TESTAMENT DE JEAN GENET
J'ai trouvé son insinuation, très développée, aux Arcbives de la Seine, Registre 243, F" 40, verso, — et sa copie intégrale, aux Archives nationales, Publications du Châtelet, Y.68, F" 239, Y».
Ce qui suit est extrait de l'insinuation (du 5 mai 1761) :
« Testament Genest 9 juillet 1759.
« Vu le 25 mars 1761.
« Du Testament olographe de M" Jean Genest ancien premier andiancier du châtelet Et juré crieur, en datte du neuf juillet mil sept cens cinquante neuf, Et d'un codicile aussi olographe
en datte du onze juin mil sept cens soixante, déposés à horque de Cerville, notaire au cliatelet de Paris, le vingt deux mars mil sept cens soixante un, a été Extrait ce qui suit. « un annuel aux hermites de la forest de Senard. »
[ Legs à des domestiques. Puis : ]
« Et quant au surplus de tous mes biens.. .. Je donne et lègue ledit surplus a mes deux En fan s a chacun Et par moitié à la réserve. Je dis donc que je fais une réserve touchant mon second fils que je vais Expliquer cyaprès que pour l'acquit de ma Conscience Et par dernière réflexion Jay jugé apropos de donner à Pierre Michel Genêt mon second fils par prelegs comme je lui donne par mon pMl testament Et avant partage des biens de ma succession Et Communauté la part et portion de maisons tant à Draveil qu'à Meinville dit les Creux Clos et terres et dépendances qui se trouveront lors de mon décès non seulement tous les héritages qui dépendent des deux maisons: Je lui donne aussi les meubles Et pressoirs Et gnalement tout ce qui se trouvera dans lesdites maisons sans aucune reserve, distraction toutefois faite de tout ce qui revient à ma femme car je n'Entend donner à mon second fils que ce qui regarde ma succession à la charge de substitution Et le surplus de mes biens je fais mes deux fils savoir Edme Jacques Genêt mon fils aine Et pierre Michel Genêt mon second fils, Je les fais mes légataires universels Et néanmoins sous les Conditions cy après Expliquées qu'il sera fait déduction à mon fils aine non seulement de ce que j'ai payé pour lui dont on trouvera ses obligations touchant ses Emprunts Et que j'ay paies Je veux et Entends que le montant de mad. succession tant en meubles qu'immeubles demeurera substituée aux Enfans nés Et à naître d'Edine Jacques Genêt mon fils aine Et aux Enfans nés Et à naître de pierre Michel Genêt mon second fils puiné, bien Entendu les Enfans provenant de légitime mariage Et dans le cas que l'un de mes deux fils s'avisera de demander distraction de sa légitime en justice Je le réduis a sa légitime pure et simple Et le surplus sera en accroissement sur celui qui ne la demandera pas en Exécutant ma volonté à l'Effet de quoy pour former la masse de ma succession le mobilier sera converti eu immobilier Et du tout en sera fait Empluy soit en ferme ou maison a Paris ou a la Campagne lesquels biens en fond Et mon fils aine Et mon fils puiné n'auront que l'usufruit leur vie durant seulement le
fond demeurant substitué comme je le substitue a leurs En Tans nés Et à naître 3° dans le cas que mon fils aine n'ait point d'Enfans, la présente substitution aura pareillement lieu en faveur de celui ou ceux qui se trouveront le plus proche a lui succéder. En outre si mon fils puiné vient a mourir sans Enfans avant mon fils aine Et que mon fils aine se trouve dans le cas de lui succéder, J'Entend Et veux que tous les biens tant meubles qu'immeubles qu'il recueillerait soit à titre successif de donataire ou légataire de son frère puiné Et provenant du legs universel cy dessus Expliqué lui soit pareillement substitué do la même manière Et sous les mêmes Conditions que celles cy devant Expliquées. Cette seconde substitution n'aiant lieu que dans le Cas de donation ou de disposition testamentaire qui sera par lui faite au profit de son frère aine ou que celuicy se trouverait dans le cas de lui succéder, «t Sa femme Ex. Test.
« Et pour adjoint pour suppléer à l'Execution de mes volontés Et soulager ma femme a vaquer aux affaires Je nomme Edme Antoine Genêt mon neveu qui est Greffier au dépôt civil des sentences sur production Et par Ecrit au Chatelet de paris. Et pour ses peines Et soins Je lui donne Et lègue Cent livres de rente viagère a prendre sur ma succession sa vie durant Et sous la condition qu'il aura attention à maintenir la substitution dans sa force Et teneur Et que cela le regarde en cas que mes deux fils mourussent sans Enfans »
Ce testament ayant été déposé le 22 mars 1761, il est probable que Jean Genêt est décédé en mars 1761. Le lieu de son décès est sans doute Paris, parce que j'ai vainement cherché son acte d'inhumation dans les registres de Draveil et parce que son testament a été insinué à Paris (Edil de décembre 1703).
Ni dans cette insinuation, ni dans le texte intégral l'épouse de Jean Genêt n'est désignée autrement que « sa femme », « ma femme ».
La rédaction de ce testament suffirait à démontrer que Genêt n'a jamais été secrétaire de S. E. Msr le Cardinal Alberoni. «. Secrétaire » a dû être, dans sa famille, un euphémisme pour « Intendant ».
Je remarque qu'il n'est pas question de droit d'ainesse : au contraire, le plus jeune est favorisé.
Ce testament prescrit et assure autant que possible la substitution, opération par laquelle on faisait passer les biens sur les descendants de l'héritier. Les substitutions avaient pour but de conserver les biens dans la famille et, souvent aussi, de les accumuler sur les aînés successifs. Presque tous les testaments du xvmc siècle en prescrivent. La loi du 14 novembre 1792 les a prohibées. Ellles étaient contraires à notre esprit moderne, en accumulant les biens de génération en génération sur une seule tête et en entravant leur circulation. Elles sont interdites, en principe, par le Code civil, art. 896. Cependant l'article 1048 autorise la substitution en faveur des petits enfants (et, l'article 1049, des petits neveux), c'est-à-dire celle du testament ci-dessus, mais dans des conditions un peu différentes et notamment en la limitant à la quotité 'disponible.
Jean Genêt charge Edme Antoine Genêt « mon neveu », de veiller à l'exécution de ce testament. Ce Genêt a sans doute pris sa mission au sérieux, car M"1" Canipan le traite assez mal dans ses Notices.
Mes recherches dans les Actes de l'Etat civil et les Insinuations, aux Archives de la Seine, m'ont appris que, pendant tout le xvme et le xixc siècles, il a vécu, à Paris, de nombreux Genêt et Genrst, de situations très diverses. J'en ai trouvé beaucoup dans YAnnuaire du Commerce de Paris, 1905.
