genêt Jean avec Dui'ocq Jeanne. Ces deux renseignements concordants nous donnent la date exacte du mariage.

Examinons successivement les diverses personnes qui figurent dans le contrat :

1" Genêt, le futur époux. Il porte le prénon de Jean et aucun autre, dans ce contrat et dans tous les autres actes que j'ai vus, ainsi que dans l'inscription de l'église de Dannemoine. Dans son testament « J'implore, écrit-il, Saint Jean Baptiste, Saint Jean l'Evangélisle, mes patrons». Et [cependant, Mme Campan, qui est sa petite-fille et l'a connu lorsqu'elle était enfant, l'appelle Edrne ! Mais plusieurs archivistes m'ont dit que, souvent, à cette époque, l'on donnait, en famille, un prénom différent du prénom légal : le prénom légal, celui du baptême, était généralement, en effet, celui du parrain, et non pas le prénom préféré. Peut être d'ailleurs M ""'Campan s'est-elle simplement trompée, comme elle l'a fait pour d'autres détails?

Il est extrêmement probable que ce Jean Genêt est le même que celui qui est né à Dannemoine, près Tonnerre, le 2 avril 1(590, de Erançois Genêt, boulanger et pâtissier, et de Marie Bouzard.

L'insinuation du contrat de mariage porto, en marge « Led. Genêt n'est que Domestique ». Nous le verrons en effet plus tard qualifié « ci-devant intendant de S. E. Mgr le Cardinal Alberoni ».

En 1728, il a acheté l'une des seize ou dix-huit charges d'Huissier audiencier du Châtelet de Paris (il ne ligure pas dans YAlmanach Royal de 1728, mais ligure dans ceux de 1729 et années suivantes). Il a acheté l'une des deux charges de Premier Huissier audiencier du Châtelet de Paris en 1741 et l'a vendue en 1757 (résulte des divers volumes de YAlmanach Royal).

2" Jeanne de Béarn, la future épouse. De l'avis de toutes les personnes compétentes, elle est très-probablement la fille naturelle d'un de Galard de Béarn.

M.Jean de Jaurgain, de Mauléon, m'a écrit (janvier 1905):

« J'ai en ce moment-ci, chez moi, toutes les Archives de la Maison de Galard de Béarn, mais je n'ai rien trouvé qui ait trait à Jeanne du Roch de Béarn ».

D'après Mmc Campan, Jeanne aurait été enlevée à sa mère, qui était protestante, pour être élevée dans la religion catholique. Je l'ai vainement cherchée dans plusieurs ouvrages protestants et, notamment, dans La Révocation de l'Edit de Nantes à Paris, 3 vol., où l'auteur, M. Douen, a relevé les noms de tous les protestants enfermés à Paris qu'il a pu découvrir. Si le de Galard de Béarn, père de Jeanne, n'a épousé sa mère que devant un pasteur protestant, ce mariage a dû être regardé comme irrégulier et Jeanne comme fille naturelle.

En 1771, à l'acte de mariage d'une petite fille de Jeanne de Béarn avec M. Bousseau, « Mre francois Alexandre Galard de Béarn, officier dans les carabiniers » a signé comme l'un des témoins.

J'ai trouvé l'acte d'inhumation de Jeanne de Béarn à Draveil (Seine-et-Oise) où, sans doute, devenue veuve, elle était aller habiter chez son fils Pierre Michel Genêt :

« L'an mil sept cens soixante six et Le quatre mars a été inhumée dans le cimetière de Draveil, par nous curé soussigné Le Corps de dame Jeanne Du Koch de Beard veuve de feu monsieur jean genêt ancien premier audiencier an ehatelet de paris décédée Le deux de ce mois en sa maison de campagne sise dans cette paroisse, âgée d'environ quatre vingt ans Le dit enterrement fait en présence de M'' pierre michel genêt son fus et de M1' Charles Louis Cardon capitaine d'infanterie, ingénieur ordinaire du Roy demeurant a Versailles »

D'après cela, elle est née vers 1686 et elle avait 35 ans environ lorsqu'elle a épousé Jean Genêt.

3° et 4° La Comtesse de Brassac, Veuve de Galard de Béarn, et son fils. Ce sont de très-grands personnages. Il en sera question plus loin.

