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Seizième Leçon.
Les Grands Travaux du XIXe Siècle.
Le Canal de Suez.
Il y a 25 ans, le navigateur qui voulait aller de Marseille aux Indes devait, après être sorti de la mer Méditerranée par le détroit de Gibraltar, faire le tour de l’Afrique et doubler le cap de Bonne-Espérance. Après un voyage de 12,000 milles il arrivait à Bombay. Par le percement de l’isthme de Suez, cet immense voyage a été abrégé de 2850 lieues. C’est à une compagnie française qu’est due la gloire d’avoir mené à bonne fin cette entreprise gigantesque. Ces hommes énergiques ont eu le courage d’aller s’établir sur la terre brûlante d’Afrique, au milieu d’un désert où il n’y avait ni eau potable ni habitations. Avant toutes choses, dans un pays où il ne pleut pas, il fallait approvisionner d’eau les travailleurs. On a donc commencé par creuser un canal d’eau douce qui amène l’eau du Nil jusqu’à Suez, et cette ville est maintenant un des ports les plus importants qui existent sur la mer Bouge. Du côté de la mer Méditerranée, à Port-Saïd, on amène l’eau dans des tuyaux de fonte sur une longueur de 80 kilomètres. Le canal luimême a été commencé en 1859, et il a été ouvert en 1869 à la
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grande navigation. Il a 160 kilomètres de longueur, 100 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur. Cet immense travail n’a pas eu seulement comme résultat d’abréger la route des Indes, il a encore donné naissance à une foule de villes et de villages, et a été pour tout le pays environnant la source d’une grande richesse.
Autrefois, quand on voyageait sur cette terre complètement déserte, il ne fallait rien moins qu’une caravane de soixante chameaux pour porter les provisions d’eau et de nourriture nécessaires à l’existence de trois voyageurs. Aujourd’hui l’on trouve partout, dans l’isthme, des établissements desservis par la poste et le télégraphe, des hôtels, des hôpitaux, des chapelles et des mosquées.
Dans tous les campements et les villages, l’eau du Nil est distribuée si abondamment que chacun peut avoir son petit jardin. Et comme ce pays magnifique n’a besoin que d’eau pour se transformer, le désert s’est couvert ainsi d’une multitude d’oasis. .
Questions.
1. Qu’était obligé de faire, il y a 25 ans, le navigateur qui voulait aller
de Marseille aux Indes ?