J'ai trouvé à la mairie de Versailles les actes suivants, tous de la paroisse S'-Louis de Versailles :
1753. — s L'an Mil sept cent cinquante trois le Dix huit du mois de novembre Julie françoise née le seize précédent fille de Edme jaques Genêt Commis aux affaires étrangères et de Marie Anne Louise Cardon son Epouse a été Baptisée par nous soussigné Prêtre de la mission faisant les fonctions Curiales Le parein a été francois Cardon grand père maternel de l'enfant représente par Louis chérou, La Maraine Jeanne de Béard grand mère paternelle représenté par [ prénom illisible] poteau qui a déclaré ne savoir signer ainsy que ledit chérou, le père Présent. »
1754. — Le 11 novembre, Baptême de Beine Louise « fille de edme jacque genêt avocat au parlement commis aux affaires étrangères et<le marie anne son épouse . . . née le jour précédent . . parein pierre genêt oncle de l'enfant représenté par pierre francois Cardon commis des baptiment et la mareine a été Beine de quay Epouse de sieur decossine représenté par Bose godelou. »
1758 — '- L'an rail sept cent cinquante huit Le vingt six may reyne Louise Genêt âgé de trois ans, fille Légitime de Edme Jacques Genêt secrétaire interprette du roy, au affaire étrangères et de marie Anne Louise Cardon, ses père et mère, décédé hier, a été inhumé dans le Cimetière de cette paroisse par nous soussigné, prêtre de La Congrégation de la Mission faisant Les fonctions curiales en présence de Sieur philippe henry Cardon, oncle de L'enfant, Avocat en parlement de Sieur Claude de Sablon commis des affaires étrangères qui ont signé avec nous. »
1756. — Le. 22 may, Baptême de marie emelie, née le jour précédent, fille de Edme Jacques Genêt, premier commis des affaires étrangères, et de marie anne Louise Cardon.
1757. — Le 23 juin, Baptême de Jacques henry, né le jour précédent, fils de Edme jacque Genêt, secrétaire interprète du
Roy aux affaires étrangers et de marie anne Louise Cardon « parein pierre Charles Genêt Bellisle capitaine de cavalerie an service du Roy despagne représenté par philippe henry cardon avocat au parlement oncle de l'enfans et la mareine henriette genêt sœur de lenfans laquelle a déclaré ne savoir signer. »
1758. — Baptême de mon arrière-arrière-grand-mère : « L'an mil sept cent cinquante huit Le onze septembre adelaide henriette fille Légitime d'Ednie Jacques Genêt, secrétaire interprette du Roy aux affaires étrangères et de marie anne Louise Cardon son épouse a été baptisée par nous soussigné prêtre de la congrégation de la mission faisant les fonctions curiales, le parein a été philippe henry cardon avocat en parlement, oncle de l'enfant, et la mareinne henriette genêt sœur de l'Enfant Laquelle a déclaré ne scavoir signer, Le parein et le père ont signé avec nous. »
1759. — Décès. « Le même jour [12 décembre 1759] un enfant ondoyé suivant Le certificat de la sage femme, nommée margueritte Abraham veuve Rodes, fils d'edme Jacques Genêt interprète des affaires étrangères et de marie anne Louise Cardon, son Epouse, décédé d'hier, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse par nous soussigné prêtre de la Congrégation de la mission faisant les fonctions Curiales en présence d'étienne mongredien Clerc de cette paroisse et de rené Tourneur garçon d'Eglise qui ont signé avec nous. »
1701. — Le 29 juillet, Baptême de Anne Glaphire Sophie, née d'hier, fille de Edme Jacques Genêt, Secrétaire interprète du Roy, au département des affaires étrangères et de marie anne Louise Cardon, parein Claude gabriel francois foucber commis aux affaires étrangères, marreine Margueritte pauline sophie deLusignan.
17G3 — « L'an mil sept cent soixante trois le dix de janvier, Edmond, Charles, né Le huit du présent mois, fils légitime d'Edmond Jacques Genêt, chef d'un bureau des affaires étrangères, et de marie anne Louise cardon, a été baptisé par nous soussigné prêtre de la congrégation de La mission faisant les fonctions curiales, le parein a été M. antoine Charles Einangart de Bournonville premier commis au département des suisses, et secrétaire de M> le Duc de choiseul, et La mareinne Julie genêt, sœur de L'enfant, Lesquels ont signé avec nous ainsi que le père présent. »
J'ai trouvé aussi à la mairie de Versailles, mais clans le registre de S'-Symphorien, l'église de la paroisse de Montre uil :
1781. — « Le douze septembre a été inhumé Edme Jacques Genêt Chef du Bureau des interprètes aux affaires Etrangères Epoux de marie Louise Cardon âgé de cinquante quatre ans décédé d'hier a été inhumé par nous vicaire soussigné de cette paroisse En présence de pierre Michel Genêt de Charmontaut son frère et d'augustin Bernard Louis Joseph rousseau Ecuyer maître d'hôtel de Madame La Comtese d'artois, et de pierre dominique francois Bertollet de Campan Ecuyer maître de la Garde robe de Madame la Comtesse d'artois et d'antoine Lucien pannelier Ecuyer receveur des domaines Et Bois du roy ses Gendres, de Jean Lechevin Ecuyer Contrôleur gênerai et inspecteur des maisons de Monsieur Et de Madame Et de Loiiis Charles Lechevin Ecuyer Contrôleur gênerai et inspecteur des maisons de Monsieur Et de Madame En survivance Cousins Et de messire Claude Léonard Collignon prêtre de la mission faisant les fonctions Curiales a la paroisse de Notre dame de Versailles Et de Charles Gilbert de La Chapelle premier commis de la Maison du roy parent qui ont signé
avec nous.
[Signé] « P. M. Genêt De Charmontaut
P. D. F. Bertholet de Campan. »
Le de de de Campan est minuscule et noyé dans une fioriture.
Les deux pièces suivantes concernent Pierre Michel Genêt, le second fils de Jean Genêt et de Jeanne de Béarn, qui habitait Mainville, à Draveil.
La première est une lettre qu'il a écrite à Edmond Genêt, son neveu, qui allait partir, âgé de dix-sept ans, faire, seul, un voyage d'instruction en Allemagne. Pierre Michel Genêt s'y montre bien tel que Mmc Campan nous l'a fait comprendre dans ses Notices : c'est un homme pieux et
naïf, vivant avec ses bonnes et ses poulets. J'ai trouvé cette lettre dans les papiers de mon oncle Léon Partiot.
