Dans quelle année
Cette œuvre magnifique.
Remarque. — Le mot œuvre est généralement féminin; cependant, il est masculin dans deux cas : —
A. — Quand il sert à désigner la recherche de la pierre philosophale
(Alchimie). Exemple : Nicolas Flamel a longtemps travaillé au grand œuvre.
B. — Quand il désigne les différents ouvrages d’un compositeur de
musique. Exemple : La premier , le second œuvre de Mozart.
injustes critiques : il faut observer que le mot critique est tantôt masculin tantôt féminin.
A. — Il est masculin quand il s’applique à un homme qui analyse les œuvres littéraires ou artistiques. Exemple : M. X. est un critique impitoyable.
fi.— Il est féminin quand il désigne l’art de critiquer. Exemple: La critique est aisée , et l’art est difficile.
Celui-ci lui criait: les pronoms démonstratifs ont été donnés dans la cinquième leçon ; il faut maintenant observer que quand ils sont suivis de la syllabe ci ils indiquent la proximité, tandis que quand ils sont suivis de la syllabe là, ils indiquent V éloignement. Exemples : Il ouvrait la trappe et demandait l’aide de son frère Thomas. Celui-ci (se rapporte à Thomas) lui criait. — Un magistrat intègre et un brave officier sont également estimables : celui-ci (se rapporte à officier) nous protège contre les ennemis extérieurs, celui-là (se rapporte à magistrat) fait la guerre aux ennemis domestiques.
Un chef-d’œuvre.
Noms composés: Définition. — On appelle noms composés des expressions formées de plusieurs mots mais répondant dans la pensée à un seul objet ou à une seule personne, comme chef-d'œuvre, chou-fleur , arc-en-ciel , etc.
Remarque. — Les mots qui composent un nom composé sont généralement unis par un trait d'union (- ).
Formation du pluriel dans les noms composés.
lere Règle. — Dans les noms composés formés d’un nom et d’un adjectif ou de deux noms qui se qualifient l’un l’autre, les deux mots prennent la marque du pluriel. Exemple: un chef-lieu , des chefs-lieux; une basse-cour , des basses-cours ; un loup-garou , des loups-garous ; etc.
Trente-deuxième Leçon.
2me Règle. — Quand les noms composés sont formés de deux mots unis par une préposition, le premier mot seul prend la marque du pluriel. Exemple: Un chef-d'œuvre, des chefs-d'œuvre ; un arc-en-ciel , des arcs-en-ciel ; etc.
3me Règle. — Quand les mots composés sont formés de mots invariables de leur nature ou de verbes, ils sont invariables. Exemple : des abat-jour , des on-dit , des brise-vent, etc.
4me Règle. — Quand les mots composés sont formés de mots variables de leur nature, mais qui ne se qualifient pas l’un l’autre, le mot auquel s’applique l’idée de pluralité prend seul la marque du pluriel. Exemple : un hôtel-Dieu , des hôtels-Dieu , etc.
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Trente-deuxième Leçon.
Trois Grands Auteurs du XVIIe Siècle.
Molière.
Nous avons consacré notre dernière leçon à Corneille; aujourd’hui nous allons parler de Molière.
Corneille ! Molière ! Quels noms dans l’histoire des lettres ! Quelle gloire pour un pays d’avoir produit de tels hommes ! Quel honneur pour l’humanité d’enfanter de pareils génies !
Jean-Baptiste Poquelin est né le 15 janvier 1622, dans la rue Saint-Honoré, à Paris.
En ce temps-là, toute l’ambition d’un père se bornait à trouver dans son fils un digne héritier de son nom et de son état. Le gentilhomme donnait à son aîné le goût des armes et lui enseignait, par l’exemple de ses aïeux, que son devoir était de servir son roi et son pays l’épée à la main : le magistrat s’efforçait de mettre son fils en état de lui succéder dans ses graves fonctions, et lui apprenait que la pratique des vertus, non moins que la connaissance des lois, est nécessaire aux hommes qui
prononcent sur la vie et l’honneur de leurs concitoyens; enfin, le marchand était heureux de penser que son fils, marchand comme lui, conserverait à la vieille enseigne de sa boutique sa réputation de probité, non moins scrupuleusement que le gentilhomme garde pur et sans tache le blason de ses pères.
Tel était l’espoir, telle était l’ambition du père Poquelin, qui, fils de tapissier et tapissier lui-même, voulait que son fils fût tapissier comme lui et lui succédât, quand il serait vieux, dans l’honorable charge de valet de chambre tapissier du roi. Le jeune Poquelin était donc parvenu à l’âge de quatorze ans, n’ayant encore appris qu’à lire et à écrire, science très-suffisante pour un futur valet de chambre tapissier à la cour. Le père se voyait avec joie revivre dans son fils ; aussi s’était-il hâté de solliciter pour lui la survivance de sa charge, et il avait obtenu cette faveur, grâce aux bons services de son père, qui avait eu l’honneur de servir le roi Henri IY.
Il arriva que ce vieux serviteur, ayant maintenant du temps de reste, emmenait quelquefois avec lui à la comédie son petitfils, qui paraissait prendre beaucoup de plaisir aux jeux du théâtre. Les observations pleines de finesse, de malice et de raison du jeune homme, tant sur le mérite des pièces que sur le talent des acteurs, étonnaient et charmaient le vieillard : la pensée leur vint à tous deux qu’on pouvait être autre chose que tapissier, par exemple, comédien ou poète, mais que, pour arriver là, il ne suffisait pas de savoir lire et écrire. Après avoir quelque temps lutté contre les répugnances et les inquiétudes de son père, qui ne comprenait qu’on pût désirer apprendre le latin et le grec, le jeune Poquelin entra au collège des Jésuites.
Cinq années lui suffirent pour apprendre tout ce qu’on apprenait alors au collège : les humanités et la philosophie.
Trente-deuxième Leçon .
Questions.