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Quel sentiment éprouvait alors le jeune homme

Il y a une trentaine d’années : Il existe en français un certain nombre de noms de quantité qui expriment non pas une idée absolue, mais une idée approximative. Exemple: Il y a une trentaine d’années signifie : il y a environ trente ans.

Ces substantifs sont : —

huitaine douzaine

neuvaine quinzaine

dizaine vingtaine

trentaine

Remarque. — Il faut observer que neuvaine et douzaine s’emploient souvent avec la signification exacte de neuf et de douze.

Elles vécurent du produit de quelques propriétés: Après le verbe vivre on emploie généralement la préposition de pour traduire la préposition anglaise on. Exemple : Cet homme ne vit que de pain et de lait. Les animaux carnivores vivent de chair.

quarantaine

cinquantaine

soixantaine

Quarante-cinquième Leçon.

Vieille Fille (fin).

Pourtant une ombre, invisible pour Angèle, menaçait ce bonheur et ces fiançailles. Maxime, joyeux et bon vivant, était saisi d’une sorte d’épouvante auprès de Mme de Majolin ; cette effigie du malheur lui gâtait toute sa joie. Il était de ceux que les chagrins et les infirmités des autres font fuir.

Un soir, l’explication eut lieu sur la terrasse. “ Ma chère aimée, lui dit-il, il est temps que nos destinées se lient l’une à l’autre, puisque nos cœurs sont inséparables.

“ Voulez-vous accepter mon. nom et ma fortune? Nous voyagerons. Votre enfance triste et pleine de deuils, vous l’oublierez peut-être. Nous irons à travers le monde, joyeux de nous aimer et de considérer du haut de notre amour les peuples différents et les villes éblouissantes. Puis nous nous fixerons à Paris. Votre mère vivra ici dans sa propriété et nous veillerons à ce que rien ne lui manque; mais je crois qu’elle serait déplacée au milieu de notre vie élégante, où son infirmité mettrait une tache et une ombre. . . .

La lune pâle versait ses rayons perfides sur les paroles tremblantes du jeune homme.

Tout émue, Angèle se taisait ; l’heure lui parut solennelle. Enfin elle leva la tête et répondit à voix basse :

— Maxime, je réfléchirai cette nuit à ce que vous m’avez dit et je vous répondrai demain. Adieu.

. . . Mlle Majolin passa une nuit douloureuse. Dès que sa mère fut couchée et dormit avec ce souffle régulier des vieillards, qui ressemble tant à celui des enfants, — dans sa petite chambre de jeune fille, elle éclata en sanglots. C’était plus fort qu’elle, et cette épreuve était trop épouvantable pour qu’elle la supportât sans pleurer.

Quarante-cinquième Leçon.

Devant ses yeux se déchirait le voile, ce voile que, jusqu’à vingt ans, nous portons devant nos cœurs inexpérimentés : et l’égoïsme humain lui apparut dans son horreur universelle. Ah ! son beau rêve simple, comme il s’éparpillait entre les griffes atroces de la vie. D’abord elle était pauvre. Elle l’avait bien senti ce soir à la façon dont, lui, il parlait de la richesse. Jusqu’alors elle n’y avait guère songé, pourtant, vivant à peu près sans besoin ; car le bien-être de la campagne avec son ciel, ses arbres, ses fleurs, ses oiseaux, son air pur, lui suffisait. Elle suivrait, si elle l’épousait, la vie agitée de cet homme. Maintenant les exigences du mariage lui apparaissaient nettes et dures. . . . Donc il lui faudrait quitter cette pauvre mère infirme, victime de tant d’infortunes et qui ne peut se passer de ses tendresses et de ses soins journaliers . . . et sa mère délaissée et plus malheureuse encore, terminerait ses jours à côté de quelque garde-malade hargneuse et vénale, qui jamais ne remplacerait le cœur d’une fille.

Elle pleura pendant de longues heures.

L’aurore la trouva encore en proie à ces pensées tristes. Le calme revint pourtant, lent et affreux. Angèle avait pris une résolution définitive. Elle ne se marierait jamais. Elle resterait fille, n’ayant qu’un but : le devoir filial accompli jusqu’au bout. Elle ne quitterait jamais sa chère malade aux yeux clos. Peut-être qu’un soir, la blessure de son cœur enfin fermée, elle ne regretterait plus rien et qu’elle pourrait, après avoir fait sa prière, s’endormir avec des cheveux blancs, en remerciant le ciel de lui avoir accordé la paix de l’âme.

Vite elle écrivit quelques mots de refus à M. de Grandlieu. Le ton de la lettre était sans réplique. Puis elle-même s’occupa de réaliser ce qui leur restait de biens et décida sa mère à se fixer à Paris ; non, elle ne voulait plus revoir ces paysages où elle avait trop souffert. Mme Majolin crut à un caprice de son enfant et s’y conforma sans trop se plaindre. Ah! elle ignorait l’immensité du sacrifice !

Et c’est pourquoi cette jeune fille, cruellement froissée, a pour toujours fermé son cœur aux choses du dehors. Son premier et unique amour est le sceau de cette volontaire solitude. Sa mère seule a ses tendresses; sa mère qu’elle ne quittera jamais et à qui elle fermera les yeux, ces pauvres yeux depuis si longtemps vides de lumière. . . . Puis quand sa dernière tâche sera faite, quand le devoir filial entier sera accompli, Angèle Majolin fera semblant de continuer de vivre, — seule, vieille fille.

Questions.

1. De quoi Maxime était-il saisi quand il se trouvait auprès de Mme

Majolin ?

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