La seconde pièce est son acte de décès que je me suis procuré à la mairie de Draveil (Seine-et-Oise).
« A Monsieur a Monsieur Genêt de Mainville Secrétaire et Interprète de Monsieur et du Bureau des affaires Etrangères a Versailles. »
« A Mainville ce 23 février 1780.
i Mon cher ami. Je ne désire pas moins que toi d'avoir le plaisir de te voir et de t'Embrasser avant ton départ pour L'alleinagne. Il y a cependant grande apparence que Je n'aurai pas cette satisfaction car je ne pourrai pas quitter mon Mainville que ma 3e fille que je dois Envoyer à Mon treuil, pour avoir soin de la basse cour de ton Père n'Rn soit revenue, pour rester chez moi avec Jeannette pendant que je serai à Paris avec Bastienne. Le mauvais tems et les mauvais chemins Empêchent Bastien d'aller a Versailles, pour chercher Jeavotte et me procurer promptement le retour ,de ma Margueritte. Je regrette beaucoup aussi de ce que tu n'est pas venu te récréer dans mon Joli canton, que tu aime autant que moi. Il me parroit que tu a devance ton voyage car ton Père m'a dit a ce que je crois que ton départ seroit pour le 20 de mars. Si je n'ai pas le plaisir de t'Embrasser, Je te souhaite un bon voyage et une bonne santé, aye toujours l'amour et la crainte de Dieu, elle te préservera d'accident et te maintiendra dans la sagesse met toi dans l'Idée que quand on n'a pas de religion on est Exposé a des malheurs et a de mauvaises actions, paice que La crainte de Dieu met un frein a toutes nos mauvaises inclinations Par amitié pour toi Je me trouve obligé a te conseiller a ne pas oublier ces Préceptes, qui te feront Estimer parmi les honnêtes gens. Je me tlatte que tu nie donnera de tems en tems de tes nouvelles qui me natteront toujours beaucoup. Adieu mon cher ami Je t'embrasse et suis ton sincère ami et affectionné oncle.
[ Signé ] « Genêt De Charmontaut »
Charmontot est un lieu-dit de la commune de Dannemoine près Tonnerre, à 1 ou 2 kilomètres au Nord-Est du bourg : je l'ai constaté sur le plan cadastral.
Draveil (Seine-et-Oise).
« Aujourd'hui 13 Ventôse an 7 de la R. F. pardevant moi Reiny françois aubeau adjoint municipal de la Commune de Draveil, pour l'administration municipale du canton de Villeneuve S1 Georges, élu pour recevoir les actes destinés à constater la naissance et le décès des citoyens, sont comparus à la maison commune Sébastien Fouillioux, jardinier, âgé de 60 ans et Jacques Allard serrurier âgé de 52 ans, tous deux domiciliés dans ladite commune et amis de Pierre Michel Genêt, propriétaire âgé de soixante neuf ans demeurant à Mainville en cette commune né à Paris, département de la Seine, lesquels Sebastien Fouilloux et Jacques Allard, m'ont déclaré que ledit Pierre Michel Genêt est mort hier à neuf heures du matin, en son domicile audit Mainville, d'après cette déclaration Je me suis transporté sur le champ au lieu de ce domicile, Je me suis assuré du decës dudit Pierre Michel Genêt et j'en ai dressé le présent acte que Sebastien Fouilloux et Jacques Allard ont signé avec moi. »
La rédaction de cet acte est compliqué et allongée comme à plaisir : c'était l'habitude pendant la Révolution.
J'ai trouvé, dans les actes de l'état civil de Draveil que, le 17 septembre 1770, « Sebastien fouilloux demeurant dans cette paroisse de draveil depuis plusieurs années » a épousé « Jeanne Boutillier cuisinière a mainville hameau de cette paroisse, ou elle demeure depuis plusieurs années», et que Pierre Michel Genêt a été fondé de procuration du père de l'époux. Sans doute, cette Jeanne Boutillier est la Jeannette dont il est question dans les Notices de Mme Campan, et Sébastien Fouilloux est son Bastien.
Edme Pierre GENET
Prêtre avant la Révolution, Marchand de vin et marié après.
Edme Pierre GENET
Les Notices de M111" Cainpan sur sa famille contiennent le passage suivant, à la fin du chapitre « Edme Genêt » :
« J'ai oublié fie vous parler d'un cousin Genêt, neveu de mon grand-père, et qui n'a pas figuré parmi les gens éclairés, ni dans les rangs élevés de la Société. Ce Genêt était fds d'un frère de mon grand-père né d'un autre lit, son père ayant été marié deux fois. — Ce pauvre Genêt avait eu le malheur, étant en nourrice, d'avoir un bras dévoie par un cochon. Mon grand-père le lit élever à Paris, et lui fit le don d'une charge de greffier à la cour du Chàtelet. Cet homme n'avait jamais été très bien pour mon père, et il existait peu de liaison entre eux, mais nous avons souvent vu les fils. — L'ainé est très riche, et fait, en gros, le commerce de toile; il a trois filles. Le second était prêtre, je l'avais fait, anciennement pourvoir de la place très honorable de Grand Vicaire de l'Archevêché d'Embrun, et il avait déployé de vrais talens pour l'éloquence de la chaire, mais pendant la Terreur il a renoncé à la prêtrise, s'est marié, est veuf et a deux filles. >>
J'ai trouvé sur ces Genêt, et surtout sur le prêtre, des pièces assez nombreuses, que voici.
(Archives de la Seine.)
o Paroisse S1 Jacques le Majeur.
« Mardi onze Décembre mil sept cent cinquante neuf a été baptisé antoine Jacques né du jour même fils de Me Edme Antoine Genêt Greffier au chalelet et Md mercier et de Marie Bauchard sa femme demeurant quai de Gevres de cette paroisse. Le parrain Jacques Pouillot M11 de vin rue et paroisse S1 Jacques du haut pas la Marraine Marie Jullien femme de pierre Bauchard M'1 mercier rue de la jouaillerie de cette paroisse ayeule de l'enfant »
(Archives de la Seine.)
« Extrait du Registre des Naissances de la ci-devant Paroisse Jacques de la Boucherie.
« L'an mil sept cent soixante un le unze Janvier a Eté nommé Edme Pierre, né le même jour, fils de Edme Genêt et de Marie Bauchard demeurans quay de Gesvres de cette paroisse.
« Les témoins ont été Pierre Bauchard et Nicole Le Doux femme de Jacques Pouillot le père présent.
« Collationné par moi officier public nommé par le comité de Salut public. »
S'-Jacques-le-Majeur et S'-Jacques-la-Boucherie sont une seule et même église.
(Archives de la Seine.)