5° Edme Genêt, marchand de vin, frère du futur. C'est très-probablement le Edme Genêt, né à Dannemoine près Tonnerre, en 1(592. Il est bon de remarquer que, dans les actes de l'État civil de cette époque que j'ai vus dans cette commune, un très grand nombre de ses habitants sont qualifiés de « vigneron ».

6" Antoine Chipier, libraire, cousin du futur. Je rappelle qu'il figure dans l'inscription de Dannemoine.

7° Le chevalier Amilien. Madame Campan le cite dans ses Notices.

8" Catherine Forestier. M. de Jaurgain m'a écrit que la Comtesse de Brassac, née Foullé de Prunevaux, mentionne sa Nanette Forestier, sa première femme de chambre, femme de Maurice Vaudey, son homme d'affaires, dans son testament du 5 août 1743. J'ai trouvé, dans les Archives de la Seine :

Paroisse S' Sulpice. « Le sept juin mil sept cent soixante quatre a été fait le convoi service et enterrement dans le cimetière de Catherine Forestier épouse de Maurice Vaudey bourgeois de Paris décédée la veille rue de Sève chez Monsieur Bonneau architecte entrepreneur des Batimens du Roy et des Ponts et chaussées âgée de soixante cinq ans et huit mois. Témoins M1' Etienne Sebastien Lenoble ancien huissier audiencier au chatelet de Paris gendre de la défunte et Mr Urbain Firmin Lenoble huissier en la cour des Requêtes du Palais. »

L'analogie est frappante avec Jeanne du Roch de Béarn. La rue de Sève s'appelle actuellement rue de Sèvres. Maurice Vaudey a signé au contrat de mariage de Edme Jacques Genêt, fils de l'amie de sa femme.

Jeanne du Pmch de Béarn paraît être, nous l'avons vu, fille naturelle d'un de Galard de Béarn : probablement, pense M. de Jaurgain, de l'un des beaux frères de la Comtesse de Brassac et, parmi eux « peut-être de R.ené de

Galard de Béarn, capitaine au régiment d'Angoumois ». Il est donc intéressant de rechercher leur généalogie. Mon cousin Pierre Izarn m'a envoyé à ce sujet beaucoup de précieux renseignements. Je n'en reproduirai qu'une partie, mais en y ajoutant quelques dates que j'ai trouvées dans Le grand Dictionnaire historique du Moréri, 1759.

Louis VIII,

Roi de France,

épouse

Blanche de Castille.

Leur 3° fils, Robert de France,

Comte d'Artois, I du nom, né 1216, f 1249 ;

épouse, 1237, Mahaut de Brabant, f 1288.

Robert, Comte d'Artois, II du nom, né 1250 (posthume), f 1302 ; épouse Amicie de Courtenai.

Philippe, Comte d'Artois, f 1298 ;

épouse, 1280, Blanche de Bretagne, f 1327.

Gaston, Comte de Foix, I du nom, Vicomte de Béarn et de Castelbou, f 1315 ; -> épouse, 1301, Jeanne d'Artois.

Boger-Bernard de Foix, IV du nom,

Vicomte de Béarn et de Caslelbou,

Roger-Bernard de Foix, V du nom,

Vicomte de Béarn et de Castelbou ;

épouse Géraude de Navailles.

Archambauld de Grailly,

Captai de Bucli.f 1412; épouse Isabelle de Foix, -<-

Vicomtesse de Béarn et de Caslelbou, t 142G.

Jean de Grailly,

Comte de Foix et de Bigorre,

Vicomte de Béarn, f 1437 ;

épouse :

1» Jeanne de Navarre, f 1420 ;

2» Jeanne d'Albret, f 1433 ;

3» Jeanne d'Aragon.

Y Bernard de Béarn, épouse N. de Lavedan,

Jean de Béarn,

épouse Angline de Miossens.

Jean de Béarn, Seigneur de St-Maurice, épouse Brunette de Lion.

Jean de Béarn, Seigneur de St-Maurice,

épouse Jeanne d'Antin

(remariée à Hugues de Galard).

Hugues de Galard de Brassac,

épouse :

1" En 1484, Marie de Grossoles de Flamarens,

2» Le 12 novembre 1508,

Jeanne d'Antin.

François de Galard de Brassac, épouse, 12 novembre 1508, ->. Jeanne de Béarn de Gerderest, dame de St-Maurice.

Jean de Galard de Brassac de Béarn,

épouse, 1553,

Jeanne de La Roche Andry.

