‹ Livre de prièresChapitre 28 sur 57 · POUR DEMANDER L'AMOUR DE DIEU · texte numérisé non relu

POUR DEMANDER L'AMOUR DE DIEU

EUX qui te craignent ont en

Ÿ toi espérance et tu es leur

aide et leur protecteur; et

par la crainte on vient à l’amour :

comme Seigneur en effet on te doit

craindre, et comme bon père t’aimer.

Ilne manque rien à ceux qui t'aiment,

car tes yeux sont sur eux et tes oreilles à leurs prières.

Ma miséricorde et mon refuge, mon receveuret mon libérateur, donne-moi s’il te plaît ta crainte laquelle mettra en moi ton amour; et mets si bien en moi ton amour et ta crainte qu'en moi

croisse le désir de toi! Fais-moi part

parmi ceux qui te craignent et gardent tes commandements. Que par crainte et servitude je mérire d'arriver à la grâce d'amour, par laquelle finalement j'arrive à ta gloire!

Tremblant dans ma conscience, Dieu tout-puissant je viens devant toi ; mais aussi je viens à toi confiant dans ta miséricorde et ta pitié. Bien que je ne sois pas digne de t'adorer et de t'offrir sacrifice, toutefois mieux vaut, ce me semble, l’essayer. Aussi je te prie, bon père et très gracieux, qu'il te plaise me regarder de ton doux visage, et prendre en gré ma petite et bonne volonté, et m'aider en la bonne affection que tu me donnes, et regarder en moi les choses de mon cœur et les purger. Je suis étouffé par le poids de mes péchés et leur perversité. Je te prie, Sire, qu'ayant égard à mes prières tu fasses en moi toutes choses te plaisant !

Sur toutes choses, Bon Sire, je t’appelle en mon âme, pour que tu la

prépares pour toi par le désir. Entre donc, Sire, en elle et dispose-la pour que tu l’aies, car, Sire, c’est toi qui l'as formée, et par cela j'ai toujours droit à ce que tu mettes ton signe sur mon cœur. Jete supplie, Sire très miséricordieux, moi qui t'appelles, de ne pas m’abandonner; car avant que je t’appelasse tu m'avais appelé et demandé, voulant que moi, tonservant, je te cherchasse, et qu’en te cherchant je te trouvasse et que, trouvé, je t’aimasse! Je t’ai cherché, je t'ai trouvé, Sire, et je désire t'aimer ! Sire, accrois mon désir, et donne-moi ce que jete demande qui est toi-même. Car quand tu me donnerais toutes les choses que tu as faites, elles ne me suffiraient pas à moi ton servant, sans toi-même.

Vrai Dieu, donne-toi donc à moi, s’il te plait, rends-toi à moi; car c’est là ce que j'aime, car àtoi seul, vrai Dieu je suis tenu, etenta douce mémoire je me délecte. Vois, Sire,que quand mon me pense ct soupireàtoi et considère

ton indicible bonté, l’image de lachair cause de grandes perturbations. Te plaise, Sire, que mon cœur brûle etque ma pensée se délecte, et que tout mon entendement, tout mon esprit soit enflammé par le désir de ta contemplation; donne à mon esprit les ailes de l'aigle pour qu’il vienne jusqu'à la beauté de ta maison et au séjour de ta gloire! Donne-lui de manger tes mets préparés sur la table du festin pour les citoyens du ciel. O Sire, sois un jour mon exaltation, toi qui es nion espérance, mon salut et ma rédemption!

Tu es ma joie et ma richesse. Mon âme, Sire, te demande sans cesse. Octroie-lui, qu’en demandant, elle ne défaille pas!

Vrai Dieu, lumière des âmes qui te voient, et vie des âmes qui t’aiment, et vertu des pensées de ceux qui te cherchent, pour m'ajuster à ton doux amour, jete prie, Sire, humblement et de cœur, qu’il te plaise de me faire oublier toutes vaines choses temporelles.

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