« Ville de Paris. 7e Arrondissement.
« Du mercredi vingt huit avril mil huit cent treize une heure de Relevée.
« Acte de Décès de Edme Antoine Genêt décédé ce jourd'huy à quatre heures du matin âgé de quatre vingt treize ans né à paris département de la seine ancien Greffier au chatelet de paris demeurant à paris rue des Ecouffes N° 26 quartier marché S1 jean, veuf de marie Bauchard.
« Sur la déclaration à moi faite par Antoine Jacques Genêt âgé de cinquante trois ans négociant demeurant à paris rue quincampoix N° 18 quartier des lombards, fils du défunt.
« Et par Edme Pierre Genêt âgé de cinquante deux ans, négociant demeurant à paris quai de la tournelle N° 35, quartier jardin des plantes, fils du défunt »
(Almanach du Commerce de Paris, 1814.)
« Négocians — Paris. — Genêt aîné, en moussel., impression suisse et mouchoirs, r. Quincampoix, 18.
« Vins — Paris. — Genest, en gros, quai de la Tournelle, 35.
« Commissionnaires en marchandises — Paris. — Genêt, en vins, quai de la Tournelle, 39. »
Les Almanachs de 1815 et années suivantes ne contiennent plus que le Genêt aîné.
[Almanach du Commerce de Paris pour l'an VIII, le plus ancien de cette publication.)
« Merciers. — Genest R. Quincampoix, 81 — Lombards. « Commissionnaires. — Genest (en vins), R. et Div. de la Fraternité, 7. »
Cette rue de la Fraternité (il y en avait plusieurs de ce nom) était, d'après un document que j'ai vu, la : « Rue de la Fraternité, ci-devant de l'ile Sl-Louis. »
Dans les Almanachs de 1802 et 1803, Genest, commissionnaire en vins figure « R. de la Femme sans Tête, 4 — Fraternité ».
(Archives nationales. B1 11.) (Imprimé)
« Tableau des ecclésiastiques de la ville de Paris qui ont prêté le Serment ordonné par le Décret de l'Assemblée Nationale, du 27 Novembre 1790, accepté par le Roi, le 26 décembre suivant, transcrit le 30 sur les Registres de la Municipalité, et publié le 2 Janvier 1791.
« Paroisse S. Opportune
« Messieurs
« Genêt (étienne-pierre) prêtre, rue S-Denys
Ce Genêt est certainement le nôtre malgré l'erreur du premier prénom.
La paroisse Ste Opportune a été supprimée peu après.
(Archives de la Seine.)
« Brouillard Du Journal Des Recettes et Dépenses faites par la Caisse De La Municipalité De Paris à cause Des Opérations Relatives aux Domaines Nationaux »
[Les Recettes sont passagères, extraordinaires, et malgré cela, beaucoup des dépenses qu'elles ont servi à payer sont permanentes, ordinaires : procédé détestable.]
Registre 693.
« Du 26 Mars 1791.
« N» 2270. Payé Deux cent cinquante Livres à M. Edme Pierre Genêt Prêtre habitué de la psse S' Jacques et S1 Innocents de Paris Idem pour Idem ■ 250 »
|La mention « Idem pour Idem » doit se lire : « pour son quartier à échoir au 1er avril prochain de son Traitement annuel de 1000 L" ».]
Registre 698.
« Du 16 Juillet 1791.
« N" 5130. Payé Cinq mille neuf cent Soixante quinze Livres aux fonctionnaires de la paroisse S1 Jacques le Majeur Idem pour Idem cy dessus de leur traitement individuel savoir
« à M. M. N. Morel curé 1500 Livres
Louis Trianon 1er Vicaire . 600
.1» Boiieau 2 Hem 375
,1" pie Cerveau pvètrelialiitué. 250 } 5975
Edme p>e Genêt Idem . 250
[« Idem pour Idem cy dessus » doit se lire : « pour 3 mois au 1er 8«ie prochain ».]
Il y a 14 prêtres habitués, soit, en tout, 17 prêtres, compris le curé et les vicaires I En 1905, avant la séparation, d'après ce que ma dit M. l'abbé Grente, vicaire à Paris, les paroisses de Paris avaient 1 curé, 2 vicaires titulaires et 2 à 10 prêtres habitués, soit en tout, de 5 à 13 prêtres, suivant l'importance et surtout les ressources de la paroisse.
(Archives nationales. B1 11.) « Monsieur Le Président de L'assemblée Electorale
« Monsieur
« Au moment de procéder à l'Election d'un curé de la paroisse S1 Jacques, permettes à un citoyen de vous manifester son voeu, pour en faire part à Lassemblée, M? Genêt, que je n'ai pas L'avantage de connoitre directement, mais seulement par son travail dans le ministère, me paroit mériter de concourir avec ceux sur lesquels vous paraisses fixer votre attention, d'après les informations que j'ai pu prendre, j'ai appris qu'il étoit enfant de la susditte psse plre depuis plus de cinq ans et demi et depuis ce tems vicaire dans deux psse de paris. Malgré les occupations ordinaires du ministère il sest Encore Livré à L'Etude de la Chaire, Et cela non sans succès, car il vient de Remplir la station du Carême 1792 à L'Eglise Métropolitaine et paroissialle de notre dame. Je crois, Monsieur, ne pouvoir vous donner de témoignage, plus sur des talens de ce vertueux Ecclésiastique et si Jamais les talens doivent être Requis et Equivaloir à la Maturité de l'âge, c'est surtout dans une place, où il s'agit de diriger les hommes dans le chemin do la probité et de la vertu par la voye de la persuasion.
« J'ai L'honneur d'être, avec les sentimens les plus Respectueux
« Monsieur Votre très humble
et obl serviteur « Paris Ce 12 Mai 1792
[Signé] « Aran « Chirurgien Major du Bataillon S1 honoré »
(Archives nationales. B1 13.)
« District de Paris
« Assemblée Electorale ('). [Voir cette note à la p. 172].
« p™ Séance
« Procès verbal du 13 May 1792, l'an 4e de la liberté
« l<=r et 2d scrutin le 2A portant nomination de M. Trianon a la cure de S1 Jacques le majeur.
« Du Dimanche 13 May 1792 L'an 4e de la liberté onze heures du matin. »
On avait d'abord écrit dix heures; donc, on a commencé par passer une heure à se mettre en train.
« Les Electeurs du district de la ville de Paris sur la convocation à eux faite pour ce jour le 5 de ce mois par le Procureur de la Commune pour « procéder à l'Election du Curé « de la psse de S1 Jacques le Majeur au lieu et place de M. Morel « inhumé le 4 de ce mois »
Procès-verbal immensément long, détaillant une succession d'opérations très-nombreuses et compliquées :
L'assemblée nomme des scrutateurs provisoires.