Bené de Galard de Brassac de Béarn,

épouse, 1578,

Marie de La Roche-Beaucourt.

Louis de Galard de Brassac de Béarn,

t (?) 1647 ; épouse Marie de Ranconnet de Noyant.

Alexandre de Galard de Brassac de Béarn,

Comte de Brassac, f 1691 ; épouse, 1646, Charlotte de La Rochefoucauld.

François-Alexandre Louis-Alexandre-René Daniel Plusieurs de Galard de Brassac (mort sans enfants). (marié). lilles. de Béarn.

Comte de Brassac, Marquis de La Bochebeaucourt, f 1713 ;

épouse, 1092, Marthe-Madeleine I'oullé de Prunevaux, f 1747.

Guillaume- Alexandre

de Galard de Béarn,

Comte de Brassac.

On a vu que cette filiation passe, pendant trois générations, dans la Maison de Foix. Or, d'après ce que m'a écrit mon cousin Pierre Izarn, qui l'a trouvé dans divers ouvrages :

« La tradition fait descendre la Maison de Foix, dePharamond, roi des Francs, et Pharamond, de Marconi ir V, Prince Franc. Marcomir V descendait lui-même d'Anténor, Prince Troyen, qui fut au siège et vint ensuite fonder la ville de Padoue. Anténor eut pour descendant Marcomir I, qui conduisit les Francs de la Troade en Germanie »

Nous allons redescendre, plus terre à terre, aux actes qui concernent directement ledit Genêt.

« Extrait des Registres des baptêmes de l'église paroissiale de Saint Sulpice à Paris.

« Le Dimanche quinze Décembre mil sept cent vingt six a été baptisé Edme Jacques né avant hier fils de Jean Genêt ci devant intendant de S. E. Msr le Cardinal Alberoni et de Jeanne Duroc de Beard son épouse demeurant rue de Grenelle, le parrain Jacques Le Tellier bourgeois, la marraine Nicole Carbon femme du parrain, le père présent le parrain et la marraine ont déclaré ne savoir signer Genêt, Delavralle vie. »

« Extrait des registres des sépultures de l'Église paroissiale de Saint Sulpice, à Paris.

« Le Vingt neuf septembre mil sept cent trente a été baptisé Pierre Michel né aujourd'hui fils de Jean Clenet ci devant intendant de S. E. Ms>' le cardinal Albcrony et de Jeanne Durocq de Bearn son épouse demeurant rue de Grenelle faubourg S1 Germain le parrain Pierre P.éutot bourgeois, la marraine Marie Magdelei ne Laveilan fille de Laurent bourgeois le père absent, le parrain et la marraine ont déclaré ne savoir signer. Signé de Marinay vie. »

« Constitution Viagère.

« La Compagnie des Indes.

o Edme Jacques Genêt.

« 15 Juillet 1748.

« Monsieur Uobineau Le Jeune, notaire. »

C'est un immense imprimé dont les blancs sont remplis. Il y est exposé que S. M., par l'Édit du mois de Juin 1747, a crée et aliéné au profit de ladite C'» « neuf millions de livres

de rente annuelle et perpétuelle au Denier vingt au

payement de laquelle rente le produit de la Kermedu privilège de la vente exclusive du Tabac, sera et demeurera spécialement et par privilège affecté et hypothéqué que le Koi,

par Arrêt de son Conseil d'Etat du 13 Mai 1748,. . . a permis. . . créer et constituer au nom de ladite Compagnie, jusqu'à concurrence de douze cens mille livres de rentes viagères, soit à raison de dix pour cent sur une seule tête, soit à raison de sept et demi pour cent sur la tète de deux personnes et de la survivance d'elles

« Et en conformité desdits Edit et Arrêt du Conseil, lesdits sieurs sindics et directeurs comparans ont vendu, créé>

constitué, assis et assigné par ces présentes et promis pour et au nom de ladite compagnie des Indes, garantir de tous troubles et empèchemens généralement quelconques à M>' Jean Genêt, Premier audiancier du chatelet de Paris et à Dame Jeanne Du Roc de Béard son épouse de luy autorizée demts Rue du Four pss<= S' Sulpice pour jouir par Eux et le Survivant d'Eux de la Rente ci après sur la teste et pendant la vie du S' Edme Jacques Genêt leur fils qui en jouira après le décès du survivant Desdits S>' et demoiselle ses père et mère

« Six cent Livres de rente viagère

« Cette constitution est faite moyennant la somme de six mille livres qui est à raison de dix pour cent [ et qui a été remise] au caissier de ladite compagnie ».

