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Où est maintenant Ivan Dimitroff

Quitter la Russie par le premier train ou partir pour la Sibérie. Observations sur les prépositions par, pour, en, à.

A. — Après le verbe quitter on emploie généralement la préposition par devant le nom du moyen de transport employé. Exemple: Il faut quitter la Russie par le premier train.

B. — Après le verbe partir on se sert généralement de la préposition pour. Exemple : Je pars pour l’Europe ; nous partons pour Paris.

C. Après le verbe aller on se sert de la préposition en devant les noms

des moyens de transport. Exemple : —

en voiture.

.. en bateau.

aller 1 .

en chemin de fer.

. en omnibus.

Remarque. — Il faut, cependant, observer qu’on dit; aller à pied, aller à cheval.

Cinquantième Leçon.

Le Foyer franpais.

Les Français, entendons-nous souvent répéter, n’ont pas le mot home , donc ils n’ont pas la ch'ose.

A home nous répondons par foyer , et ceux qui prétendent que nous n’avons pas le foyer parce que nous ne le prononçons pas home ont tort, grandement tort si toutefois ils parlent sérieusement. Nous aimons notre foyer autant que les autres nations aiment le leur, seulement nous en parlons moins.

Chose singulière que le foyer français. C’est son excellence même qui en fait le charme, la séduction irrésistible pour nous, et qui fait qu’on doute de lui.

Il est très vrai qu’un étranger peut traverser notre pays et connaître tout de nous, sauf l’homme intérieur.

Sur ce point-là les Français ne badinent pas.

Accueillants, hospitaliers, certes ils le sont; mais c’est le territoire qu’ils ouvrent, et la rue, et le boulevard, et le musée, et la bibliothèque, et l’école; \q foyer, jamais.

Il ne faut donc pas s’étonner de ce que les étrangers nient son existence; ils ne l’ont jamais vu. Les étrangers, eux, ne laissent pas ignorer le leur.

L’Anglais parle tout le temps de son home, l’Allemand l’étale, le promène dans les lieux publics. Un Français qui a lu un roman anglais et s’est assis dans une “ restauration ” allemande, ne peut pas ignorer que l’Anglais et l’Allemand sont gens qui ont une famille.

Le Français, au contraire, ne met le foyer ni en roman ni en romances, tant la chose est pour lui naturelle ; il ne tient pas absolument à ce qu’on sache qu’il existe. Cela signifie qu’il s’agit d’un sentiment profond. Les sentiments profonds sont ceux dont on vit, et c’est sur ce sentiment profond, sévère, jaloux et pudique, qu’est fondé le foyer français ; d’où il suit

Cinquantième Leçon. 173

qu’il ne ressemble guère à un autre et que les étrangers le comprennent peu.

Il y a, cependant, plus d’intimité dans la famille française que dans toute autre famille. Le père, la mère, les enfants sont aussi unis que les doigts d’une même main. Dans la famille française, on respecte l’autorité du père, et les enfants ont pour leur mère les sentiments les plus tendres ; les enfants aiment trop le foyer paternel pour vouloir le quitter, et les statistiques montrent que sur 38 millions d’habitants, de 22 à 23 millions résident dans la ville, et le plus grand nombre dans la maison où ils sont nés.

La femme française, elle aussi, est digne de tous les éloges. Il n’y a pas d’épouse plus tendre, de mère plus dévouée, de sœur plus aimante que la Française. De son côté, le père ne vit que pour ses enfants, ne travaille que pour eux et leur consacre tout son temps libre, une vérité qu’exprime admirablement le dicton populaire : “ Quand on est marié, on ne s’appartient plus.”

Et maintenant, que la littérature française ait donné au monde des idées fauses sur la nation elle-même, cela s’explique par ce qu’on vient de dire. Les sentiments a cette profondeur ne sont plus des choses de littérature. Les vrais foyers ne sont pas mis en roman. Non seulement la littérature de confidences domestiques paraît fade aux Français, elle leur paraît indélicate. Ils n’admettent pas qu’un homme mette sa femme en poésie ni qu’il porte ses enfants chez le libraire.

De cette délicatesse, les Français portent la peine, comme de toutes les délicatesses. Ce qu’ils respectent trop pour l’exprimer, on croit qu’ils ne l’ éprouvent pas.

Tant pis pour les autres, non pour eux.

Questions.

1. Quel est le mot français qui correspond au mot anglais home?

2. Les étrangers sont-ils généralement admis dans les familles fram

çaises ?

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