Elle vote le maintien de l'organisation du bureau arrêtée dans les séances des 27 février et 5 mars 1792.
Elle nomme un président (343 votants).
Elle nomme un secrétaire (358 votants).
Ce président et ce secrétaire prêtent serment.
Puis « Un membre a demandé la parole pour intéresser l'assemblée en faveur d'un Citoyen recommandable qui venoit d'éprouver le malheur d'un incendie. L'ordre du Jour a aussitôt été demandé appuie mis aux voix et l'assemblée a arrêté d'y passer. »
L'assemblée nomme ensuite des scrutateurs généraux et des scrutateurs suppléants (747 suffrages) : « l'un de M. M. Les scrutateurs généraux provisoires doyens d'âge a annoncé que le nombre des votans étoit de 251 réduit par deux Bulletins nuls au 1« Bureau a 249 produisant 747 suffrages. »
Les scrutateurs prêtent serment.
Puis « M. lefevre Electeur de la Section de l'Observatoire s (quartier très-éloigné de celui de la paroisse S1 Jacques en question) revient à la charge en faveur de l'incendié, son voisin : il dit le nom de cet infortuné, son adresse, détaille son malheur, énumère ses mérites, sur quoi l'assemblée vote que « les Présidens de chaque Bureau seroient invités à engager
(') L'assemblée électorale était formée des électeurs du second degré nommés par ceux du premier degré, lesquels comprenaient, à peu de chose près, tous les citoyens d'au moins 21 ans. Les électeurs du second degré de Paris étaient près de 1000. L'assemblée électorale qu'ils composaient avait une durée de plusieurs mois. Elle nommait les députas, les juges, les curés, etc., etc.
chacun des membres qui se présenteroient pour voter à donner ce qu'il jugerait a propos. »
« Sur l'annonce faitte à l'assemblée par M. le Président de deux lettres qu'il venoit de recevoir touttes deux en datte du 12 de ce mois » — ce qui suit a été biffé : « l'une de M. Aran chirurgien major du Bataillon S1 honoré qui prie l'assemblée de fixer son attention pour l'Election du Curé de la psse de
S' Jacques le majeur sur M. Genêt l'autre de ».
Ce passage a été remplacé par celui-ci : « qui recommandent à
l'assemblée deux candidats ». Puis vient, commun
aux deux rédactions : « l'ordre du jour a été réclamé, appuie mis aux voix, l'assemblée a arrêté d'y passer ».
Puis (enfin !) l'on vote pour désigner le curé. Le « total au dépouillement » est 316 voix, sur lesquelles 301 se répartissent sur 11 personnes désignées par leurs noms (Genêt n'y est pas) et o Les 15 voix de surplus [sont] dispersés en unités sur différents membres « dont les noms ne sont pas donnés. La personne qui a le plus de voix est M. Trianon, vicaire de la paroisse en question : il a 152 voix. Mais, de ce que « le nombre des votants étoit de 316, la pluralité absolue de 159 voix », il résulte qu'il faut revoter.
Donc, l'on revote. « Total au dépouillement — 284 », dont 276 sur 6 individus, qui sont désignés par leurs noms (Genêt n'y est pas) et « Les 8 voix de surplus Dispersées en unités sur différents membres ». M. Trianon a 195 voix. Or « le nombre des votans étoit de 284 la pluralité absolue de 143 voix ». M. Trianon a obtenu « 52 audelà de la pluralité absolue fixée à 143 ». D'après le Décret du 12 juillet 1790, art. 31 du titre 2, il sera proclamé dans l'Eglise principale (Notre-Dame) avant la messe solennelle. Mais quel jour? Les uns proposent Jeudy prochain, les autres Dimanche prochain. L'assemblée décide que ce sera Jeudy. Puis, elle décide que ce sera à 9 heures.
Le Président annonce que la a collecte volontaire » faite, pour l'incendié, dans les 6 bureaux de vote, a produit 100 livres 7 sols. L'assemblée arrête (autre vote !) que cette somme sera confiée, pour être remise à cet infortuné, à M. Lefevre, l'Électeur qui a proposé de le secourir.
« A cinq heures du soir M. le Président a levé la séance. »
J'observe que l'on a convoqué les électeurs du second degré de tout Paris — et que ceux qui sont venus ont eu
toute leur journée absorbée, de 10 heures du matin à 5 heures du soir, sans interruption. Il est donc probable que beaucoup étaient des oisifs, des propres à rien, avec, en outre, cette circonstance que la cbose dont il s'agissait ne les regardait pas.
(Archives nationales. F. 19.880.) Dossier intitulé :
« Conv. Ni,le « Inst. pub.
« Le C. Genêt cidevant curé de Villemoisson Dépt de Seine et Oise fait passer au comité par la voye du District de Gorbeil, ses titres et lettres de prêtrise. »
J'ai trouvé, dans ce dossier, les pièces suivantes :
« Aux Citoyens Administrateurs du Directoire du District de Corbeil
« Citoyens Républicains
« La démarche du cidevant Evêque du Département de Paris dont je suis natif, celle des cidevant Vicaires de la cidevant Métropole, celle de plusieurs Membres de la Convention Nationale, Evèques, curés et Vicaires; qui tous se sont empressés à remettre entre les mains des Représentans du Peuple français leurs lettres de Pretise et d'autres pouvoirs qui leur étoient délégués par les assemblées Electorales ; sont pour moi un puissant motif qui me détermine à remettre entre vos mains mes diférentes lettres d'ordination, celle de Prêtrise, l'extrait du procès verbal de mon Election à la Cure de Villemoisson sur orge etc. District de Corbeil, etc., etc.
« Depuis huit ans forcé plus par volonté que par goût à professer un état, dont les loix m'ont toujours paru contredire les premières institutions de la Nature et de la Société, je profite de la nouvelle Cariere qu'un Gouvernement philosophe et
bienfaisant ouvre à ceux qui ne sont point entichés du fanatisme, pour abdiquer à jamais et les fonctions du Ministère et le caractère de Prêtre, que je n'ai conservé jusqu'à présent que pour obéir aux volontés paternelles, maintenant comme Républicain français, pensant plus en père, l'auteur de mes jours voit avec plaisir l'abandon que je fais d'un état contraire à mes inclinations, pour en professer un plus conforme à la nature, comme plus utile à la Société. •
« J'espère donc, Citoyens administrateurs, d'après les sentimens républicains qui m'ont toujours paru faire la baze de votre conduite, et qui doivent sans cesse animer tout citoyen voué à la chose publique, que vous prendrés en considération la démarche que je fais aujoud'huy auprès de vous, en recevant avec empressement ces titres qui d'homme libre que j'étois (si toute fois on peut l'être sous le règne d'un tiran) me rendirent esclave en les possédant.
