‹ Livre de lecture et de conversationChapitre 54 sur 90 · Quel était son caractère · texte numérisé non relu

Quel était son caractère

quelquefois même chez les autres.

Même.

Même est quelquefois adjectif et quelquefois adverbe.

Il est adjectif et par conséquent variable : —

A. — Quand il exprime une idée d’ identité ou de parité ; dans ce cas il

précède le nom. Exemple : on ne trouve pas deux hommes ayant même visage , mêmes traits.

B. — Quand il est placé après un pronom personnel. Exemple: eux-

mêmes, elles- mêmes.

Même est adverbe et conséquemment invariable quand il modifie un verbe, un adjectif ou un participe. Exemple : Il avait la prétention d'étre maître chez luir quelquefois même chez les autres. Dans cet

Trente-cinquième Leçon.

exemple, même modifie être qui est exprimé dans la première partie de la phrase et sous-entendu dans la seconde.

trente comédies dont Va plupart sont des chefs-d’œuvre.

Règle. — Quand la plupart accompagne un nom pluriel, le verbe se met au pluriel (voir l’exemple ci-dessus), mais si la plupart accompagne un nom au singulier , le verbe se met au singulier. Exemple : la plupart du monde suit ses passions.

Remarque. — La plupart employé seul a la signification absolue de la plupart des gens , et dans ce cas le verbe qui le suit se met au pluriel. Exemple : la plupart disent que le monde finira un jour.

Observation. — La locution adverbiale pour la plupart n’affecte en rien les autres parties de la phrase. Exemple : les animaux sont pour la plupart très-gourmands.

le plus grand poète que le monde ait jamais connu.

Règle. — Après le plus , la plus , le premier , le dernier , le seul , le moindre, le meilleur , on emploie tantôt Vindicatif tantôt le subjonctif.

A. — On emploie Vindicatif si l’on veut présenter une chose comme

certaine, incontestable.

B. — On se sert du subjonctif quand on veut présenter une chose comme

douteuse.

Indicatif.

L’orgueil est le seul vice dont on ne triomphe jamais , etc.

Subjonctif.

Le chien est le seid animal dont la fidélité soit à V épreuve, etc.

Revoir dans la vingt-neuvième et dans la trentième leçons les autres règles données précédemment sur l’emploi du subjonctif.

Trente-cinquième Leçon.

Trois Grands Auteurs du XVIIe Siècle.

Racine.

Jean Racine, qui fut au théâtre le rival de Corneille, naquit le 21 décembüe 1639. Orphelin de père et de mère à l’â^e do

trois ans, Racine passa sous la tutelle de son aïeul paternel, nommé aussi Jean Racine, qui légua peu de temps apres cette tutelle à sa veuve. Le jeune Racine étudia d’abord à Beauvais, puis à Paris. Ce fut là qu’il acquit cette connaissance intime de la langue grecque, à laquelle il dut en partie la divine mélodie de ses vers.

On raconte qu’un jour un petit roman grec, Theagène et Charidée, tomba entre ses mains; mais son professeur, qui prescrivait la lecture des tragédies, défendait celle des romans et lui prit le livre : Racine se procura un autre exemplaire, qui eut, peu après, un sort pareil ; il en acheta un troisième, apprit le roman par cœur, puis le porta de lui-même à son paître.

A la même époque le démon de la poésie s’empara de son esprit ; il avait un tel goût pour les vers, qu’aucun plaisir n’égalait à ses yeux celui de lire les poètes.

Son premier essai poétique, la Nymphe de la Seine , composé sur le mariage de Louis XIV, lui valut une gratification de cent louis, et une pension de six cents livres.

Le véritable début de Racine (quoiqu’il eût avant cette époque fait représenter deux pièces) fut Andromaque, jouée en 1667. Cette admirable tragédie dépassa toutes les espérances et brilla tout à coup comme une merveille. Ce fut un succès d’enthousiasme comparable à celui qu’avait provoqué le Cid trente ans auparavant. Alors, pendant une période de dix années Racine livra au public cinq tragédies et une comédie, qui sont restées parmi les plus belles productions de l’esprit humain. En 1677 il donna Phèdre. Une cabale, à la tête de laquelle se trouvaient plusieurs personnages importants, inquiétait Racine ; ou lui opposait la Phèdre de Pradon (un auteur maintenant oublié), qui avait obtenu un grand succès, tandis que la sienne fut accueillie avec une outrageuse indifférence. Dégoûté par tant d’intrigues et blessé dans son amour-propre, Racine se retira du théâtre à l’âge de trente-huit ans, c’est-à-dire dans toute la force du talent.

Trente-cinquième Leçon .

Après un silence de dix années, il fut enfin arraché à son oisiveté par madame de Maintenon ; il composa Esther et bientôt Athalie, deux tragédies extraites de l’Ecriture Sainte. Racine eut alors d’autres épreuves qui le frappèrent au cœur ; il avait une âme tendre et généreuse, il comprenait combien le roi Louis XIV, sur la fin de son règne, avait tort de ne pas mettre fin aux guerres continuelles et aux abus dont souffrait le peuple. Il composa sur ce sujet un écrit où il exprimait son avis et ses idées de réforme. Le mémoire tomba sous les yeux du roi, qui, après l’avoir lu, laissa échapper ces paroles foudroyantes : “ Parce qu’il sait fàire des vers, croit-il tout savoir ? et parce qu’il est grand poète, veut-il être ministre ? ” Racine, qui était déjà malade et dont la sensibilité naturelle était extrême, éprouva un vif chagrin ; son mal s’aggrava et il mourut deux ans après. Il était âgé de cinquante-neuf ans.

Questions.

Page 1