Suivent diverses signatures dont « Jean Genêt » et « Jeanne iluroch de beard ».

« Constitution Viagère.

« La Compagnie des Indes.

« Jean Genêt.

« 15 Juillet 1748 ».

Cet acte est identique au précédent, sauf le nom Pierre Michel Genêt, au lieu de celui Edme Jacques Genêt.

A la première Constitution est joint l'acte de baptême d'Edme Jacques et, à la seconde, celui de Pierre Michel. Lors de la reconstitution des actes de l'État civil, après la Commune, le notaire a versé copies de ces actes aux Archives de la Seine, où je les ai trouvées. Les mentions ajoutées à ces copies m'ont indiqué les deux Constitutions et le notaire, chez qui j'ai pu ainsi aller les consulter (actuellement M° Meunié).

S. M. Le Roi en son Conseil, ainsi que les syndics et directeurs de la Compagnie des Indes, étaient vraiment bien naïfs d'offrir des rentes viagères à taux fixe, sans tenir compte de l'âge des rentiers. On a vu quel habile parti ledit Genêt a su tirer de cette situation.

A cette époque, le prêt moyennant intérêt était considéré presque comme un péché. L'on cherchait à obtenir le même résultat par d'autres procédés, par exemple par Venle pour une rente viagère.

(Archives de la Seine.

Insinuations. Donations, vol. 1C8. — f« 233. V°.)

« Du 28 aoust 1752.

« Mariage Genêt Cardon, 1752.

« Par contrat de mariage passé devt charlier notaire au chatelet de Paris le neuf Janvier mil sept cens cinquante deux » se font donation de l'usufruit de leurs biens.

Ceci m'a permis de voir ce contrat, chez Me Huguenot, successeur actuel de Me Charlier :

Furent présents à ce Contrat « M*' Jean Genêt Premier huissier audiancier au chatelet de Paris et dame Jeanne Duroc de Beard son épouse [elle signe : Jeanne duroch

debeard] demeurant à Taris rue du four faubourg

S' Germain Paroisse S' Sulpice stipulans pour le S. Edme Jacques Genêt bourgeois de Paris leur fils majeur demeurant avec eux .... S. Pierre fiancois Cardon bourgeois de Paris et demoiselle henriettè Dequay son épouse [elle signe : henriet de quaeij]... demeurant à Paris susd. rue du four paroisse Saint Sulpice stipulans pour damoiselle Marie anne Louise Cardon leur fille majeure marchande lingere demte avec lesd. S. Et dame ses père et mère.... Lesquels pour raison du mariage qui doit estre incessanient célébré entre led. S. Edme Jacques Genêt et lad. demoiselle Marie anne Louise Cardon en la présence des sieurs Philippe henry Cardon avocat en parlement, Charles Louis Cardon Bourgeois de Paris, Reine henriettè Cardon fille tous frères et soeurs de Laditte future Epouse Demoiselle Elisabeth Dequay [elle signe: elisabeth de quay] tille majeure tante maternelle de la future sieur albert |nom illisible] marchand Epicier et de Reine Dequay [elle signe: rené de quaeij] son Epouse oncle a cause de

lad de son Epouse du coté de la future, Des S Maurice

Vaudey Bourgeois de Paris . . . amis communs des parties. . . « Les dits S et d"e futurs époux seront communs en tous biens meubles et conquets immeubles suivant la coutume de Paris ».

Le futur reçoit, en avancement d'hoirie, de ses parents, 10.000 livres qui sont payées « en louis d'argent et monnaye ayant cours » (en louis d'argent, cela devait peser 50 kilogrammes). En outre, il porte 1.000 livres de bardes.

La future, la demoiselle Cardon, reçoit de ses parents, aussi en avancement d'hoirie, 5.000 livres « en marchandises, meubles et effets ». En outre, elle « aporte en mariage. . . trois mille livres en meubles meublans habits

«linges et hardes qui proviennent des gains et

« épargnes de lad. dllc Cardon ».

Une fiche de l'ancien État Civil, paroisse St Sulpice, aux Archives de la Seine, m'a appris que le mariage a été célébré le 10 janvier 1752.

Lingère, Épicier, tout cela cadre mal avec les renseignements de Mme Campan et autres. Tous ces gens ont été grandis par la tradition.

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