« Offres les en holocauste à la Raison à la philosophie, à ce Génie régénérateur de la Nation française, qui rend à la liberté tant d'êtres, qui gémissoient sous le joug insuportable de la hiérarchie sacerdotale, et à la Patrie de nouveaux citoyens que la reconnaissance seule forcera à s'immoler pour elle, anéantisses ces titres pompeux, ces hochets du fanatisme et de la stupidité, dont m'avoit gratifié le despotisme Episcopal; et qui en me sacerdotal isant, n'avoit fait qu'avilir mon existence, enchaîner tous les ressors de mon ame, et répandre sur moi le caractère odieux de Citoyen antisocial, rendes à la Patrie à la République un français un frère qui des les premiers instans de la révolution, s'est déclaré ouvertement partisan de la liberté et de l'égalité; et qui depuis qu'il vit comme curé à Villeinoisson sur orge, n'a J'amais donné à la commune le moindre motif de plaintes, de suspicion ou de haine; en me rendant tous les droits de la nature et de la société que m'avoit enlevé un gouvernement tirannique et superstitieux:
« Votre concitoyen Edme Pierre Genêt, de présent curé de Villeinoisson sur orge, et du moment de l'extinction de ses lettres de Prêtrise, républicain français, domicilié à Villeinoisson.
« A Villeinoisson ces 27 Brumere l'an 2A de la Republique française Une et indivisible : »
J'ai lu, dans la même liasse, les Lettres d'abdication de nombreux prêtres de diverses parties de la France :
toutes sont du même type que celle de Genêt, elles sont comme coulées dans un moule commun.
A la suite de la Lettre d'abdication ci-dessus de Genêt, sur la même feuille, on lit :
« Nomenclature des papiers remis au Directoire du District de Corbeil, Département de Seine et oise.
« lettre de tonsure, à Paris,
o lettre des quatre moindres, à Paris,
« dimissoire pour le sous diaconat à Rheims,
« lettres du sous diaconat
« dimissoire pour recevoir le diaconat à soisson
« lettre du diaconat
« lettre de Prêtrise à Meaux
« pouvoirs de prêcher et confesser accordé par juigné cidevant archevêque de Paris
« lettre de maître es arts de la cidevant faculté de Paris
« lettre de Bachelier de la cidevant faculté de théologie de Paris
« lettres des gradues pris dans la cidevant université de Paris
« signification des gradues sur le cidevant Evèché de Meaux
« Extrait du procès verbal de mon Election à la Cure de Villemoisson
« lettres d'institution canonique par le cidevant Evêque du Département de Seine et oise
« Extrait de la prise de possession de la cure de Villemoisson sur orge District de Corbeil »
D'après cette liste, Genêt n'aurait jamais été Grand Vicaire de l'Archevêché d'Embrun, contrairement à l'affirmation de Mme Campan. Il ne figure pas, d'ailleurs, sur la liste, très-incomplète il est vrai, des Grands Vicaires de cet Archevêché, m'a écrit l'archiviste départemental des Hautes-Alpes. M. l'abbé Grente, qui s'est spécialisé dans l'histoire du clergé de Paris de cette époque, m'a dit que des Évêques de province avaient, à Paris, un représentant qui portait le titre de Vicaire Général. Tel était peut-être le cas pour Genêt?
Un prêtre constitutionnel, appelé André-Simon-Henri
Genaist ou Gênais, a été Vicaire Général de l'Église métropolitaine de Paris (Brouillard du Journal des Recettes... Registre 697, N° 4.642, du 5 juillet 1791.— Almanach Royal, 1792). Il était nécessaire de le mentionner ici, pour éviter des confusions avec notre Genêt. D'après le récit de la mort de Marie-Antoinette, dans le « Glaive Vengeur » (cité par Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris, T. I, p. 350) : « Elle monta trèsvite dans la charrette de l'exécuteur; un prêtre constitutionnel, appelé Genêt, vicaire épiscopal, était à ses côtés. » Ce Genêt ne devait pas être le nôtre qui, alors (25 vendémiaire an II - 16 octobre 1793) était curé à Villemoissonsur-Orge.
Revenons à la Lettre d'abdication de notre Genêt. Les pièces énumérées dans la « Nomenclature » y sont encore jointes. Voici la date et l'explication de toutes ces pièces (rédigé avec l'aide de M. l'abbé Grente)- et copie complète de la dernière :
30 mars 1776. — Tonsure, à Paris.
23 septembre 1780. — Les quatre ordres mineurs, à Paris. 5 août 1784. — Diplôme de maître es arts. 26 novembre 1785. — Titre patrimonial: Son père lui assure 150 Livres par an pour qu'il puisse être sous diacre. 17 décembre 1785. — Sous diaconat, à Reims.
3 juin 1786. — Diplôme de Quinquennium. Signifie qu'il avait fait 5 ans de philosophie et théologie.
19 juin 1786. — Il fait intimer ses grades à l'evêque de Meaux, pour prendre rang en vue de bénéfices.
20 juin 1786. — Diplôme de bachelier en théologie « Edmundum Petrum Genêt subdiaconum Parisianum ».
26 août 1786. — Lettre dimissoriale de Mgr de Juigné, archevêque de Paris, lui permettant d'aller se faire ordonner diacre à Soissons.
23 septembre 1786. — Ordination de diaconat à Soissons. 7 avril 1787. — Ordonné prêtre, à Meaux.
18 avril 1790. — Pouvoir de confesser et prêcher à Ste Opportune, Paris, et tous les autres lieux de notre diocèse tant qu'il sera attaché à ladite paroisse.
29-30 novembre 1792. — Edme Pierre Genêt, Prêtre vicaire de St Jacques-Le-Majeur à Paris, a été nommé curé de Villemoisson par l'assemblée Electorale du District de Corbeil, à la séance du 29 novembre 1792, en l'église Notre-Dame du dit Corbeil « et a été de plus proclamé le lendemain avant la messe solenelle dans la même église en présence du Peuple et du Clergé ».
29 décembre 1792. — Nomination à la cure de Villemoisson par l'évêque de Versailles.
3 janvier 1793. — Son installation à cette cure. Voici copie de cette dernière pièce :
« Extrait Du Registre des Délibérations de la municipalité de Villemoisson du 2 janvier 1793 Lan deuxième de La République française.
« Ce jourd'hi trois janvier mil sept cent quatre vingt treize Lan Deuxième de Republique française à Neuf heures Et demie Du Matin à La Requête du Citoyen Edme pierre Genêt prêtre du Département de paris Et vicaire de la paroisse St Jacques Le Majeurs de la Ditte Ville Les officiers Municipaux Et la Commune de Villemoisson assemblés dans l'Eglise dudit Lieu D'après L'Exibitiqn qui nous a été fait à nous soussignés Maire et officiers municipaux Et procureur de la commune de L'Extrait du procès Verbal d'élection à la cure de Villemoisson à la quelle le dit Citoyen genêt a été nomé par l'assemblée Electorale du District de Corbeil le vingt neuf novembre mil sept cent quatre vingt douze Lan 1er de La Republique française Et proclamé le lendemain suivant les formes accoutumées et Prescrites par la Loi, dans leglise de notre dame de la ditte Ville de corbeil, avant la Messe solennelle En présence du peuple et du Clergé ainsi que Dapres L'Exibition de l'Etrait du procès Verbal de son institution canonique qu'il a Reçu du Citoyen jean julien avoine Evêque du Département de Seine et D'oise le vingt neuf décembre mil sept cent quatre vingt douze Lan Ie'' de la Republique, Et après avoir prêté le serment prescrit par La Loi à tout fonctionnaires publique, Ainsi que le serment De liberté, Et Egalité Et de
Maintenir de tout son pouvoir La sûreté Des personnes Et celle des propriétés Et plutôt mourir que de porter atteinte à La Republique française nous avons procédé à son installation dans les formes prescrites En présence de la Commune de Villemoisson dans leglise dudit Lieu Avant La Messe paroissiale, Et Lui en avons Délivrer un Extrait pour lui servir En tant que de liaison, tant au Département de Seine Et D'oise, qu'au Directoire du District de Corbeil.
« fait et arrêté En Leglise du dit Lieu le trois janvier Mil sept Cent quatre vingt treize Lan 2en|e de la République française. Ainsi signé Dupré Maire Laffeuille OIT1''' f. thornas procureur de la Commune Et dautres habitans qui ont aussi signé avec nous
« Certifié conforme à L'original par Moy Jean Baptiste Saint Lot secrétaire Greffier.
« A Villemoisson ce cinq janvier mil sept cent quatre vingt treize Lan 2el>"! de la République française
[Signé) « Saint Lot Sri! Greffier »
J'observe que, pour l'élection à la cure de Villemoisson, on a convoqué tous les électeurs du second degré du district de Corbeil; — qu'ils se sont réunis à Corbeil; — que Villemoisson est à 17 kilomètres de Corbeil. Je conclus : il est probable que l'élection à la cure de Villemoisson a été surtout laite par des oisifs (c'est-à-dire les propres à rien) de Corbeil que, d'ailleurs, elle ne regardait pas.
Les Archives nationales contiennent une série de liasses sous le titre :
« Consulat et Empire — Archives du Cardinal Caprara — Pétitions de prêtres mariés pour maintien de mariage réponses favorables ».
Il y a dans ces dossiers, environ 2.000 pétitions de
prêtres de toutes les parties de la France, pêle-mêle, sans autre classement que leur groupement en liasses, par dales et qui, des pièces que je connais, sont peut-être les plus dramatiques. J'y ai cherché notre Genêt et je l'ai trouvé !
(Archives nationales. A. F. IV. 1911.) Dossier intitulé :
« 2. Pro sacerdotibus uxoratis ad remanendum, et in sacris constitutis etiam ad contrahendum.
« Régla die pma augusti 1802 ad diem 31 8hlis 1802. »
Ce dossier m'a donné les deux pièces que voici :
« A Monseigneur le Cardinal Caprara, Légat du St Siège en france
o Monseigneur
« Edme Pierre Genêt natif de Paris, âgé de 42 ans, Prêtre et cidevant Curé de Villemoisson sur orge, District de Corbeil, Dp' de Seine et Oize; marié civilement depuis neuf ans, et de présent père de quatre enfans, désire profiter de la faveur accordée par le St siège et des Pouvoirs supérieurs dont votre Eminence est revêtue pour légitimer son mariage aux yeux de L'egiise.
« Pour obtenir cette faveur il ose demander de Votre Eminence une audience dans laquelle il vous exposera ses motifs et son sincère désir de se soumettre à l'autorité du St Siège apostolique.
« il a l'honneur d'être, avec le plus profond respect,
« De Son Eminence, Monseigneur,
« Le très humble et obéissant serviteur
[Signé] « Genêt Négociant
isle St Louis, a Paris « Paris ce 29 th0'- an dix »
Au dos, d'une autre main :
« 21 Augti 1802 »
Cette lettre a été annotée ainsi dans les bureaux du Cardinal :
« Parisien
« Sacerdos ad remanendum
« Ai'chiep» cum fac. j. f. »
C'est-à-dire :
« Parisien. — Sacerdos ad remanendum. — Archiepiscopo cum facultatibus jure fulminandi. »
En français, d'après M. l'abbé Grente :
« Diocèse de Paris. — Prêtre pour demeurer marié. — J'accorde et je chargé l'Archevêque de transmettre cette dispense, après avoir (c'est sous-entendu) préalablement vérifié que les motifs donnés dans la demande sont exacts. »
Genêt sera marié, mais il restera prêtre ; ce caractère est indélébile : « Tu es sacerdos in aeternum ». Il sera prêtre, mais avec défense d'exercer, sauf en cas de nécessité. Ainsi, Genêt, je suppose, se trouvera auprès d'un homme qui va mourir et aucun autre prêtre ne sera à portée : non seulement il sera permis à Genêt de confesser ce mourant, mais il y aura pour lui obligation de le faire.
« A Monsieur
« Monsieur le Secrétaire de Monseigneur le Cardinal Caprara à Paris :
« Monsieur
« .l'ai reçu l'honneur de la votre, en datte du 22 août, par la quelle vous m'annonces réception de ma lettre en mémoire addressée à Monseigneur le Cardinal Caprara. pour l'envoy du rescrit relatif à la grâce que Je sollicite auprès de son Eminence vous me demandés mon adresse bien précise, si
j'avois prévu cette dificulté, quoique demeurant dans un quartier ou tout le monde se connoit comme dans une petite ville de province, je l'aurais donné « J'ai l'honneur d'être avec respect, Monsieur Votre très humble et obéissant serviteur
[Signé] «Genêt n.g1 isle S1 Louis,
R. de la f* sans tète N° 4 — « Ce 23 août 1802. »
La rue de la Femme-Sans-Tête est la partie de la rue Le Regrattier actuelle comprise entre la rue Saint-Louis et le quai Bourbon.
Je trouve que la lettre de Genêt est bien celle d'un marchand de vins. Jadis, Genêt avait prêché à Notre- Dame. Sa littérature a baissé depuis qu'il a renoncé au « fanatisme » et à la « stupidité ».
J'ai vivement regretté de ne pas trouver les motifs pour lesquels Genêt s'est marié. J'ai tâché de m'éclairer en cherchant dans la même liasse, ceux d'un grand nombre d'autres prêtres. Près de la moitié des demandeurs ne donnent aucun motif. Les autres donnent des motifs très-différents, mais ayant un grand air de vérité : ces demandes sont des confessions et non point des exposés de thèses convenues, comme les lettres d'abdication.
Pourquoi me suis-je marié?
« pour me soustraire à la guillotine » « pour se soustraire à une mort certaine » « Emporté par l'antousiasme De la Révolution française » o J'avoue que la frayeur s'est emparée de moi » « Je ne vis d'autre moyen pour me mettre a Couvert de la poursuite des buveurs de sang »
« l'état de détresse et de misère ou il se trouva »
« séduit par les illusions des sens »
« la puissance civile ayant, par l'art. 352 de la constitution
abrogé la loi sur le célibat des prêtres, j'ai cru, après plusieurs reflexions, pouvoir régulièrement et en conscience me marier »
« me trouvant sans état comme sans fortune je me suis trouvé dans la dure nécessité pour pouvoir subsister d'en embrasser un nouveau et par suite j'ai épousé »
« couvert du sang de deux de mes frères qui furent assassinés : moi même errant et fugitif, incarcéré pendant près d'une année : tremblant moins pour mes Jours que pour ceux d'un père plus qu'octogénaire menacé de périr avec moi, Je n'espérai le sauver qu'en m'unissant à une compagne honnête et vertueuse »
« pour se soustraire aux Loix contre les célibataires et principalement pour s'exempter Des réquisitions »
« je formai la résolution, fruit du désespoir, de contracter mariage et de prendre pour épouse une fille âgée de quarante ans dont la modique fortune en me fournissant les moyens de travailler à la pharmacie »
« alors le suppliant ne scut que devenir, craignant d'ailleurs la réquisition »
« J'ai cherché alors les moyens de me soustraire tant a la Misère qu'aux persécutions dont j'Etois menacé, un Emploi que j'obtins dans les Bureaux de l'administration remplit ce double but. J'étois tranquille dans ce nouvel Etat Lorsqu'au mois de Mars 1794, on m'intima l'ordre de me marier ou de quitter mon Bureau »
« c'est l'envie seule de satisfaire aux devoirs de la reqonnoissance envers une personne qui s'est exposée à tout pour l'arracher d'entre les mains des bourreaux à bonnets rouges.. . Le suppliant poursuivi comme prêtre fanatique, renfermé dans une maison d'arrêt et menacé touts les jours de la guillotine, d'après les instances réitérées des membres des comités révolutionaires et d'un représentant du peuple, se détermina à chercher une personne qui voulut bien contracter avec lui un mariage civil »
« La Convention Nationale porta une Loi disant que tout Ministre du Culte catholique qui se sera marié. . . ne sera sujet ni à là réclusion ni à la déportation. Dans ce Tems là, pour un Prêtre être reclus ou traîné à L'échafaud, c'étoit la
même chose Elle |ma famille] me proposa une
demoiselle de leurs amies, âgée de 52 ans, sans fortune. Elle en eut eu 100 que je l'eusse acceptée de même. »
Une requête analogue, des Archives de l'Évêché de Versailles, contient le passage suivant au sujet du conventionnel Jean-Pierre Couturier, envoyé en mission, en 1793, dans le département de Seine-et-Oise :
« Il faisait venir à Etampes et autres lieux les jeunes ecclésiastiques, et ceux encore mariables, il les mariait en place publique, devant l'arbre de la liberté, où il faisait monter un homme, et pour fin de la cérémonie, le perché leur lâchait ses eaux sur la tète en criant : Vive l'eau bénite. >
Villemoisson-sur-Orge était compris dans la mission de ce Représentant du peuple.
On a vainement cherché pour moi le mariage de Genêt dans les registres de l'État Civil de Corbeil et de Villemoisson. Je ne l'ai pas trouvé parmi les actes de Paris qui ont été reconstitués après les incendies de 1871. J'ai alors songé que, Genêt ayant fait approuver son mariage par l'Église, en août 1802, il avait dû le faire consacrer, peu après, dans sa paroisse, S'-Louis-en-L'Ue. Malheureusement, les registres n'y commencent que le ^'janvier 1803. Mais il y a, hors séries, un petit registre qui comprend les Mariages et Baptêmes du 3 juin 1795 au 17 octobre 1797, c'est-à-dire jusqu'au renouveau de persécution religieuse du Directoire. C'est un vrai registre de poche : il n'a que 15 centimètres sur 9 — pas de dates suivant le calendrier républicain, pas de signatures. Le titre est : « Nottes des Baptêmes et des Mariages faits en L'Oratoire de S1 Louis en l'isle ». A la date du 16 décembre 1796, j'y ai trouvé :
« Décembre 1796
« Le 16 (B) Marie Adélaïde Genêt, fille de Edme pierre
Genêt Md de vin et de hilaire françoise Baron Parrein Etienne
Ducarruge marreine Marie Beauchard. »
On doit en conclure que Genêt, prêtre marié, était resté, chrétien; qu'il s'était marié parce que forcé.
Le nom de la femme m'a permis de trouver son acte de décès aux Archives de la Seine :
« Du quatorze février mil huit cent quatorze
« Acte de décès de hilaire françoise Baron, dëcédée le treize de ce mois à onze heures du matin, à Paris, quai de la tournelle N° 35 quartier du jardin des plantes, âgée de cinquante trois ans, née à Paris y demeurant comme dessus mariée à Edme Pierre Genêt, marchand de vin en gros, les témoins sont ledit Genêt, époux âgé de cinquante trois ans, demeurant et qualifié ci dessus «
CARDON, de QUAY1
(') Prière de vouloir bien, tout d'abord, lire les deux chapitres que M,nc Campai! a consacrés à ces familles dans ses Notices.
(D'après des notes diverses et {'Armoriai du i" Empire par le Ve Révérend, 1894.)
Jacques Cardon, épouse Marie-Pétronille Flameng.
Pierre-François Cardon,
né à Bergues (près Dunkerque) 22 février 1695,
f à Versailles 2 juillet 1763.
Receveur des Domaines et principauté de Chimay.
Épouse à Paris, 3 juin 1720, Henriette Dequay,
née vers 16i)5 à Grave, en Hollande.